Le monde du football est témoin de moments historiques et parfois insolites. Récemment, des records ont été battus en matière de séances de tirs au but, suscitant l'intérêt des amateurs de football à travers le monde. Cet article explore ces événements marquants, en se concentrant sur les records établis en France, en Israël et en Angleterre.
Un Record Français Établi en Dordogne
Le dimanche 11 septembre, un record de France a été pulvérisé lors d'une rencontre de Coupe de Nouvelle-Aquitaine entre Javerlhac et Belvès. Incapables de se séparer au bout du temps réglementaire, puis du temps additionnel, les deux clubs ont basculé sur les tirs au but. Les acteurs l'ignoraient mais ils allaient entrer dans l'histoire.
Le FC Javerlhacois et le FC Belvésois, deux clubs du District de la Dordogne, s’affrontaient le 11 septembre dans le cadre du deuxième tour de la Coupe de Nouvelle-Aquitaine. La rencontre n'avait en apparence rien pour devenir historique, et pourtant. La Dordogne Libre rapporte que le 11 septembre, en coupe régionale de Nouvelle-Aquitaine, Javerlhac et Belvès ont fait match nul 3-3 avant de se départager dans une séance de tirs au but qui fera date : 46 tirs au but, exceptionnel (21-20). Ayant accouché d’un score de parité (3-3) au terme des 90 minutes de temps réglementaire, la rencontre s’est prolongée jusqu’à la séance des tirs au but.
"L’un des arbitres assistants m’a glissé, avant le match, qu’il sentait que cela allait durer longtemps, révélait Julien Delage, le secrétaire du club de Javerlhac, spectateur ce jour-là. Il ne pensait pas si bien dire !" La séance a finalement durée plus de 35 minutes et a vu les visiteurs sortir vainqueurs. C'est a priori le record en France.
Toujours aussi proches, y compris dans ce nouvel exercice, les deux communes périgourdines se marquent à la culotte et atteignent rapidement la barre des dix tirs au but de part et d'autre. Puis celle des vingt, donc des 40 au total. Et celle des 44, signifiant que les onze acteurs des deux camps, incluant les gardiens de but, se sont d'ores et déjà présentés à deux reprises dans la surface de réparation. Anthony Boulestier de Javerlhac, habituellement si précis, a expédié son penalty sur le poteau. "Sur les deux premiers, je ressentais la pression. Là, c'était bien retombé. J'y suis allé serein. J'aurais sans doute dû y mettre la même concentration" a confié le joueur à Dordogne Libre. Cet échec a donc mis fin à une séance de tirs au but longue de 35 minutes ponctuée par 46 tentatives (20-21). Un nouveau record en France.
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Anthony Boulestier, joueur de Javerlhac et double buteur dans le jeu ce soir-là, s’est confié au média local à la fin du match : « Belvès n’a même pas fait de cri de victoire, ils n’avaient qu’une envie : rentrer chez eux ! Heureusement qu’ils ont gagné, sinon ils auraient été vraiment déçus. Moi, je l’étais un peu.
Record Mondial Battu en Israël
En Israël, à l’occasion d’une rencontre entre le SC Dimona et Shimshon Tel Aviv, le record du monde de la plus longue séance de tirs au but a été battu. 56… C’est le nombre de tirs au but qu’il a fallu pour départager le SC Dimona et Shimshon Tel Aviv, en Israël, mardi 21 mai. Après un match nul (2-2) au terme de la prolongation, les deux équipes ont dû passer par la case tirs au but. Une séance qui a duré éternellement puisqu’il a fallu 23 tirs réussis au Dimona pour venir à bout de son adversaire (23-22).
En demi-finales des playoffs de 3e division en Israël, le SC Dimona est venu à bout de Shimshon Tel Aviv, mardi soir, au terme d’une séance de tirs au but interminable et irrespirable. Un nouveau record du monde a même été établi, avec pas moins de 56 tirs au total.
Autres Records et Anecdotes
Au niveau mondial, une séance de 62 tirs en Corée du Sud en 2019 n’ayant apparemment pas été homologuée, la palme serait anglaise et vieille de seulement six mois: en mars dernier, deux clubs amateurs, Washington et Bedlington, auraient mis 54 tirs pour se départager (25-24).
Il a fallu 54 tirs au but pour que Washington (club de 10e division anglaise) s'impose face à Bedlington (3-3, 25-24 aux t.a.b.) lors d'une interminable mort subite. Un record. Après un match déjà prolifique (3-3), les deux clubs du nord-est de l'Angleterre ont dû tirer 54 tirs au but pour se départager. Washington, club de 10e division anglaise, s'en est finalement tiré (25-24) avec la victoire et un record.
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Lors de ce match entre les Old Wulfrunians et Lane Head, chaque joueur a dû tirer deux tirs au but chacun, les deux équipes n'étant pas parvenues à se départager à l'issue du temps réglementaire (3-3). Les anecdotes ne manquent pas sur cette séance de tirs au but épique mais c'est la réaction d'un dirigeant de l'équipe battue qui était la plus drôle: "C'était formidable d'être impliqué dans un match aussi mémorable.
Tableau Récapitulatif des Records
| Pays | Équipes | Nombre de Tirs au But | Année |
|---|---|---|---|
| France | Javerlhac vs Belvès | 46 | 2022 |
| Israël | SC Dimona vs Shimshon Tel Aviv | 56 | 2022 |
| Angleterre | Washington vs Bedlington | 54 | 2022 |
Ces séances de tirs au but exceptionnellement longues témoignent de la passion et de l'engagement des joueurs, ainsi que du caractère imprévisible du football.
Séances de Tirs au But Mémorables en Coupe du Monde
La séance de tirs au but fait son retour pour les rencontres à élimination directe de la Coupe du monde 2022. Pour se rappeler la première séance de tirs au but effectuée dans la compétition internationale, il faut remonter près de 40 ans en arrière…
La célèbre France-RFA 1982 à Séville
En effet, c'est la demi-finale de Coupe du monde 1982 qui va se jouer, pour la première fois, sur des penalties ! Un match qui est encore dans toutes les mémoires des fans des Bleus. On parle de la très célèbre nuit de Séville.
L'Allemagne de l'Ouest et la France réalise l'une des plus belles parties de l'histoire de la compétition. Malgré une avance de deux buts en prolongations, la France se fait reprendre et doit disputer cette séance de tirs au but. La première reste, encore aujourd'hui, la plus longue de l'histoire de la compétition. On a eu le droit à près de 12 tentatives, pour une victoire 5 à 4 de la RFA. C'est un record qui sera égalé près de 12 ans plus tard.
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La Roumanie et la Suède luttent pour une place dans le dernier carré de cette Coupe du monde. Et c'est la sélection suédoise qui s'impose, lors de cette séance de tirs au but, après 12 tentatives, sur le même score de 5 à 4.
Après l’invraisemblable scénario des prolongations, où quatre buts sont inscrits en 17 minutes, arrive donc la première séance de tirs au but de l’histoire de la coupe du monde. Les Bleus sont si épuisés qu’on voit mal comment Michel Hidalgo va faire pour trouver cinq volontaires. Ce sera donc Giresse, Amoros, Rocheteau, Six et Platini. Les trois premiers marquent (avec une mention spéciale à Amoros qui n’a que vingt ans et dont le calme est sidérant). En face, Stielike vient de tirer sur Ettori et Six, qui joue alors à Stuttgart, a l’occasion de donner un avantage quasi-définitif aux Bleus. Mais sa frappe du gauche est renvoyée par Schumacher, et Platini termine les poings serrés en lâchant un « fais chier ! » alors qu’il pensait envoyer les Bleus en finale.
Quatre ans plus tard, c’est au terme de ce qui restera sans doute comme le plus grand match de son histoire que l’équipe de France se retrouve à l’épreuve des tirs au but contre le Brésil. Qu’elle en soit arrivée là tient du miracle, tant les Auriverde ont dominé et se sont créé des occasions à la pelle. Mais Bats et les poteaux se sont toujours trouvés sur la trajectoire, et ça continue pendant la séance de tirs au but. La frappe sans élan de Socrates est repoussée par le gardien d’Auxerre. Stopyra et Amoros, toujours lui, transforment leur tentative.
Quand vient le tour de Bellone, on n’est pas rassuré, et l’attaquant monégasque non plus. Mais le gardien brésilien Carlos crache sur le ballon, ce qui met en rage le gaucher qui allume un pétard. Poteau, ricochet sur la tête du gardien et but. Histoire de pimenter un peu la sauce, Platini dont c’est l’anniversaire tire au-dessus de la lucarne, mais Julio Cesar trouve le poteau de Bats juste après.
Si l’adrénaline est la plupart du temps à son maximum dans ce genre d’épreuve, il arrive pourtant que ce ne soit pas le cas. Lors de l’Euro 96 en Angleterre, les Bleus de Jacquet ont trouvé la défense qui fera merveille pendant quatre ans, mais l’attaque est en panne, pas aidée par un Zidane hors de forme. En quarts de finale contre les Pays-Bas, il ne se passe pas grand chose hormis un coup-franc hollandais sur le poteau à cinq minutes de la fin (suite à une main de Desailly à la limite de la surface de réparation) et un face-à-face Seedorf-Lama à la dernière minute. Les prolongations ne donnent rien.
Contre la République tchèque dans un stade d’Old Trafford aux deux-tiers vide, les Bleus sont privés de Deschamps et Desailly joue au milieu. Là non plus, il ne se passe rien hormis un tir de Djorkaeff sur la barre à l’heure de jeu. Au bout d’un ennui considérable, et d’un nouveau 0-0, les tirs au but se profilent. Jacquet fait tirer les mêmes et dans le même ordre (Zidane, Djorkaeff, Lizarazu, Guérin et Blanc) et comme trois jours plus tôt, ils marquent tous. Les Tchèques aussi.
Cette fichue demi-finale n’en finira donc jamais ? Reynald Pedros se dévoue et fait une Bossis en tirant sur Kouba.
Autant dire qu’il faut chercher à la loupe pour trouver l’ordre des tireurs. Merci au passage à Matthieu Delahais pour m’avoir signalé cet oubli. Après un 2-2 contre le Maroc lors du tournoi Hassan II, comme le réglement le prévoit, un vainqueur doit être désigné par une séance de tirs aux but sans prolongation. Quatre des cinq premiers tireurs français marquent (Blanc, Lebœuf, Trezeguet et Pirès et Vieira), Djorkaeff échouant en deuxième position. Il en faut plus pour dissuader Aimé Jacquet décide de renouveler son dispositif Euro 96 ceinture et bretelles lors du quart de finale mondial contre l’Italie le 3 juillet 1998.
Avec un milieu à trois récupérateurs (Karembeu, Deschamps, Petit) et un seul attaquant de pointe (Guivarc’h), les Bleus résistent bien mais peinent à se montrer dangereux devant. En prolongations, c’est même Roberto Baggio qui manque de quelques centimètres la cage de Barthez qui était battu. Lors de la séance des tirs au but, Zidane marque le premier, Baggio égalise. Mais Lizarazu échoue et l’Italie prend l’avantage par Albertini. Autant dire que la pression est terrible pour Trezeguet et Henry, vingt ans chacun, mais il en faut plus que ça pour impressionner les Monégasques. D’autant qu’Albertini a vu son tir repoussé par Barthez. Laurent Blanc redonne l’avantage aux Bleus, et la frappe de Di Biagio tape la transversale. Barthez n’a pas encore réalisé que la séance était finie.
La septième séance de tirs au but intervient au terme d’un match amical, en préparation de l’Euro 2000 au Maroc, toujours au tournoi Hassan II. Au terme d’un 2-2 contre le Japon, comme il faut un vainqueur, les tirs au but sont organisés sans prolongation. Les Bleus l’emportent en quatre tirs. La plus cruelle épreuve, à ce jour, est sans doute celle de Berlin le 9 juillet 2006. Jouer une finale de Coupe du monde au tirs au but, voilà une idée franchement stupide, alors qu’il serait tout à fait possible de rejouer la finale trois jours plus tard, le tournoi étant terminé.
En tout état de cause, ce sont bien les Italiens qui sont ravis d’être encore vivants après deux heures de jeu qu’ils finissent sur les rotules. Mais les Bleus ont perdu Vieira sur blessure en début de deuxième mi-temps, et quand la séance de tirs au but arrivent, ils ne sont plus dans le match. Zidane a été exclu dix minutes plus tôt, et comme Henry et Ribéry sont sortis, leur moral est dans les chaussettes. Domenech désigne les deux attaquants remplaçants Wiltord et Trezeguet, et trois défenseurs (!), Abidal, Sagnol et Gallas (Malouda se faisant oublier). Mais comme la transversale repousse (devant la ligne cette fois) la frappe de Trezeguet, et que les Italiens font un sans-faute, la série se termine à 5-3 et Gallas ne tire pas.
Il faudra attendre quinze ans pour revoir un tel exercice, et il n’aura pas plus de succès que le précédent. Le 28 juin 2021 à Bucarest contre la Suisse en huitième de finale d’un Euro dont ils sont les favoris, les Bleus se cassent les dents en étant poussés à la prolongation après avoir menés 3-1 à un quart d’heure de la fin. Lors de la séance de tirs au but, Paul Pogba, Olivier Giroud, Marcus Thuram et Presnel Kimpembe font le job, tout comme les cinq tireurs suisses. Il ne reste plus que Kylian Mbappé, qui a raté plusieurs fois le cadre pendant le match.
Il ne fallait pas en arriver là : contre l’Argentine en finale de la Coupe du monde 2022, et contre Emiliano Martinez, grand spécialiste du genre, alors que deux des spécialistes français de l’exercice (Giroud et Griezmann) ne sont plus sur le terrain, on se doutait que la séance de tirs au but allait être douloureuse. Et ça n’a pas raté. Alors que les quatre tireurs argentins transformaient leur tentative (2-4), les Bleus échouaient deux fois par Kingsley Coman et Aurélien Tchouaméni, rendant inutiles les tirs victorieux de Kylian Mbappé (le premier) et de Randal Kolo Muani (le quatrième). Perdre une finale de Coupe du monde aux tirs au but, c’est très dur.
Et c’est au moment où on ne les attendaient plus que les Bleus en ont enfin gagné une : le 5 juillet 2024 contre le Portugal à Hambourg. Au terme d’un match très frustrant o…
Le temps additionnel à rallonge : Plus de buts et plus de spectacle ?
Dès le Community Shield du 6 août dernier qui lançait la saison anglaise, Leandro Trossard avait brillamment acté les nouvelles dispositions prises en mars 2023 par l’IFAB (gardien des lois du jeu) et la FIFA d'allonger le temps additionnel. A Wembley, le Gunner belge avait égalisé à 1-1 face à Manchester City à la 90ème minute + 11, avant qu’Arsenal ne l’emporte aux tirs au but ! Appliquées par l’ensemble des grands championnats européens, ces nouvelles directives renouaient en fait avec celles instituées lors de la dernière coupe du monde au Qatar. On se souvient des 28 minutes de "bonheur en plus" (+14 en première mi-temps et + 14 en seconde) lors du match Angleterre-Iran, pour une durée record de 117 minutes au total, et du but le plus tardif de l'histoire du Mondial, hors prolongation, inscrit par Mehdi Taremi sur penalty à la 113ème minute…
Avant ce Mondial au Qatar, l'objectif déclaré de cette "réforme" était de se rapprocher autant que possible des 90 minutes de temps de jeu effectif, comme l’avait recommandé Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres de la FIFA, dans Le Figaro du 22 novembre 2022 : "On veut éviter les matches à 42, 43, 44 minutes de temps effectif. Donc les temps de remplacement, de penalty, de célébrations, de soins médicaux ou bien sûr de VAR, devront être compensés. Les célébrations peuvent parfois durer 90 secondes. Ce temps doit être compensé, en respect des spectateurs et des téléspectateurs."
Du show et du business
Après le Community Shield entre Arsenal et City qui avait inauguré "le mur du cent" (105 minutes de jeu à Wembley), Pep Guardiola, Kevin De Bruyne puis Raphaël Varane, entre autres, avaient aussitôt fait part de leurs inquiétudes à propos des conséquences de cet allongement du temps additionnel sur l’intégrité physique et mentale des joueurs. Exact. Mais le finish haletant en mondovision avait merveilleusement lancé la saison internationale…
Et c’était peut-être aussi un des buts cachés, un des non-dits de cet extra-time à rallonge souhaité par la FIFA : étirer la diffusion TV des fins de matchs en espérant un suspens maximum, des buts et des retournements spectaculaires. Du show et du business, comme le préconisait déjà en partie Andrea Agnelli, alors président de la Juventus et du Syndicat Européen des Clubs (ECA), en mars 2021 : créer un abonnement TV pour les 15 dernières minutes d'un match. A l’instar de la NBA qui, depuis 2018, propose à ses téléspectateurs d’acheter le dernier quart d’heure des rencontres, celui du dénouement final… L’allongement du temps additionnel décidé en mars dernier s’apparenterait donc autant à une volonté réelle de se rapprocher du temps effectif, certes. Mais également à instituer un money time fertile en buts et en rebondissements ?
Plus de buts…
Et justement ! Cette "réforme" de l’extra-time à rallonge a-t-elle pu générer plus de buts ? Une petite étude effectuée sur les cinq "grands championnats" européens (Premier League, Serie A, Liga espagnole, Bundesliga et Ligue 1) apporte quelques éléments de réponse. Sur la base d’une méthodologie qui poserait comme règle qu’on ne tiendrait compte que des buts inscrits lors du temps additionnel calculé à partir de la 90ème minute + 5, ainsi que de la fin de la première mi-temps à la 45ème minute + 5.
Globalement, les arrêts de jeu ont longtemps plafonné à +3 minutes, s’étirant jusqu’à + 4 à une époque encore récente où les arbitres attribuaient 30 secondes supplémentaires par changement de joueurs et une minute par blessure. En additionnant les 36 rencontres de L1 (4 journées de 9 matchs), les 39 de PL (4 journées de 10 matchs moins Luton-Burnley, reporté), les 39 de Liga (4 journées de 10 matchs moins Atlético Madrid-FC Séville, reporté), les 27 de Bundesliga (3 journées de 9 matchs) et les 30 de Serie A (3 journées de 10 matchs), on arrive à un total de 171 matchs. Et sur ces 171 rencontres, 21 matchs de ces cinq grandes ligues ont enregistré des buts inscrits aux 45ème minute + 5 et 90ème minute +5, et au-delà.
On peut citer les spectaculaires Augsbourg - M’Gladbach du 19 août (4-4, avec deux buts inscrits aux 45ème +7 et 90ème +7) ou Manchester City - Fulham du 2 septembre (5-1, avec deux buts aux 45ème +5 et 90ème +6), ainsi qu’un exemple italien, Lecce - Salernitana (2-0, avec un but inscrit à la 90ème +8)… et quelques tracas
Le total de 21 matchs sur 171 rencontres représente 12,2 % des matchs avec des buts inscrits lors d’arrêts de jeu de +5 minutes et plus encore (en premières et secondes mi-temps), soit 1,2 matchs sur 10. Un match sur dix : le bilan n’est pas négligeable, pour un gain de buts supplémentaires tangible. Surtout si la tendance haussière se poursuit. Car si le samedi 26 août avait enregistré trois rencontres avec des buts inscrits en temps additionnel allongé, ce sont cinq matchs qui ont été impactés le dimanche 3 septembre, juste avant la trêve internationale. Un phénomène bien parti pour durer et s’accroître ? On verra bien.
Les inconvénients de l’extra-time à rallonge sont connus : les grilles des programmes des chaînes TV sont chamboulées, bousculant par là-même les habitudes des téléspectateurs forcés à attendre des fins de matchs parfois très tardives. Le public présent au stade doit se préparer à rentrer plus tard, avec les problèmes de transports publics raréfiés en soirée. Et puis il y a évidemment les atteintes à l’intégrité physique et mentale des joueurs aux organismes déjà très sollicités. Lors de la folle première journée de Ligue 1, marquée par une moyenne de 13 minutes d’arrêts de jeu par match, le Clermont-Monaco du dimanche 13 août (2-4) en avait comptabilisé 20, dix minutes en première période, dix en seconde. Comment répondront les corps fatigués en hiver et en fin de saison après toutes ces minutes supplémentaires accumulées ? C’est dans ce sens que le 31 août dernier, l'UEFA a indiqué que les matches européens ne subiraient pas de rallonges supérieures à 10 minutes.
Espérer jusqu'au bout
Une décision qui a fait bondir Pierluigi Collina, dans L'Équipe du 1er septembre : "l’extension des arrêts de jeu ne vise pas à ajouter des minutes au jeu, mais à compenser le temps passé lorsque les joueurs ne jouent pas, et uniquement dans des circonstances spécifiques (…) Cette recommandation n'affecte donc pas le bien-être des joueurs mais compense simplement le temps perdu. Je comprends que toute réforme des lois du jeu, ou simplement leur interprétation, comme c'est le cas, puisse être considérée avec scepticisme par certains, mais, comme ce fut le cas avec l'introduction du VAR, lorsque les mesures visent à défendre le football, elles finissent par être acceptées."
Des propos terribles quant à la santé des joueurs, mais tout à fait pertinents en vue d’une acceptation progressive du changement de la règle du temps additionnel par le grand public, donc des consommateurs. Globalement, les supporters des équipes menées garderont toujours espoir à l’entame d’extra-time prolongé. Plusieurs matchs vont dans ce sens : le TFC - Clermont du 3 septembre (2-2) avec le but égalisateur de Florent Ogier à la 90ème +6 a ravi Pascal Gastien, l’entraîneur de Clermont, favorable à cette réforme. Le Real Madrid - Getafe (2-1) du 2 septembre à Bernabeu et le but de la victoire signé Jude Bellingham à la 90ème +5 a sacralisé pour de bon le crack anglais auprès du peuple madridista.
L'image et l'émotion en réponse
Et enfin le stratosphérique Arsenal - Manchester United du 3 septembre : 8 minutes d’arrêts de jeu annoncés à 1-1, puis le but de Declan Rice (2-1, 90ème +6) et celui de Gabriel Jesus (3-1 final à la 90ème + 11) ! A l’Emirates Stadium, le mur du cent (90 + 13, 103 minutes en tout) a été une bénédiction pour la réforme défendue par P. Collina et surtout pour le "produit" Premier League. Menacée économiquement cet été par la Saudi Pro League aux transferts vertigineux, la PL a réagi par l’image et l’émotion au meilleur moment (un après-midi dominical ensoleillé, juste avant la trêve internationale), grâce à ses atouts majeurs : de l’intensité et du suspens spectaculaires jusqu’au bout du bout ! Et comme c’est la Premier League qui donne le la du football international de club, la réforme du temps additionnel allongé est bien partie pour s’imposer. Sous réserve de blessures prochaines en cascade ? Encore une fois, le football se nourrit d’émotions. Les fans d’Arsenal n’oublieront jamais les buts épiques de Trossard contre City et de Rice et Gabriel Jesus contre MU.