La NBA, ligue de basketball nord-américaine, est connue pour son histoire riche et ses légendes. L'une des façons dont les équipes honorent ces légendes est de retirer leur numéro de maillot. Mais quels sont les critères pour qu'un joueur voie son maillot retiré ?
Les Fondations de la Reconnaissance : Numéros Retirés et Hommages NBA
Les franchises NBA honorent des carrières légendaires, des joueurs qui ont marqué l'histoire de la ligue et leurs franchises respectives. Chaque numéro retiré est plus qu'un simple chiffre; c'est un symbole, une histoire gravée dans l'histoire de la NBA, honorant des joueurs d'exception pour leurs contributions inestimables à la franchise. Ces bannières suspendues au plafond des salles témoignent des exploits des légendes qui ont façonné l'identité de chaque équipe. Cela signifie que plus jamais un joueur de l'équipe ne portera ce numéro, qui devient ainsi sacré et associé à un héros du club. Lors d'une cérémonie spéciale, une bannière floquée du numéro et du nom du joueur est hissée au plafond de la salle, immortalisant ses exploits. Cette tradition, bien ancrée dans la NBA et d'autres ligues sportives, sert à rappeler aux fans et aux joueurs actuels les légendes qui ont construit l'histoire de chaque franchise.
Critères de Sélection : Un Mélange de Performance et d'Impact
Les franchises ont leurs propres règles pour déterminer quels joueurs méritent cet honneur. Le plus souvent, il s'agit d'anciens joueurs ayant marqué durablement l'équipe, tels que des membres du Hall of Fame, des champions NBA ou des joueurs ayant fait preuve de loyauté envers la franchise pendant de longues années. On reconnaît une pure légende de la NBA à quelques critères :
- S’il a à un de ses doigts une bague de champion.
- S’il a été sélectionné pour un All Star Game.
- S’il a été élu MVP de la saison ou de la finale.
- S’il entre au Hall of Fame de la NBA.
Cependant, les performances sportives régissent majoritairement les critères de cet honneur individuel ultime, mais l’apport d’un joueur à l’histoire d’une franchise ne se résume pas seulement à l’espace du terrain. Apporter à une franchise, c’est aussi s’investir pour la ville, œuvrer dans des actions caritatives ou encore être au contact de la population locale.
Carmelo Anthony était ce genre de joueur proche des New-yorkais, pour qui donner de sa personne à sa ville natale faisait tout autant partie du job que de rentrer des ficelles sur le parquet. Carmelo est l’un des joueurs qui a le plus oeuvré pour sa communauté en cherchant toujours à aller au contact des gens pour les aider. Lorsque l’on compare ses actions caritatives par rapport à d’autres joueurs, la grande différence est que Melo n’investit pas simplement de son argent mais aussi de son temps dans ses projets.
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Exemples de Joueurs Honorés : Gloires Passées et Futures
Plusieurs joueurs ont vu leur maillot retiré par différentes équipes NBA. Parmi eux, on retrouve des légendes telles que :
- Kobe Bryant (Los Angeles Lakers) : Ses numéros 8 et 24 ont été retirés le 18 décembre 2017. Entouré de sa famille et de nombreuses légendes des Lakers, Kobe a exprimé sa gratitude envers les fans et la franchise. Il a d’abord porté le numéro 8, puis le numéro 24. Au total, il a remporté cinq titres de champion NBA et deux médailles d’or aux Jeux Olympiques. Scoreur d’exception, Bryant se positionne en deuxième position du record de points inscrits sur un match, avec 81 points marqués face aux Toronto Raptors. Son décès tragique en janvier 2020 a ému le monde entier. La « Mamba Mentality » est ancrée dans toutes les mémoires, symbolisant son éthique de travail inégalable.
- Magic Johnson (Los Angeles Lakers) : Quelques mois après l'annonce de sa séropositivité, Magic voit son #32 retiré au Forum d'Inglewood en 1992. La cérémonie, empreinte d'émotion, a lieu devant de nombreuses stars et coéquipiers. Meneur de jeu titulaire de la Dream Team aux JO de 1992, « Magic » a inspiré toute une génération de joueurs. De sa draft en 1979 à sa retraite en 1996, il a soulevé cinq titres de champion NBA et trois trophées de MVP des Finales. Magic possède des parts dans le capital de la franchise californienne et a été président des Los Angeles Lakers pendant deux ans.
- Kareem Abdul-Jabbar (Los Angeles Lakers) : Tour de contrôle des Lakers de 1975 à 1989, Kareem Abdul-Jabbar est aujourd’hui un ambassadeur de la NBA dans le monde entier. Kareem Abdul-Jabbar, de son vrai nom Lew Alcindor, est l’un des plus grands basketteurs de l’Histoire. Sacré six fois MVP de la saison régulière, il a également été six fois champion NBA. Monstrueux offensivement, Abdul-Jabbar figurait également comme l’un des meilleurs défenseurs de la compétition. On lui doit le célèbre skyhook (bras roulé en français).
- Shaquille O’Neal (Los Angeles Lakers) : Pivot le plus dominateur de la planète de la fin des années 1990 aux années 2000, « Shaq » a régné sur la Ligue pendant près d’une décennie. Shaquille O’Neal a été la pièce maîtresse des Lakers sous les ordres de Phil Jackson. Avec ce colosse en point de fixation sous le cercle, la fameuse attaque en triangle fonctionnait du tonnerre. Capable de casser un panneau en plexigas, mais aussi d’arracher le cercle du panier, Shaquille O’Neal était un phénomène unique. Aux Lakers, son numéro 34 est retiré pour célébrer ses trois titres de champion NBA et ses trois trophées de MVP des Finals.
- Wilt Chamberlain (Los Angeles Lakers) : Surnommé le « Big Dipper », Wilt Chamberlain est une légende de la NBA. Il détient le record absolu du nombre de points marqués sur un seul match avec 100 unités. Il a joué six ans aux Warriors, lorsque la franchise était à Philadelphie, puis quatre saisons aux Sixers et cinq aux Lakers pour finir sa carrière.
D'autres joueurs, comme Carmelo Anthony, sont en discussion pour voir leur maillot retiré, notamment en raison de leur impact sur la communauté locale et de leurs actions caritatives. Tony Parker a rempli quatre des cinq critères. Plus personne dans la ville de Fort Alamo ne pourra jamais le porter. Un honneur rare, réservé à quelques super stars de ce jeu. Reste pour Tony Parker à entrer au Hall of Fame. Ça devrait être fait en 2023. Le Français fait partie de la liste des finalistes dévoilée ce 18 février pour y inscrire son nom.
Le Hall of Fame : Panthéon de la Gloire
Le Hall of Fame (« Temple de la renommée » ou « Panthéon de la gloire » selon la traduction) est le saint des saints du sport américain. Physiquement, pour la NBA, ce temple existe. Il est à Springfield dans le Massachusetts sur la côte Est. Ce n’est pas un hasard : c’est là qu’un jour d’hiver en 1891, un Canadien professeur d’éducation physique, James Naismith, a inventé le basket-ball pour occuper ses étudiants. Lui-même en fait partie. Le lieu s’appelle d’ailleurs le « Naismith Memorial Basketball Hall of Fame ».Pour y avoir son rond de serviette, il n’est pas indispensable d’avoir joué en NBA. Des joueurs universitaires, des dirigeants, des journalistes y figurent : le plus important est d’avoir contribué au développement universel du basket. Il existe cinq façons d’entrer : si on est joueur, entraîneur, arbitre, « contributeur » ou si on est une équipe de légende. Parmi celles-ci figure la Dream Team de 1992. Il y en a douze au total, toutes américaines. Être « contributeur » signifie avoir aidé à l’épanouissement du basket. Il faut être manager comme Jerry Krause qui a construit les Chicago Bulls de la génération Jordan ; propriétaire comme Jerry Buss celui des Lakers des années 1980, hommes d’affaires (Phil Knight, le fondateur de Nike), journaliste ou ancien patron de la NBA comme David Stern.
Parmi les entraîneurs figurent notamment Red Auerbach, le mentor des Celtic de Boston des années 1960, Dean Smith le premier coach de Jordan à la fac, Chuck Daly celui de la Dream Team 1992 ou bien Phil Jackson, celui des Bulls puis des Lakers. Les meilleurs arbitres de la NBA y ont aussi une salle à eux. On ne le connaît pas de ce côté-ci de l’Atlantique.Et puis, il y a bien entendu les joueurs et les joueuses. À ce jour, ils sont 220 à siéger dans ce temple, dont 29 femmes. Seulement vingt-quatre ne sont pas Américains.Comment sont-ils choisis ? La première condition est technique : un joueur doit avoir arrêté sa carrière depuis au moins trois ans pour y avoir droit. Tony Parker, à la retraite depuis 2019, est éligible. Il faut ensuite candidater. Chaque joueur envoie une fiche de renseignements et des coupures de presse témoignant de ses performances et de ses statistiques au cas improbable où il doive se justifier. Ceci doit être fait au plus tard le 31 octobre de l’année précédant la possible élection.On ne va pas entrer dans les détails pratiques mais ensuite, différents comités pour chaque catégorie désignent ceux qui peuvent prétendre à être élu. À la fin, un « comité d’honneur ». Pour être intronisé, il faut obtenir au moins 18 voix, sur les 24 de ce comité d’honneur. Si le joueur n’est pas élu, il peut retenter sa chance pendant cinq ans. Si au bout de ces cinq ans, c’est toujours non, il devra attendre cinq ans avant de se représenter. Pour éviter toute forme de pression, le nom des membres de ces différents comités est tenu secret.Le Hall of Fame existe depuis la fin des années 1950. Depuis, sauf à de rares exceptions (1965, 1968 et 2007 faute de candidat), un, deux, trois ou quatre joueurs ou joueuses selon la qualité des promotions y font leur entrée. Pour être éligible, mieux vaut avoir gagné un titre NBA ou universitaire (NCAA), un titre olympique ou avoir été sélectionné pour un All Star Game. Sans ces critères, inutile d’y penser.Les oublis et les injustices sont rares car toutes les légendes du basket y sont : Bill Russel, Bob Cousy, Wilt Chamberlain, Jerry West, Julius Erving, Kareem Abdul-Jabbar, Larry Bird, Magic Johnson, Michael Jordan, Kobe Bryant, Shaquille O’Neal et tant d’autres.
Parmi les non Américains, on trouve le génie croate Drazen Petrovic disparu dans un accident de voiture il y a trente ans, le Nigérian Hakeem Olajuwon double champion NBA, le Lituanien Arvidas Sabonis ou le Serbe Vlade Divac. Le dernier en date est l’Argentin Manu Ginobili, élu en 2022. Quelques rares Européens qui n’ont jamais joué en NBA y sont aussi comme le Grec Nikos Galis, l’Italien Dino Meneghin et le Soviétique Sergei Belov, champion olympique en 1972. Ils ont dominé le basket européen en leur temps et y ont droit.
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Parker sera le premier Français. Tony Parker sera, selon toute vraisemblance, le premier. Son palmarès en NBA, sa présence au sein de la dynastie des Spurs et sa carrière riche en équipe de France, avec qui il a été champion d’Europe en 2013, lui accordent un billet quasi assuré pour le « HoF ». Il devrait y être le seul Français pour un bout de temps : à ce jour, seul Rudy Gobert, triple All Star et triple meilleur défenseur de l’année peut y prétendre. Mais pas tout de suite. Avec sa promotion, l’Europe va avoir trois nouveaux : lui, l’Allemand Dick Nowitzki, champion en 2011 avec Dallas et MVP de la saison 2007, et l’Espagnol Pau Gasol, deux fois titré avec les Lakers de Kobe Bryant en 2009 et 2010 sont éligibles. Ils seront aussi élus, ça ne fait aucun doute.
Numéros Retirés à Travers la NBA : Quelques Faits Intéressants
Près de 200 numéros ont été retirés au total à travers les 30 franchises NBA. Les Boston Celtics détiennent le record avec 22 numéros retirés officiellement. Les Los Angeles Clippers ont été la dernière équipe à retirer au moins un numéro. Le n°32 est le numéro le plus retiré, ayant été accroché par 11 équipes différentes. Wilt Chamberlain est le recordman avec son n°13 retiré chez trois équipes (Warriors, 76ers et Lakers). Le n°6 a été retiré par toutes les franchises NBA en hommage à Bill Russell.
Le n°6 Retiré en Hommage à Bill Russell
En 2022, la NBA a pris une décision exceptionnelle en retirant le numéro 6 dans toutes les franchises, en hommage à Bill Russell, légende des Boston Celtics et onze fois champion. C'est la première fois qu'un numéro est retiré à l'échelle de toute la NBA. Bill Russell est tout simplement l’une des plus grandes légendes de l’histoire du basketball et le cœur battant des Boston Celtics des années 1950 et 1960. Avec 11 titres de champion NBA en 13 saisons, il est l’emblème du succès des Celtics.
Les Exceptions à la Règle
Il arrive exceptionnellement qu'une équipe retire le numéro d'une personnalité n'ayant jamais joué pour elle. Les Los Angeles Lakers font partie des franchises les plus mythiques de la NBA.
Les Lakers : Une Dynastie de Légendes
Les Los Angeles Lakers ont remporté 17 titres de champion NBA au total. Ce palmarès exceptionnel les place parmi les équipes les plus titrées de l’histoire de la ligue, à égalité avec les Celtics de Boston (17 titres chacun depuis 2020). Le nom “Lakers” (qui signifie “Lacustres”, ou ceux liés aux lacs) trouve son origine dans les racines de la franchise. Avant de s’installer à Los Angeles en 1960, l’équipe était basée à Minneapolis, dans le Minnesota, un État surnommé “Land of 10,000 Lakes”. Difficile de désigner un seul plus grand joueur de l’histoire des Lakers. Beaucoup estiment que Magic Johnson est le Laker ultime, pour ses 5 titres et son style révolutionnaire. D’autres citeront Kobe Bryant pour sa longévité et sa mentalité “Mamba”. La plus grande rivalité des Lakers est celle qui les oppose aux Boston Celtics. Ces deux franchises se sont affrontées 12 fois en Finale NBA - un record - et se disputent depuis plus d’un demi-siècle le statut d’équipe la plus titrée. Cette opposition Est/Ouest incarne une saga sportive légendaire. Pour voir un match des Lakers à Los Angeles, rendez-vous au Crypto.com Arena (anciennement Staples Center), en plein Downtown LA. L’ambiance y est électrique les soirs de match, avec 19 000 fans en pourpre et or. Oui, les Lakers ont remporté la toute première édition de la NBA Cup (In-Season Tournament) en décembre 2023. Menés par LeBron James, ils ont battu les Indiana Pacers en finale.
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Les Los Angeles Lakers, l'une des équipes les plus mythiques de la NBA avec 17 titres de champion, ont retiré les numéros des joueurs suivants :
- 8 et 24 - Kobe Bryant
- 13 - Wilt Chamberlain
- 22 - Elgin Baylor
- 25 - Gail Goodrich
- 32 - Magic Johnson
- 33 - Kareem Abdul-Jabbar
- 34 - Shaquille O’Neal
- 42 - James Worthy
- 44 - Jerry West
- 52 - Jamal Wilkes
- 99 - George Mikan
- 16 - Pau Gasol
Au-delà du Terrain : L'Impact Communautaire
Apporter à une franchise, c’est aussi s’investir pour la ville, œuvrer dans des actions caritatives ou encore être au contact de la population locale. Carmelo Anthony était ce genre de joueur proche des New-yorkais, pour qui donner de sa personne à sa ville natale faisait tout autant partie du job que de rentrer des ficelles sur le parquet. Carmelo est l’un des joueurs qui a le plus oeuvré pour sa communauté en cherchant toujours à aller au contact des gens pour les aider. Lorsque l’on compare ses actions caritatives par rapport à d’autres joueurs, la grande différence est que Melo n’investit pas simplement de son argent mais aussi de son temps dans ses projets.