Jenia Grebennikov, l'étincelant libéro de l'Équipe de France, a une histoire intimement liée à la ville de Rennes. Son parcours, depuis les gymnases rennais jusqu'aux podiums internationaux, témoigne d'un talent exceptionnel et d'une détermination sans faille.
Les Racines Rennaises: L'Héritage de Boris Grebennikov
L'histoire rennaise de Jenia Grebennikov prend sa source dans le destin de son père, Boris. En 1989, Rennes est jumelée avec Almaty, une ville du Kazakhstan alors située en URSS. Le Cercle Paul Bert (CPB), fraîchement promu en National 2, cherche à renforcer son équipe et profite de ce jumelage pour attirer Boris Grebennikov à Rennes.
Laurent Certain, actuel dirigeant de la section volley du CPB, se souvient de l'arrivée de Boris : "Ça a été compliqué de le faire venir, notamment au niveau administratif parce que c'était l'URSS à l'époque. Son arrivée a été un choc culturel, un choc sportif pour lui aussi. Au premier entraînement, avec la différence de niveau, il se demandait où il avait atterri (sourire). Il était bien plus fort dans tous les domaines."
Boris Grebennikov s'installe à Rennes, où sa femme Tatiana donne naissance à Jenia en 1990. Il devient une figure emblématique du volley-ball rennais, son nom étant immédiatement associé à ce sport sur les bords de la Vilaine.
L'Éclosion d'un Talent: Les Premiers Pas de Jenia
Laurent Certain a vu Jenia grandir dans le gymnase du complexe sportif du Commandant Bougouin. "Ça remonte, mais je le voyais toujours avec un ballon. Sa maman Tatiana dit même qu'il dormait avec un ballon. Petit, il le tapait tout le temps contre le mur, il le tenait, et quand il a été un peu plus grand il nous faisait même des services ! Le ballon, ça a toujours été son truc."
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Même s'il pratique le hockey sur glace jusqu'à ses 15 ans, Jenia Grebennikov se distingue rapidement sur les terrains de volley. D'abord au Cercle Paul Bert, où Laurent Certain se souvient de ses premiers exploits : "Il a eu le titre de champion de Bretagne à sept ou huit ans. À l'époque ça se jouait à deux contre deux. C'est lui qui jouait tout seul, il commençait déjà à faire des services smashés… Il jouait avec un jeune qui venait de débuter et ils ont eu ce titre."
En 2000, Jenia quitte le CPB pour rejoindre les équipes de jeunes du REC Volley, où son père vient d'être nommé entraîneur de l'équipe première.
L'Ascension Scolaire: Les Années à l'Assomption
C'est à peu près à cette époque que Sylvain Thébault rencontre Jenia Grebennikov, lorsque le jeune Rennais entre en classe de 5e au collège de l'Assomption. Thébault, responsable de la section volley de l'établissement, n'est pas un inconnu pour Jenia : "J'avais joué contre son père et j'avais aussi eu son grand frère comme élève. Je savais déjà que j'avais affaire à un phénomène" sourit l'actuel coach de l'équipe N2 féminine du REC Volley.
Jenia Grebennikov est surclassé et joue face à des joueurs parfois deux ans plus âgés. "Dès notre première compétition scolaire avec lui on est devenus champions de France, il avait 13 ans et jouait avec les moins de 15 ans." C'est le premier de nombreux titres scolaires remportés avec l'Assomption sous la direction de Sylvain Thébault.
Thébault se souvient d'un match contre Tourcoing où Jenia avait demandé à ses partenaires de le laisser seul en défense. "Quand vous êtes coach et que vous entendez ça, normalement vous faites les gros yeux. Il a défendu tout seul, il a enchaîné par une attaque, et on a gagné le point !"
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Sur le plan humain, Sylvain Thébault décrit Jenia comme un "leader reconnu par tous et qui savait laisser de la place à ses partenaires", un adolescent "très souriant, charismatique mais très tranquille, respectueux", mais aussi "très aimé des professeurs".
Après le titre olympique de Tokyo, la direction du collège propose de donner le nom de Jenia au gymnase de l'établissement. Après une hésitation d'une soirée, Jenia accepte. Ses anciens professeurs sont nombreux à assister à l'inauguration, "pour le revoir parce qu'ils l'appréciaient en tant qu'élève" témoigne Sylvain Thébault. "La plaque à son nom dans la salle indique seulement le titre de Tokyo, il va être obligé de revenir s'il fait le doublé" glisse son ancien coach.
Thébault se souvient également d'une rencontre entre ses élèves et Jenia, organisée lorsque celui-ci évoluait en Italie au milieu des années 2010. Initialement prévu pour deux minutes, le jeu avec les élèves durera finalement 45 minutes. Sylvain Thébault : "C'était évident pour lui, il m'a dit que c'était normal pour lui de rendre le plaisir qu'il avait eu à jouer ici à l'époque".
L'Émergence du Libéro: Un Poste sur Mesure
C'est son père qui impose à Jenia le poste de libéro, en raison de sa "petite" taille d'1m88. Le jeune homme met du temps à apprécier ce poste qui l'empêche d'attaquer. Mais ses qualités de défense et de réception sautent aux yeux, et il est élu une première fois meilleur libéro du championnat à l'issue de la saison 2010/2011, avant ses 21 ans. Une distinction individuelle qu'il remportera 13 fois en carrière, avec les Bleus ou en club, et qu'il devrait à nouveau récolter à l'issue des JO de Paris.
Le rôle du libéro, apparu en 1998 et mis en application en 1999 par la Fédération Internationale de Volley-Ball (FIVB), a été créé pour favoriser les échanges longs et spectaculaires. Le libéro est un spécialiste de la réception et de la défense, capable de relancer l'attaque de son équipe. Il se distingue visuellement de ses coéquipiers par un maillot de couleur différente.
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Le libéro a des règles spécifiques : il ne peut pas attaquer lorsque la balle est au-dessus du filet, il ne peut pas servir, et il est limité à la ligne arrière. Cependant, il peut entrer et sortir du terrain à volonté pour remplacer un joueur arrière, sans que cela compte comme un changement. Cette flexibilité fluidifie le jeu et permet de renforcer la défense de l'équipe.
L'Éclosion Professionnelle: De Rennes à l'Allemagne
L'attaquant Thomas Lamoise rejoint le Rennes Volley à l'été 2011 et se souvient de son jeune et talentueux coéquipier : "Il a toujours été très à l'aise avec le volley, on voyait tout de suite qu'il était né dedans, qu'il avait des bases techniques parfaites. Mais à l'époque il était encore jeune et pouvait parfois manquer de maturité et de sérieux. Il était encore dans le cocon familial, et je pense que le quitter lui a permis d'exploser rapidement ensuite. Son père étant aussi son coach, il y avait parfois une relation conflictuelle, c'est compliqué d'être à la fois père et entraîneur, et Jenia se permettait un peu plus de remarques que les autres, mais il était jeune, c'est normal" s'amuse-t-il.
Lamoise ajoute : "Il était vraiment humble. Il pouvait avoir des côtés un peu enfantins, mais il était surtout toujours très jovial. C'était un élément vraiment important, il était toujours souriant, à rigoler. Si ça lui est arrivé de se la péter c'était toujours gentiment, il était vraiment humble naturellement."
En 2012, les deux hommes remportent la Coupe de France avec le Rennes Volley 35, et Jenia Grebennikov est élu meilleur joueur du Championnat de France, une récompense extrêmement rare pour un joueur aussi jeune (22 ans) et pour un libéro.
À l'été 2013, Jenia Grebennikov quitte les bords de Vilaine pour l'Allemagne, lançant ainsi la brillante carrière qu'on lui connaît.
Une Fierté Rennaise: Un Champion Olympique
Jenia Grebennikov est aujourd'hui un champion olympique, un titre qu'il a remporté à Tokyo. Son parcours, depuis ses débuts à Rennes jusqu'à la consécration olympique, est une source de fierté pour toute la ville.
Il a su gravir les échelons, enchaînant les succès individuels et collectifs. Ses qualités de libéro, sa technique, sa vision du jeu et son mental d'acier font de lui l'un des meilleurs joueurs du monde à son poste.
Alors que les Jeux olympiques de Paris 2024 approchent, Jenia Grebennikov sera l'un des atouts majeurs de l'équipe de France. Il aura à cœur de briller devant son public et de décrocher une nouvelle médaille d'or.
Le Volley-Ball: Un Sport en Pleine Expansion
Le volley-ball est un sport qui se joue à six contre six sur un terrain de 18 mètres de long sur 9 mètres de large. Présent aux Jeux Olympiques depuis 1964, il est en constante évolution.
En Pologne, le volley-ball est le deuxième sport national, derrière le football. Le pays compte plus de 300 000 licenciés et possède un palmarès impressionnant, avec notamment deux titres de champion du monde en titre. La PlusLiga, le championnat national, est l'une des compétitions les plus relevées au monde.
De nombreux joueurs français évoluent en Pologne, attirés par les avantages structurels et financiers offerts par les clubs polonais. La popularité du volley-ball en Pologne se traduit par une forte affluence dans les salles et une large couverture médiatique.
Les Cartons au Volley-Ball: Maintenir le Fair-Play
Au volley-ball, comme dans d'autres sports, les cartons sont utilisés pour sanctionner les comportements antisportifs. Il existe trois types de cartons :
- Carton jaune: Avertissement pour un comportement légèrement déplacé.
- Carton rouge: Point et service pour l'équipe adverse en cas de comportement antisportif marqué.
- Double carton (jaune + rouge): Expulsion temporaire ou définitive du joueur fautif.
Récemment, la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB) a introduit le carton vert pour récompenser les joueurs qui font preuve de fair-play en admettant volontairement une faute non détectée par les arbitres.
Les cartons en volley-ball ont un impact direct sur le score, peuvent déséquilibrer l'équipe et affecter le moral des joueurs. Le rôle du coach est essentiel pour calmer les tensions et recentrer l'équipe sur l'objectif.