L'ascension fulgurante de Michal Baran : Un talent prometteur du handball français

Michal Baran est un élément moteur de l'équipe de France masculine des moins de 21 ans. Avec ses partenaires, il dispute l'Euro de sa catégorie d'âge en Slovénie. Ce jeune handballeur, doté d'un potentiel lui permettant de s'adapter sur tous les postes de la base arrière, suscite beaucoup d'espoirs.

Un héritage familial et une passion précoce

De son père, international slovaque et ancien joueur, Michal Baran a hérité du prénom mais surtout de la même vivacité sur le poste de demi-centre et de ce souci du détail qui impose le respect. Il a naturellement baigné dans le handball dès son plus jeune âge et a suivi la fin de carrière paternelle avec autant d’intérêt que la passion qu’il commençait à développer pour la discipline.

« De l’avoir vu jouer dans des championnats énormes comme l’Allemagne et la France, ça donne évidemment envie de l’imiter. C’est un modèle dont je me suis toujours inspiré, j’ai passé de longs moments à regarder ses matches et ce qui est important, c’est qu’il a été constamment à mes côtés pour me conseiller. »

Si c’est en Suisse non loin de Berne que sa naissance a été enregistrée, c’est à Angers que le gamin a fait ses 1ers pas sur un parquet.

Une ascension fulgurante

L’ascension de Michal Baran est fulgurante. A 15 ans, en pleine période Covid, il s’entraînait déjà avec l’équipe pro. Et comme si cela ne suffisait pas, il prolonge les séances à la maison, sur des appareils de musculation.

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L’équipe de France n’est pas encore à l’ordre du jour, sa double nationalité lui permet même d’évoluer sous les couleurs de la Slovaquie. « Comme je n’étais pas dans la filière des pôles espoirs, je n’étais pas sélectionné et cela me paraissait très lointain. Mon père est entraîneur des U21 slovaques et j’ai fait 3-4 stages avec les U17 slovaques. J’ai été contacté par Pascal Person (alors responsable de la catégorie d’âge) qui m’avait repéré et tout s’est enchaîné. Jouer pour la France est une opportunité qui ne se refuse pas. »

Intégration à Cesson-Rennes et premiers pas en Starligue

Michal Baran bascule dans un autre univers, d’autant qu’il vient d’intégrer le centre de formation de Cesson-Rennes et évolue en équipe réserve. Il ne tarde pas à rejoindre le groupe pro avec une 1ère apparition et un 1er but en Starligue, le 10 décembre 2022, à Coubertin face au PSG et une de ses idoles, Nikola Karabatic.

Sa polyvalence sur la base arrière, ses progrès en défense, sa relation avec le pivot, sa capacité à tirer de loin sont autant d’atouts.

L'Euro U18 2022 : un fiasco collectif et une leçon pour l'avenir

Il y a deux ans, au Monténégro, l’Euro U18 est pourtant un fiasco collectif. Les Tricolores prennent la 14ème place (sur 16) et ne valident que deux succès d'estime en sept rencontres. Conséquence directe, pour la 1ère fois depuis bien longtemps, une équipe de France n’est pas qualifiée pour le Mondial U19.

« C’est sûr qu’on a complètement raté notre compét’ même si on avait une poule très compliquée (avec l’Espagne futur vainqueur et la Suède, finaliste). On n’a pas su se mettre en confiance dès le départ et cela nous a coûté cher par la suite avec cette dégringolade. Cette année, cela s’annonce encore plus complexe avec une nouvelle règle pour la qualification. »

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En effet, sur le championnat d’Europe qui débute ce mercredi en Slovénie, seul le 1er de chacun des six groupes et les deux meilleurs 2èmes seront retenus pour le tour principal. Et pour ne rien arranger, les Français seront à nouveau confrontés à leur bête noire espagnole.

L'Euro U21 2024: Un défi de taille en Slovénie

L'équipe de France masculine des moins de 21 ans, avec Michal Baran comme élément moteur, s'apprête à disputer l'Euro de sa catégorie d'âge en Slovénie. La compétition s'annonce difficile, avec une nouvelle règle de qualification complexe et une confrontation redoutable face à l'Espagne dès le début.

«On se connait par cœur et même si on ne part pas favoris, je suis persuadé que les Espagnols ne sont pas imbattables. Ils jouent très bien ensemble et leur défense est très efficace. Ce sera notre 1er adversaire, il faudra élever notre niveau. Je ne dis pas qu’on va forcément gagner mais on va tout faire, pour au moins les accrocher. » Ce qui n’a pas été le cas, il y a un peu plus d’une semaine lors d’un tournoi en Suisse puisque la ‘’Rojita’’ s’est imposée (29-23). « Leur force, c’est qu’ils arrivent à jouer 60 minutes, il nous faudra donc limiter un maximum de temps faibles pour qu’ils ne prennent pas le large. C’est ce qui nous arrive souvent contre eux. Si on se montre plus constant dans ce qu’on produit, on peut avoir une bonne surprise. »

Acceptons-en l’augure même si les Espagnols qui enregistrent le renfort de la pépite catalane Petar Cikusa (qui retrouve son jumeau et futur Montpelliérain, Djordje) font figure d’épouvantails. Les deux autres adversaires, les Iles Féroé et la Suisse sont à la portée de l’équipe française.

« En deux ans (depuis l’Euro), on a progressé, insiste Michal Baran. Il y a eu quelques changements et on est arrivé à créer un noyau. Le projet de jeu à caractère offensif a été bien assimilé avec plus de combinaisons qu’avant, on défend autrement en étant plus solidaires, le collectif prime sur les individualités.

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Mondial U21 en Pologne: Une 10ème place décevante

L’équipe de France U21 a quitté prématurément le Mondial en Pologne par la petite porte. Elle n’a pas assisté en cette fin de semaine au sacre du Danemark et au podium historique des Iles Féroé, leur bourreau respectif du tour préliminaire et du tour principal. Après son succès de jeudi sur l’Autriche (27-24), la France a échoué vendredi au 10e rang mondial, vaincue en dernier lieu par l’Espagne (40-41).

Pour un dernier match de classement, et l’attribution des places 9 et 10, les Bleus étaient en excellente compagnie vendredi, avec l’Espagne, champion du Monde en titre U19 et champion d’Europe U20 l’été dernier. Un favori brutalement tombé de son piédestal durant cette dizaine de jours en Pologne et qui aurait pu être une proie plus facile pour Mouhamadou Sidibé et ses partenaires. Au lieu de cela, les garçons de Guillaume Joli, encore sonnés de leur élimination de la course aux quarts de finale, et pourtant remobilisés face à la Roumanie (34-28) et l’Autriche (27-24), ont livré une période initiale sans saveur ni fierté. Très vite distancés (2-6, 8e), puis sans réaction (7-16, 19e), les coéquipiers de Dimitri Claude, la belle satisfaction de ce Mondial qui avait inscrit les deux premiers buts, ont stoppé l’hémorragie à -10 (15-25, 30e puis 16-25 à la mi-temps).

« Ces derniers matchs de classement sont toujours un peu compliqués, souffle l’ancien international. Et lorsque cela commence si mal, cela peut vite tourner au vinaigre. Nous n’avions en effet pas préparé le scénario de prendre et compter autant de buts de retard à la mi-temps. » Ils ne se sont pas écroulés pour autant et sont revenus des vestiaires avec de bien meilleures dispositions. Dans le sillage de l’ailier gauche Naël Tighiouart, meilleur marqueur tricolore, ils ont grignoté petit à petit leur retard et sont revenus sur les talons hispaniques. Sans parvenir à inverser la tendance dans les ultimes secondes. « Et pourtant on revient fort… pour échouer à un seul but, en ayant le ballon pour égaliser dans les ultimes instants. Ce match est finalement peut-être à l’image de notre compétition et de cette génération. Nous sommes par moments capables du meilleur, et nous avons en parallèle des temps faibles qui nous coûtent très cher. Jusqu’au bout donc de sa formation et de son ultime compétition, la génération 2004-2005 aura soufflé le chaud et surtout le froid. « Même contre une équipe espagnole à-peu-près dans le même état de fatigue et de déception que nous, nous avons essayé de donner la meilleure image possible et jeter toutes les forces qui nous restaient. On ne peut pas leur reprocher de ne pas se battre »

Il n’empêche qu’en dépit des progrès et des efforts, ce groupe aura manqué de constance pour obtenir des résultats significatifs tout au long de son cursus. « J’espère que cette frustration va leur servir pour la suite de leur carrière. Nous aurions pu être à la place des Féroé, nous ne l’avons pas mérité tout simplement. » Une étonnante province autonome du royaume de Danemark, d’à peine 1400 km2 et 55 000 habitants, bourreau éternel de ces bleus, et qui est allée au bout de ses rêves les plus fous pour décrocher un historique podium mondial. Alors que la troupe française avait déjà regagné l’Hexagone.

« Nous avons commencé à débriefer avec le staff et on va continuer de le faire, enchaîne Guillaume Joli, moi aussi c’était mon premier Mondial en tant que coach et j’ai beaucoup appris. Je suis forcément déçu de ne pas avoir réussi à mener cette mission à bien d’atteindre les quarts de finale. Nous allons essayer d’apprendre aussi de nos erreurs pour être meilleur avec la prochaine génération. »Les 2004-2005 vont poursuivre eux dans leur marche vers le professionnalisme. « Il y a plein de talent et ils sont doués pour certains. Mais ils ont des points faibles que nous avions identifiés sans parvenir à leur transmettre de quoi les surmonter. C’est la dure loi du sport de haut niveau. » Et peut-être la place d’un groupe qui a manqué de temps et d’échéance pour se surpasser. « Je dirais plutôt que nous n’avons pas réussi à faire en sorte qu’ils atteignent la place qu’ils auraient mérité. C’est un manque de maturité, comme pour moi. Je n’ai pas envie de me désolidariser d’eux. J’avais à cœur de les aider, j’ai failli avec eux. » À force de petits détails qui font de grandes différences. « On se dit toujours que l’on n’est pas très loin, il en manque quand même toujours un peu au final. » Et ce n’est pas le sacre du Danemark, en plus du podium des Iles Féroé, qui vont les réconforter. « Il y a deux choses à distinguer, entre notre capacité à performer dans les compétitions internationales, et notre manque de maturité lié à un championnat très fort où ces jeunes ne peuvent pas pleinement s’exprimer. Contrairement à d’autres nations. Nous avons la volonté de transmettre cette notion de gagne.

Le parcours d'Alban Bizet : Un exemple de reconversion réussie

Passé par Cesson, en 2e division française, Alban Bizet a connu une ascension fulgurante dans le monde du handball. Alban Bizet gère depuis près d'un an l'Orange Bleue à Châteaubriant. Depuis avril dernier, l’Orange Bleue de Châteaubriant a un nouveau gérant, en la personne d’Alban Bizet. Et on peut dire que ce dernier s’y connaît bien en termes de remise en forme, de condition physique ou de travail musculaire. En effet, il fut lui-même un sportif de haut niveau, évoluant notamment plusieurs saisons en deuxième division de handball. Pourtant, sa route était loin d’être toute tracée.« Je n’ai commencé le hand qu’à 14 ans, clame, un peu amusé, l’intéressé. J’étais un footeux à la base, et c’est au collège que j’ai découvert le handball, avec un prof investi dans ce milieu, qui m’a bien orienté. Et très vite, j’ai été intégré au club local, qui évoluait en Départementale ».

De Broons à CessonLe natif de Dinan, dans les Côtes-d’Armor, rejoint ainsi le petit club de Broons, un petit village situé entre Rennes et Saint-Brieuc. Et son talent ballon en main ne laisse pas son coach indifférent. Encore en âge de figurer parmi les juniors, il est immédiatement surclassé et évolue avec le groupe senior, avec qui il monte… en Régionale !Alban poursuit ses études au lycée et séduit quelques recruteurs.Michel Gourdel, l’entraîneur de Saint-Malo, a insisté pour me faire venir, en Nationale 2. Je les ai rejoints, mais un an plus tard, une fois que j’étais à la fac.Alors que le jeune homme suit des études de sport, il devient donc joueur de N2, tout en coachant l’équipe féminine dans le club de ses débuts, à Broons. Mais c’est bien avec les Malouins qu’il connaît le succès.Nous sommes montés en Nationale 1 au bout de 2 ans, en étant champions de N2. C’est la que Cesson est venu me chercher.« Je me suis affirmé »Une proposition difficile à refuser pour le pivot, puisque Cesson évolue en deuxième division nationale, la Pro D2. Je sautais deux divisions d’un coup, la marche était haute. Mais habitant moi-même à Rennes, j’y gagnais en confort. Et au niveau sportif, je me suis affirmé. Dans un rôle de central défensif, le pivot - qui évolue aussi au poste d’arrière gauche - devient un des meneurs de Cesson pendants 5 saisons. Alban Bizet a terminé sa carrière avec le cercle Paul Bert de Rennes.Dur de vivre du handNous avons d’abord joué le maintien, puis le podium, lors de ma dernière saison. On progressait petit à petit. Sportivement, ce sont mes plus belles années, mais une carrière n’est pas éternelle.C’est ainsi qu’à 28 ans, le handballeur met sa carrière professionnelle entre parenthèses, tout simplement parce qu’il ne « peut pas en vivre pleinement. »En, parallèle, après avoir été ingénieur commercial, Alban Bizet travaille dans un bureau d’études de microbiologie. Pour se consacrer davantage à son travail et à sa famille, « ce qui est très dur quand vous êtes joueur professionnel », il rejoint le Cercle Paul Bert de Rennes, en N2, où les contraintes sont moins fortes. Il y joue une saison, avant de prendre une année sabbatique, et de revenir ensuite au club, « la passion du hand étant plus forte que tout ». En deux ans, il connaît alors deux montées successives, de la N3 à la N1. Il terminera sa carrière par cette saison en N1.« La passion était plus forte »Mais le pivot pense déjà à sa reconversion, bien évidemment dans le monde du sport.Je voulais monter un projet dans le domaine de la remise en forme, pour côtoyer des sportifs, et cela s’est fait avec l’Orange bleue, qui était un des sponsors principaux du cercle Paul Bert. J’ai créé ma première structure à Redon en février 2012, avant de rejoindre Châteaubriant en avril 2015.Avec plus de 500 adhérents sous sa coupe, Alban Bizet est désormais éducateur sportif et coach, dans un club castelbriantais qu’il a modernisé. Il n’hésite pas à apporter toute son expérience du monde professionnel.J’insiste plus sur l’aspect cardiologie, musculation, et je m’occupe aussi de tout l’aspect management, en tant que gérant d’entreprise. Je suis aussi épaulé par trois coachs. À désormais 35 ans, Alban Bizet prend « beaucoup de plaisir à prodiguer ses conseils », même s’il avoue volontiers que « l’adrénaline de la compétition lui manque parfois. » L’ex joueur professionnel, maintenant chef d’entreprise, n’a pas manqué le virage, parfois difficile, de la reconversion.

Mathieu Ong : Un cadre fidèle au Pauc

S’il dément être le doyen de l’effectif, Mathieu Ong est, de loin, le plus capé des joueurs aixois. Celui qui est désormais un cadre entame sa treizième saison au Pauc. « Franchement, je ne m’attendais pas à cela. Rester aussi longtemps dans mon club de cœur, le club de ma ville, je pense que c’est le rêve de tout joueur. C’est tout simplement génial. » Il ne s’imaginait même pas devenir professionnel. Il a pourtant côtoyé les plus grands. À l’image des frères Karabatic. « Sans eux, je pense que le club ne serait pas resté en D1. Et je n’aurais pas eu la même carrière » confesse-t-il. Leur passage a été comme un aimant, attirant d’autres éléments qui ont permis au Pauc de s’ancrer en Starligue. D’en devenir un référent même. « Notre manière de concevoir le handball fait que nous sommes devenus attractifs » souligne-t-il. « Les joueurs qui viennent chez nous se retrouvent dans de très bonnes conditions. Et quand tu es bien dans ta tête, tu es bien sur le terrain. » Mais le Pauc, c’est aussi un centre de formation qui alimente régulièrement l’équipe une. Cette saison, ils seront trois à franchir le cap. « C’est une fierté d’avoir réussi à inscrire Aix sur la carte de France du handball. Nous nous sommes inscrits dans la durée, et grâce au jeune, la dynamique est toujours là » poursuit Mathieu Ong. Il souhaite « bonne chance » à Eliott Desblancs, qui vient de signer son premier contrat professionnel, Paul Gourdel et Mouhamadou Sidbé, nouveaux stagiaires professionnels.

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