Saint-Symphorien-sur-Coise, un village niché entre le Rhône et la Loire, est le théâtre d'une histoire footballistique riche et complexe. Des épopées locales aux fusions audacieuses, en passant par les rivalités régionales, le football y est bien plus qu'un simple sport : c'est un héritage, une passion et un vecteur d'identité.
Un passé riche en émotions
Il y a près de 20 ans, le petit village de Pomeys a connu une ascension fulgurante en atteignant la division d’honneur, notamment grâce à la présence de l’ex-pro Romain Poyet. Cet exploit, inédit pour un village d’un millier d’habitants, a rapidement tourné court. La descente fut vertigineuse, jusqu’au district, lorsque le mécène de l’époque, l’assureur Bernard Ronzon, a cessé son soutien financier.
Aujourd'hui, à Saint-Symphorien-sur-Coise, le 21e siècle est bien présent, avec la réalisation d’un beau stade de foot en matériau synthétique, le seul dans la région implanté en plein centre-ville. C’est une heureuse cohabitation, entre ces vieilles pierres chargées d’histoire et cet équipement qui va, lui, écrire la sienne !
La naissance du FC Hauts-Lyonnais : une fusion audacieuse
L’histoire peut-elle se répéter, alors que le FC Hauts-Lyonnais, fusion née en 2012 et regroupant Aveize, Duerne, La Chapelle-sur-Coise, Pomeys et Saint-Symphorien-sur-Coise, vient de gagner sa place en N3, après sa quatrième promotion en sept saisons ?
Le FC Hauts-Lyonnais est né en juillet 2012 de la fusion des équipes d’Aveize, Duerne, La Chapelle-sur-Coise, Pomeys et Saint-Symphorien-sur-Coise. Cependant, cette union était déjà effective depuis quinze ans pour les jeunes U13 à U19, sous le nom de Football Club Hauts Lyonnais. Bien que les villages se soient rapprochés pour regrouper les enfants, quatre clubs seniors subsistaient encore. Au fil du temps, le bon sens l’a emporté, car il est rapidement devenu évident que c’est ensemble que l’on serait plus fort et que les rivalités locales n’avaient plus lieu d’être.
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Le club se situe dans une zone agricole entre Saint-Étienne et Lyon. Les cinq communes réunies comptent moins de 12 000 habitants, mais le secteur économique est important. Le club assure sa viabilité en trouvant du travail à des joueurs talentueux, qui ne peuvent plus évoluer à un ou deux niveaux supérieurs, mais qui souhaitent poursuivre ou terminer leur carrière sportive dans la région. Un accompagnement dans leur plan de carrière professionnelle est mis en place, en vue d'une reconversion. L'objectif est de recruter des hommes, pas seulement des joueurs de passage, ce qui explique sans doute les bons résultats obtenus ces dernières années. Le club s'efforce également d'être un tremplin pour les jeunes de valeur qui aspirent à jouer plus haut.
L'épopée en Coupe de France
À la découverte de Hauts Lyonnais, club de National 3 qui a réalisé l’une des performances du sixième tour de la Coupe de France en éliminant l’équipe du National Lyon Duchère AS.
Le FC Hauts-Lyonnais a réussi l’un des exploits du sixième tour de la Coupe en éliminant le club du National Lyon Duchère AS (0-0, 5-4 aux tab).
Le club entretient une relation particulière avec la Coupe de France. C’est le troisième club de National que l’équipe affrontait depuis sa création, et c’est le troisième qu’elle a emmené en prolongation. Cette fois, les tirs au but ont été favorables. Cette qualification est méritée pour tout le travail en profondeur réalisé depuis des années par les joueurs et le staff.
Le club a même trouvé un stade pour disputer son 32e de finale de Coupe de France face à Toulouse (L1) : le stade Rousson de Feurs.
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Rivalités régionales et identité partagée
Comme à Saint-Symphorien-sur-Coise, les joueurs du club les Hauts-Lyonnais sont partagés entre les deux clubs. Ici on est dans le Rhône à quatre kilomètres à peine de la frontière avec la Loire. Si ils soutiennent telle ou telle équipe, c'est très souvent une histoire de famille. Parce que leurs parents sont nés ici ou là. Que l'amour du club leur est transmis, comme un héritage.
Ces adolescents ont un pied dans la Loire, l'autre dans le Rhône. Ils peuvent être nés dans la banlieue lyonnaise et vivre à Chevrières. Ou à l'inverse, avoir grandi à Saint-Etienne et être installés à Pomeys. Le plus difficile depuis quelques jours, c'est d'être supporter lyonnais en étant scolarisé dans la Loire, ou à l'inverse être supporter de l'ASSE et aller au collège dans le Rhône.
Pour autant ils assurant que les "chambrages" restent bienveillants. Notamment parce que ces jeunes ont grandi ensemble, ils se connaissent au-delà de leur affection pour tel ou tel club. Une chose est certaine en revanche, la semaine prochaine, les supporters de l'équipe qui perdra dimanche, devront faire profil bas.
Ambitions et perspectives d'avenir
Le club vit en trouvant du boulot à des joueurs intéressants, qui ne peuvent plus évoluer un ou deux niveaux au-dessus mais qui veulent poursuivre ou terminer leur vie sportive par ici. On essaie de leur trouver un plan de carrière professionnelle menant à une reconversion. On prend le temps de trouver des hommes, pas des joueurs de passage, ce qui explique sans doute nos bons résultats depuis quelques années. On essaie aussi d’être un tremplin pour des jeunes de valeur qui joueront ensuite plus haut.
Avec la Coupe de France, on est un peu copain, c’est vrai. C’est le troisième club de National que l’on jouait depuis notre création, et c’est le troisième que l’on a emmené en prolongation mais cette fois, cela a été la bonne, les tirs au but sont allés dans notre sens. Nous venons de monter en National 3 et cette qualification est, je pense, méritée pour tout le travail en profondeur réalisé depuis des années par les joueurs et le staff. C’est une fierté.
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L'objectif serait d’aller le plus loin possible pour prendre une Ligue 1. On ne gagnera pas la Coupe de France, on le sait, mais le football peut vous donner cette joie d’affronter une grande équipe. C’est un plaisir unique et si l’on avait cette chance, ce serait fabuleux. Jouer un club professionnel serait une très belle récompense pour les joueurs et notre public. Un 32e de finale contre Saint-Étienne ou Lyon, ce serait magnifique mais c’est plus qu’un rêve, le Graal.
Un regard vers le passé
Il y a 600 ans, s’élevait au-dessus de la ville une imposante collégiale voulue par un enfant de la cité, le cardinal Pierre Girard. Posée sur son rocher, elle est l’image emblématique de St-Sym.
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