Histoire du Stade Istres Football : Des débuts modestes à la Ligue 1 et aux défis actuels

Istres, ville située sur les bords de l'étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône, a une histoire footballistique riche et complexe. D'un bourg anonyme devenu une cité-dortoir, Istres a connu une ascension sportive remarquable, atteignant la Ligue 1 avant de faire face à des défis importants. Cet article explore l'histoire du club, ses moments de gloire, ses difficultés et son identité unique dans le paysage footballistique provençal.

Les premières années : La Section Sportive Istréenne

L'histoire du football à Istres commence en 1920 avec la création de la Section Sportive Istréenne (SSI). Pendant cinquante ans, le club reste modeste, évoluant dans les divisions régionales. En 1969, la SSI est intégrée à un club omnisports municipal, sobrement nommé Istres Sports, adoptant les couleurs violet et noir.

L'ascension dans les années 1980 et 1990

C'est dans les années 1980 qu'Istres perce, sous l'impulsion du président Aviet et de l'entraîneur yougoslave Djordje Korac. À l'été 1985, Istres intègre pour la première fois le monde professionnel. Franck Priou et Didier Monczuk forment une doublette offensive redoutable, et Istres Sports recrute l'ancien défenseur central marseillais Jean-Yves Kerjean. Les premières saisons en Division 2 sont difficiles, mais Istres obtient le statut professionnel en 1988.

En 1990, un nouvel homme fort arrive : le président Bernard Bonnet. Il rebaptise le club "Football Club Istres" et réunit les municipalités voisines de Miramas et Fos-sur-Mer, le club devenant le FC Istres Ville nouvelle. L'intersaison 1990 voit l'arrivée de joueurs talentueux comme Jean-Pierre Laverny, Frédéric Hantz, Eric Becker, Jean-Marc Chanelet et Mohamed Chaouch. Sous la direction d'Alain Laurier, Istres progresse, atteignant une belle cinquième place en 1991 et talonnant le Racing Club de Strasbourg en 1992, s'offrant un accès aux barrages. Istres vend chèrement sa peau à Angers avant de succomber aux tirs au but. Le club s'offre le scalp de Lyon en Coupe de France et affronte l'OM dans un derby inédit devant plus de 10 000 spectateurs dans l'ancien stade Bernard-Bardin.

Descente et retour en Division 2

Malheureusement, le soufflé retombe vite. Le club sauve sa peau sans briller en 1993 et est relégué en National 1 en 1994. Le retour en deuxième division a lieu en 2001, grâce aux 16 réalisations de Nassim Akrour. Le président Bertrand Benoît réussit son pari. On retrouve chez les Violets Gabriel Richter, Laurent Quiévreux, Pascal Berenguer et les attaquants Mouret, Tabet et Hebbar.

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L'épopée en Ligue 1 et les changements

Le président Benoît engage un jeune entraîneur, le Bosniaque Mecha Bazdarevic, et convainc Xavier Gravelaine de rester au club. Istres surprend en se mêlant à la lutte pour le podium, grâce à une défense solide et à la seconde jeunesse de Gravelaine. La montée en Ligue 1 prend tout le monde de court, car le club ne dispose pas d'un stade adapté. Un stade est mis en chantier à Fos-sur-Mer, mais sa livraison est reportée à plusieurs reprises.

L'effectif est bouleversé, avec les départs de Jacques Rémy et Xavier Gravelaine. Bertrand Benoît fait adopter une dénomination plus vendeuse : le Football Club Istres Ouest Provence est né. La saison 2004-05 en Ligue 1 est désastreuse. Dès la 11ème journée, le FC Istres se retrouve à la vingtième place, qu'il conservera jusqu'au bout. Bazdarevic est remercié en janvier, et Xavier Gravelaine fait ses premiers pas sur un banc de touche. Rien ne change malgré le recrutement de joueurs expérimentés comme Sébastien Pérez, Philippe Delaye et Ibrahima Bakayoko.

Descente en National et difficultés financières

La suite est délicate pour le FC Istres, qui retombe en National en 2007. Il en sort deux ans plus tard, mais après avoir renoué quatre saisons durant avec sa tradition des maintiens ric-rac, le FC Istres Ouest Provence baisse finalement pavillon en 2014. La saison tourne au cauchemar, et les recrues estivales ne sont pas à la hauteur. Le manager Lionel Charbonnier est progressivement éloigné du terrain. Cyril Jeunechamp puis Bruno Savry prennent place sur le banc de touche, sans pouvoir faire grand-chose.

Le FC Istres est rétrogradé administrativement en DHR (D7) à la suite d'une liquidation judiciaire, abandonnant son statut professionnel.

La reconstruction et l'avenir

Aujourd'hui, le club évolue en National 2. Laurent Thomas, le manager général, souligne l'importance de la formation des jeunes et la nécessité d'une mutualisation des moyens avec les autres clubs de la région. Le club s'efforce de maintenir une identité forte et de continuer à former des jeunes talents, malgré les difficultés financières et les défis structurels.

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Le club s'appuie sur des figures emblématiques comme Foued Kadir, ancien joueur professionnel, pour encadrer les jeunes et transmettre les valeurs du club.

Infrastructures et Identité

Le Stade Parsemain

Le stade Parsemain, situé à Fos-sur-Mer, est le stade actuel du FC Istres. Inauguré le 8 avril 2005, il a une capacité de 17 170 places. Bien que le club soit basé à Istres, le stade est situé dans la ville voisine de Fos-sur-Mer. Le club a dû parer au plus pressé et gérer l’urgence quand le club est monté en L1 en 2004. À Bardin, quand il y avait 1 000 personnes, on avait l’impression que le stade était plein. Là, avec nos 1200 spectateurs contre Grenoble, on avait l’impression que c’était vide. Jouer à Parsemain est un avantage d’un côté, parce que l’outil est de qualité, mais c’est un inconvénient par rapport à son format et sa localisation, pour créer un lien avec les partenaires, les licenciés, il n’est pas équipé pour ça. Et quand il y a du mistral, ça ne donne pas envie aux gens de venir à Parsemain. C’était déjà le cas en National voire en Ligue 2.

Autres installations sportives à Istres

Istres dispose de nombreuses installations sportives, témoignant de l'importance du sport dans la ville :

  • Arènes Raoul Libra : Arènes d'Entressen, baptisées en hommage au président du Club Taurin Paul Ricard d'Entressen.
  • Boulodrome Marcel Josuan : À Entressen, rend hommage à l'un des fondateurs de la Boule Sauvage.
  • Complexe sportif Auguste Audibert : À l'entrée sud d'Istres.
  • Complexe sportif Roland Cauche : À Rassuen/Le Prépaou, en hommage au président fondateur d'Istres Sports.
  • Complexe sportif René Davini : À l'entrée sud d'Istres, en hommage à un ancien instituteur et adjoint au maire.
  • Complexe sportif Donadieu : Derrière le Palio, en hommage à Marius Donadieu, un Istréen considéré comme le plus grand mutilé français de la guerre de 1914-1918.
  • Stade André Fuster : Stade de la JSI (Jeunesse Sportive Istréenne), en hommage au fondateur du club.
  • Gymnase Bernard Bardin : Inauguré en 1982, il rendait hommage à l’ancien directeur du SCA décédé le 4 janvier 1979 (Syndicat Communautaire d’Aménagement qui deviendra le SAN jusqu’au passage à la métropole Aix-Marseille en 2016).

Ces installations témoignent de la vitalité sportive de la ville et de son engagement envers le développement du sport pour tous.

Figures emblématiques

Plusieurs personnalités ont marqué l'histoire du club :

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  • Rafik Saïfi : Joueur avec le plus grand nombre de matches joués (35).
  • Moussa N'Diaye : Joueur avec le plus grand nombre de buts marqués (6).

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