La Nouvelle-Zélande et la Coupe du Monde de Rugby : Une Histoire de Domination

La Nouvelle-Zélande, nation de seulement 5 millions d'habitants, s'est imposée comme une puissance incontestée dans le monde du rugby. Son équipe nationale, les All Blacks, a marqué l'histoire de la Coupe du Monde de Rugby, accumulant des titres et établissant une domination qui fascine et inspire. Cet article explore l'histoire riche et complexe de la Nouvelle-Zélande dans cette compétition prestigieuse.

Les Débuts du Rugby en Nouvelle-Zélande

Le rugby a été introduit en Nouvelle-Zélande en 1870, mais il a fallu des années pour que ce sport gagne en popularité. La Nouvelle-Zélande étant un pays vaste et peu peuplé, il a fallu du temps pour que le rugby s’implante. La première union de rugby du pays était la « Canterbury Rugby Football Union », fondée en 1879. Quelques années plus tard, en 1882, de différentes équipes néo-zélandaises jouaient contre une équipe de l’Australie. Deux ans plus tard, une toute nouvelle équipe néo-zélandaise s’est rendue dans l’est de l’Australie, où elle a réussi à battre les équipes du pays hôte à maintes reprises. Toutefois, ces rencontres ne bénéficiaient pas encore d’une organisation nationale. Ce n’est qu’en 1892 que la « New Zealand Rugby Football Union » fut créée. Cette nouvelle équipe nationale jouait son premier match international à domicile contre une équipe composée d’Australiens. Même si les néo-zélandais perdaient le match, le rugby gagnait en popularité. Lorsque l’équipe néo-zélandaise jouait son premier grand match en Australie en 1903, elle remportait une victoire convaincante sur le score de 22-3. Le rugby semblait ainsi s’imposer comme un sport national majeur.

L'Ascension des All Blacks et la Tournée en Europe

Au début du 20e siècle, l’équipe nationale néo-zélandaise effectuait un tour dans plusieurs pays européens, avec notamment de nombreux matchs dans les îles britanniques au programme. Au préalable, les Britanniques n’attendaient pas grand-chose des invités de l’hémisphère sud, mais leur scepticisme s’était avéré sans fondement. Les Néo-Zélandais battaient pratiquement toutes les équipes anglaises, écossaises, irlandaises et galloises de manière convaincante, à l’exception d’une seule équipe galloise. Après ces succès, l’équipe s’est rendue en Europe continentale pour un match contre les Français. À Paris, l’équipe néo-zélandaise gagnait de nouveau, avec un score convaincant de 38-8. Par la suite, plusieurs autres matches avaient lieu aux États-Unis. Les équipes de New York et de San Francisco ont également dû s’incliner contre les Néo-Zélandais. Au cours de ce voyage, le surnom de l’équipe néo-zélandaise « All Blacks » a peut-être été utilisé pour la première fois. Ce nom est dérivé de l’uniforme entièrement noir dans lequel l’équipe joue.

Rugby et Apartheid : Une Période de Controverse

Aucuns matchs de rugby officiels n’était organisés pendant la Première Guerre mondiale. Ce n’est que quelques années après la guerre qu’une équipe néo-zélandaise retournait en Europe. Une fois de plus, cette équipe remportait presque tous les matchs, ce qui lui valait le surnom de « les Invincibles » en Angleterre et en France. Les « All Blacks » disputaient également plusieurs matches en Afrique du Sud au XXe siècle. En raison de l’apartheid, les membres maoris de l’équipe était interdits d’y participer, ce qui provoquait une grande indignation parmi les Néo-Zélandais. En conséquence, la New Zealand Rugby Union refusait de jouer d’autres matches en Afrique du Sud entre 1960 et 1970. La participation de l’équipe néo-zélandaise aux matchs en Afrique du Sud en 1981 déclenchait une controverse nationale. Après, la Nouvelle-Zélande refusait de jouer en Afrique du Sud jusqu’à la fin de l’apartheid.

La Coupe du Monde : Un Terrain de Conquête

La Coupe du Monde de Rugby à XV fut créée en 1987 et se dispute tous les quatre ans. En 1987, la première Coupe du monde de rugby était organisée par la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Les All Blacks remportent le premier William Webb Ellis Trophy de l’histoire de la Coupe du monde de rugby face à la France sur le score de 29-9. La Nouvelle-Zélande était la grande favorite et ces attentes furent clairement satisfaites puisque les « All Blacks » remportaient tous les matchs de manière convaincante. Lors des Coupes du monde suivantes, la Nouvelle-Zélande était toujours présente, mais pendant longtemps, l’équipe nationale ne réussissait pas à gagner.

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Triomphe à Domicile en 1987

En 1987, la première Coupe du monde de rugby était organisée par la Nouvelle-Zélande et l’Australie. La Nouvelle-Zélande était la grande favorite et ces attentes furent clairement satisfaites puisque les « All Blacks » remportaient tous les matchs de manière convaincante. Lors des Coupes du monde suivantes, la Nouvelle-Zélande était toujours présente, mais pendant longtemps, l’équipe nationale ne réussissait pas à gagner. Les « All Blacks » n’y sont parvenus qu’en 2011 en battant la France en finale. En 2015, ils prolongeaient leur titre en s’imposant face à l’Australie.

Une Longue Attente Brisée en 2011

Les « All Blacks » n’y sont parvenus qu’en 2011 en battant la France en finale. En ce dimanche 23 octobre 2011, les Bleus affrontent la Nouvelle-Zélande en finale du Mondial 2011. À l'Eden Park d'Auckland, véritable temple du rugby mondial, le XV de France échoue d'un rien face à la redoutable machine noire. L’Eden Park d’Auckland, 61.500 spectateurs bouillants, n’attendant que le triomphe de leurs All Blacks, en finale de cette Coupe du monde disputée en Nouvelle-Zélande . Difficile d’imaginer meilleur contexte pour un grand moment de sport et de rugby. Pour les Bleus, finaliste miraculé de ce Mondial 2011, c’est une montagne à gravir. Un défi éléphantesque qu’ils passeront à un cheveu de relever. En s’inclinant 8-7, les coéquipiers de Thierry Dusautoir , élu homme du match, ont touché du doigt l’exploit majuscule. Pourtant, à en croire les observateurs néo-zélandais , le suspense n’était pas censé s’inviter au cœur de ce duel. Les Blacks devaient triompher sans coup férir et soulever un deuxième trophée Webb-Ellis, 24 ans après celui de 1987 glané face… au XV de France. Un sentiment que n’étaient pas loin de partager les observateurs tricolores. Dans l’Hexagone, on ne donnait pas cher de la peau de Français, car ce Mondial 2011 fut loin d’être une sinécure pour la sélection flanquée du coq et même les plus fins connaisseurs de l’ovalie auraient eu toutes les peines du monde à imaginer ce XV de France dans le costume du perdant magnifique.Ambiance glaciale, orgueil de championSèchement battus par ces mêmes Blacks quelques semaines plus tôt en phase de poules (37-17), défaits à la surprise générale par les îles Tonga (12-19), les Bleus auraient pu prendre la porte dès le premier tour et imiter ainsi ceux du football un an plus tôt en Afrique du Sud . Les relations glaciales qu'entretenaient certains joueurs avec le sélectionneur, Marc Lièvremont , étaient un secret de polichinelle. Au point de faire émerger une théorie - toujours réfutée par l'ex-entraîneur - selon laquelle les Bleus seraient entrés en autogestion, s'affranchissant des consignes du sélectionneur. Mais ces Bleus prendront un malin plaisir à faire déjouer les pronostics. Vainqueurs successifs de l'Angleterre puis du pays de Galles, voici les Bleus en finale d'un Mondial qui prenait pourtant des allures de fiasco retentissant.Le V de la victoireUn parcours remarquable qui ne suffira d'ailleurs pas à faire redescendre la température au sein du groupe, Marc Lièvrement n'hésitant pas à qualifier ses joueurs de "sales gosses" après leur virée nocturne destinée à célébrer leur qualification en finale. Mais qu'importe. Ces Bleus ont une histoire à écrire. Et n'attendront même pas le coup d'envoi de cette finale pour en gratter les premières lignes. Les Bleus s'avancent en direction de leurs adversaires en plein hakaCrédit photo : HANNAH PETERS / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFPEt que dire de ces quelques pas déterminés en direction de ces Blacks en pleine représentation guerrière. La machine noire est prévenue : ce XV de France n'a rien d'une victime expiatoire. Le match en sera l'illustration parfaite. Ces Bleus, tout de blanc vêtus, croquent à pleine dent dans cette finale et malmènent des All Blacks, visiblement déstabilisés par la pression titanesque qui pèse sur leurs épaules. Et les mauvais gestes, eux, sont clairement néo-zélandais, mais bénéficieront d'une regrettable mansuétude de la part de l'arbitre sud-africain Craig Joubert. Le demi-de-mêlée Morgan Parra, sorti sur blessure après un coup de poing de Richie McCaw peut en témoigner. Cependant, ce sont bien les locaux qui virent en tête à la pause grâce à une belle combinaison en touche conclue par un essai de Tony Woodcock (5-0). Et ce malgré la maladresse de Piri Weepu face aux perches (0/3).À une pénalité près Au retour des vestiaires, après une pénalité inscrite par Stephen Donald (8-0), les hommes de Lièvrement voient enfin leur pugnacité récompensée et un mauvais jeu au pied de Weepu aboutit à l'essai au pied du poteau de Thierry Dusautoir, profitant d'un remarquable travail du déménageur Aurélien Rougerie . Les blancs reviennent à un point, mais le score, hélas, n'évoluera plus. François Trinh-Duc, pourtant excellent depuis son entrée en jeu à la place de Parra, manque la pénalité qui aurait permis aux tricolores de prendre les commandes. Une issue cruelle pour des Bleus qui auront fait vaciller comme rarement les hommes en noir dans le temple du rugby. S'ensuivront les années sombres du rugby tricolore et cet anecdotique Mondial 2015, achevé sur une cinglante correction face aux Blacks (62-13) . Mais le creux de la vague semble aujourd'hui bien loin et le XV de France version 2023, fort de sa génération dorée, a retrouvé une place de choix parmi les places fortes de l'ovalie international. Face à la Nouvelle-Zélande le 8 septembre, en ouverture de cette Coupe du monde, les Bleues auront un message à faire passer, un statut de favori à assumer.

Doublé Historique en 2015

En 2015, ils prolongeaient leur titre en s’imposant face à l’Australie. Le monde du rugby est noir : la suprématie des Néo-Zélandais sur l’Ovalie est désormais totale après leur victoire, samedi 31 octobre à Twickenham, sur l’Australie (34-17) en finale de la huitième édition de la Coupe du monde. Les coéquipiers du capitaine Richie McCaw, qui faisait ses adieux internationaux avec d’autres compagnons d’armes comme le demi d’ouverture Dan Carter et les centres Ma’a Nonu et Conrad Smith, ont battu leurs « voisins » au terme d’une finale magnifique, d’abord royalement dominée par les vainqueurs avant une inespérée remontée australienne. Mais le fol espoir des Wallabies a été tué dans l’œuf par l’intelligence tactique et la précision au pied du héros du match, Dan Carter. Enfin, les hommes à la fougère argentée deviennent les premiers à remporter le trophée sur deux éditions consécutives.

La finale de 2015 en détail

Ce samedi 28 octobre, la Nouvelle-Zélande affronte l’Afrique du Sud en finale de la Coupe du monde de rugby. Le vainqueur de ce duel historique signera le record d’une quatrième victoire mondiale. Mais comment le pays du long nuage blanc, 5 millions d’habitants, arrive-t-il à performer à ces hauteurs et à produire autant d’All Blacks ? Une cinquième finale de Coupe du monde de rugby, pour quatre disputées et trois gagnées. La Nouvelle-Zélande version ballon ovale, c’est un peu le Brésil en football, ou plutôt l’Allemagne, cette équipe qui, paraît-il, gagne toujours à la fin… Les All Blacks joueront ce samedi 28 octobre un autre rendez-vous ultime face aux Springboks, avec au bout le titre, bien entendu, mais aussi la possibilité de devenir la première nation à quatre trophées Webb Ellis.

Avec trois sacres, après ceux de 1987 et de 2011, les All Blacks deviennent la sélection la plus titrée de cette compétition devant leurs malheureux adversaires de la finale et ceux de la demie, les Sud-Africains, qui restent à deux triomphes chacun. Et ils mettent fin à une malédiction : c’est la première fois qu’ils s’imposent en Coupe du monde hors de leur Eden Park d’Auckland.

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L'Héritage des All Blacks : Plus Qu'une Équipe, un Symbole

Le sport est ainsi pratiquement une religion au pays du long nuage blanc, 5 millions d’habitants au compteur et 150 000 licenciés. Une proportionnalité impressionnante, celle d’un ancrage profond dans cette île du bout du monde. « La Nouvelle-Zélande est un petit pays où le rugby est le sport numéro 1, commente Luke Whitelock, le troisième-ligne et capitaine de Pau en Top 14, 7 sélections avec les All Blacks et petit frère de Sam, le légendaire deuxième-ligne, remplaçant samedi soir. Beaucoup d’enfants sont inspirés par les All Blacks, probablement depuis qu’ils sont tout petits. Vous les regardez devant la télévision faire le haka, vous sentez que vous faites partie de tout cela. Les succès et l’histoire des All Blacks sur la scène internationale, leur exemple, cette nouvelle finale, tout ceci inspire chaque nouvelle génération à vouloir jouer au rugby. Je me souviens de réveils à trois heures du matin pour regarder les All Blacks jouer en Afrique du Sud quand j’étais enfant.

Le rugby est avant tout une composante de la vie culturelle et de la société néo-zélandaise, sûrement la première explication d’une telle réussite dans ce « petit » pays. Comme pour le football en France, la discipline est le premier sport pratiqué chez la nation de l’hémisphère sud. « Quand vous voyagez en Nouvelle-Zélande, c’est vrai qu’il y a plein de terrains et de poteaux de rugby », continue L.Whitelock. « Ce n’est pas un grand pays, mais dans les écoles, les communautés, le rugby a une grande importance. Tout part du rugby. Le dimanche, les terrains sont un lieu de rencontres, cela permet à chacun de profiter de la compagnie de l’autre. Le rugby donne la possibilité de s’évader de son travail, de faire quelque chose d’autre, de switcher.

Luke Whitelock, qui a vécu ce système, n’explique pas le contraire : « Jusqu’à 12 ans, vous jouez pour votre club, l’équipe de votre ville. Puis vous jouez pour votre lycée ou collège. Le rugby au lycée est vraiment compétitif, il y a vraiment beaucoup de passion autour de chaque école. Jouer et la représenter est important. »

C’est sûrement le dernier élément du système néo-zélandais. Les Néo-Zélandais effectuent leur haka avant la demie face à l’Argentine. Les Néo-Zélandais effectuent leur haka avant la demie face à l’Argentine. Pour conclure, le meilleur résumé de la machinerie All Blacks est peut-être celui de la carrière de Luke Whitelock, pur Néo-Zélandais dans l’esprit, né à Palmerston North, sur l’île du nord. « J’ai trois grands frères, nous avons grandi dans une ferme, on jouait tout le temps, on se mettait en compétition, j’essayais toujours de les égaler. J’ai commencé à jouer au rugby à six ans, puis à l’école et au lycée. Mes frères sont partis à Christchurch et il m’a semblé naturel d’aller à l’université là-bas. J’ai eu la chance d’être sélectionné, d’être repéré par l’académie et la province de Canterbury. J’ai joué pour les U20 néo-zélandais, la province en Mitre 10 et les Crusaders en Super Rugby. Mais pour moi, le plus important dans ma carrière a été de partir aux Highlanders. Pour grandir, progressuer m’éloigner de ma famille, trouver qui j’étais, être Luke Whitelock. Comme quoi, un parcours, que l’on soit All Black ou non, passe aussi par des pas de côté et des voyages intérieurs. Des passages de vie qui renvoient à la fabrique All Black, qui peut sembler dure et élitiste, parfois, mais où la liberté de s’exprimer est fondamentale, autour d’une passion viscérale et quasi religieuse pour ce sport. Un amour qui fait que la Nouvelle-Zélande a trouvé son équilibre et un cadre qui lui permettent d’être et de rester l’une des meilleures équipes du monde.

Palmarès de la Coupe du Monde de Rugby

  • 1987: Première édition de la Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande et en Australie. Les All Blacks remportent le premier William Webb Ellis Trophy de l’histoire de la Coupe du monde de rugby face à la France sur le score de 29-9.
  • 1991: L’Australie s’impose au Royaume-Uni L’Australie s’impose face à l’Angleterre qui jouait à domicile au stade de Twickenham (12-6).
  • 1995: La victoire des SpringboksPour sa première participation, l’Afrique du Sud, qui fut également le pays hôte de cette 3e édition, décroche le titre face à la Nouvelle-Zélande 15-12 à Johannesburg.
  • 1999: Deuxième titre mondial pour l’AustralieHuit ans après son premier titre, l’Australie l’emporte face à l’équipe de France sur le score de 35-12 à Cardiff, au pays de Galles.
  • 2003: L’Angleterre s’impose à l’issue d’un match serréFace à l’Australie, double tenante du titre, le XV de la Rose remporte son premier titre mondial et par la même occasion, est la première équipe européenne à s’imposer (20-17).
  • 2007: Deuxième sacre pour les Springboks au Stade de France. La France est pour la première fois organisatrice de l’évènement. Le XV de France achève son tournoi à la quatrième place.
  • 2011: Les « All Blacks » n’y sont parvenus qu’en 2011 en battant la France en finale.
  • 2015: En 2015, ils prolongeaient leur titre en s’imposant face à l’Australie.

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