Le club de football des Ulis, situé dans la ville du même nom en Essonne (91), est bien plus qu'une simple association sportive. C'est un véritable creuset de talents, un lieu de vie et d'éducation pour de nombreux jeunes, et un symbole de fierté pour toute une communauté. L'histoire du club est marquée par la formation de joueurs de renom tels que Thierry Henry, Patrice Evra et Anthony Martial, mais aussi par un engagement social fort et une volonté de rester fidèle à ses valeurs.
Un vivier de talents reconnu
Aux Ulis, le football est une affaire sérieuse. Le club omnisports des Ulis (COU) est réputé pour sa formation de qualité, ayant vu éclore de nombreux joueurs professionnels. Au niveau national amateur, le COU est celui qui a sorti le plus de professionnels (13), dont Thierry Henry, natif de la commune. Les dirigeants du club, cependant, restent humbles : « On n’a pas de potion magique », assurent-ils en chœur.
L'éducateur Tshimen Buhanga insiste : « Y a pas qu’Anthony Martial ici ». Le club compte 760 licenciés venant de différents milieux sociaux, certains se déplaçant même de 20 ou 30 kilomètres pour s’entraîner sur les terrains neufs en synthétique. Mamadou Niakaté, l’un des dirigeants, souligne l’importance de l’éducation : « Ici, on éduque aussi les jeunes. Pendant quatre ans, on faisait même du tutorat. Des jeunes qui étaient en fac venaient donner des cours de rattrapage aux jeunes qui galéraient ».
Le club continue de former de jeunes talents, comme Solo Bidanessy (Montpellier), Bonata Traoré (Toulouse) et Khalil Kie (Stade de Reims). Niakaté insiste sur la qualité du travail des éducateurs et le suivi scolaire, sans vendre de rêve aux jeunes : « On ne leur dit pas qu’on va faire d’eux des pros. Tous n’intégreront pas un centre de formation mais dans les catégories 12 ans et 13 ans, il y a au moins un gamin avec le potentiel et le profil. Ici, on est dans le pur football : Amusez-vous, prenez du plaisir ! Et s’il se passe quelque chose, tant mieux. »
Le président Jean-Baptiste Leroy affirme : « Des U6 aux U11, notre club est réputé comme l’un des meilleurs de France. On n’a rien à envier à personne, pas même aux clubs professionnels et à ceux qui ont des centres de formation. Ce n’est pas du tout sûr qu’ils nous battent dans ces catégories-là. On sait ce qu’on fait. » Le club accueille tout le monde, sans quotas, ce qui permet de fidéliser les nouveaux jeunes qui viennent s’installer dans la ville.
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L'importance des éducateurs et des valeurs
La réussite du club repose en grande partie sur la qualité de ses éducateurs. Parmi les 59 bénévoles présents au club, une vingtaine disposent d’un diplôme agréé. Le vice-président Jean-Michel Espalieu se rappelle : « Quand on a repris le club, on avait le souhait de développer la formation. On s’est vraiment attaché à former des éducateurs. On ne s’est pas trop occupé de l’équipe seniors. (…) Automatiquement, tous ont progressé ».
Aziz Benaaddane développe : « On fait ce qui est préconisé par la Fédération française (FFF) et par la Direction technique nationale (DTN), c’est-à-dire des séances classiques avec beaucoup de ludique et de jeu pour les plus jeunes. Les plus grands travaillent surtout l’aspect mental de la compétition. » Les encadrants sont « très impliqués » et connaissent les prénoms de chaque jeune sous leur responsabilité.
Les valeurs fortes prônées au quotidien sont « le respect, la rigueur et le travail ». Cela commence par une poignée de main en arrivant, la première des politesses. Marc Perucchini confie : « On est avant tout des parents. On continue leur éducation », dans un cadre rassurant. Jean-Michel Espalieu affirme : « Au départ, on est là pour faire du sport. Mais après, on fait aussi presque du social ».
Un club ancré dans son territoire
Le club des Ulis est profondément ancré dans son territoire. « Ici, c’est un petit quartier de 24 000 habitants, explique Niakaté. À l’époque, pour ces garçons-là, il n’y avait qu’un seul lieu, le stade, pour se préserver des conneries. Si leurs attaches sont ici, c’est qu’ils ne connaissent que cet endroit finalement. » Le club fonctionne comme un repère pour certains jeunes en difficulté, qui retrouvent dans les 18 éducateurs diplômés une figure adulte qui les considère et est toujours à l’écoute. « Nous, on ne veut pas tuer leur passion. Ils sont aussi là pour s’amuser et grandir, on s’en fout de qui va finir pro ou pas. »
La direction se vante de ne jamais refuser un seul jeune qui veut s’inscrire. Et si la famille ne peut pas payer l’inscription ? « On s’arrange », s’exclament les dirigeants. Le vecteur social est un leitmotiv du club.
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Bien que située en zone d’éducation prioritaire (ZEP) et entourée de nombreuses cités, l’enceinte respire la tranquillité. Loin du cliché des stades de banlieue, ses occupants s’efforcent d’en faire un havre de paix. « Tout le monde se connaît », promet l’un des responsables. « Il y a une continuité, c’est l’histoire, une histoire de copains, de dirigeants, d’éducateurs », ajoute le numéro deux dans l’organigramme. L’essentiel des adhérents (95%) est issu des Ulis.
Les anciens et le soutien de Patrice Evra
Les grands anciens sont restés fidèles au club de leur enfance. « Nous sommes toujours en contact avec eux, notamment avec Anthony Martial qui passe souvent voir jouer les équipes de jeunes, dit Niakaté. Ça leur donne un peps supplémentaire. Evra, dont la maman vit dans le coin, passe aussi dès qu’il a le temps. »
Patrice Evra est particulièrement impliqué dans la vie du club. « Nous, on connaît l’homme, pas le joueur », assure un éducateur. L’enfant des Ulis donne de son temps et de son argent personnel pour aider le club. C’est par exemple grâce à lui que le club est totalement habillé de la marque Nike. C’est lui aussi qui a payé des minibus pour des déplacements ou encore invité quarante jeunes du club pour assister à un de ses matchs lorsqu’il foulait encore les pelouses de Premier League. Lorsqu’on revient sur l’épisode de la Coupe du monde 2010, Tshimen Buhanga assène : « Et qu’on arrête de parler de Knysna. Tout le monde fait des erreurs. » Evra a reversé sa prime de la Coupe du monde au club.
L'utilisation des fonds et les projets futurs
L’argent des transferts des anciens joueurs est réinvesti dans le club. « On n’a pas eu tant que ça, précise Niakaté. Henry a quitté Les Ulis avant ses 12 ans. Evra nous a donné la prime du Mondial 2010 (25 000 euros) puis nous avons reçu des indemnités de formation de son transfert de Monaco à MU (2006), soit 38 000 euros. Pour Martial, on a touché environ 300 000 euros sur son transfert de Monaco à MU (2015). »
Ces fonds ont été investis dans une flotte de quatre minibus, dans l’embauche d’éducateurs supplémentaires, dans la fourniture d’équipements pour les jeunes et l’achat de matériel. La direction prévoit d'investir pour des cars, pour du matériel et même pour des projets sociaux.
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Les Ulis : une ville de talents
Les Ulis est une ville où la diversité sociale et culturelle favorise la rencontre, l’ouverture et la création. La Ville est fière de compter parmi ses rangs des étudiants de haut niveau, des artistes, des musiciens, des entrepreneurs, des commerçants, des artisans, des sportifs qui portent l’image de la ville, parfois au-delà de l’hexagone. Nombre d’entre eux reviennent à leurs racines pour transmettre le flambeau de la réussite et de l’initiative.
Parmi les talents made in Les Ulis, on peut citer : Thierry Henry, Patrick Lapeyre, Patrice Evra, Daniel Sangouma, Régis Brouard, Lahcen Majdi, Sébastien Chambet, Karim Eldjelatat, Icham Chaheb, Anthony Martial, Moussa Marega, Terence Joubert, Noémie Lenoir, Bilel Mohsni, Thomas Caillard, Laurent Neuville, Laetitia Meignan, Dara Indo Oum, Brigitte Gapais-Dumont, Pierre Risch, Firmine Richard, Margot Bruyère, David Benhamou, Passe-Partout, Hafid Aboulahyane, Emmanuelle Vidal Simoës De Fonseca, Jean-Charles Trouabal, Christian Dequest, Richard Detot, Najat El Mekkaoui, Mathieu Fourre, Nathalie Gendron, Jean-Michel Wiernezky, Stéphane Kermaleguen, Sinik et Diam’s…