Le match de qualification pour la Coupe du Monde 2010 entre l'Algérie et l'Égypte a été bien plus qu'une simple rencontre sportive. Il a été le théâtre de vives tensions, de rivalités exacerbées et d'incidents regrettables, laissant une marque indélébile dans l'histoire du football africain.
Une Rivalité Historique et Passionnée
La rivalité entre l'Algérie et l'Égypte ne date pas d'hier. Ces deux nations phares du football africain et arabe se sont souvent affrontées sur le terrain, donnant lieu à des rencontres passionnées et parfois houleuses. L'enjeu de la qualification pour la Coupe du Monde 2010 n'a fait qu'attiser cette rivalité, exacerbant les tensions et les enjeux autour de ce match. Dans l'histoire des éliminatoires pour la Coupe du Monde, des matchs mémorables et de grands classicos régionaux ont marqué les esprits, et la rencontre décisive disputée au Soudan en 2009 entre l’Algérie et l’Égypte en fait partie.
Tous les ingrédients pour une rencontre explosive étaient réunis : un match unique, sur terrain neutre, des supporters surchauffés, des générations historiques et des traces du passé. Tout cela pour décrocher un ticket pour disputer la Coupe du Monde. Cette dispute a même engendré des épisodes de violence et des incidents diplomatiques. La victoire des Algériens, 1 à 0, a mis fin à 24 ans d’absence de la compétition et a lancé les Fennecs dans une décennie victorieuse. Mieux encore, elle leur a servi de revanche pour une autre rencontre des Éliminatoires, en 1990, et a empêché qu’une des meilleures équipes de l’histoire des Pharaons, triple championne de la CAN, puisse disputer la Coupe du Monde.
Le Match Aller au Caire : Victoire Égyptienne dans un Climat Tendu
Le match aller, disputé au Caire, a été précédé de vives tensions. Le bus transportant la sélection algérienne a été caillassé par des supporteurs égyptiens à l'aéroport, blessant plusieurs joueurs. Les esprits s'étaient encore échauffés quand les médias et les services de sécurité égyptiens ont soutenu que l'équipe d'Algérie avait mis l'attaque en scène. En Algérie, la presse a en revanche évoqué un « guet-apens ».
Dans cette ambiance survoltée, alimentée par la rivalité souvent houleuse entre ces deux pays phares du football africain et arabe, la FIFA avait demandé aux autorités égyptiennes de prendre « toutes les mesures de sécurité » pour que le match ait lieu.
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Les autorités égyptiennes ont ainsi imposé des mesures de sécurité draconiennes. Des unités de la police anti-émeutes ont été déployées dans et à proximité du stade, jusqu'aux tribunes, et un cordon de sécurité a été établi autour de l'enceinte.
Malgré ce climat délétère, le match a eu lieu. L'Égypte s'est imposée 2-0, sauvegardant à la dernière minute ses chances de qualification au Mondial-2010. Une explosion de joie a accueilli la victoire, avec des concerts de klaxons et des supporteurs en délire brandissant des drapeaux égyptiens envahissant les rues de la capitale. Le président égyptien Hosni Moubarak, dont les deux fils Gamal et Alaa étaient dans les tribunes, a adressé ses félicitations aux joueurs.
Les célébrations d'après-match se passaient apparemment dans le calme, alors que les craintes de violences étaient vives en raison du climat tendu des jours précédents. Les traces de l'agression étaient d'ailleurs visibles pendant la rencontre sur deux des trois joueurs algériens blessés, qui portaient des pansements à la tête.
Le Match d'Appui à Khartoum : L'Algérie Décroche sa Qualification
Les deux équipes terminant à égalité de points et avec la même différence de buts, un match d'appui a été organisé à Omdurman, près de Khartoum (Soudan). L'Algérie a finalement battu l'Égypte 1 à 0, décrochant ainsi sa qualification pour la Coupe du monde de 2010.
Les Fennecs sont ainsi qualifiés pour la Coupe du monde de 2010. Les successeurs de Madjer et Belloumi se nomment désormais Ghezzal, Yahia et Yebda. 24 ans après sa deuxième et dernière participation (1982 et 1986), l'Algérie jouera en juin prochain le Mondial 2010 en Afrique du Sud. Dominés il y a quatre jours au Caire par l'Egypte (0-2), les Fennecs sont venus à bout ce mercredi des Pharaons (1-0), en match d'appui de la zone Afrique, près de Khartoum au Soudan.
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Tendues, les joueurs le sont aussi pour cette rencontre capitale dans leur carrière. La perspective de jouer une Coupe du monde transcende des hommes soutenus par des pays tout entier. Les avions et les cars venus d'Algérie et d'Egypte ont afflué ces derniers jours vers la capitale soudanaise. Quelques échauffourées ont d'ailleurs éclaté avec les forces de l'ordre dans les heures précédant la rencontre. Si dans les tribunes du stade d'Omdurman, ville jumelle de Khartoum, l'ambiance est heureusement à la fête, les deux équipes ne tardent pas à se frictionner sur le terrain.
Et il ne faut pas attendre beaucoup plus longtemps pour qu'une altercation entre plusieurs joueurs éclate après un contact rude entre Meghni sur Hassan. Le jeu reprend finalement ses droits et c'est une Algérie débordante d'énergie qui manque de peu l'ouverture du score après un tir à bout portant de Saïfi, repoussé par El-Hadary (5e). Dominés durant la première demi-heure, les Pharaons refont surface et Al Muhamadi oblige Chaouchi à une belle manchette pour écarter le danger (34e). Pourtant, les Fennecs appuient sur l'accélérateur en fin de première période. Sur une action initiée par Ziani, le ballon file vers Yahia sur le côté droit de la surface. L'ancien Niçois ne se pose pas de question et envoie un missile sous la barre transversale pour inscrire le premier but du match (1-0, 40e).
Les doubles champions d'Afrique, dominateurs au Caire il y a quatre jours, ne parviennent pas à prendre la mesure d'Algériens solidaires et appliqués. Ghezzal de la tête, sur un centre de Yebda, met encore El-Hadary à contribution (60e). Son homologue du côté des Fennecs n'est pas en reste. Chaouchi sauve une première son camp sur une tentative d'El-Sakka au point de penalty (62e), avant de dévier un tir à bout portant d'Al Muhamadi, contré in extremis. Zidan suit mais sa frappe est repoussée par un tacle d'Halliche (72e). Recroquevillés en défense, les Algériens s'arrachent pour conserver leur maigre avantage, malgré une pression égyptienne difficile à contenir. Et après quatre minutes de temps additionnel, les Fennecs peuvent lever les bras au ciel, ils seront au Mondial 2010.
L'Algérie s'est qualifiée pour la Coupe du monde 2010, grâce à son succès sur l'Egypte (1-0) en match d'appui des qualifications, mercredi à Khartoum. L'Algérie, 27e équipe qualifiée pour l'Afrique du Sud, sera présente en phase finale de Coupe du monde pour la première fois depuis 1986, alors que la dernière participation de l'Egypte remonte à 1990. Contraints de disputer un match d'appui après leur défaite au Caire samedi dernier (2-0), les Algériens se sont imposés grâce à un but d'Antar Yahia (40e minute), sur une reprise de demi-volée aux six mètres. En dépit de quelques accrochages entre joueurs, le match s'est disputé sans incident grave au stade Al-Merreikh d'Omdurman, dans la banlieue de Khartoum. Quelque 15 000 policiers ont assuré la sécurité avant, pendant et après le match.
Conséquences et Répercussions
Cette qualification a été vécue comme une véritable revanche pour l'Algérie, qui n'avait plus participé à un Mondial depuis 1986. Elle a également mis fin aux espoirs de l'Égypte, dont la dernière participation remontait à 1990.
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La rivalité entre les deux pays a atteint son paroxysme lors de ces éliminatoires, avec des incidents regrettables et des accusations mutuelles. Les relations diplomatiques entre l'Algérie et l'Égypte ont été mises à mal, et il a fallu du temps pour apaiser les tensions.
Un an et demi après l’attaque du bus de l’équipe algérienne de football au Caire, le 11 novembre 2009, plusieurs acteurs de l’époque reviennent sur cet épisode noir du football africain. Discussions houleuses entre Algériens et Egyptiens. Plus d’un mois après la chute du Raïs, les langues des Egyptiens, soucieux de faire table rase du passé, se délient. Du coup, petites et grandes combines du clan Moubarak et de ses sous-traitants apparaissent au grand jour ! Diffusé sur la chaîne Modern Sport, le principe de l’émission Kora Arabia était simple : revenir sur les scandales sportifs survenus au cours de l’ère du président Hosni Moubarak. Cette attaque qui intervenait quelques jours avant le match décisif comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2010 avait pour objectif de déstabiliser la sélection nationale maghrébine.
Président de la fédération égyptienne de football à l’époque des faits, Samir Zaher avait attisé la haine entre les deux peuples en accusant les Algériens de s’être livrés à une mascarade et proférant des insultes contre le peuple algérien. La FIFA n’avait pas tardé à réagir en sanctionnant la fédération égyptienne de football et en déboutant Zaher de sa présidence. Cependant, les choses ont changé en un mois et demi en Egypte. La place Tahrir s’est soulevée, et le peuple égyptien a pu s’exprimer.
Moncef était le premier à ouvrir les hostilités : « Zaher a payé certaines personnes pour s’attaquer au bus algérien. Puis Chadi enfonçait le clou en révélant que « Zaher et des membres de la Fédération égyptienne se sont réunis deux jours avant le match pour discuter de la manière dont il faudrait accueillir la sélection algérienne. Et c’est ainsi qu’ils ont payé des supporters pour agresser la sélection algérienne à 300 mètres de l’aéroport. J’ai vu de mes propres yeux le bus attaqué par la bande de Zaher. Les gens disaient qu’il s’agissait d’un scénario monté de toutes pièces par les joueurs algériens. C’est totalement faux. Je confirme que le bus a été attaqué. Il ne faisait alors plus aucun doute que Samir Zaher était largement impliqué. Pour Moncef, l’homme doit payer au vu des conséquences de ses agissements : « C’est lui qui a détérioré les relations entre Algériens et Egyptiens. À cause de lui, les intérêts égyptiens en Algérie ont été attaqués et dévastés, comme EgyptAir, Orascom ou même Arab Contractors.
Selon Chadi, « l’Etat est complice au plus haut niveau. Les autorités ont appelé Zaher pour le sommer d’affirmer que rien ne s’était passé et qu’aucun joueur algérien n’a été blessé. Le général Adli Fayed (haut responsable de la sécurité en Egypte) a donné l’ordre à Zaher de ne pas reconnaître l’attaque du bus, allant même jusqu’à proférer des menaces de mort à son encontre.
Le 12 novembre 2009, l’équipe algérienne vient disputer au Caire le match de qualification pour le Mondial 2010 dans une ambiance très lourde. Le match aller, remporté par l’Algérie à Blida (3-1) a été suivi en Egypte d’une campagne de presse pour chauffer à blanc la population. Le régime Moubarak, confronté à la montée des tensions sociales, croit habile de détourner vers le football un peu de la colère diffuse. Le chauvinisme égyptien, déjà encouragé par les médias d’Etat contre les Palestiniens et leur supposée « ingratitude », est cette fois focalisé sur les Algériens, qui auraient oublié la contribution de Nasser à leur indépendance.
Le bus de l’équipe algérienne est caillassé sur le trajet le menant de l’aéroport à l’hôtel, avec trois joueurs blessés. La sécurité égyptienne affirme que l’agression a été mise en scène par les footballeurs algériens eux-mêmes, ce qui conduit la FIFA à ne pas suspendre le match. Le 14 novembre, Khaled Lemmouchia joue avec trois points de suture sur le cuir chevelu et Rafik Halliche (photo ci-dessus) avec une arcade ouverte et un poignet fissuré. Dans les rues du Caire, des bandes déchaînées cherchent à « casser de l’Algérien », profitant là aussi de la passivité de la police. Le bilan officiel de 32 blessés, dont 20 Algériens, est très inférieur à la réalité, les victimes algériennes ayant souvent renoncé à être hospitalisées, de peur du lynchage.
Des violences anti-égyptiennes, notamment contre l’opérateur téléphonique Djeezy, filiale d’une société cairote, sont perpétrées en retour en Algérie, mais sans connaître ni l’ampleur de la « chasse aux Algériens » du Caire, ni la passivité policière qui l’avait favorisée. Quant à Moubarak, il dépêche ses fils Alaa et Gamal, son héritier présomptif.