Le CS Chênois Genève Handball, club de deuxième division suisse, est un acteur du paysage handballistique helvétique. Bien que moins médiatisé que les clubs de première division comme Schaffhausen ou Winterthur, il représente une structure où des joueurs semi-professionnels conjuguent leur passion pour le handball avec des engagements professionnels ou estudiantins. Cet article explore l'histoire du club, ses particularités, ses défis et ses ambitions, notamment à travers le prisme de ses liens avec le handball français et l'arrivée de figures emblématiques comme Patrick Cazal.
Le Contexte du Handball Suisse
Avant de plonger dans l'histoire du CS Chênois, il est essentiel de comprendre le contexte du handball en Suisse. Le championnat suisse est caractérisé par une certaine hétérogénéité. Si quelques clubs, tels que Schaffhausen, Winterthur et Thun, disposent de moyens importants et sont capables de rivaliser en Coupe d'Europe, d'autres, comme le CS Chênois, doivent composer avec des ressources plus limitées.
Les clubs suisses font des efforts structurels en cherchant des partenariats parfois originaux. Grâce à ce travail, les clubs progressent, les effectifs s'étoffent et le niveau monte.
Un défi majeur pour le handball suisse réside dans la mentalité. En Suisse, beaucoup de très bons jeunes joueurs continuent leurs études. À la fin de leur cursus, ils préfèrent prendre un travail normal car ils vont gagner beaucoup plus. On se retrouve donc avec plein de bons joueurs qui ont leur job avec un super salaire et qui prennent un statut de semi-pro en jouant en D1 ou D2.
Heureusement pour les Suisses, les exploits des Schmid, Portner, Meister et leur bande font petit à petit changer les mentalités. Cela doit passer clairement par les clubs et Schaffhausen est un très bon exemple. Le club met les moyens pour que les jeunes soient à fond dans le handball tout en faisant des études s'ils le veulent. Il faut se tourner à 100 % vers le handball si on veut progresser et ne pas rester juste bons en équipe de jeunes.
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Cependant, le handball suisse a pris le tournant de la formation et de la post-formation. Au-delà des baroudeurs d'Europe de l'Est ou des Balkans, ils font de plus en plus de place aux jeunes joueurs.
Le CS Chênois: Un Club Formateur et Tremplin
Le CS Chênois se distingue par son rôle de club formateur et de tremplin pour les jeunes talents. À l'image de Baptiste Malfondet et d'autres Français (l'ailier droit Stéphane Chardon, le gardien Bastien Soulier…), le club accueille des joueurs qui cherchent à se développer et à progresser. Le club s'inscrit dans une dynamique où les joueurs sont souvent des étudiants ou des professionnels qui consacrent une partie de leur temps au handball. "Le profil typique des joueurs chez nous et chez les plus petits clubs, c'est celui d'un étudiant ou d'un prof qui enseigne à 70 % et qui les 30 % du temps restant s'entraîne et participe aux matchs. Cela permet quand même de s'entraîner tous les jours ou presque, mais forcément, on rivalise difficilement avec les gros clubs qui sont intégralement pro.
Si la Suisse peut servir d'endroit parfait pour une pré-retraite, elle devient de plus en plus un tremplin potentiel vers la Starligue ou la Bundesliga.
L'Arrivée de Patrick Cazal: Un Nouveau Chapitre
Un tournant majeur dans l'histoire récente du CS Chênois est l'arrivée de Patrick Cazal en tant qu'entraîneur de l'équipe masculine. Double champion du monde avec les Bleus (en 1995 et 2001), Patrick Cazal a connu une brillante carrière de joueur au poste d’arrière droit, évoluant en France, en Espagne et en Allemagne, avant de raccrocher à Dunkerque en 2008. En onze saisons à la tête de l’USDK, il remporte notamment le titre de champion de France en 2014, un exploit majuscule dans une période dominée par le PSG Handball. Après son départ de Dunkerque, il s’envole pour la Tunisie en 2022 où il prend les commandes de la sélection nationale. Sous sa houlette, les Aigles de Carthage terminent troisièmes de la CAN 2024, décrochant une médaille de bronze continentale.
Son expérience et son palmarès sont un atout considérable pour le club genevois. Le CS Chênois Genève se réjouit de l’arrivée d’un tel profil. De son côté, Patrick Cazal ne cache pas son enthousiasme : « Je suis ravi de rejoindre le CS Chênois Genève pour cette saison. J’espère pouvoir apporter mon savoir-faire et mes compétences au sein du club. J’ai hâte de relever ce nouveau challenge et performer avec cette nouvelle équipe.
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L'arrivée de Cazal marque une nouvelle ambition pour le CS Chênois, qui aspire à se structurer davantage et à progresser dans le paysage du handball suisse.
Les Défis et les Perspectives d'Avenir
Le CS Chênois, comme beaucoup de clubs de handball en Suisse, est confronté à des défis importants. Le principal est sans doute le manque de moyens financiers par rapport aux clubs de première division. Cette situation contraint le club à s'appuyer sur des joueurs semi-professionnels, ce qui limite le temps et l'énergie qu'ils peuvent consacrer au handball.
Un autre défi est la concurrence des autres sports, notamment le football et le hockey sur glace, qui bénéficient d'une plus grande popularité et de plus de ressources.
Malgré ces défis, le CS Chênois a des perspectives d'avenir intéressantes. L'arrivée de Patrick Cazal témoigne de la volonté du club de se développer et de se professionnaliser. Le club peut également s'appuyer sur sa tradition de formation et sur sa capacité à attirer des joueurs talentueux, qu'ils soient suisses ou étrangers.
Avec en point de mire, l'Euro 2028 qu'elle co-organisera, la Suisse doit passer un cap à l'image de son gardien Nikola Portner. La jeune génération d'aujourd'hui a, semble-t-il, intégré cet état d'esprit. "Dans le sérieux et l'investissement, ils sont meilleurs que nous à l'époque, juge Portner. Après, c'est sûrement un peu grâce à nous aussi, car on leur a montré que c'était possible d'atteindre le très haut niveau. Ce subtil mélange de cadres expérimentés (Portner, Meister, Lier, Rubin) et de pépites prometteuses (Schelker, Zehnder, Ben Romdhane) permettra-t-il au handball suisse de tutoyer les sommets ? Ce sera notamment "une question de mentalité" selon Portner.
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