Exeter Rugby : Une Ville, Une Histoire, Un Club

Exeter, paisible cité du Devon, est bien plus qu'une simple ville anglaise. C'est une terre de rugby, une communauté soudée autour de son club phare, les Exeter Chiefs. Cet article explore l'histoire du club, son lien avec la ville, et les enjeux auxquels il est confronté.

Exeter, une ville paisible au cœur du Devon

Exeter, avec ses près de 130 000 habitants, est une ville authentique et réservée. Son atmosphère paisible contraste avec l'effervescence de villes comme Brighton. La ville abrite une université prestigieuse qui accueille chaque année plus de 23 000 étudiants. La cathédrale d'Exeter, monument médiéval, témoigne du riche passé de la cité. La ville combine les atouts d’une station balnéaire et le charme et la tranquillité de la campagne anglaise. On y découvre un territoire composé de paysages magnifiques avec, aux alentours de la ville, une faune et une flore d’une grande richesse. Quelques sites classés et la présence de la côte maritime contribuent à faire d'Exeter une ville très prisée des amateurs de nature et de séjours relaxants.

Les Exeter Chiefs : Un club enraciné dans sa région

Les Exeter Chiefs sont bien plus qu'une simple équipe de rugby. Ils représentent le cœur historique du rugby anglais dans la région du Devon. Le club a été fondé en 1871, mais n'a accédé à l'élite anglaise qu'en 2010. Le club évolue habituellement au Sandy Park, un stade d’une capacité de 12 300 places. Le stade fait d’ailleurs partie des stades retenus pour accueillir les rencontres de la Coupe du Monde 2015 de rugby. Après l’événement, la capacité du Sandy Park doit être portée à 20 000 places.

Une ascension fulgurante

Sous l'impulsion de Tony Rowe, un homme d'affaires local, et de Rob Baxter, un ancien joueur devenu entraîneur, le club a connu une ascension fulgurante. En 2017, les Chiefs ont remporté le titre de champion d'Angleterre, battant les Wasps en finale. La même année, ils ont remporté la Coupe des champions.

Un style de jeu unique

Les Exeter Chiefs sont réputés pour leur style de jeu unique, basé sur la puissance et la précision. L'équipe est très forte près des lignes, où elle utilise des groupes pénétrants et du rugby à une passe pour marquer des essais. Elle possède également de très bons joueurs, des trois-quarts capables de relancer et de pratiquer d'autres formes de jeu.

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Des joueurs emblématiques

De nombreux joueurs emblématiques ont porté les couleurs des Exeter Chiefs, dont Nic Sestaret, un joueur français qui a évolué au club de 2008 à 2014. Parmi les joueurs anglais, on peut citer Luke Cowan-Dickie, Alec Hepburn, Harry Williams, Sam Simmonds, Joe Simmonds et Henry Slade. Le club a également recruté des stars internationales comme Stuart Hogg et Jonny Gray.

Le Sandy Park : Un stade à l'ambiance particulière

Le Sandy Park, situé en périphérie d'Exeter, est le stade des Exeter Chiefs. L’ambiance est curieuse à Sandy Park, ce petit stade à l’écart de la ville, près d’un échangeur d’autoroute. Il manquera le public samedi, des supporters connus pour leur cri d’indien en guise d’encouragement. Le stade a accueilli des matchs de la Coupe du Monde de Rugby 2015, et a été agrandi pour l'occasion.

Les défis financiers et le renouvellement de l'équipe

Malgré leurs succès sportifs, les Exeter Chiefs sont confrontés à des défis financiers. Le club traverse des moments complexes, et a dû se séparer de certains de ses meilleurs joueurs. Luke Cowan-Dickie, Jonny Grey, Stuart Hogg, Sam et Joe Simmonds, et Jack Nowell ont quitté le Devon. Cependant, de jeunes talents comme Henry Slade et Immanuel Feyi-Waboso sont restés au club, assurant l'avenir de l'équipe.

La polémique autour des symboles amérindiens

L'utilisation de symboles amérindiens par les Exeter Chiefs a suscité une vive polémique. Un groupe d'opposants, "Exeter Chiefs for change", a demandé au club de renoncer à toute référence aux peuples autochtones d'Amérique du Nord. Le club a accepté de sacrifier sa mascotte, "Big Chief", mais a conservé son nom et son logo. Afin de conserver le nom de Chiefs, le groupe a proposé que le personnage représenté sur le logo soit un chef de guerre romain ou celte, plus en phase avec l’histoire de la ville.

L'origine de la polémique

En choisissant comme emblème au moment de la relance du club en 1999 une tête d'Indien, les Chiefs ont suscité les foudres d'un groupe d'opposants virulents qui sont parvenus à réunir 3500 signataires sur une pétition pour les convaincre d'abandonner toute référence aux peuples autochtones d'Amérique du Nord. C'est la mascotte du club anglais baptisée « Big Chief » qui a fait les frais cet été de la mobilisation. Elle représente un joueur de rugby monté d'une coiffe en plumes et agitant un tomahawk. Les dirigeants ont jugé que c'était « de la seule chose pouvant être jugée comme manquant de respect ».

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La position du club

Les dirigeants ont assuré avoir recueilli des avis de tous bords: sponsors et partenaires-clés, mais aussi supporters, membres de la communauté du rugby et même "certaines parties de la communauté amérindienne", avant la décision prise cet été. "Le nom des Chiefs remonte au début des années 1900 et est très familier des gens du Devon", a aussi argumenté le club, même s'il ne s'agissait pas, à l'origine, d'une allusion quelconque aux indigènes amérindiens.

Les critiques

L'abandon de la mascotte n'a pas pleinement satisfait les opposants. "Il est extrêmement décevant que les Exeter Chiefs aient rejeté la possibilité d'être un club inclusif. Les peuples indigènes ont clairement affirmé à de nombreuses reprises qu'utiliser ainsi leur imagerie était insultant, nocif et inacceptable", a réagi le groupe "Exeter Chiefs for change" dans un communiqué.

Exeter et la Coupe du Monde de Rugby

Exeter a eu l'honneur d'accueillir des matchs de la Coupe du Monde de Rugby 2015 au Sandy Park. Pour les Namibiens, qui ont affronté la Nouvelle-Zélande jeudi dernier devant les 54 000 spectateurs du stade olympique de Londres - celui des Jeux de 2012, remis en service pour l’occasion -, le contraste risque d’être saisissant. L’acclimatation sera plus rapide pour les Tongiens, qui ont perdu leur premier match du tournoi au Kingsholm Stadium de Gloucester, l’autre « petit » stade de la Coupe du monde, 16 500 places. Outre leur capacité modeste, Kingsholm Stadium et Sandy Park partagent la particularité d’être les seuls « authentiques » stades de rugby de la compétition, en ce sens que, contrairement aux autres, ils hébergent tout au long de l’année des clubs du championnat anglais : le Gloucester RFC, et les Exeter Chiefs. L'événement a permis de mettre en valeur la ville et son club, et a contribué à renforcer l'identité d'Exeter comme une terre de rugby.

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