Le volley-ball est un sport où la taille est souvent perçue comme un atout majeur. L'image du volleyeur géant perché dans les cimes est ancrée dans l'imaginaire collectif. Cependant, la réalité est plus nuancée, et la taille n'est pas le seul facteur déterminant le succès dans ce sport. Cet article explore la question de la taille moyenne des joueuses de volley-ball, en particulier en Italie, en tenant compte des perceptions, des réalités et des exceptions.
La perception de la taille dans le volley-ball
L'idée que la taille est un avantage crucial dans le sport de haut niveau est répandue. La devise des Jeux olympiques, « Plus vite, plus haut, plus fort », reflète cette emphase sur les qualités physiques. Dans certains sports, comme le basket-ball, le volley-ball et le handball, la taille est souvent considérée comme un élément essentiel pour atteindre les sommets.
Des études scientifiques ont également contribué à renforcer cette perception. En 1983, le docteur Koshla a mené une étude sur les huit sports introduits pour les femmes aux Jeux olympiques de Montréal en 1976, incluant le handball, le basket-ball et l'aviron. Il a observé que les athlètes les plus grandes et les plus costaudes étaient celles qui remportaient les médailles.
Cependant, il est important de noter que cette étude date et que la perception des athlètes de grand gabarit semble perdurer. Alain Contensoux, directeur technique national à la Fédération française de basket, souligne que la taille moyenne a considérablement augmenté au cours des dix dernières années. Il y a aujourd'hui des arrières et des meneurs qui mesurent plus de deux mètres.
La réalité de la taille dans le volley-ball féminin
Bien que la taille soit un avantage indéniable, elle n'est pas le seul facteur de succès dans le volley-ball féminin. D'autres qualités, telles que la technique, l'agilité, la vision du jeu et le mental, sont tout aussi importantes. De nombreux exemples montrent que des joueuses de petite taille peuvent atteindre le haut niveau grâce à leurs compétences exceptionnelles.
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Benjamin Toniutti, le passeur de l'équipe de France de volley, champion olympique et vainqueur de la Ligue des champions en 2021, est considéré comme petit avec ses 183 centimètres, bien en dessous de la taille moyenne des Bleus (1,97 m). Il a même été confronté à des entraîneurs qui lui ont dit qu'il serait difficile de percer à haut niveau en raison de sa taille.
De même, Luc Steins, un handballeur, a fait l'objet de remarques similaires. Il fait aujourd'hui de l'autodérision sur son gabarit. Ces exemples montrent que la détermination et le talent peuvent compenser un manque de taille.
Analyse des tailles dans la Ligue A féminine française
Pour illustrer la diversité des tailles dans le volley-ball féminin, on peut examiner les effectifs des équipes de Ligue A féminine française. Les données montrent une grande variété de tailles parmi les joueuses, quel que soit leur poste.
Béziers
- Passeuses : Margaux Bouzinac (1,80m), Ella May Powell (1,83m)
- Pointue : Taylor Fricano (1,92m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Juliette Bodinier (1,81m), Pilar Victoria (1,82m), Laura Milos (1,78m), Claire Hoffman (1,88m)
- Centrales : Alicia Ogoms (1,92m), Serena Gray (1,91m), Molly Lohman (1,92m)
- Libéros : Manon Bernard (1,75m), Maelys Agnese (1,62m)
RC Cannes
- Passeuses : Maria Alejandra Marin Verhelst (1,78m), Eleonora Muscetti (1,80m)
- Pointue : Carmel Vares (1,86m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Madelyn Robinson (1,78m), Elena Becheva (1,85m)
- Centrales : Leah Meyer (1,90m), Marie Andriamaherizo (1,89m), Camille Massuel (1,84m)
- Libéros : Alisée Camberabero (1,70m)
Chamalières
- Passeuses : Mahé Mauriat (1,72m), Margaret Speaks (1,80m)
- Pointues : Kari Zumach (1,91m), Courtney Buzzerio (1,96m), Guewe Diouf (1,82m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Brooke Botkin (1,88m), Elena Baka (1,86m), Halimatou Bah (1,87m), Sabine Haewegene (1,76m)
- Centrales : Sabrina Starks (1,88m), Fatoumata Fanguedou (1,86m), Hannah Clayton (1,88m)
- Libéro : Manon Jaegy (1,61m)
Levallois - Paris - Saint-Cloud
- Passeuses : Kaisa Alanko (1,74m), Louane Verger (1,71m)
- Pointues : Vlada Pridatko (1,88m), Bianca Cugno (1,91m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Ljubica Kecman (1,80m), Karin Palgutova (1,86m), Emilie Chemama (1,77m), Stephanie Enright (1,79m)
- Centrales : Laura Parts (1,88m), Naomi Ngolongolo (1,88m), Candelaria Herrera (1,82m), Emily Thater (1,91m), Halley Gilfillan (1,87m)
- Libéros : Juliette Gelin (1,62m), Rebeka Zyani
Marcq-en-Baroeul
- Passeuse : Zoila La Rosa (1,76m)
- Pointue : Alexandra Dascalu (1,84m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Channon Thompson (1,85m), Lisa Arbos (1,80m), Maria Martinez (1,80m)
- Centrales : Marie-France Garreau-Djé (1,83m), Eva Elouga, Tristin Savage (2,01m)
- Libéros : Vanessa Palacios (1,70m)
Mulhouse
- Passeuses : Victoria Mayer (1,77m), Enora Danard-Selosse (1,77m)
- Pointues : Christelle Nana Tchoudjang (1,84m), Carine Blamdai (1,93m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Mija Siftar (1,89m), Carli Snyder (1,85m), Jaali Winters (1,90m)
- Centrales : Silke Van Avermaet (1,92m), Annayka Legros (1,96m), Isaline Sager-Weider (1,85m), Melissa Vasi (1,80m)
- Libéros : Léa Soldner (1,74m), Julia Casadéi (1,68m)
Neptunes Nantes
- Passeuses : Émilie Respaut (1,76m), Arelya Karasoy (1,81m)
- Pointue : Taylor Mims (1,90m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Marrit Jasper (1,80m), Léïa Ratahiry (1,77m), Amélie Rotar (1,88m)
- Centrales : Hena Kurtagic (1,95m), Justyna Lukasik (1,88m), Jaelyn Keene (1,88m)
- Libéros : Amandine Giardino (1,72m), Hope Rakotozafy (1,63m)
Pays d'Aix Venelles
- Passeuses : Justine Chereau (1,80m), Quinn Pelland (1,80m)
- Pointue : Samantha Drechsel (1,93m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Yasmine Abderrahim (1,82m), Natalia Tomic (1,88m), Laura Jansen (1,83m), Magdalena Bukovska (1,85m), Lilou Ratahiry (1,78m)
- Centrales : Olga Trach (1,88m), Christina Bauer (1,96m), Ela Koulisiani (1,88m), Ajla Paradzik (1,90m)
- Libéros : Mathilde Schoenauer (1,65m), Emma Le Roux (1,72m)
Quimper
- Passeuse : Evgenija Milivojevic (1,79m)
- Pointue : Victoria Foucher (1,83m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Alexia Joffrin (1,80m), Jordan Lockwood (1,86m)
- Centrales : Katarina Osadchuk (1,91m), Lucia Varela (1,97m), Sarah Schmid (1,85m)
- Libéro : Stella Vidaller (1,61m)
Terville-Florange
- Passeuses : Elise Van Sas (1,88m), Courtney Herbin-Baker (1,80m)
- Pointue : Saana Lindgren (1,88m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Paulina Perez (1,82m), Jessica Kosonen (1,74m), Dariana Hollingsworth (1,85m)
- Centrales : Tatiana Kulikova (1,90m), Mariam Sidibé (1,80m), Aminata Dia (1,82m)
- Libéro : Alba Sanchez (1,78m)
Vandoeuvre-Nancy
- Passeuses : Hilda Gustafsson (1,85m), Saige Ka'aha'aina-Torres (1,83m)
- Pointues : Valeriia Gamanovich (1,87m), Haylie Bennett (1,86m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Kristiine Miilen (1,83m), Katelyn Evans (1,87m), Breana Runnels (1,77m)
- Centrales : Samira Sulser (1,87m), Emily Ryan (1,93m), Shayla Hoeft (1,88m)
- Libéros : Auriane Biemel (1,67m), Zoé Betz (1,64m)
Volero Le Cannet
- Passeuses : Viktoriya Kobzar (1,84m), Da-Yeong Lee (1,79m)
- Pointues : Victoriia Russu (1,94m), Vanja Savic (1,93m)
- Réceptionneuses-attaquantes : Maéva Schalk (1,85m), Anna Kotikova (1,86m), Eva Yaneva (1,86m), Alina Popova (1,85m), Maria Tabacuks (1,86m), Tiyana Cissé (1,84m)
- Centrales : Anastasia Lyashko (1,97m), Masa Kirov (1,90m), Ruta Staniulyte (1,90m), Elizaveta Kochurina (1,90m)
- Libéros : Izabela Stimac (1,71m), Lucie Dekeukelaire (1,75m)
Ces données mettent en évidence que la taille varie considérablement d'une équipe à l'autre et d'un poste à l'autre. Les centrales sont généralement les joueuses les plus grandes, tandis que les libéros sont souvent les plus petites. Les passeuses et les réceptionneuses-attaquantes ont des tailles plus variables.
Le cas spécifique de l'Italie
Bien que cet article se concentre principalement sur la taille des joueuses de volley-ball en général, il est pertinent de mentionner le cas spécifique de l'Italie. L'Italie est une nation forte dans le volley-ball féminin, avec de nombreuses joueuses talentueuses et une ligue compétitive.
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Il est difficile de déterminer la taille moyenne exacte des joueuses de volley-ball en Italie sans une étude spécifique. Cependant, on peut supposer qu'elle est similaire à celle des autres nations européennes, avec une variation en fonction des postes.
Il est important de noter que l'Italie a produit de nombreuses joueuses de haut niveau qui ne sont pas particulièrement grandes. Ces joueuses compensent leur manque de taille par leur technique, leur intelligence de jeu et leur détermination.
Les défis du volley-ball féminin en France
Le volley-ball féminin en France est confronté à des défis spécifiques, notamment en ce qui concerne la taille des joueuses. Emile Rousseaux, sélectionneur de l'équipe nationale, a souligné que les joueuses de grande taille ne se dirigent pas naturellement vers le volley-ball en France. Il explique que la détection arrive trop tard par rapport aux autres sports, comme le basket-ball.
Axelle Guiguet, directrice technique nationale, a également conscience du problème et a demandé aux cadres techniques de s'investir dans la détection de gabarits. Elle essaie de collaborer avec les écoles et les collèges pour identifier les jeunes filles de grande taille qui pourraient être intéressées par le volley-ball.
Dans ce contexte, les clubs de Ligue A misent souvent sur des joueuses étrangères pour renforcer leur effectif. Cependant, le règlement les oblige à aligner au moins une Française. Fabien Simondet, entraîneur de l'équipe féminine de Béziers, reconnaît qu'il serait heureux d'avoir plus de Françaises dans son effectif, mais que la qualité et la quantité de joueuses sont limitées.
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France Avenir 2024 : Une solution pour l'avenir ?
Pour améliorer le niveau du volley-ball féminin en France, l'équipe du pôle France féminin a intégré la Ligue A en 2018. Baptisée « France Avenir 2024 », elle est composée de joueuses de niveau junior (moins de 20 ans). L'objectif est de permettre à ces jeunes joueuses de se confronter au haut niveau et de progresser.
Bien que les résultats de France Avenir 2024 soient mitigés, Axelle Guiguet souligne que l'équipe de France junior a atteint les demi-finales de l'Euro en 2020, avec une équipe type qui sort du pôle France Avenir 2024. C'est un signe encourageant pour l'avenir du volley-ball féminin en France.