Le football allemand a été façonné par des figures emblématiques dont les exploits et les controverses ont marqué l'histoire de ce sport. Des gardiens de but talentueux aux défenseurs élégants, en passant par les milieux offensifs prometteurs, cet article explore l'héritage complexe et lumineux de certains des joueurs allemands les plus connus.
Harald Schumacher : Entre talent et controverse
Harald Schumacher, surnommé « Toni », est une figure marquante du football allemand. Né le 6 mars 1954 à Düren, il débute sa carrière professionnelle avec le FC Cologne en 1972. Il s'impose rapidement comme l'un des meilleurs gardiens de sa génération, se distinguant par ses performances exceptionnelles sur le terrain.
Entre 1979 et 1986, Schumacher est le gardien de but titulaire de l'équipe nationale d'Allemagne (RFA). Il remporte l’Euro 1980 et atteint deux finales de la Coupe du monde en 1982 et 1986. Cependant, sa carrière est assombrie par un incident controversé survenu lors de la demi-finale de la Coupe du monde 1982 contre la France. Sa collision avec le joueur français Patrick Battiston, marquée par une brutalité qui a conduit à une commotion cérébrale pour Battiston, lui vaut le surnom infâme de « boucher de Séville ».
Schumacher n’est pas seulement connu pour ses exploits sportifs. Sa biographie, "Anpfiff", suscite la polémique avec ses révélations sur le dopage et d'autres pratiques controversées au sein de l'équipe nationale allemande. Ces révélations font scandale et lui valent d'être banni de l’équipe nationale.
Après avoir quitté l'équipe nationale, Schumacher poursuit sa carrière au Schalke 04 et à Fenerbahçe, où il remporte un titre de champion en Turquie. Il termine sa carrière au Bayern Munich et devient entraîneur des gardiens, partageant son expérience avec les jeunes talents au Borussia Dortmund.
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L'héritage de Harald Schumacher est complexe : il incarne à la fois la brillance d’un gardien talentueux et les ombres d'une carrière entachée par des controverses. Son histoire continue de fasciner les amateurs de football, rappelant l'évolution de ce sport et les défis auxquels sont confrontés ses participants.
Franz Beckenbauer : Le "Kaiser" du football allemand
Le monde du football a pleuré la perte de Franz Beckenbauer, décédé le dimanche 7 janvier 2024 à l'âge de 78 ans. Né en septembre 1945 à Munich, Beckenbauer a marqué l'histoire du football allemand et mondial.
Vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1974, 1975 et 1976 avec le Bayern Munich, champion d'Europe en 1972 et du monde en 1974 avec la Mannschaft, Ballon d'Or en 1972 et 1976, Franz Beckenbauer a remporté tous les trophées possibles pour un joueur. Il a également connu la gloire en tant qu'entraîneur, menant l'Allemagne au titre de champion du monde en 1990.
En 2006, il a organisé le Mondial en Allemagne, un autre moment fort de sa carrière. Une archive de 1981 le présentait comme le joueur de football le plus titré au monde, encore en activité. Il avait déjà remporté tous les trophées. À l'époque, il était question de son aller-retour entre l'Allemagne et les États-Unis, où il a joué entre 1977 et 1980, puis entre 1982 et 1983 au New York Cosmos.
Champion du monde en tant que joueur (1974) puis sélectionneur (1990), président du Bayern et grand organisateur du Mondial-2006, Franz Beckenbauer a rythmé le quotidien des Allemands pendant plus d'un demi-siècle, devenant le "Kaiser" aux multiples facettes de l'Allemagne de l'après-guerre.
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Une anecdote souvent racontée par Beckenbauer illustre son parcours : lors d'un tournoi de jeunes en 1958, il affronte le grand club munichois de 1860, qu'il devait rejoindre plus tard.
Avec la sélection, il a réalisé le doublé Championnat d'Europe (1972) et Coupe du monde (1974). Le sacre planétaire a eu lieu chez lui, dans le stade olympique de Munich, à quelques pas de sa maison natale. Plus encore que Gerd Müller ou Sepp Maier, ses coéquipiers au sein de la Nationalmannschaft et du Bayern Munich, Franz Beckenbauer a incarné la puissance du football allemand dans les années 1970.
Une photo est restée dans la légende : Beckenbauer, le bras droit en écharpe, continuant jusqu'au bout et malgré la douleur d'une clavicule cassée la demi-finale du Mondial-1970 perdue contre l'Italie (4-3 en prolongation), dans ce qui est resté le "Match du siècle".
Il a joué ses dernières saisons entre New York et Hambourg, avant de raccrocher en 1983 et de commencer une carrière d'entraîneur, lui qui affirmait comme joueur qu'il n'en avait pas la moindre intention. Appelé au chevet de la Mannschaft à l'été 1984 après un Euro en France manqué, il a mené la sélection allemande en finale du Mondial-1986, perdue contre l'Argentine de Maradona, avant de prendre sa revanche quatre ans plus tard, contre cette même Argentine, à Rome. Beckenbauer est ainsi entré dans la légende, devenant le deuxième homme champion du monde comme joueur et sélectionneur, après le Brésilien Mario Zagallo.
Peu attiré par le banc d'entraîneur, il a rendu son tablier de sélectionneur au sommet, et d'entraîneur après un court passage à Marseille. C'est en revanche tout logiquement qu'il a pris les rênes de "son" Bayern au début des années 1990, au sein d'un triumvirat aux côtés de Karl-Heinz Rummenigge et Uli Hoeness. Il a parfois doublé sa casquette de président avec celle d'entraîneur intérimaire à deux reprises, avec succès.
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Sollicité de toutes parts, il a siégé au comité exécutif de la Fifa, et l'Allemagne lui a confié la mission d'obtenir l'organisation de la Coupe du monde 2006, qu'il a décrochée en 2000 lors d'un vote serré aux dépens de l'Afrique du Sud (12 à 11).
Le "Sommermärchen" (conte de fées d'été) de 2006 a toutefois tourné au cauchemar une décennie plus tard, lorsque des soupçons de corruption sont venus écorner un temps l'image du Kaiser.
Les Allemands en Serie A : Un aperçu des talents ayant marqué le championnat italien
L'Italie et l'Allemagne, deux nations majeures du football, ont souvent croisé le fer sur le terrain. De nombreux joueurs allemands ont également laissé leur empreinte en Serie A, le championnat italien. Voici un aperçu de certains des joueurs allemands les plus marquants ayant évolué en Italie :
- Lothar Matthäus (Inter) : Arrivé à l'Inter en 1988, Matthäus est rapidement devenu la plaque tournante de l'équipe au milieu de terrain. Il a remporté le titre de champion dès sa première saison en Italie et a été décisif lors de la finale de la Coupe de l'UEFA 1991. Il a également remporté la Coupe du Monde 1990 et le Ballon d'Or la même année.
- Rudi Völler (Roma) : Buteur allemand, Völler a mis une saison avant de s'imposer à la Roma, mais est finalement devenu l'un des joueurs étrangers préférés des tifosi romains.
- Hans-Peter Briegel (Hellas, Sampdoria) : Latéral allemand, Briegel a fait partie de l'équipe de l'Hellas Verone ayant remporté le Scudetto en 1985, l'un des plus surprenants de l'histoire du football italien.
- Oliver Bierhoff (Ascoli, Udinese, Milan, Chievo) : Véritable buteur à l'ancienne, Bierhoff a brillé en Italie, notamment à l'Udinese et à l'AC Milan, où il a remporté le titre de champion en 1999.
- Andreas Brehme (Inter) : Arrivé en 1988 à l'Inter, Brehme s'est rapidement imposé comme un latéral gauche infatigable, délivrant de nombreux centres décisifs.
- Jürgen Klinsmann (Inter, Sampdoria) : Attaquant complet, Klinsmann a été utile sur toutes les phases de jeu à l'Inter, se faisant une spécialité de dribbler les gardiens avant de marquer.
- Thomas Häßler (Juve, Roma) : Meneur de jeu de poche, Häßler a fait de sa petite taille une force, excellant sur coup de pied arrêté.
- Karl-Heinz Rummenigge (Inter) : Avant Matthäus, Brehme et Klinsmann, Rummenigge a été l'un des premiers Allemands à jouer à l'Inter, bien qu'il n'ait pas répondu à toutes les attentes en raison de blessures.
- Miroslav Klose (Lazio) : Arrivé à la Lazio en 2011, Klose a réalisé deux premières saisons de haut niveau, devenant l'un des chouchous de la Curva Nord.
- Thomas Berthold (Hellas, Roma) : Défenseur central, Berthold a joué à l'Hellas Verona et à la Roma, où il a été apprécié pour son sérieux et son abnégation.
Manuel Neuer : La fin d'une ère pour le gardien emblématique
Après Toni Kroos, Thomas Muller et Ilkay Gündogan, Manuel Neuer, le gardien historique de la Mannschaft, a annoncé mettre un terme à sa carrière internationale. Il aura joué son dernier match avec l’Allemagne lors du quart de finale perdu face à l’Espagne de l’Euro 2024 à Stuttgart.
Avant l’Euro 2024 à domicile, Manuel Neuer était un numéro 1 de plus en plus critiqué en Allemagne. Un sondage de Bild montrait que 72 % des votants souhaitaient voir Marc-André ter Stegen dans le but de la Mannschaft. Avec l’annonce de la fin de la carrière internationale du portier du Bayern Munich, le débat du gardien de l’équipe d’Allemagne devrait se clôturer.
Jamal Musiala : L'avenir prometteur du football allemand
Parmi la nouvelle génération de joueurs allemands, Jamal Musiala se distingue. Pépite du football allemand, Jamal Musiala a disputé sa première Coupe du monde avec la Mannschaft au Qatar.
Né le 26 février 2003 à Stuttgart, Musiala a grandi en Allemagne et en Angleterre avant de signer professionnel avec le Bayern Munich en 2019. Milieu offensif, il est sous contrat jusqu'en juin 2026 avec le Bayern Munich et sa valeur est estimée à 100 millions d'euros selon Transfermarkt.