Le monde du hockey sur glace a été récemment frappé par une série de décès tragiques, soulevant des questions sur la sécurité des joueurs et les mesures de prévention. Cet article se penche sur plusieurs de ces incidents, en examinant les causes du décès et les efforts déployés pour protéger les joueurs à l'avenir.
Décès accidentel de Gary Kelly à Ibiza
Le hockey écossais est en deuil suite au décès tragique de Gary Kelly, un attaquant de 19 ans considéré comme un prodige du hockey dans son pays. Gary Kelly est mort après avoir chuté d’un balcon à Ibiza, lundi 21 juillet 2025. Natif de Dundee, le hockeyeur a évolué aux Rockets de Dundee ainsi qu’aux Lynx d’Aberdeen en Scottish National League, où il a disputé 11 rencontres pour 10 buts et 17 points. Il a ensuite évolué dans le championnat professionnel du Royaume-Uni, l’Elite Ice Hockey League sous les couleurs des Dundee Stars.
« Tout le monde au sein du club, y compris les joueurs, le personnel, la direction et les propriétaires, est bouleversé par cette tragique nouvelle. Gary était un homme extrêmement talentueux et charismatique, promis à un bel avenir. Sa disparition aura des répercussions sur de nombreux membres de la communauté du hockey sur glace et au-delà.
Ce décès intervient deux semaines après un même événement. Un autre Écossais, Evan Thomson a fait une chute mortelle dans le même hôtel, le 7 juillet.
La mort d'Adam Johnson : Un accident tragique qui a conduit à une enquête pour homicide involontaire
L’onde de choc résonne encore sur toutes les patinoires du monde. Le 29 octobre, l’Américain Adam Johnson, âgé de 29 ans, décédait à la suite d’une grave blessure au cou provoquée par une lame de patin en plein match de hockey sur glace en Angleterre. Ce mardi 14 novembre, la police de Sheffield a placé un homme en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « suspicion d’homicide involontaire ». On fait le point sur ce terrible drame qui secoue aussi les acteurs du hockey français.
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Circonstances du décès
Samedi 28 octobre, sur la glace de la patinoire de Sheffield au cœur de l’Angleterre, un choc oppose les Steelers aux Nottingham Panthers. Les locaux, leaders du championnat professionnel, mènent 2-1 lorsqu’à la 34e minute de jeu, le match est stoppé par les arbitres. Sur un contact banal (appelé mise en échec) entre deux joueurs, la jambe de l’un s’écarte et la lame du patin percute violemment la gorge de l’autre. Un accident rarissime dans ce sport où les sportifs et sportives sont protégés de la tête aux pieds, à l’exception de zones comme le bas du visage ou le cou.
Grièvement blessé, Adam Johnson est évacué vers l’hôpital, où il décédera quelques heures plus tard. Son club annonce sa mort le lendemain. Adam Johnson avait 29 ans. Il était né dans le Minnesota aux États-Unis en juin 1994 avant de connaître une carrière modeste de joueur de hockey, passant par la grande NHL (13 matchs aux Pittsburgh Penguins) en 2019 et 2020 avant de rejoindre l’Europe (Suède, Allemagne ou Angleterre).
Enquête pour homicide involontaire
Mardi 14 novembre, la police de Sheffield a procédé à l’arrestation d’un homme dans le cadre d’une enquête pour « homicide involontaire ». Selon la loi britannique, les autorités ne peuvent diffuser le nom de l’interpellé mais il s’agirait bien, selon des médias nord-américains, de Matt Petgrave, le joueur canadien de Sheffield dont la lame du patin a causé la blessure mortelle d’Adam Johnson. Aux yeux du droit, cette enquête est « normale », informe la police britannique.
« Notre enquête a démarré immédiatement après cette tragédie et nous menons depuis une enquête approfondie pour reconstituer les événements qui ont conduit à la mort d’Adam dans ces circonstances sans précédent », détaille une porte-parole via un communiqué. La qualification d’homicide involontaire est très précise en droit britannique : il faudrait que l’auteur du coup soit reconnu d’imprudence ou de négligence criminelle. L’enquête pourrait durer plusieurs semaines. L’homme arrêté a été relâché le 15 novembre dans la journée.
Réactions et hommages
En Angleterre, les rencontres de Nottingham ont toutes été reportées depuis quinze jours. Le club retrouve à peine son quotidien et organise un hommage ce samedi 18 novembre. Mais c’est tout le hockey sur glace mondial qui a été touché. « Il y a un terrible effet de choc et de solidarité, soupire aujourd’hui Éric Ropert, directeur général de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG). Comme souvent dans ces drames, il y a un sentiment d’appartenance à une famille qui provoque cet état d’esprit quand il arrive quelque chose de grave. Nous avons en plus une connexion avec le coach de Nottingham, qui est Jonathan Paredes (ancien entraîneur des Jokers de Cergy durant six ans). Il y a eu une sorte de sidération. »
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Les nationalités de la victime (américaine) et du joueur incriminé (canadienne) donnent par ailleurs une immense résonance à ce drame en Amérique du nord, où le hockey est roi. Son ancien club de Pittsburgh a rendu un hommage vibrant à Adam Johnson quelques jours après son décès. « Le retentissement est énorme, confirme Éric Ropert. Pour avoir discuté avec Jonathan (Paredes), je sais que le club de Nottingham a reçu des messages du monde entier. »
Mesures de protection et obligations du protège-cou
Les joueurs et joueuses de hockey sur glace disposent d’un grand nombre de protections (casques, coudières, épaulettes, gants…), pour la plupart obligatoires. La quasi-totalité du corps est à l’abri d’un potentiel coup de patin, à l’exception du bas du visage et du cou. Le protège-dents et le protège cou existent mais ne sont pas obligatoires en Angleterre. Ni en France, d’ailleurs, au-delà de la catégorie des moins de 20 ans, ou aux États-Unis dans la prestigieuse NHL.
En Europe, la Suède et la Finlande ont rendu obligatoire le protège cou après un drame similaire en 1995. Quant à l’Allemagne, il le deviendra à partir du 1er décembre. « Notre but est de réagir très vite, appuie Éric Ropert. Il ne faut pas oublier que l’on gère un sport où l’on doit prendre du plaisir et le plaisir passe aussi par la sécurité. C’est un problème mondial. »
La FFHG l’a déjà affirmé : le protège cou sera obligatoire dès la saison prochaine sur toutes les patinoires de France. « La problématique actuelle est qu’on aimerait le rendre obligatoire le plus tôt possible mais que les stocks manquent, détaille le directeur général de la fédération. Certains des joueurs en avaient déjà et l’ont remis, d’autres ont acheté les quelques exemplaires en stock. Mais cela peut prendre plusieurs semaines, plusieurs mois pour obtenir les 8 000 pièces pour tous nos joueurs. On a interrogé les importateurs des grandes marques de matériel et on estime pouvoir communiquer d’ici une dizaine de jours sur le délai. »
Le hockey sur glace n’a cessé de faire évoluer ses règles de sécurité, à l’image d’un sport mécanique, afin de réagir à la croissance de sa pratique, tant en termes de participants qu’en termes d’accélération du jeu et de l’athlétisation de ses joueurs. « Nous avons cette question permanente : d’autres éléments peuvent-ils être améliorés ? » conclut Éric Ropert.
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Absence de poursuites pénales dans l'affaire Adam Johnson
Un an et demi après la mort tragique d'Adam Johnson, joueur américain des Nottingham Panthers, le 28 octobre 2023, la BBC a annoncé ce mardi qu'aucune poursuite pénale ne serait engagée contre le hockeyeur arrêté pour suspicion d'homicide involontaire. Johnson, 29 ans, avait été blessé mortellement au cou par un patin à la suite d'une collision lors d'un match face aux Sheffield Steelers. Le Crown Prosecution Service (CPS) a déclaré avoir collaboré avec la police du comté du South Yorkshire afin de déterminer si des poursuites pénales devaient être engagées. « Nous avons conclu qu'il n'existe aucune perspective réaliste de condamnation pour une quelconque infraction pénale et qu'il n'y aura donc pas de poursuites », a déclaré Michael Quinn, procureur général adjoint de la Couronne.
L'Elite Ice Hockey League (EIHL), la Première Division de hockey sur glace du Royaume-Uni, a déclaré qu'elle ne rendrait pas le port du protège-cou obligatoire, mais qu'elle « encouragerait fortement » les joueurs et les officiels à en porter après le décès de Johnson.
Décès de Tobias Eder des suites d'un cancer
Des suites d’un cancer de l’œsophage, le hockeyeur allemand Tobias Eder est décédé à l’âge de 26 ans ce mardi 28 janvier. Tobias Eder était atteint d’un cancer de l’œsophage depuis la fin de l’été 2024. Tobias Eder y jouait depuis la saison 2023/24. Il avait eu l’occasion de décrocher le titre dès sa première saison. Le hockeyeur allemand avait intégré en 2021 l’effectif de l’équipe nationale allemande de Hockey sur glace. Une carrière professionnelle qui s’est complexifiée à la fin de l’été 2024. Après un test de routine en août 2024, le joueur allemand avait été diagnostiqué d’un cancer de l’œsophage.
Tobias Eder, international allemand de hockey sur glace, est mort à l'âge de 26 ans à la suite d'un cancer de l'oesophage. La tumeur avait été diagnostiquée au mois d'août dernier. Victime d'un cancer de l’œsophage, le joueur allemand de hockey sur glace Tobias Eder est mort à l'âge de 26 ans, mardi 28 janvier. Sa disparition a été annoncée par son club, l'Eisbären Berlin, qui évoque des "complications" liées à la maladie.
Tobias Eder évoluait au poste d'attaquant. Il avait disputé avec l'Allemagne les championnats du monde de hockey sur glace l'an dernier en Tchéquie. La sélection allemande s'était arrêtée en quarts de finale face à la Suisse (3-1). Il avait remporté le championnat national en 2024 avec l'Eisbären Berlin, en marquant 22 buts lors de 52 matchs.
"Nous sommes choqués, profondément attristés et abasourdis. Malheureusement, Tobi n'a pas gagné son combat le plus difficile. Il est impossible de trouver les bons mots maintenant", a écrit l'Eisbären Berlin sur Instagram. "Nous nous souvenons des nombreux moments drôles, beaux et spéciaux que nous avons pu vivre avec Tobi et nous lui disons au revoir avec une grande gratitude pour le temps que nous avons passé ensemble", a déclaré la fédération allemande de hockey dans un communiqué. "Dans le même temps, nos pensées vont à sa famille, à sa fiancée, à ses amis et à ses coéquipiers, qui ont bien sûr tout notre soutien en ces jours difficiles", a-t-elle ajouté.La ligue allemande de hockey a reporté deux matchs d'Eisbären, l'un prévu le 26 janvier, l'autre le 31, sur demande du club. La deuxième rencontre était prévue contre Düsseldorfer EG, ancien club de Tobias Eder.
Autres incidents et mesures de sécurité
Un autre accident de hockey-sur-glace s'est produit au Canada. Au cours de la rencontre entre Montréal (NHL) et les Flames de Calgary, le joueur montréalais Kaiden Guhle a été atteint par un patin en plein visage de la part d'un joueur adverse qui venait de tomber accidentellement sur la glace. "C’est un sport rapide et il y a des choses qui arrivent", a réagi le joueur sur les réseaux sociaux. "Je suis content de ne pas avoir eu de séquelles.
Les joueurs de hockey sont pourtant très protégés sur la glace : casque, gants, épaulettes, coudières, genouillères… Alors comment un tel accident a-t-il pu être possible ? Le bas du visage et le cou sont en réalité le point faible de la protection des joueurs. D'autres pays ont décidé de rendre le protège-cou obligatoire. C'est le cas de la Finlande et de la Suède. La France va prendre le même chemin puisque la Fédération française des sports de glace a décidé d'imposer le protège-cou sur toutes les patinoires de France la saison prochaine. Actuellement les stocks manquent chez les fabricants.