Stade Rennais contre Olympique Lyonnais : Une Histoire de Football

L'histoire entre le Stade Rennais et l'Olympique Lyonnais est riche en événements mémorables, allant des confrontations en Ligue 1 aux finales de Coupe de France. Ces deux clubs emblématiques du football français ont souvent croisé le fer, laissant derrière eux des moments de joie, de déception et de rivalité. Cet article explore les moments clés de cette histoire, en mettant en lumière les rencontres marquantes et les figures emblématiques qui ont façonné ces confrontations.

Confrontations en Ligue 1 : Des Batailles Acharnées

Les matchs de Ligue 1 entre le Stade Rennais et l'Olympique Lyonnais sont souvent synonymes de suspense et de spectacle. Le 18 août, lors d'une rencontre de Ligue 1, l'Olympique Lyonnais a connu une défaite face au Stade Rennais. L'entraîneur de l'OL, Pierre Sage, a salué les performances de Malick Fofana et Georges Mikautadze malgré le résultat. Le Stade Rennais a démontré une meilleure forme, avec des recrues satisfaisantes, tandis que les Lyonnais, avec seulement deux tirs cadrés, ont eu du mal à exister sur le terrain. Un réveil était attendu contre l'AS Monaco.

La Finale de Coupe de France 1971 : Un Moment de Gloire pour Rennes

Un moment phare de l'histoire entre ces deux clubs est sans aucun doute la finale de la Coupe de France de 1971. Quarante et un ans après la deuxième victoire stadiste en Coupe de France, le Stade Rennais Online revient sur la finale victorieuse de 1971 face à l'Olympique Lyonnais. Six années après son premier et inoubliable succès, le Stade Rennais s'est hissé pour la quatrième fois de son histoire en finale de la Coupe de France.

Le Parcours Vers la Finale

Pour accéder à cette finale, le club breton a éliminé l'US Quevilly, l'Entente BFN, le CA Mantes, l'AS Monaco et l'Olympique de Marseille. Un parcours difficile que les joueurs de Jean Prouff ont négocié avec brio. Le Stade Rennais a pu compter sur un tandem de choc en attaque, composé de Robert Rico et André Guy. Buteur à cinq reprises avant le bouquet final, l’ancien lyonnais s’est distingué comme étant le « Monsieur + » du club breton durant la deuxième partie de saison. Pour préparer au mieux l’évènement, le jeune prodige stadiste Raymond Kéruzoré (21 ans) a de son côté, séché ses examens.

Le Parcours de Lyon

De leur côté, les joueurs lyonnais ont éliminé coup sur coup, l’équipe de Bourges puis celle de Cuiseaux-Louhans, avant de venir à bout du grand voisin et rival pour l’éternité, l’AS Saint-Étienne. Défait deux buts à zéro au match aller, l’OL fait finalement la différence au retour en l’emportant sur le score de trois buts à zéro, grâce à un triplé du prolifique attaquant rhodanien Fleury Di Nallo. Les Olympiens s’imposent ensuite face à l’US Dunkerque en quarts de finale (3-2 et 3-1), avant de se débarrasser du FC Sochaux-Montbéliard lors des demi-finales (1-0 puis 1-1). En championnat, la formation d’André Mignot précède d’une courte tête celle du SRUC. En outre, l’équipe rhodanienne compte des joueurs chevronnés dans ses rangs, comme Jean Baeza, Serge Chiesa ou André Perrin. Mais également des jeunes joueurs talentueux tel que Raymond Domenech.

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L'Ambiance Avant le Match

Dans les heures qui précèdent le coup d’envoi de la finale, toute la Bretagne vibre derrière son club phare et rêve de l’arrivée d’un nouveau trophée sur les bords de la Vilaine. Les vitrines des magasins de la capitale bretonne sont ainsi décorées via les couleurs originales du club. Le charismatique chanteur breton Alain Barrière, écrit même un hymne en l’honneur du club breton : « Allez Rennes ». À quelques heures du début de la finale, les joueurs rennais sont confiants. Jean Prouff a d’ailleurs préparé sa troupe au calme, dans la cité corsaire de Saint-Malo. En ce 20 juin 1971, 30.000 supporters bretons prendront effet le chemin de la Capitale. Les pronostics vont également bon train. Jean Prouff considère d’ailleurs que sa formation a « au moins autant de chances, sinon plus », que l’OL de ramener le trophée à Rennes. Tandis qu’André Guy, l’attaquant rennais à suivre, ne ressent aucune animosité envers son ancien club.

Le Déroulement de la Finale

Dans un stade olympique Yves-du-Manoir plein comme un œuf pour l’occasion, les protégés de Jean Prouff débutent la rencontre avec des intentions clairement offensives, et s’offrent du même coup les premières réelles velléités. Les joueurs rennais ne se montrent toutefois pas vraiment dangereux aux abords des buts d’Yves Chauveau, le dernier rempart lyonnais. En effet, les vingt-deux acteurs se montrent particulièrement timorés durant les trente premières minutes de la finale. Le rythme du match n’est pas très élevé, les deux équipes se contentant d’annihiler prudemment les rares mouvements de leur adversaire respectif. Pourtant, les joueurs bretons arborent des signes intéressants dans le jeu, grâce notamment à son jeu collectif bien rôdé. En face, les Lyonnais préfèrent s’appuyer sur leur triumvirat offensif composé de Fleury Di Nallo, François Félix et Serge Chiesa.

Une fois le long round d’observation terminé, le Stade rennais est tout près d’ouvrir le score, peu après la demi-heure de jeu. Mais Robert Rico se voit refuser un but pour une charge sur le gardien rhodanien. La décision est contestable, la faute n’étant pas particulièrement évidente. Malgré une domination territoriale au cours des quarante-cinq premières minutes de la rencontre, les coéquipiers de « Loulou » Cardiet regagnent les vestiaires sur un score de parité.

Après une première mi-temps assez terne au Stade de Colombes, la rencontre s’emballe rapidement dès le retour des deux équipes sur le rectangle vert. En effet, Lyon qui évolue surtout en contre, est tout près de trouver l’ouverture à la 54ème minute, lorsque François Félix adresse une belle tête qui effleure le sommet de la barre transversale de Marcel Aubour. Les Bretons ont eu chaud. Dans la foulée, Rennes ouvre le score, mais le but d’André Betta (58ème) est injustement refusé pour un hors-jeu de position de Robert Rico. Cette action engendre une longue interruption de la rencontre, du fait des vives protestations bretonnes. Alors que le score est toujours nul et vierge, les joueurs de Prouff ne comprennent pas cette décision arbitrale, et la conteste avec véhémence auprès de Monsieur Vigliani. Pendant ce temps, une scène cocasse a lieu. Certains supporters bretons ont lancé des artichauts sur la pelouse, en signe de protestation. Marcel Aubour en profite alors pour devenir la figure légendaire de cette Coupe 1971. En effet, le facétieux gardien Tropézien propose alors une magnifique démonstration au public médusé. Il renvoie ainsi les artichauts hors du terrain, tel un joueur de pétanque, histoire de nettoyer sa surface de réparation. Cette image est restée célèbre depuis, et lui valut d’ailleurs de recevoir deux caisses d’artichauts d’un producteur du Henvic dès le retour à son domicile.

Peu en verve depuis le début de la rencontre, André Guy a manqué plusieurs fois la cible face à ses anciens coéquipiers. Mais les Rennais ne baissent pourtant pas les bras et continuent à harceler les buts d’Yves Chauveau. La délivrance intervient peu après l’heure de jeu. Sur une perte de balle lyonnaise au milieu de terrain, Velimir Naumović transmet rapidement le ballon à Guy. L’attaquant rennais contrôle la balle et déclenche une frappe limpide du pied droit. Son tir est alors repoussé par le poteau, mais le ballon revient sur l’attaquant stadiste qui est taclé dans la surface de réparation par le défenseur lyonnais Robert Valette. Monsieur Vigliani, l’arbitre de la rencontre, n’hésite pas une seule seconde et désigne le point de penalty. André Guy se fait justice lui-même, en adressant un tir puissant qui se loge dans la lucarne droite d’Yves Chauveau, l’infortuné portier rhodanien. Le nuage de plâtre qui est libéré au moment du tir victorieux deviendra également une image marquante de cette finale. Rennes prend logiquement l’avantage au tableau d’affichage, sous les vivas des nombreux supporters bretons (1-0, 63ème).

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La Victoire de Rennes

Grâce à un but inscrit sur pénalty à la 63ème minute de jeu par l’inamovible André Guy, Rennes remporte donc sa deuxième Coupe de France aux dépens de l’Olympique Lyonnais, six années seulement après sa première victoire dans cette compétition face à Sedan. Pourtant, par le passé, Lyon avait souvent brillé dans l’épreuve reine de l’hexagone, mais c’était sans compter sur la force collective de l’incroyable équipe du légendaire Jean Prouff. Auteur d’une remarquable prestation, Louis Cardiet, le capitaine exemplaire des « Rouge et Noir » peut alors exulter et soulever la sacro-sainte coupe, reçue des mains du premier ministre de l’époque, Jacques Chaban-Delmas. Louis Cardiet mais aussi René Cédolin, seuls rescapés de la folle épopée de 1965, touchent le Graal pour la seconde fois de leurs carrières. Mention spéciale au capitaine rennais Cardiet, qui a parfaitement su museler le meilleur joueur rhodanien Serge Chiesa, et ce, durant les quatre-vingt dix minutes de la finale.

Les Célébrations

Les joueurs bretons fêtent ensuite leur succès dans le cabaret du Lido, pour une nuit de folie qu’ils n’oublieront jamais. En effet, dès le terme de la rencontre, des concerts de klaxons interminables résonnent dans les rues de la capitale bretonne. Dans une liesse incroyable et jamais vue selon les riverains de l’époque, la ville fait également la fête jusqu’au soir. Le lendemain, comme en 1965, c’est un public massif et enthousiaste qui accompagne les fabuleux lauréats de la Coupe de France 1971, de la gare de Rennes jusqu’à l’hôtel de ville. Les joueurs et dirigeants stadistes mettent d’ailleurs deux à trois heures pour faire le court trajet, se frayant difficilement un chemin dans des rues noires de monde de la capitale bretonne. Les images uniques de l’avenue Janvier sont restées dans toutes les mémoires. Juchés sur un camion, les joueurs parviennent finalement à rallier la place de la Mairie, où ils sont attendus par Henri Fréville, le maire de la ville. La foule est en délire.

Pendant ce temps, André Guy retrace son pénalty salvateur : « Je voulais le tirer à la droite de Chauveau, de l’intérieur du pied droit. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’ai frappé de l’extérieur et le ballon est allé sur la gauche du gardien. J’avoue avoir été étonné. Fort heureusement, la balle a glissé sous la transversale, sinon je me le serais jamais pardonné ».

Le Match Suivant

Trois jours après ce grand moment de l’histoire du Stade rennais, le club de la capitale bretonne est de nouveau opposé à l’Olympique Lyonnais, pour le compte de la 37ème journée du championnat de première division. Ce soir-là, les joueurs d’Aimé Mignot exécutent une magnifique haie d’honneur à l’entrée des joueurs stadistes, afin de saluer comme il se doit ceux qui les avaient battu de belle manière soixante-douze heures plus tôt. Les Rhodaniens prennent finalement leur revanche au stade de la route de Lorient, en l’emportant sur le score de trois buts à deux. Au terme d’une rencontre particulièrement ouverte, Chiesa, Di Nallo et Félix répondent à Guy et Betta. Mais peu importe, la Coupe de France s’est arrêtée pour la seconde fois en moins de dix ans du côté de la Bretagne.

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