Le football slovène a vu émerger des joueurs d'exception, dont les noms résonnent encore aujourd'hui dans le cœur des supporters. Cet article se penche sur quelques-unes de ces figures emblématiques, explorant leurs parcours, leurs qualités et leurs contributions au football slovène et international.
Zlatko Zahovič : Le Génie à Bouclettes
Zlatko Zahovič est sans doute l'un des noms les plus marquants du football slovène. Né à Maribor en 1971, il a débuté sa carrière au Partizan, apprenant les rudiments du football au poste de numéro 10. L'éclatement de la Yougoslavie l'a contraint à chercher sa voie au Portugal, où il a explosé à Vitoria Guimarães puis à Porto, avant de devenir une idole en Slovénie.
Avec sa sélection nationale, il a participé à l'Euro 2000, marquant l'histoire en disputant le premier match de la Slovénie dans un tournoi international contre… la Yougoslavie. Son doublé et sa passe décisive ont failli faire déjouer la Yougoslavie de Mihajlović et Mijatović. Bien que la Yougoslavie ait réussi à revenir au score, Zahovič a littéralement explosé, se révélant aux yeux de l'Europe.
La suite du tournoi a été plus mitigée, avec un but contre l'Espagne, mais aussi des altercations avec ses partenaires. La saison précédant l'Euro 2000, Zahovič l'a passée à l'Olympiakos, où il s'est mis en grève pour protester contre le faible niveau du championnat grec. Malgré son absence au niveau national, il a brillé en Ligue des champions, marquant contre le Real Madrid et Molde.
Cependant, les sautes d'humeur de Zahovič étaient fréquentes. En 2002, lors de la Coupe du monde asiatique, il a été exclu de sa sélection pour avoir insulté son entraîneur après un remplacement. Malgré son tempérament, Zahovič se distinguait par ses qualités de footballeur. Il a rejoint Valence, mais n'a pas réussi à convaincre Héctor Cúper, qui ne lui accordait pas assez de temps de jeu. Il a même été le premier joueur de Valence à rater un tir au but lors de la finale de la Ligue des champions contre le Bayern Munich en 2001.
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Après un passage mitigé à Valence, il a rejoint Benfica, où il a connu des saisons inconstantes. Zahovič a pris sa retraite en 2005 et est devenu directeur sportif de Maribor en 2007. Meilleur buteur de l'histoire de son pays avec 35 buts, il a ouvert la voie à la nouvelle génération.
Selon So Foot, Zahovič était un joueur obsédé par le jeu, doté d'une excellente frappe de balle. Son ancien coéquipier à Benfica, Yannick Quesnel, se souvient d'un joueur très doué techniquement, avec un football très simple, mais aussi très exigeant. Patrick Asselman, un ancien adversaire, souligne son caractère expressif et parfois agressif sur le terrain, contrastant avec sa personnalité agréable en dehors.
Brane Oblak : Le Travailleur Infatigable
Brane Oblak est une autre figure emblématique du football slovène. À l'époque, c'était celui qui courait le plus. Il était un travailleur magnifique et très sérieux. Formé à l'Olimpija Ljubljana où il passe huit saisons, il rejoint cette génération de l’Hajduk Split qui brille au milieu des années 70 et qui domine le football yougoslave. Avec lui au milieu et Muzinic qui tiennent la baraque, cette équipe possédait une escouade offensive impressionnante avec Jerkovic à la création, Surjak aux débordements et aux déboulés infernaux, le tout pour servir un jeune avant-centre, Slavisa Zungul qui va affoler les compteurs. Il y remporte le championnat de Yougoslavie en 1974 et 1975 ainsi que la Coupe nationale en 1974. À l'âge de 28 ans (disposition légale pour jouer à l'étranger), l’international qui avait croisé la route de Saint-Etienne en 1974 part monnayer son talent en Allemagne d'abord au FC Schalke 04 puis au Bayern Munich. Côté sélection, il dispute la Coupe du Monde en 1974 où il d'ailleurs nommé dans l'équipe type du tournoi. L'homme aux 46 sélections participe également à l'Euro 1976. Élu Athlète slovène de l'année en 1971
Lubomír Moravčík : L'Artiste du Milieu de Terrain
Lubomír Moravčík est une légende verte. Il est sans nul doute un des joueurs les plus talentueux à avoir joué à l’AS Saint-Etienne. Au poste déterminant de milieu offensif, il était capable de faire la différence et de créer le danger à lui tout seul par ses dribbles et ses appels de balle. De par sa vision du jeu et son talent, il s’était fait spécialiste des passes décisives pour ses partenaires, même s’il lui arrivait régulièrement de planter des buts. Natif de Nitra, Lumobir Moravcik fait ses débuts pro en 1983 dans sa ville natale. Le stratège devient rapidement l’idole de la ville située à 80 kilomètres au nord-est de Bratislava. Sa réputation conjuguée à son talent dépassent peu à peu les frontières du pays. À 21 ans, ils lui valent même d’être convoqué chez les Olympiques avec lesquels il dispute dix rencontres pour un but inscrit contre la Finlande. En 1990, Moravcik a 25 ans et il est devenu l’une des valeurs montantes en Tchécoslovaquie. Il en est récompensé par une convocation pour la Coupe du Monde, qui se déroule en Italie. La Representace fait un super Mondial 90 et atteint les quarts. Lors de ce match perdu face à la Mannschaft d’ailleurs, Lubo se fait remarquer en se faisant expulser… L’AS Saint-Étienne avait flairé la bonne affaire avant même que commence le tournoi et le signe dans la foulée à l'été 90. En six saisons, 212 matches et 35 buts, il aura été le meneur de jeu incontournable d’une équipe qui se cherchait et n’était certainement pas au niveau de son talent. Souvent, Lubo aurait pu quitter le Forez pour jouer dans un club plus ambitieux sportivement, et où il aurait pu avoir un salaire beaucoup plus mirobolant. Mais c’est bien connu, quand on aime, on ne compte pas. Et quand il jouait au foot, Lubo ne recherchait pas l’argent ou la gloire. Beaucoup de clubs huppés enviaient sa classe et son talent. Mais même face aux incessants appels du pied du grand Olympique de Marseille de l’époque, champion de France et d’Europe, et dirigé par un Bernard Tapie qui avait les moyens financiers de faire venir (presque) tous les joueurs qu’il voulait, il a toujours affirmé sa préférence pour la maison verte, son stade Geoffroy-Guichard qui l’idolâtrait. Un fan avait même inscrit sur le mur d'entraînement une déclaration éplorée et approximative: "Lubo part pas on t'aimes." Et tous se demandent si elle a eu un quelconque effet quant à la longévité de Moravčík à Sainté . Malgré tout, les Verts ne prendront jamais vraiment leur envol. Pire, en 1996, le club, en difficulté financièrement et miné par des conflits internes, est relégué en deuxième division. Moravcik prend alors la direction de l’Île de Beauté et du club de Bastia. En deux saisons, l’artiste tchécoslovaque a marqué de son empreinte le Sporting.
Lev Yachine : L'Araignée Noire
Bien que n'étant pas slovène, il est important de mentionner Lev Yachine, considéré comme le meilleur gardien de tous les temps. Décédé il y a trente et un ans, Lev Yachine est (et restera ?) le seul gardien de but de l’histoire à avoir remporté un Ballon d’or, en 1963. Sa vie, entre tragédie et victoires, est racontée dans l’ouvrage Lev Yachine, un roman soviétique, de Laurent Lasne. L’écrivain Laurent Lasne publie Lev Yachine, un roman soviétique (éditions Le Tiers livre). Un ouvrage dans lequel il raconte la vie du meilleur gardien de tous les temps, en parallèle de l’évolution du régime soviétique au cours du XXe siècle. L’écrivain Laurent Lasne publie « Lev Yachine, un roman soviétique », aux éditions Le Tiers livre. L’écrivain Laurent Lasne publie « Lev Yachine, un roman soviétique », aux éditions Le Tiers livre. Il y a eu un fait marquant. Le premier match auquel mon père m’a amené, c’était le France - URSS de juin 1967 au Parc des Princes, avec Lev Yachine dans les buts. Je me souviens moins du match que de l’ambiance car à l’époque c’était le public ouvrier, celui des usines Renault de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Oui, je voyais ce grand type habillé en noir dans les buts soviétiques, avec une petite casquette sur la tête. Ça m’avait marqué, d’autant plus que lors de sa sortie du terrain, il avait été applaudi par le public. Pour moi, c’était une découverte curieuse que le joueur adverse sorte sous les bravos du public. À l’époque, aux législatives de 1956, le PC faisait 25 % des voix ! Extraordinaire. Lors du match à Colombes de 1956, avant le départ de la sélection russe pour les Jeux olympiques, il est longuement applaudi car déjà considéré comme l’un des meilleurs gardiens du monde. Lors du premier Euro de football, organisé en France en 1960, l’URSS joue en demi contre la Tchécoslovaquie, à Marseille (Bouches-du-Rhône), il a été porté en triomphe et en perdit sa casquette ! Fils d’ouvriers, il a toujours conservé cette culture ouvrière dans sa manière de s’entraîner, par la répétition, la discipline, observation, et il ne manquait jamais de louer les qualités ouvrières, comme ce besoin de toucher la balle avant un match comme un charpentier tape sa planche. Les parents de Yachine étant des ouvriers, il existait peu de choses sur eux. J’avais envie de mettre en scène ces personnages. Ce n’est pas qu’une question d’être le « meilleur » gardien. Il a révolutionné la fonction de gardien, étant le premier à considérer ce poste, non pas comme dernier rempart, mais premier relanceur. Il boxait le ballon de la main, se jetait dans les pieds de l’adversaire… C’était un novateur de génie dans un pays où le gardien de but est vu comme un garde-frontière, une sentinelle devant la frontière de son pays. En 1935, sa mère et sa petite sœur décèdent de la tuberculose. Il a alors 6 ans. Il est livré à lui-même, son père travaille beaucoup. Ce dernier craignant qu’il intègre des bandes, à cause du football, il lui fait découvrir la pêche, le goût de la nature, qui va devenir son point d’équilibre. Le foot lui permet de s’évader ; la nature lui permet de se reconstruire, retrouver une harmonie. Cela fait écho à la philosophie naturaliste de Tolstoï, sans transe ni tourments. Oui, un attaquant du Torpedo qui aurait pu être l’autre grand joueur soviétique de l’histoire. Il avait fini 7e du Ballon d’or 1957. Lev Yachine, meilleur gardien de tous les temps, l’un des symboles de l’URSS au XXe siècle. Lev Yachine, meilleur gardien de tous les temps, l’un des symboles de l’URSS au XXe siècle. Ça faisait partie de la construction narrative du bouquin. Ça aurait été impensable de parler de Yachine sans évoquer le contexte, et la façon dont le régime a utilisé le football. Lavrenti Beria, par exemple, était si passionné de foot qu’il s’en est pris au Spartak Moscou, en marge de l’appareil d’État, pour favoriser le Dynamo Moscou, club de la police soviétique. C’est plus compliqué que ça. Quand Vladimir Poutine devient Premier ministre, puis président, la Russie est dans un état de délabrement absolu. Les Russes avaient perdu toute fierté, ne comptaient plus sur le plan international. Poutine a restauré une fierté russe. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, De Gaulle va rencontrer Staline. Si la France a pu rentrer au Conseil de sécurité des Nations unies, c’est grâce à Staline, et surtout pas à Roosevelt, qui détestait De Gaulle, ni à Churchill. Il y a en France un point de vue anti-russe qui m’irrite car c’est un grand pays qui devrait être un partenaire naturel de l’Europe, alors que c’est l’inverse qui se produit. Lors du 70e anniversaire de la victoire contre le nazisme, en 2015 à Moscou, aucun représentant européen n’était présent. François Hollande avait boycotté. En 2016, Poutine devait venir en France pour inaugurer le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, au Quai-Branly. Dix jours avant, Hollande dit ne pas être sûr de pouvoir le recevoir, et la visite de Poutine ne se fera pas. Le président russe, Vladimir Poutine, en novembre 2019. Le président russe, Vladimir Poutine, en novembre 2019. Aujourd’hui, le vaccin russe Spoutnik V est considéré très sûr par la revue médicale The Lancet , mais il n’est toujours pas homologué en Europe. Je ne suis pas certain car nous sommes passés à autre chose. À l’époque de Staline, c’était un élément de propagande. Lui ne voyait le sport qu’à travers la politique ; il voulait uniquement des victoires. Aujourd’hui ce n’est plus un enjeu géopolitique pour les Russes. On l’a vu à la Coupe du monde 2018 : Poutine n’a pas fait de l’événement quelque chose de stratégique. Face aux réticences occidentales, et au fait que l’Europe et la France se rangent souvent derrière les Américains, les Russes cherchent désormais des alliances avec les Chinois. Oui. Dans les années 1960, trois personnalités russes étaient célébrées en France : Khrouchtchev, Gagarine et Yachine. Oui, pour plusieurs raisons. Tout a changé avec l’arrêt Bosman de 1995 autorisant la totale liberté de circulation des joueurs. Il reconnaît que le foot est une activité commerciale comme les autres, alors qu’il aurait pu bénéficier d’une exception culturelle. Le foot est malade d’excroissance financière, dont on a vu les résultats avec Mediapro. Cette excroissance financière est allée beaucoup trop loin.
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