Le hockey sur gazon, moins connu que son cousin sur glace, est un sport olympique depuis 1908 qui connaît une expansion croissante en France. Pour apprécier pleinement ce sport, il est essentiel de connaître ses règles de base et ses spécificités. Les règles du hockey sur gazon sont parfois obscures et méconnues, mais surtout très différentes des autres sports collectifs.
Les bases du jeu
Une rencontre de hockey sur gazon oppose deux équipes de 11 joueurs (10 joueurs de champ et un gardien de but), avec la possibilité de 7 remplaçants et des changements illimités. Le but du jeu est de marquer plus de buts que l'équipe adverse en faisant passer la balle dans le but adverse à l'aide d'une crosse. Les matchs se déroulent en quatre périodes de 15 minutes chacune. Le jeu se déroule sur un terrain en gazon synthétique de 91,40 mètres de long et 55 mètres de large.
Matériel et équipement
Pour jouer au hockey sur gazon, les équipements suivants sont nécessaires :
- La crosse (ou stick) : Elle est droite dans sa partie haute, avec un grip similaire à celui d'une raquette de tennis. La partie basse est recourbée, avec une face plane (intérieure) et une face bombée (extérieure). Seule la face plane peut être utilisée pour frapper ou dévier la balle. La crosse est traditionnellement en bois, mais les modèles modernes utilisent des matériaux composites comme le carbone ou le Kevlar. La crosse doit pouvoir entrer dans un cercle de 5,10 cm de diamètre.
- La balle : Sphérique, elle pèse entre 156 et 163 grammes (il existe des balles plus légères pour les jeunes). Elle est faite de matériaux plastiques et peut être lisse ou présenter de très petits cratères.
- Tenue : Elle comprend une chemise, un short, des bas, des chaussures à crampons et des protège-tibias.
- Équipement du gardien de but : Le gardien porte un casque, un plastron, une coquille, des guêtres, des sabots, des coudières, des gants et un short renforcé. Certains gardiens masculins portent une protection supplémentaire pour protéger la pomme d'Adam.
Les règles fondamentales
Plusieurs règles sont édictées pour protéger l’intégrité physique des joueurs. La balle étant très dure, elle peut être dangereuse si elle arrive dans le visage ou d’autres parties du corps. Les contacts sont interdits, et les joueurs doivent respecter les règles suivantes :
- Utilisation de la crosse : La crosse se tient à deux mains, toujours positionnée en dessous des genoux. Il n’est pas autorisé de frapper avec la face arrondie du stick (back-stick dans le jargon).
- Contact avec la balle : Le joueur ne peut toucher la balle avec aucune partie de son corps. La balle ne peut être stoppée intentionnellement par une partie quelconque du corps.
- Jeu dangereux : Il n’est pas autorisé d’envoyer une balle aérienne si un joueur adverse est sur la trajectoire. « Une balle est considérée comme dangereuse quand elle provoque un mouvement naturel d’esquive des joueurs », peut-on lire dans le règlement.
- Obstruction : Il est défendu de tenir la crosse d'un adversaire, de l'attaquer par la gauche, à moins de jouer la balle. Les actions brutales sont sanctionnées.
- Zone de tir : Pour marquer un but, la balle doit avoir été touchée dans le demi-cercle tracé devant le but. La frappe doit viser au maximum la hauteur de la planche pour éviter le risque de blessure.
Les sanctions
Comme dans toutes les disciplines, il existe des sanctions pour les joueurs qui ne respectent pas les règles. Les arbitres, qui sont toujours deux lors des matchs, ont trois cartons à leur disposition :
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- Carton vert : Entraîne une exclusion de deux minutes du joueur concerné.
- Carton jaune : Entraîne une exclusion de cinq ou dix minutes, à la discrétion de l'arbitre.
- Carton rouge : Symbolise l'exclusion définitive du joueur du terrain.
Pour toutes les décisions arbitrales, un appel à la vidéo est possible. Chaque équipe dispose d’une opportunité de faire appel à l’arbitre vidéo, qui décide lui-même, sans concertation avec l’arbitre de champ, si la décision prise était la bonne. Si la réclamation aboutit, l’équipe demandeuse conserve son appel à la vidéo. À l’inverse, si elle est déboutée, elle ne pourra plus en profiter pour la fin du match.
Les phases arrêtées
Mis à part les actions de plein jeu, il existe deux formes de phases arrêtées : le pénalty-corner et le stroke.
- Le Penalty Corner (ou Petit Corner) : Il est sifflé par l’arbitre si une faute (volontaire ou involontaire) casse l’action et empêche un but d’être marqué ou en cas de faute (involontaire) dans le cercle d’envoi. Un joueur de l’équipe adverse se place sur la ligne de fond à 10m du poteau de but et envoie la balle à un coéquipier qui l’arrête en dehors de la zone d’envoi. En défense, quatre joueurs maximum se positionnent derrière la ligne - dans le but, ou en dehors - avec comme objectif d’empêcher la balle d’entrer dans le but. L'équipe adversaire se place autour du cercle d’envoi et tentent de tirer au but à la hauteur de la planche. Un joueur placé à 9,14 m du poteau de but doit passer la balle à un joueur de son équipe qui la bloque en dehors de la zone. Il y a souvent un bloqueur et un tireur.
- Le Stroke (ou Penalty) : Il est accordé à une équipe que si la faute commise dans le demi-cercle aurait probablement empêché un but. Un tireur se place sur le point de pénalty à 7 m du goal de l’adversaire et tir au but en coup direct contre le gardien. Cela ressemble alors à un pénalty classique, avec un face-à-face entre un joueur et le gardien. Toute faute volontaire d'un défenseur dans le cercle et toute faute involontaire sur tir au but est sanctionnée par un penalty-stroke tiré à 6,40m du centre du but.
En cas d'égalité
Les rencontres peuvent se terminer sur un match nul durant la phase de groupes. Durant la phase à élimination directe, par contre, c’est bien évidemment impossible, et une séance de shoot-outs est prévue pour désigner l’équipe victorieuse.
- Le shoot out : en cas d’égalité en fin de match, un tireur se place en 1 contre 1 dans la zone de 22,9 m avec le gardien et dispose de 8 secondes pour tirer dans le filet. Chaque nation désigne alors cinq joueurs qui devront affronter le gardien adverse à tour de rôle. Le joueur part de la ligne des 22,90 m et dispose de huit secondes pour marquer. Le gardien est libre de ses mouvements. Il peut rester sur sa ligne, sortir, tenter de gêner l’attaquant adverse, tout en restant dans son demi-cercle. Le joueur doit, lui aussi, être dans cette zone pour tenter sa chance. Après cinq tentatives par équipe, un vainqueur est désigné.
Termes spécifiques
Le hockey sur gazon possède un vocabulaire spécifique qu'il est utile de connaître :
- L’auto-passe : Quand l’adversaire fait une faute et qu’un·e joueur·se récupère la balle, il peut poser la balle sur la ligne de touche et démarrer seul·e l’action de jeu.
- Le shoot : Frapper la balle avec les deux mains en haut de la crosse.
- Le shoot au but : Lorsqu’une balle est frappée dans le but, le shoot doit viser au maximum la hauteur de la planche pour éviter le risque de blessure.
- Les balles aériennes (ou scoop) : Passes catapultées largement au-dessus de la tête (15-20m de hauteur) pour éviter l’adversaire. Pour garantir la sécurité des joueur·ses, si la balle arrive au-dessus du genou ou au-dessus des hanches, ce sera considéré comme une faute.
Hockey en salle
Le hockey en salle s'est développé dans les années 1950 pour permettre une pratique hivernale du hockey sur gazon dans les pays européens. Le jeu oppose deux équipes de cinq joueurs (plus le gardien) sur un terrain de handball (dimensions de 40 mètres par 20 mètres) avec utilisation des buts de handball (dimensions de 3 mètres par 2 mètres). Le terrain de hockey en salle est délimité par des bandes de renvoi (20 poutres en bois de 4 mètres de longueur, de 10 à 15 cm de largeur et de 15 cm de hauteur) disposées sur les lignes de touche pour empêcher la balle de sortir. Les règles du hockey en salle sont les mêmes que celles du hockey sur gazon.
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