Depuis son premier match officiel en 1904, l'équipe de France de football a connu une riche histoire, marquée par des succès retentissants et des évolutions significatives dans son équipement. Des maisons de confection pionnières aux géants mondiaux du sport, plusieurs marques ont associé leur nom aux Bleus, contribuant à forger l'identité visuelle et la performance de l'équipe. Cet article explore l'histoire de cette collaboration, en mettant en lumière les moments clés, les acteurs majeurs et les enjeux économiques qui sous-tendent ces partenariats.
Les Premiers Pas: De Tunmer à Allen (1904-1962)
Au début du XXe siècle, deux maisons de confection parisiennes, Tunmer et Williams & Cie, dominaient le marché du vêtement sportif. Après un match difficile contre l'Angleterre en 1908, une publicité dans le journal L'Auto révélait que Williams avait fourni l'équipement de l'équipe. Après la Première Guerre mondiale, la Fédération Française de Football Association (FFFA) confia la création de ses tenues à la maison Ducim, dirigée par les frères Ducimetière. Allen-Primo prit le relais à partir de la saison 1923-24.
L'Ère du Coq Sportif et l'Arrivée d'Adidas (1962-2010)
Les années 1960 furent marquées par une succession de marques aux côtés des Bleus. Allen fusionna avec Le Coq Sportif, qui fut mis en avant par l'équipe de France. En dehors d'un bref intermède avec Kopa en 1969, le partenariat entre la FFF et Le Coq Sportif dura jusqu'en 1972. Adidas arriva alors, et les trois bandes de la marque allemande partagèrent les premiers triomphes des Bleus, mais aussi le fiasco de Knysna.
Nike entre en Jeu: Une Nouvelle Ère (2011-Présent)
Après 39 ans avec Adidas, l'équipe de France changea d'équipementier pour débuter l'année 2011. Nike dévoila alors la tenue extérieure de la France pour l'Euro 2012. Fini la marinière et les larges bandes bleues, la tunique des hommes de Laurent Blanc devint blanche avec un col mao. Le grand changement fut l'arrivée de la couleur or sur le logo de la FFF, les numéros et le nom des joueurs, une couleur inhabituelle pour la France.
En février 2008, Nike signa un contrat avec la FFF pour la période allant du 1er janvier 2011 à la fin juin 2018, pour un montant de 320 millions d'euros, auxquels s'ajoutaient les primes de résultat lors des grandes compétitions internationales et la dotation en équipements de plusieurs millions d'euros. Ce contrat, représentant un montant annuel de 42,6 millions d'euros, était plus de quatre fois supérieur au dernier signé par Adidas (10 millions d'euros par an).
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Nike, qui équipait déjà le Brésil, ne cachait pas sa volonté de devenir le numéro un mondial du ballon rond en France comme dans le monde. Le groupe tablait sur 103 millions de dollars de retombées d'ici à 2014 et misait sur une gamme « lifestyle » et une communication sur le thème « Vive le football libre ! »
Prolongation du Partenariat avec Nike jusqu'en 2034
La Fédération Française de Football (FFF) et l'équipementier américain Nike ont annoncé, le mardi 30 avril, le renouvellement de leur partenariat jusqu'en 2034. Le montant de ce nouvel accord n'a pas été communiqué, mais selon L'Equipe, il serait supérieur à celui conclu il y a treize ans, qui fait entrer chaque année entre 40 et 50 millions d'euros dans les caisses de la FFF.
Pour la marque à la virgule, c'est un nouveau succès dans le monde du football. Outre les Bleus, doubles champions du monde, Nike est également l'équipementier de certaines des sélections nationales les plus attractives, notamment le Brésil, l'Angleterre et le Portugal. Surtout, l'entreprise de l'Oregon a infligé un sérieux coup à son concurrent allemand Adidas en lui chipant, fin mars, le contrat avec la Fédération allemande de football (DFB) pour la période 2027-2034.
Selon le quotidien allemand Handelsblatt, Nike s'est engagé à verser au moins 100 millions d'euros par an à la DFB pendant la durée du contrat, soit le double de ce que verse actuellement Adidas. Bjorn Gulden, le patron d'Adidas, a qualifié d'« inexplicable » la somme promise par Nike à la fédération allemande. Adidas espérait répliquer en revenant dans le giron de l'équipe de France de football, où la présence de Kylian Mbappé, notamment, constitue une publicité puissante. Mais le « prix approprié » promis par le dirigeant de la marque allemande a été insuffisant. In fine, la marque américaine a mis plus d'argent sur la table qu'Adidas.
Philippe Diallo, le président de la FFF, a expliqué que ce partenariat avec Nike permet de se donner les moyens de contribuer activement à la pérennité de la FFF, dans toutes ses dimensions : sociétales, diversité, développement de la pratique du haut niveau, du football féminin et du football amateur. Il s'est également félicité que le renouvellement de ce partenariat positionne la FFF parmi les toutes premières organisations sportives au monde. Le nouveau partenariat comprendra aussi « un volet spécifique dédié au football amateur et aux arbitres ».
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Nike a également publié un communiqué triomphal : « En quinze ans de partenariat entre Nike et la FFF, nous sommes fiers de ce que nous avons accompli ensemble. Nous sommes impatients de poursuivre notre partenariat pour servir de catalyseur à la croissance et à l'investissement dans le football amateur en France, en accélérant la croissance du football féminin à tous les niveaux, et en amplifiant encore la FFF en tant qu'icône internationale de la performance et du style. »
Controverses et Enjeux Éthiques
Il est important de noter que le partenariat entre Nike et la FFF n'est pas sans controverse. Nike, qui fait fabriquer ses produits essentiellement en Asie du Sud-Est, a souvent défrayé la chronique par ses méthodes quasi-esclavagistes. En 2014, sous la pression des syndicats et des associations de consommateurs, Nike a dû reconnaître les conditions de travail déplorables et l'exploitation brutale que subissent les salariés dans les usines de ses sous-traitants. Les salaires sont dérisoires, la semaine de travail s'élève souvent à 60 heures par semaine, et des heures supplémentaires non payées sont imposées.
Pendant ce temps, Cristiano Ronaldo bénéficie d'un contrat avec Nike avoisinant les 25 millions d'euros annuels, une somme qui pourrait permettre à 19 500 ouvriers vietnamiens d'être rémunérés pendant un an au salaire vital. La Fédération Française de Foot, qui gagne elle aussi gros, se garde bien d'évoquer ce scandale et accepte que Nike s'approprie les deux étoiles comme si elles lui appartenaient !
Évolution du Design des Maillots
Depuis leur premier match officiel contre la Belgique en 1904, l'équipement de l'équipe de France a subi de nombreuses transformations. Le blason de l'équipe de France comporte un Coq Gaulois, l'un des symboles de la nation. Dans son évolution sportive, trois époques se distinguent en matière de design, toujours fidèles au Coq Gaulois. En 1998, une étoile a été incluse après avoir remporté la première Coupe du monde, et en 2018, la deuxième étoile.
- Coupe du monde 1958 en Suède: La France a disputé la Coupe du monde 1958 en Suède avec un maillot bleu simple.
- Coupe du monde 1966 en Angleterre: Les Bleus ont porté un maillot similaire lors de la Coupe du monde 1966 en Angleterre.
- Championnat d'Europe 1984 en France: Les Bleus ont remporté la coupe lors d'une finale disputée contre l'Espagne, portant un maillot bleu avec une large bande horizontale rouge.
- Coupe du monde 1998 en France: Le maillot des futurs champions du monde est orné d'une large bande horizontale rouge qui surmonte trois fines bandes blanches.
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