Joueurs de football slovènes célèbres : Une nation de talents

La Slovénie, petit pays d'Europe centrale comptant environ deux millions d'habitants, s'est imposée comme une nation sportive de premier plan, tant sur le plan continental que mondial. Cette réussite est particulièrement notable dans le domaine du football, où plusieurs joueurs slovènes ont marqué l'histoire par leur talent et leurs performances exceptionnelles. Cet article explore les carrières de certains des footballeurs slovènes les plus célèbres, en mettant en lumière leurs réalisations, leurs défis et leur contribution au sport slovène.

Srečko Katanec

Srečko Katanec, né en 1963 à Ljubljana, est une figure emblématique du football slovène. Il a connu une carrière de joueur réussie, évoluant notamment au Dinamo Zagreb, au Partizan Belgrade et à la Sampdoria de Gênes. En tant qu'entraîneur, il a mené la Slovénie à sa première participation à un grand tournoi international, l'Euro 2000, et à la Coupe du Monde 2002. Son leadership et sa vision tactique ont grandement contribué au développement du football slovène.

Zlatko Zahovič

Zlatko Zahovič, né en 1971 à Maribor, est considéré comme l'un des plus grands talents du football slovène. Formé au Partizan Belgrade, il a évolué dans plusieurs clubs européens, dont le Vitoria Guimarães, le FC Porto, l'Olympiakos, le Valence CF et le Benfica Lisbonne. Avec l'équipe nationale slovène, il a participé à l'Euro 2000, où il a marqué deux buts contre la Yougoslavie, et à la Coupe du Monde 2002. Zahovič est le meilleur buteur de l'histoire de la sélection slovène avec 35 réalisations. Malgré un talent évident, Zahovič n'a jamais connu la réussite dans un très grand club. Après quatre saisons inconstantes au Benfica, Zahovič range définitivement ses crampons en 2005. Deux ans après, il devient directeur sportif du Maribor.

Milivoje Novakovič

Milivoje Novakovič, né en 1979 à Ljubljana, est un attaquant prolifique qui a joué dans plusieurs championnats européens, notamment en Autriche, en Allemagne et au Japon. Il a été un membre clé de l'équipe nationale slovène pendant de nombreuses années, participant à la Coupe du Monde 2010. Novakovič est le deuxième meilleur buteur de l'histoire de la sélection slovène avec 32 buts.

Samir Handanovič

Samir Handanovič, né en 1984 à Ljubljana, est un gardien de but de renommée internationale. Il a évolué dans plusieurs clubs italiens, dont l'Udinese et l'Inter Milan, où il a été capitaine et a battu le record du nombre de penalties arrêtés en Serie A. Handanovič a également été le gardien de but de l'équipe nationale slovène pendant plus d'une décennie.

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Josip Iličić

Josip Iličić, né en 1988 en Bosnie-Herzégovine, est un milieu offensif talentueux qui a connu une carrière remarquable en Italie, notamment à Palerme, à la Fiorentina et à l'Atalanta Bergame. En mars 2020, il a réalisé un quadruplé historique en Ligue des champions contre Valence, devenant le premier joueur à marquer quatre buts à l'extérieur dans un match à élimination directe de la compétition. Cependant, sa carrière a été marquée par des problèmes de santé mentale, notamment une dépression qui l'a éloigné des terrains pendant plusieurs mois. Malgré ces difficultés, Iličić a fait un retour remarquable au NK Maribor et a été sélectionné pour l'Euro 2024 avec la Slovénie. Après son incroyable performance en Ligue des champions, le Covid frappe de plein fouet le monde et le gaucher se retrouve confiné loin de sa femme et de ses enfants, présents en Slovénie. Le joueur lutte alors avec ses démons qui l’ont déjà escorté par le passé, notamment en août 2018, quelques mois après le décès de son ancien coéquipier Davide Astori, en bonne santé, mais décédé d’un arrêt cardiaque à 31 ans. « C’était une terrible tragédie, je ne dormais plus. Quand j’étais malade, j’avais peur qu’il m’arrive la même chose. Je me disais : pourrais-je ne jamais revoir ma famille ? Le Covid constitue donc un nouveau coup de massue pour la santé mentale d’IIičić. Ses pensées suicidaires le rattrapent et s’il rejoue plusieurs matches lors de la reprise du championnat italien, il n’est plus le même et se traîne comme un fantôme sur le terrain. Il est absent de la feuille de match contre le PSG lors du Final 8 de la Ligue des champions et ne pourra aider les siens à poursuivre le magnifique parcours entamé dans la compétition, se trouvant dans une clinique après avoir perdu une dizaine de kilos. En octobre 2022, un contrat est signé. « J’avais besoin de rentrer chez moi, j’ai fait le plein de pays étrangers. C’est un jour spécial pour moi. Une personne joue au football pour vivre ces émotions. C’est pourquoi je suis de retour. Sans ce club, je n’aurais pas eu une carrière comme ça et ce n’est pas encore fini : ce n’est que la deuxième partie de ma carrière », déclare Iličić, emballé parce ce qui lui est proposé. Hors de forme, l’international slovène met du temps avant de donner sa pleine mesure. Il dispute 22 rencontres lors de sa première saison, pour deux buts et deux passes décisives et s’énerve beaucoup auprès des arbitres, ne cachant pas sa frustration. Maribor fait aussi en sorte de l’aider à s’épanouir en recrutant du personnel médical pour son joueur phare. « Nous avons pris contact avec les meilleurs psychologues et les meilleurs médecins. Pendant sa dépression, Josip était tellement mal qu’il disait des phrases comme : “Je conduisais sur une autoroute. J’étais en train de regarder dans quelle barrière j’allais foncer pour me suicider. À gauche, à droite. Ici ou là.” Quand il était à Bergame et qu’il voyait tous ces morts autour de lui, il se demandait quel était le but de la vie. La saison 2023-2024 est en revanche de très bonne facture. Celui qui est né en Bosnie et a fui la guerre avec sa famille dans ses jeunes années a retrouvé de l’efficacité et de la régularité. En 46 matches, il a inscrit 9 buts et donné 12 passes décisives, contribuant pleinement à la 2e place de Maribor, qualificative pour les tours préliminaires de Ligue Europa. Et pour son retour, Iličić est parvenu à inscrire le but de la victoire en match amical contre l’Arménie, le 4 juin (2-1). Après un crochet du droit, l’ancien joueur de l’Atalanta a envoyé une belle frappe du gauche sous la barre, glissant ensuite sur les genoux pour exprimer sa joie. « S’il vous plaît, n’en faisons pas un cirque maintenant », a déclaré son sélectionneur en voulant préserver son joueur. Sans toutefois cacher sa satisfaction. « Mais… je suis vraiment heureux de le voir apprécier. Cela signifie beaucoup pour moi, la façon dont il a célébré le but… Cela en dit long sur lui ! Je suis également content que les gars l’aient bien accueilli.

Jan Oblak

Jan Oblak, né en 1993 à Škofja Loka, est considéré comme l'un des meilleurs gardiens de but au monde. Il évolue à l'Atlético de Madrid depuis 2014, où il a remporté plusieurs titres, dont la Liga et la Ligue Europa. Oblak est également le gardien de but de l'équipe nationale slovène et a été nommé meilleur joueur slovène à plusieurs reprises.

Kevin Kampl

Kevin Kampl, né en 1990 en Allemagne, est un milieu de terrain polyvalent qui a joué pour plusieurs clubs de Bundesliga, dont le Bayer Leverkusen et le RB Leipzig. Bien qu'il soit né en Allemagne, il a choisi de représenter la Slovénie au niveau international, en raison de ses origines slovènes.

Marek Hamšík

Marek Hamšík, né en 1987 à Banská Bystrica en Slovaquie, est un milieu de terrain slovaque qui a marqué l'histoire du SSC Napoli. Connu pour sa technique et son élégance, il a passé de nombreuses saisons à Naples, où il est devenu une légende du club. Hamšík a également été un pilier de l'équipe nationale slovaque, participant à la Coupe du Monde 2010 et à l'Euro 2016. Après avoir quitté Naples en février 2019, Hamsik poursuit sa carrière avec un nouveau défi en Chine, intégrant le Dalian Professional avec un transfert de 20 millions d’euros. En mars 2021, Hamsik fait son retour en Europe, signant un contrat avec l’IFK Göteborg. Son impact est immédiat; il marque un but et fait parler de lui lors des premiers matchs, attirant l’attention pour une carrière qui continue d’inspirer. En juin 2021, Marek Hamsik rejoint le club turc de Trabzonspor, où il contribue à sa manière unique. Il parvient à remporter son premier titre de champion avec le club en 2022, un accomplissement remarquable à ce stade de sa carrière. La carrière de Marek Hamsik ne se résume pas seulement à ses chiffres impressionnants et à ses trophées. Son parcours est une source d’inspiration pour de nombreux footballeurs cherchant à se faire un nom dans le sport. Comment un joueur peut-il évoluer, s’épanouir et redonner à son sport ? Ces valeurs, incarnées par le joueur, sont plus que jamais d’actualité dans le monde du sport, où les défis sont constamment présents. La réputation de Marek Hamsik va bien au-delà de ses exploits sportifs. Son influence se fait également sentir au-delà du rectangle vert. En rejoignant le staff de l’équipe nationale slovaque, il continue de donner de l’élan aux générations futures. Cette transition témoigne de sa volonté de rester impliqué dans le football, en contribuant à l’éducation et à la formation de jeunes talents. Plusieurs analystes et experts du football s’accordent à dire que Hamsik a gravé son nom en lettres d’or dans l’histoire du sport. Après une carrière fulgurante, Marek Hamsik a annoncé en 2023 qu’il prenait sa retraite du football professionnel. Cette décision, bien que prévue, a provoqué une vague d’émotion parmi les fans et les joueurs. Son engagement à transmettre ses connaissances et son expérience aux jeunes footballeurs montre à quel point il reste déterminé à redonner au sport ce qu’il lui a offert tout au long de sa carrière.

Lubomír Moravčík

Lubomír Moravčík, né en 1965 à Nitra en Tchécoslovaquie (aujourd'hui en Slovaquie), est un ancien milieu de terrain slovaque qui a évolué dans plusieurs clubs européens, dont l'AS Saint-Étienne et le Celtic Glasgow. Il est considéré comme l'un des joueurs les plus talentueux à avoir joué à l'AS Saint-Étienne, où il a laissé une empreinte indélébile par sa vision du jeu, ses dribbles et ses passes décisives. En six saisons, 212 matches et 35 buts, il aura été le meneur de jeu incontournable d’une équipe qui se cherchait et n’était certainement pas au niveau de son talent. Souvent, Lubo aurait pu quitter le Forez pour jouer dans un club plus ambitieux sportivement, et où il aurait pu avoir un salaire beaucoup plus mirobolant. Mais c’est bien connu, quand on aime, on ne compte pas. Et quand il jouait au foot, Lubo ne recherchait pas l’argent ou la gloire. Beaucoup de clubs huppés enviaient sa classe et son talent. Mais même face aux incessants appels du pied du grand Olympique de Marseille de l’époque, champion de France et d’Europe, et dirigé par un Bernard Tapie qui avait les moyens financiers de faire venir (presque) tous les joueurs qu’il voulait, il a toujours affirmé sa préférence pour la maison verte, son stade Geoffroy-Guichard qui l’idolâtrait. Un fan avait même inscrit sur le mur d'entraînement une déclaration éplorée et approximative: "Lubo part pas on t'aimes." Et tous se demandent si elle a eu un quelconque effet quant à la longévité de Moravčík à Sainté . Malgré tout, les Verts ne prendront jamais vraiment leur envol. Pire, en 1996, le club, en difficulté financièrement et miné par des conflits internes, est relégué en deuxième division. Moravcik prend alors la direction de l’Île de Beauté et du club de Bastia. En deux saisons, l’artiste tchécoslovaque a marqué de son empreinte le Sporting.

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Le système sportif slovène : un terreau fertile pour les talents

La réussite du football slovène ne se limite pas aux performances individuelles des joueurs. Elle est également le fruit d'un système sportif bien structuré, qui encourage la pratique du sport dès le plus jeune âge et qui offre des infrastructures de qualité. La Slovénie a intégré également rapidement l’UE, l’OTAN (2004) puis la zone Euro (2007). Le sport est ici un important pilier d’identité nationale, ce qui contribue aussi à expliquer cette réussite collective rarissime.

Une tradition sportive ancrée dans l'histoire

La tradition sportive slovène remonte à l'époque de la Yougoslavie, où le régime communiste accordait une grande importance à la culture physique et au sport. Dès 1945, le régime du maréchal Tito lance le Conseil yougoslave de culture physique, qui devient ensuite la Fédération yougoslave de culture physique, avec une « priorité absolue mise sur la massification de la pratique » en direction du « sport amateur, (des) jeunes et (des) travailleurs ». Le régime communiste lance des plans quinquennaux de construction d’infrastructures sur l’ensemble du territoire. Le maréchal Tito glorifie également la performance des athlètes yougoslaves au niveau international, levier d’influence et de distinction, alors que la Yougoslavie rompt avec l’URSS à partir de 1948 et rejoint progressivement le camp des « non-alignés ».

Un système éducatif axé sur le sport

Malgré la chute de la dictature, le sport reste l’une des matières principales du système éducatif slovène. Les écoliers sont également soumis à des batteries annuelles de tests d’aptitudes, administrées par le gouvernement. Ce dispositif, baptisé SLOfit, a été créé en 1980 « pour mieux accompagner les professeurs d’éducation physique chargés de guider le développement moteur de leurs élèves ». Désormais, toutes les données récoltées servent aussi à « promouvoir des activités physiques adaptées à toutes les générations de citoyens ». Par ricochet, le gouvernement dispose de données inédites (développement physique, capacité motrice) sur le potentiel sportif chez les jeunes Slovènes et peut s’en servir pour dénicher et accompagner les plus prometteurs.

L'importance de la fierté nationale

En Slovénie, la fierté prodiguée par les champions est immense. Là aussi, les performances de la petite république alpine sautent aux yeux. C’est même très visible en regardant les moyennes de médailles décrochées aux Jeux Olympiques d’été rapportées à la population du pays. Historiquement, le pays est dans le Top 10 d’après l’étude menée par le site Topendsports.com et cela fait plus que se vérifier sur les dernières Olympiades.

Des infrastructures sportives de qualité

« De manière générale, la Slovénie est équipée d’une très bonne infrastructure sportive », rappelle l’ancien journaliste sportif Igor E. Bergant. Le pays possède un relief particulièrement montagneux. Des sommets qui là-aussi font la fierté et l’identité de la nation. Le plus haut mont du pays, le Triglav (2 864 m) est ainsi représenté sur les pièces nationales de 50 centimes d’euro, le blason mais aussi le drapeau de l’État. Cette particularité géographique explique quelques réussites slovènes, comme en canoë-kayak (exemple de Benjamin Savsek) avec le site mondialement réputé de Tacen.

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