Oyonnax Rugby, souvent surnommé les « Oyomen » ou les « Noir et Rouge », est un club de rugby à XV français basé à Oyonnax, dans le département de l'Ain. Fondé en 1942 en tant que section rugby à XV de l'Union sportive d'Oyonnax, le club a une histoire riche et un palmarès qui témoigne de sa progression constante au fil des décennies. Le club est présidé par Dougal Bendjaballah et Fabien Cibray en est le manager sportif.
Les Premières Années et l'Ascension Progressive (1909-1967)
Pour raconter l’historique du club cher aux Oyonnaxiens, il faut remonter en l’an 1909 où l’un des leurs effectuait son service militaire en compagnie d’Anglais qui lui offrirent un ballon ovale avec lequel ils jouaient. De retour à Oyonnax, ce ballon et ce nouveau sport intéressèrent les jeunes et on se retrouva avec trois clubs sportifs différents qui créèrent une équipe de rugby. Ce furent « L’avenir », les « Sports ouvriers », et le « Club sportif oyonnaxien ». En 1940, le CSO fusionne avec les deux autres club de rugby de la ville pour devenir l'US Oyonnax. En 1942, le secrétaire d’état chargé des sports décida que dans une même ville, un sport ne devait être pratiqué que dans un seul club. L’ère industrielle et la loi de 1901 voient l’explosion de la pratique du sport en France. Ici aussi. Ainsi naît le Club sportif d’Oyonnax (CSO), « une émanation de ce que nous sommes, une ville ouvrière » rappelle l’actuel président d’ Oyonnax Rugby , Thierry Emin. L’identité rugbystique de la cité se forge à mesure que son palmarès régional grandit. En 1967, l'US Oyonnax dispute la finale du championnat de France de 2e division défait par le CA Castelsarrasinois sur le score de 11 à 6.
L'Épopée en Première Division et les Années de Transition (1967-2003)
La saison 1966-1967 a fait découvrir l’USO sur le plan national. Le 21 mai 1967, elle jouait la finale du championnat de France de deuxième division. C’était à Clermont-Ferrand contre Castelsarrasin. Les saisons en première division sont difficiles comme en 1969 où l'USO arrache sa qualification lors de la dernière journée du Championnat mais il y reste sans discontinuer pendant cinq saisons, de la saison 67-68 à la saison 71-72 avant de descendre en seconde division pour la saison 72-73 disputant la demi-finale en 1974 lui permettant de retrouver la première division pour la saison 1974-1975. avant de retomber en troisième division au milieu des années 1980. En 1988, le club gagne le droit de retrouver la 1ère division, groupe B, en battant l'US Métro. Trois ans plus tard, les rouges et noirs remportent le Challenge de l'Espérance face au Castres Olympique.
L'Ère de la Pro D2 et l'Accession Historique au Top 14 (2003-2013)
Au printemps 2009, après une très bonne fin de saison (Victoires à l'extérieur à Grenoble et à Narbonne lors des deux dernières journées), le club termine 5e de la Pro D2 et se qualifie pour la première fois pour une demi-finale. La demi-finale se joue face à Agen (au stade Armandie), et est remportée 18-15 par Oyonnax, ce qui en fait la première équipe de Pro D2 à gagner une demi-finale à l'extérieur. En 2003, malgré une défaite face à Limoges en finale de Fédérale 1, le club accède enfin à la Pro D2. Le retour en première division est effectif en 1988, et l'USO remporte le championnat en 2001. Il y reste jusqu'en 2003 où une victoire contre son rival de l'US bressane en demi-finale lui permet d'accéder à la deuxième division professionnelle du rugby français, le championnat de Pro D2. Le 17 avril 2011, à la 28e journée du championnat de France de Pro D2, alors qu'elle n'a plus rien à espérer, l'USO va réaliser un exploit retentissant : celui de s'imposer 19-18 au stade de Gerland, à Lyon, contre une équipe du LOU leader et promise à la montée directe en Top 14. Cet exploit est d'autant plus phénoménal qu'il s'agissait ce soir-là du record d'affluence pour un match de Pro D2 (env. 37000 spectateurs) et de la première défaite de la saison à domicile des Lyonnais. Au terme d'un match très accroché, mais au cours duquel les Haut-Bugistes auront dominé, Jonathan Bousquet va passer un drop de 40 mètres à une minute de la sirène qui donnera la victoire aux siens. A l'été 2012, le recrutement effectué (Denos, Audy, El-Abd, Urdapilleta…) permet au club de passer un cap et de devenir à son tour champion de France de Pro D2. À l'issue de la saison 2012-2013, l'USO accède au Top 14 pour la première fois de son histoire. Le club fut en effet classé premier de Pro D2 dès la 4e journée. Avec vingt-quatre victoires en trente matchs, le club de l'Ain a largement mérité sa place en Top 14, finissant la saison avec 111 points. Entraîné par Christophe Urios depuis 2007, "Oyo" n'a cessé de progresser ces dernières saisons. Les grosses écuries du Top 14 sont attendues de pied ferme dans le froid du stade Charles-Mathon.
Les Allers-Retours entre Top 14 et Pro D2 (2013-2023)
Barragiste en 2015, les oyomen oscillent ensuite entre l’élite et la deuxième division, mais font preuve d’une constance remarquable en décrochant à trois reprises le titre de champion de Pro D2 (2013, 2017 et 2023). Lors de la saison 2016-2017, dans le cadre de la 29e journée de Pro D2, Oyonnax s'impose 19-9 contre l'USAP en match d'ouverture, avant de voir Albi battre Agen 20-18 et Dax faire de même contre le Stade montois 17-13. L'US Oyonnax s'incline face au FC Grenoble sur le score de 22 à 47, pour le match de barrage d'accession au Top 14 et connaît alors une nouvelle relégation. Oyonnax termine quatrième de la saison régulière avant de s'imposer en barrage contre l'équipe de Colomiers. En 2022, Oyonnax améliore sa position et termine troisième de Pro D2 à l'issue de la saison régulière se qualifiant ainsi pour les barrages contre Colomiers. À l'issue d'une saison exemplaire, Oyonnax termine largement premier, égalant son propre record de points établis sur une saison, de 111 points, établi lors de la saison 2012-2013 de Pro D2, à l'issue de laquelle le club avait reçu son premier titre de champion de deuxième division, et foulait pour la première fois le Top 14. Ils comptent 24 points d'avance sur leur dauphin, Grenoble, et sont qualifiés d'office pour la demi-finale, à domicile, en vue d'une accession au Top 14.
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La Saison 2023-2024 et les Défis du Top 14
La saison de Top 14 s'est achevée suite à la victoire du Stade toulousain en finale face à l'UBB le 28 juin. Promu dans l'élite après avoir outrageusement dominé la Pro D2, l'équipe de Joe El Abd s'avançait avec l'ambition d'un maintien en Top 14. Les premiers matchs donnaient raison aux gars de l'Ain. Pleins d'envie, ils enchaînaient les résultats encourageants, surtout à domicile. Une première victoire face à Clermont, une autre étriquée face à La Rochelle puis une démonstration de force face à Lyon… Tout semblait aller bien dans l'antre de Charles-Mathon, malgré une défaite logique face au futur champion toulousain. Balayés à plusieurs reprises, ils perdaient de la confiance et misaient tout sur leur force à la maison. Le seul bon résultat loin des bases fut effacé par un revers cruel face à l'UBB. C'est au début de l'hiver que tout s'est compliqué. La victoire face à Pau (29 décembre) fut la dernière avant une série noire. Les Oyomen traversaient une période de dix matchs sans succès pour entamer la deuxième partie du championnat (neuf défaites, un match nul). Une série qui prenait fin face à un Castres olympique réduit à 13 (deux cartons rouges) en avril. Trop tard, Oyonnax était largué. L'honneur était sauf avec un succès lors de l'ultime match à domicile face à Bayonne (27-20). L'ouvreur argentin fut l'une des rares satisfactions de l'effectif cette saison. Arrivé en début de saison des Glasgow Warriors, il a pris la place de titulaire après quatre journées de Top 14. Il ne l'a plus quitté. Doté un jeu au pied extrêmement puissant, Miotti a souvent sorti Oyonnax du pétrin. Souvenez-vous de son match face à La Rochelle où il a su dompter le vent pour faire courir l'arrière-garde adverse. Preuve qu'Oyonnax n'a jamais su dominer en Top 14. Jamais les Oyonnaxiens n'ont glané de bonus offensif cette saison. C'est la seule équipe qui est dans ce cas. Un chiffre qui contraste forcément avec les 13 bonus offensifs récupérés la saison précédente en Pro D2.
Oyonnax a donc finalement fait l'ascenseur et retrouve la Pro D2 la saison prochaine. Un coup de bâton pour un club qui avait l'ambition de se stabiliser dans l'élite. En plus, Oyonnax perd certains de ses joueurs importants comme Miotti, Crédoz, Cassang, Millet ou encore Raynaud. Même si des renforts de poids arrivent (Miquel, Holmes, Rabut, Ramototabua, Qadiri, Bogado ou Sawailau), il ne sera pas facile de se retrouver tout en haut de l'affiche dans l'antichambre de l'élite. Surtout que la saison prochaine, la Pro D2 s'annonce très dense avec Provence Rugby, Grenoble ou encore Brive.
Identité, Valeurs et Infrastructures
Le club de rugby a retenu comme devise celle de la ville pour illustrer sa ténacité, son esprit combatif et travailleur « Improbo Fabrum Labore Ascendit » (« elle s’est élevée grâce au travail opiniâtre de ses habitants »). Cette devise figure au fronton du complexe sportif « l’Oyomen factory » et sur de nombreux produits dérivés. Mais l'Union sportive bressane est historiquement le principal rival de l'US Oyonnax avec le Football club de Saint-Claude. Les supporters du club d'Oyonnax seraient à l'origine du « Ici, ici, c'est…. », le 9 mai 2010.
Au début du vingtième siècle, le stade Charles-Mathon appartenait à des acteurs privés qui avaient fondé « la Société d’encouragement aux sports ». Ce n’est qu’à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, le 14 janvier 1939, que le stade fut cédé à la municipalité oyonnaxienne à la condition qu’il soit prioritairement réservé au rugby. Sa capacité d'accueil s’élève aujourd'hui à 11 400 places, dont 10 000 assises, à la suite de travaux au cours de l'été 2013. C'est notamment dû à la montée du club en Top 14, avec l’agrandissement de la tribune d'honneur Mathon, et la construction d'une tribune d’en-but, au sud. Depuis 2014, le stade Charles Mathon bénéficie du Label Stade Rugby Pro. Oyonnax Rugby dispose d’un complexe sportif entièrement consacré au rugby. A son fronton la devise du club et de la ville « Improbo Fabrum Labore Ascendit ». En effet, le complexe sportif de Marchon dispose de quatre terrains d’entraînement « classiques » ainsi que d’un terrain synthétique sur lequel les joueurs peuvent s’entraîner en crampons par tous les temps. Ce terrain, très bien drainé, offre un confort sans égal notamment lors des quelques rudes soirées hivernales de la région ainsi qu’en période d’inondation.
Palmarès
- Championnat de Pro D2 : 3 (2013, 2017, 2023)
- Championnat de Fédérale 1 : 1 (2001)
- Challenge de l'Espérance : 1 (1991)
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