PSG, Niska et le « Charo » : Analyse d'un Phénomène Culturel

Le lien entre le Paris Saint-Germain (PSG), le rappeur Niska et le terme « charo » est un phénomène culturel complexe, ancré dans l'histoire, la sociologie et l'économie. Cet article explore en profondeur cette relation, en analysant les paroles, les célébrations et les influences mutuelles entre ces trois entités.

L'ascension du « Charo » dans le Vocabulaire Populaire

Le terme « charo », diminutif de « charognard », est une expression argotique désignant un homme à femmes, obsédé par la conquête et incapable de résister à l'attrait d'une belle femme, même s'il est déjà en couple. « Jamais je ne sortirai avec lui, le mec est un gros charo » est une phrase que vous avez peut-être déjà entendue, pour désigner un homme prêt à tout pour obtenir des relations sexuelles, y compris à promettre monts et merveilles à sa dulcinée. Egalement appelé « chien de la casse » ou « mec en chien » par les jeunes, le « charo » est une espèce extrêmement répandue, que, mesdames, vous trouverez aussi bien en ouvrant vos DM Instagram qu’en prenant votre RER. Sur les réseaux sociaux, le charo n’hésite pas à commenter les photos de celles qui lui font de l’œil, à les complimenter. Puis, extrêmement tenace, cet expert en art de la relance sait montrer sa détermination à atteindre ses cibles. Diminutif du terme « charognard », ce nom est, vous l’aurez compris, plutôt péjoratif. Issu du langage de la rue, il définit un homme à femmes, incapable de résister à l’appel d’une belle dame, et ce, même s’il en a déjà une à la maison.

Cette expression, popularisée par le rappeur Niska, a trouvé un écho particulier dans le monde du football, notamment grâce au joueur Blaise Matuidi.

Niska et l'Hymne « Matuidi Charo »

En août 2015, Blaise Matuidi marque contre Ajaccio et nous offre pour la première fois sa célébration « Charo ». L’explication ? Une chanson de Niska en hommage au joueur. « C’est une mentalité qu’on avait avec mes potes quand on est arrivés dans le rap, nous expliquait alors le chanteur. Il y a ce côté hargneux que l’on veut transmettre dans nos musiques, un côté "on part de rien pour aller jusqu’à l’infini". Matuidi représente bien ça, car il ne lâche jamais sur le terrain et il est parti de pas grand-chose. Il est passé de Saint-Etienne pour ensuite jouer titulaire dans ce PSG, c’est respectable. »

Le titre « Matuidi Charo », sorti en 2015, est devenu un hymne pour les supporters du PSG et a propulsé Niska sur le devant de la scène. Les paroles, simples et entraînantes, célèbrent la combativité et la détermination du joueur sur le terrain.

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Pour les paroles, c'est ça:«Attaquant, défense, Matuidi Charo / Milieu de terrain, Matuidi Charo / Même les diagonales, Matuidi Charo / Même contre le Barça, Matuidi Charo»

La chorégraphie associée à la chanson, imitant les ailes d'un vautour, est devenue une célébration emblématique de Matuidi après ses buts.

Le PSG, Vitrine de la Culture Urbaine

Le PSG, en tant que club de la capitale, est naturellement lié à la culture urbaine et au rap. De nombreux joueurs sont issus de banlieues et partagent les mêmes références culturelles que les rappeurs. Cette proximité se traduit par des collaborations musicales, des célébrations de buts inspirées du rap et une présence accrue du club dans les clips et les paroles des artistes.

Le rap fait partie intégrante de la culture du Paris-Saint-Germain. Le club de la capitale est cité dans de nombreux morceaux comme celui de La Hasba22, intitulé Barcola, classé 53e du top France Spotify. Le récent morceau Paris du rappeur Nona La Grinta, est l’un des plus en vogue depuis la victoire parisienne (2e du Top France Spotify). Et comment ne pas citer le célèbre, presque culte, Afro Trap pt.3 de MHD, classé 31e du Top France Spotify.

Le club de la capitale est cité dans de nombreux morceaux. Les joueurs français du PSG ne cachent pas leur attachement à la musique urbaine. Il y a plusieurs années, alors qu’il était encore au FC Barcelone, Ousmane Dembélé, principal artisan de la victoire parienne et prétendant au Ballon d’Or, déclarait écouter du Ninho, du PLK, du SDM, du Booba, ou encore du Rohff, qui dévoilait il y a 17 ans le titre Paris dans lequel il proclamait : « On supportera le PSG même relégué ».

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En marge de la victoire finale du PSG en Ligue des champions, DJ Snake et le rappeur Niska ont mis en ligne "PSG Boyz Freestyle", un titre pour fêter la première étoile du club. Niska y chante notamment « Paris, ma ville, elle est magique » et cite plusieurs joueurs de l’équipe rouge et bleue.

L'Influence Croissante du Rap sur le Football

Le phénomène n’est pas tout à fait nouveau, mais il s’est grandement renforcé ces dernières années. Les liens entre le rap et le football n’ont cessé d’être de plus en plus forts, et les deux univers se mélangent régulièrement. Si vous êtes fan de football, vous avez très certainement remarqué toutes ces célébrations de buteurs en hommage à des rappeurs. Si vous êtes fan de rap, vous n’avez pas pu passer à côté de toutes les références au football de plus en plus nombreuses dans les textes de vos artistes favoris.

Des stylistes en profitent. Autre exemple, celui de Wati-B, marque créée par le collectif de Sexion d’Assaut, dont l’inscription trône fièrement sur les fesses des joueurs de Caen et de Montpellier, en tant que sponsor. Parfois, certains stylistes sentent le filon, comme l’Allemand Philip Plein, par exemple. Il habille les joueurs des équipes de Catane, en Italie, de l’AS Rome. Djibril Cissé ne rate pas une collection, tout comme David Beckham.

Cette popularité croissante du rap a conduit à des collaborations officielles entre le PSG et des labels de musique, comme le partenariat avec Rec118 en 2022.

Les Racines Sociologiques et Historiques de cette Affinité

La racine sociologique vient de banlieue. C’est un constat de base et assez cliché, mais qui s’avère véridique, en France. Le rap est la culture de la rue, et le revendique, et le foot dans les années 2000 a vu une génération arriver des quartiers populaires et c’est toujours le cas.

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En début d’année 2016 sortait le livre Le Joueur masqué, écrit par un joueur français dont l’identité n’a jamais été révélée, et qui dévoilait une partie des coulisses du football. Il écrivait : « Quand tu es footballeur et que tu es pote avec une vedette, c’est un rappeur. On trouve ça logique. Tous kiffent le foot. […] Alcool, meufs, montres en or massif… La nuit du footeux ressemble à celle d’un rappeur. Tout à volonté. Façon Jay-Z. La fête façon rap, c’est le modèle du footeux. […] Le footeux, surtout quand il est black, est dans le délire, dans le cliché du rap américain. On se gave de clips qui montrent ça. Ça doit forcément exister. Surtout, de plus en plus, les footballeurs et les rappeurs viennent des mêmes univers sociaux. »

Loin de nous l’idée de faire des généralités, mais les quartiers défavorisés, les cités ont fourni à la France ses plus grands rappeurs, et continuent à être le principal vivier de cette musique qui a complètement explosé ces dix dernières années. De leur côté, un bon nombre de footballeurs proviennent de ces mêmes banlieues.

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