Depuis le début des années 2010, Oyonnax s’est imposé comme l’un des bastions du rugby français, un club ayant une forte identité autour duquel passion et fierté sont vives. L'histoire de l'US Oyonnax Rugby est un récit de passion, de résilience et d'ascension constante, ancré dans le cœur d'une ville ouvrière. Des modestes débuts au sein de clubs locaux à la conquête du Top 14, le parcours d'Oyonnax est une source d'inspiration pour les amateurs de rugby.
Les Premières Années : L'Union Fait la Force (1909-1942)
L’Ain n’est pas qu’une terre d’industrie, c’est également, et depuis longtemps, une terre de rugby. Preuve en est l’effervescence qui règne autour du ballon ovale au début du siècle dernier. En 1909, quand Jules Verchère décide de créer un club, il y a également deux autres équipes en ville. Ainsi, aux premiers temps le CSO (Club Sportif Oyonnaxien) affronte ses voisins et rivaux de l’Avenir Oyonnax et du Club des sports ouvriers.
Pour raconter l’historique du club cher aux Oyonnaxiens, il faut remonter en l’an 1909 où l’un des leurs effectuait son service militaire en compagnie d’Anglais qui lui offrirent un ballon ovale avec lequel ils jouaient. De retour à Oyonnax, ce ballon et ce nouveau sport intéressèrent les jeunes et on se retrouva avec trois clubs sportifs différents qui créèrent une équipe de rugby. Ce furent « L’avenir », les « Sports ouvriers », et le « Club sportif oyonnaxien ».
En 1942, conscient du potentiel de chacune des structures, une fusion est opérée donnant naissance à l’USO (Union Sportive Oyonnax Rugby). Cette union symbolise la force collective et la détermination de la communauté locale à s'unir autour d'une passion commune.Fondé en 1909 par Jules Verchère, le Club Sportif Oyonnaxien (CSO) se distingue rapidement et joue un rôle d'importance dans les années 1920 avec les premières légendes du club comme Georges Orfidan et Charles Mathon, qui donna son nom au stade. En 1940, le CSO fusionne avec les deux autres club de rugby de la ville pour devenir l'US Oyonnax.
L'Ère Industrielle et l'Émergence d'une Identité (1942-1967)
L’ère industrielle et la loi de 1901 voient l’explosion de la pratique du sport en France. Ici aussi. En 1942, le secrétaire d’état chargé des sports décida que dans une même ville, un sport ne devait être pratiqué que dans un seul club. Ainsi naît le Club sportif d’Oyonnax (CSO), « une émanation de ce que nous sommes, une ville ouvrière » rappelle l’actuel président d’Oyonnax Rugby, Thierry Emin. L’identité rugbystique de la cité se forge à mesure que son palmarès régional grandit.
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25 ans plus tard les « unionistes » de l’Ain accèdent à l’élite avec un blason aussi simple qu’efficace : Du rouge et du noir qui sont les couleurs historiques du club, présentes également sur le blason de la ville, et les initiales d’une formation porte-drapeau de toute une région. En 1967, l'USO prend le virage de la modernité en accédant à la 1ère division de l'époque, qui regroupait les 64 meilleures équipes du pays. Si le club de l'Ain se frotta aux plus grandes équipes comme Mont-de-Marsan, Bègles ou La Voulte, il retomba en 3e division dans le milieu des années 80. La saison 1966-1967 a fait découvrir l’USO sur le plan national. Le 21 mai 1967, elle jouait la finale du championnat de France de deuxième division. C’était à Clermont-Ferrand contre Castelsarrasin. L’épopée de 1967 y remédie, avec une montée inédite en Première division et de très belles années.
Les Années de Reconstruction et de Professionnalisation (1988-2007)
En 1988, le club gagne le droit de retrouver la 1ère division, groupe B, en battant l'US Métro. Vingt ans plus tard, la fierté et l’ambition renaissent. Ça, c’est le parfum de la D1, réintégrée dans le Groupe B. « Oyonnax avait toujours sa place dans le rugby français », se souvient…Trois ans plus tard, les rouges et noirs remportent le Challenge de l'Espérance face au Castres Olympique. En 2001, le club devient champion de France de Fédérale 1 mais la restructuration et la professionnalisation de la 2e division ne lui permet pas d'être promu. En 2003, malgré une défaite face à Limoges en finale de Fédérale 1, le club accède enfin à la Pro D2.
L'Ère Moderne : L'Ascension en Pro D2 et la Découverte du Top 14 (2007-2023)
À partir de 2007, l'arrivée de Christophe Urios marque un tournant décisif. L'équipe est devenue de plus en plus compétitive, jusqu'à la montée en Top 14. En 2007, Christophe Urios a construit sportivement le club. Le 17 avril 2011, l'US Oyonnax s'impose au Stade Gerland de Lyon face au LOU (19-18) pour la 28e journée du championnat. Cette victoire devant 37 000 spectateurs face au futur champion de France reste l'un des plus beaux exploits du club. A l'été 2012, le recrutement effectué (Denos, Audy, El-Abd, Urdapilleta…) permet au club de passer un cap et de devenir à son tour champion de France de Pro D2. L'USO accède pour la première fois au Top 14. En 2013, Oyonnax est sacré champion de Pro D2 et accède pour la première fois de son histoire au Top 14. Le 27 avril 2013 il neigeait à Charles-Mathon pour le sacre “d'Oyo” en PRO D2 ! Avec vingt-quatre victoires en trente matchs, le club de l'Ain a largement mérité sa place en Top 14, finissant la saison avec 111 points.
Depuis le début des années 2010, Oyonnax s’est imposé comme l’un des bastions du rugby français ainsi qu’un club ayant une forte identité autour duquel passion et fierté sont vives. Oyonnax a toujours été innovant. Premier club professionnel à se doter d’un terrain synthétique, inventeur du fameux chant « ici, ici … ! » et d’un surnom original pour désigner ses joueurs : les Oyomen. C’est cette ambition et ce talent pour la création qui a permis à l’USO de revenir en PRO D2, à partir de 2002, de s’y installer durablement puis de gagner trois titres 2013, 2017 et 2023. Barragiste en 2015, les Oyomen oscillent ensuite entre l’élite et la deuxième division, mais font preuve d’une constance remarquable en décrochant à trois reprises le titre de champion de Pro D2 (2013, 2017 et 2023).
Les Oyomen : Une Équipe à l'Image de sa Ville
"Oyo", comme on dit dans le milieu, est l’archétype de ces "clubs de villes moyennes voués à disparaître de l’élite au profit de Marseille, Lille ou Strasbourg, si l’on veut que le rugby français se développe", professe Mourad Boudjellal, président de Toulon. L’entraîneur Christophe Urios, une figure du rugby (il était talonneur à Castres, champion de France 1993), ne se braque pas, mais nuance : "Ces grands clubs et ces grands joueurs, c’est magnifique. Mais le rugby laissera toujours de la place pour les aventures. La majorité de nos joueurs pourraient gagner plus ailleurs. Ils sont là pour une histoire humaine. C’est aussi à l’image de notre ville.
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Grâce à son industrie plastique, Oyonnax prospère. Même si la crise a assombri le paysage, 350 entreprises, essentiellement locales, mettent la main au portefeuille pour l’USO. Sur le terrain, cette culture du succès se traduit par une efficacité rare à domicile, culminant avec un record de 33 matches d’invincibilité entre 2008 et 2010. Posés à 600 m d’altitude, sur les contreforts du Jura, la ville et son stade Charles-Mathon, agrandi pour les besoins du Top 14, sont singulièrement inhospitaliers sous la neige de l’hiver, qui peut durer jusqu’en mai. Ce n’était pas le cas de Clermont, venu avec toutes ses forces vives, dominé par un rugby simple, combatif, mais certainement pas fruste. Reste que chaque semaine, c’est un vrai défi que devront relever les promus.
Défis et Perspectives d'Avenir
Une ville de 22.600 âmes dans le championnat le plus riche du monde Eh oui, le promu a même battu Clermont samedi… Quel baptême du feu! Champion de Pro D2 la saison passée, le petit club d’Oyonnax n’est pas seulement un pied de nez au professionnalisme doré. C’est une sacrée équipe, qui s’est payée samedi le vice-champion d’Europe, Clermont, pour son premier match à domicile (30-19). Et ce en toute logique, trois essais à un. L’addition aurait même pu être plus lourde, si deux essais très litigieux n’avaient été refusés à la vidéo."Certains croient qu’on prend un chemin de terre et la diligence pour venir jouer chez nous", taquinait cette semaine le président, Jean-Marc Manducher. Située entre Lyon et la Suisse, Oyonnax (Ain), 22.600 habitants, est la commune la moins peuplée de l’histoire du Top 14, avec Auch et Dax. Ses moyens (9 millions d’euros de budget), sont les plus maigres de l’élite, loin de Clermont par exemple (26 millions d’euros). Ses gros salaires plafonnent à 10.000 euros net, quand Morgan Parra émarge à 46.000 euros.
"Ce sera très, très difficile de nous maintenir", recadre Manducher, lucide mais pas résigné. Ressuscitée dans la course au maintien en Top 14, l’US Oyonnax ne l’est pas forcément en terme de motivation car le groupe a toujours cru que l’exploit était possible. Une saison peut se jouer à pas grand chose et probablement que cette dernière mêlée face à Toulon aura son importance dans la suite de l’aventure d’Oyonnax. Retour de la confiance pour chasser les petites erreurs Un vent glacial souffle depuis de nombreux jours dans le Haut-Bugey au sens propre du terme et il n’est pas toujours facile de se motiver pour s’entrainer dans ces conditions. Pourtant, les séances qui débordent sur l’horaire prévu pour refaire une mêlée sont de coutume et personne ne rechigne à la tache.
"Nous nous sommes remis en cause et les petites erreurs n’arrivent plus. Maintenant, nous commençons bien les matches car il était frustrant de devoir remonter une vingtaine de points pour gagner", poursuit le pilier. Une meilleure maitrise des temps faibles, des sorties de camp et des turnovers, c’est là qu’a progressé Oyo. En battant le RCT, un "gros" est tombé pour la première fois à Mathon et c’était aussi l’objectif d’une équipe qui ne veut pas s’arrêter en si bon chemin avant d’aller à Pau. "Chaque match est une finale", justifie Pietro Ceccarelli."On est en train d’écrire une belle histoire", a martelé Valentin Ursache dans le vestiaire et le capitaine continue de tenir ce discours car pour que la fin soit belle, les Oyonnaxiens ne vont pas devoir se relâcher.
Tableau des Titres et Distinctions
- Champion de Pro D2 : 2013, 2017, 2023
- Champion de Fédérale 1 : 2001
- Challenge de l'Espérance : 1991
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