Stade Malherbe Caen: Une Histoire Riche et Complexe

Le Stade Malherbe Caen (SMC), club emblématique de la ville de Caen (Calvados), captive les passionnés de football depuis 1913. Son nom rend hommage à François de Malherbe (1555-1628), un poète caennais du XVIIe siècle. Mais pourquoi ce choix surprenant ? Quel est le lien entre un homme de lettres et un club de football ? Cet article explore l'histoire du club, ses moments marquants, ses figures emblématiques et son ancrage dans la région normande.

Les Origines du Nom: Hommage à un Poète Normand

Le nom "Stade Malherbe Caen" est porté par le club depuis 1913, suite à la fusion de l'Union Athlétique du Lycée Malherbe et du Club Sportif Caennais. François de Malherbe, né à Caen en 1555, était issu d'une famille de la noblesse et du milieu des fonctionnaires et juristes. Ses études l'ont mené de Caen à Bâle, en passant par Paris et Heidelberg.

Après avoir terminé ses études à 21 ans, Malherbe part pour Paris où il s'engage aux côtés du duc Henri d'Angoulême, qu'il accompagne à Aix-en-Provence. Il partage sa vie entre la Provence et Caen pendant 30 ans. En 1605, sa vie bascule lorsqu'il est présenté au roi Henri IV, qui lui confie la mission de composer une ode sur sa campagne militaire contre les insurgés du Limousin. Malherbe se spécialise alors dans la célébration des personnes de la cour. Sous la régence de Marie de Médicis et au début du règne de Louis XIII, il demeure protégé et continue d'écrire, orientant son travail vers la célébration de la politique du cardinal.

Le choix de ce nom pour un club de football peut paraître inhabituel, mais il témoigne de l'attachement de la ville de Caen à son patrimoine culturel et à ses figures historiques.

Les Premières Années et l'Ascension Progressive

Après sa création, le SM Caen évolue dans les divisions amateurs. En 1934, le club joue en Division Honneur Normandie (D2) et termine 5ème. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le club continue d'exister, évoluant en DH Normandie (D3). Après la guerre, le club gravit progressivement les échelons. En 1948, le SM Caen termine 1er en DH Normandie (D3) et se qualifie pour la Phase Finale de CFA, terminant 6ème du Groupe A.

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Le club alterne ensuite entre la CFA (D3) et la DH Normandie (D4) pendant plusieurs années. Il faut attendre les années 1970 pour voir le club se stabiliser en Division 2. En 1970, le SM Caen termine 3ème du Groupe Ouest (1er Amateur) et est promu en D2.

L'Ère Professionnelle et l'Accession à l'Élite (1988)

L'année 1988 marque un tournant majeur dans l'histoire du club. Après avoir raté la montée en barrage en 1987, Caen ne manque pas la marche la saison suivante. Premier, à égalité avec Strasbourg à l'issue de la saison régulière, Malherbe élimine Lyon, puis Niort en barrage pour accéder à la D1 pour la première fois de son histoire. Le club du Stade Malherbe Caen accède pour la première fois à l’élite du football professionnel français.

Cette accession est le fruit d'un long travail et d'une progression constante. Elle marque le début d'une nouvelle ère pour le club, qui va désormais évoluer parmi les grands noms du football français.

Les Années en D1: D'Ornano et l'Europe

Les années qui suivent l'accession en D1 sont marquées par des hauts et des bas. Le club alterne entre le maintien et la relégation, mais parvient à se faire une place dans le paysage footballistique français.

En 1993, le stade Michel d’Ornano est inauguré. Un an après, le conseil municipal décide de construire un nouveau stade de dimension européenne. Inauguré en 1925, l’ancien Stade de Venoix accumule les carences : capacité limitée à 11 000 spectateurs, dimensions du terrain qui ne sont pas aux normes, visibilité réduite, etc. Plus qu’un équipement sportif pour son club, le nouveau stade relevait d’un programme visant à transformer le quartier et l’image de la ville. Le nouveau stade offre une capacité accrue et des installations modernes, permettant au club d'accueillir un public plus nombreux et de se développer.

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La saison 1991-1992 est particulièrement mémorable. Caen termine à la 5ème place de D1, se qualifiant ainsi pour la Coupe de l'UEFA pour la première fois de son histoire. Qualifié pour la première fois de son histoire en Coupe de l'UEFA, Caen écope du Real Saragosse, l'équipe qui monte en Espagne. Au terme d'une double-confrontation aux scénarios improbables, l'équipe de Daniel Jeandupeux est éliminée dès son entrée en lice (3 buts à 2, défaite au retour 2 buts à 0). En championnat, la saison est moyenne. Caen brille par intermittence sous les exploits de sa pépite Xavier Gravelaine, 22 buts toutes compétitions confondues.

Les Allers-Retours entre Ligue 1 et Ligue 2

Après une période difficile à la fin des années 1990, le club connaît une période de stabilité en Ligue 2 au début des années 2000. Cependant, le club parvient à remonter en Ligue 1 à plusieurs reprises, notamment en 2004, 2007, 2010 et 2014.

En 2005, le club atteint la finale de la Coupe de la Ligue, mais s'incline face à Strasbourg. Caen retrouve la Ligue 1 après huit ans à l'échelon inférieur. Avec une équipe inexpérimentée, Malherbe ne remporte que quatre matchs lors de la phase aller. Pire, le club normand ne gagne que deux fois entre la 15ème et la 32ème journée, même si Lyon, futur champion, Monaco (3ème) et Marseille (5ème) figurent au tableau de chasse des Normands. Ce parcours contraste avec l'épopée en Coupe de la Ligue où Caen s'incline en finale contre Strasbourg.

Ces allers-retours entre Ligue 1 et Ligue 2 témoignent de la difficulté pour le club de se maintenir durablement au plus haut niveau.

L'Identité Régionale et le Public

Le Stade Malherbe Caen est un club profondément ancré dans son territoire. Une enquête menée en 1990 par le Centre d’Études Régionales et d’Aménagement de l’Université de Caen montre que le public du Stade de Venoix est plutôt jeune (67 % des spectateurs ont moins de 40 ans), masculin (à 89 %), fidèle (57 % viennent à tous les matchs) et local (48 % du public vient de l’agglomération caennaise et 28 % de la commune de Caen). Si la grande majorité du public provient de l’aire urbaine caennaise, le club ne souffre pas d’une concurrence régionale directe. Il compte ainsi des supporters dans l’Orne et dans la Manche, confirmant son identité régionale portée par le slogan « Normands et Conquérants ».

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Une enquête menée en 2016 pour le compte de la Ligue de football professionnel montre que 93 % des spectateurs se rendent au stade en voiture. Le temps de parcours est en moyenne de 1h35 (43 minutes pour l’aller, 52 pour le retour). Les absences aux matchs sont principalement expliquées par des contraintes personnelles ou financières. Mais la difficulté d’accès et de stationnement (pour 20 % des interrogés) ou le temps de transport (16 %) sont également avancés. Environ un tiers des abonnés fait plus de 30 kilomètres pour assister aux matchs. S’il s’agit bien d’un stade régional, son public reste centré sur l’agglomération caennaise.

Le club bénéficie d'un soutien important de la part des supporters, qui se rendent en nombre au stade Michel d'Ornano pour encourager leur équipe.

Les Défis Actuels et l'Avenir du Club

Si le club Stade Malherbe est aujourd’hui aux mains d’actionnaires privés, le bâtiment du stade Michel d’Ornano reste la propriété de la ville de Caen. Or, un stade s’entretient et doit répondre à de nouvelles normes et standards. Par exemple, la ville a dû réaliser des travaux pour installer des écrans géants, rénover la sonorisation, changer les projecteurs ou encore restaurer les vestiaires et les espaces de réception. Cela posait la question du financement public d’un équipement et des gains privés qui en découlent. En 2010, suite à un rapport de la chambre régionale des comptes, la ville décide de facturer un loyer au club. Puis en 2016, elle cède au club son exploitation pour douze ans, en contrepartie d’un nouveau loyer. En 2017, la communauté urbaine souhaite édifier un nouveau palais des sports. Le projet correspond aux mêmes objectifs que ceux du stade. Il s’agit de doter des clubs (handball et basket-ball) d’un équipement innovant afin de les installer durablement au plus haut niveau. On cherche également à attirer des investissements privés et à atténuer la dépendance des clubs aux subventions. Ce nouveau palais des sports va contribuer à dessiner dans la ville un axe d’équipements sportifs et de loisirs (parc des expositions, zénith, nouveau palais des sports, stade de football). Encore à la manière du stade Michel d’Ornano, le projet retenu favorise l’effet chaudron qui accentue la ferveur du public.

Construit il y a une trentaine d’années, le stade Michel d’Ornano représente enfin une mémoire collective sédimentée.

En cette fin 2024, le club traverse une période difficile, marquée par une instabilité sur le banc de touche et une relégation en National (D3). Volonté de se séparer de Nicolas Seube dès le début, altercation musclée entre Bruno Baltazar et Gérard Prêcheur quelques jours avant le départ du directeur technique, mission perdue d'avance pour Michel Der Zakarian au regard de l'ampleur du chantier… Alors que les dirigeants du Stade Malherbe vont nommer un nouveau technicien dans les prochains jours (Maxime d'Ornano, Régis Brouard ou un troisième entraîneur à l'identité inconnue), la rédaction de Foot Normand vous propose une plongée dans les petites et les grandes histoires des trois coachs qui se sont succédés cette saison sur le banc caennais sans pour autant éviter la relégation en National. Nicolas Seube, Bruno Baltazar et Michel Der Zakarian se seront succédés sur le banc caennais cette saison sans que les résultats du Stade Malherbe ne s'améliorent. Trois. Le Stade Malherbe a donc réussi la performance de consommer trois entraîneurs différents en l'espace d'une saison, sans que ses résultats s'améliorent. Tout l'inverse. Forcément, une telle instabilité sur le banc interpelle, surtout dans un club réputé, dans une autre vie bien qu'elle ne paraisse pas si lointaine, pour la confiance accordée à ses techniciens. Entre 2005 et 2018, en dépit des aléas sportifs avec deux relégations en Ligue 2 (2009 et 2012), seuls deux hommes, Franck Dumas et Patrice Garande, ont occupé cette fonction. Bien que Fayza Lamari ait suggéré lors de sa récente interview à nos confrères d'Ici Normandie que sa famille soit à l'origine de sa nomination, avant même son arrivée, à partir de l'instant où Coalition Capital, le fonds d'investissement du capitaine des Bleus, prend le contrôle de la structure caennaise, on se doute que l'emblématique n°2 du Stade Malherbe ne terminera pas cet exercice 2024-2025. A peine le nouvel actionnaire principal en place que les premières rumeurs, fondées ou non, se répandent sur les réseaux sociaux. Bien qu'il s'en soit toujours défendu publiquement, le board a eu la volonté de « switcher » de coach dès le début. Mais par peur des réactions de l'environnement normand, et notamment des supporters, l'Etat-major n'a pas été au bout de son idée. Malgré une phase aller de piètre qualité sur le plan des résultats, Nicolas Seube possède la moins mauvaise moyenne des points par match des trois entraîneurs caennais cette saison (0,94). C'est donc avec cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête que Nicolas Seube traverse ses six derniers mois comme responsable de l'équipe avant que son siège ne devienne éjectable. Cela ne constitue en rien une excuse aux mauvais résultats, mais vous avouerez qu'on a connu climat plus serein pour performer. Bien sûr, compte des déconvenues à la pelle des partenaires de Romain Thomas sur la phase aller (16e et barragiste, à égalité avec le premier relégable, au soir de la 16e journée), l'éviction du jeune technicien caennais s'entend parfaitement, surtout dans un football moderne où la patience est un luxe que peu de personnes ne prennent le temps de s'offrir. Pour les fans malherbistes, le coup de grâce intervient trois heures plus tard quand l'identité de son successeur est révélée. Alors que les composantes dans et autour du club ont besoin d'être rassuré, le board désigne un illustre inconnu (ce qui au demeurant n'est pas un défaut) : Bruno Baltazar, un coach portugais avec un CV suscitant, a minima, la curiosité avec 13 postes différents en 12 ans (!), aucun dans un championnat dit majeur. Si l'ombre de son compatriote Luis Campos, le conseiller stratégique du PSG, plane au-dessus de ce choix selon certaines sources, une chose est acquise, Reda Hammache n'y est pas étranger, lui qui a déjà souhaité faire venir Bruno Baltazar au Red Star quelques mois plus tôt. Un choix qui n'est pas du goût de tout le monde dans les couloirs « Rouge et Bleu », à commencer par Gérard Prêcheur. Pas spécialement favorable au départ de Nicolas Seube, le directeur technique de l'époque n'apprécie pas de ne pas être associé pleinement à la désignation de son remplaçant. Progressivement, il se sent mis à l'écart des décisions liées au secteur professionnel. Rapidement, entre Gérard Prêcheur et Bruno Baltazar, le ton monte. La semaine suivant le baptême du feu du Lusitanien sur le banc normand, à l'occasion de la réception de Clermont (le 3 janvier), ils en viennent même aux mains ! Une poignée de jours plus tard, l'ancien responsable de l'INF Clairefontaine pliera définitivement bagage. Quelques jours avant le départ du directeur technique, début janvier, Gérard Prêcheur et Bruno Baltazar ont eu une altercation assez musclée. Ce départ en précède un autre, à la mi-février, celui de Bruno Baltazar. Son expérience à la tête du Stade Malherbe se révèle catastrophique sur le plan comptable : sept défaites en autant de sorties ; ce qui constitue un record à l'échelle du club caennais. Pourtant, durant son intervention à la radio, Fayza Lamari minimise le poids du passage du Portugais dans la relégation en National. "C'est un faux débat. C'est un bon technicien. En plus, il n'a fait que sept matchs sur les 34". Oui, certes, mais pas n'importe lesquels ni à n'importe quelle période. "Des échéances très importantes nous attendent en janvier contre des concurrents directs pour inverser la tendance". Un entraîneur qui aurait pu être congédié bien avant. "On s'est rapidement rendu compte que ce n'était pas l'homme de la situation", reconnaît Fayza Lamari. "On a souhaité le retirer très vite, mais les joueurs ont voulu le garder car ils travaillent plus avec lui". Travailler plus, pourquoi pas, travailler mieux, cela reste à démontrer. Selon nos informations, les cadres du vestiaire ont effectivement été sondés après le revers à Troyes (J21. 3-0, le 1er février), le cinquième de rang en 2025, maintenant leur confiance dans ce coach. Preuve que solliciter l'avis de son groupe pour prendre des décisions aussi vitales comporte parfois des limites. Car en ne renvoyant pas Bruno Baltazar, début février, les dirigeants plantent le dernier clou dans le cercueil du SMC. "Quand j'ai dit oui, je n'avais pas vu qu'il y avait dix points de retard (sur le barragiste)", confessait Michel Der Zakarian il y a quelques jours à l'heure de dresser le bilan de son passage en Normandie. Malgré une embellie à son arrivée avec quatre unités engrangées en deux journées, l'ex-technicien de Montpellier s'aperçoit très vite que la tâche qui lui incombe s'apparente à une mission impossible. Alors qu'il n'a visiblement jamais été dans les projets des dirigeants caennais de prolonger l'aventure avec lui au-delà de cette saison ; "Il n'était là que pour une mission sauvetage", dixit Fayza Lamari, un nouvel entraîneur, maîtrisant le National, sera donc officialisé dans les prochains jours. Deux noms circulent, au profil radicalement opposé : Maxime d'Ornano, l'ancien coach du FCR, et son successeur chez le voisin rouennais, Régis Brouard, ancien milieu de terrain de la maison « Rouge et Bleu » dans les années 1990 (1997-1999). Quelle que soit l'identité de l'heureux élu, cette décision s'avère capitale pour l'avenir du Stade Malherbe. Car il est question de la reconstruction du club normand.

Le club doit désormais se reconstruire et retrouver le chemin du succès. L'avenir du Stade Malherbe Caen est incertain, mais le club peut compter sur son histoire, son identité régionale et le soutien de ses supporters pour surmonter les difficultés et retrouver sa place dans le football français.

Les Joueurs et Buteurs Emblématiques

Plusieurs joueurs ont marqué l'histoire du Stade Malherbe Caen. Parmi eux, on peut citer :

  • Nicolas Seube: Joueur avec le plus grand nombre de matches joués pour le club (232).
  • Fabrice Divert: Meilleur buteur du club en Ligue 1 (40 buts).
  • Alexandre Mendy: Meilleur buteur de l’histoire du club avec 71 réalisations.
  • Cyrille Watier: Deuxième meilleur buteur de l’histoire du club avec 69 réalisations.
  • Mathieu Duhamel et Xavier Gravelaine: Ex-æquo sur le podium avec 46 buts.
  • Sébastien Mazure: A marqué le club au début des années 2000.
  • Anthony Deroin: Seul joueur de ce top 10 à ne pas être attaquant.
  • Philippe Prieur: Auteur de 37 buts en 74 matches.
  • Yoann Gouffran: Formé au SMC, il avait fini meilleur buteur de Ligue 2 en 2006-2007.
  • Youssef El Arabi: Natif de Caen, il a contribué à une montée du club en Ligue 1.

Ces joueurs ont contribué à écrire l'histoire du club et à marquer les esprits des supporters.

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