Le Hockey Club Colmar, affectueusement surnommé les Titans, est un club de hockey sur glace français basé à Colmar, en Alsace. Fondé en 1994, le club a gravi les échelons du hockey français, marquant son empreinte dans le paysage sportif local. Cet article explore l'histoire riche et complexe du Hockey Club Colmar, depuis ses humbles débuts jusqu'à ses ambitions actuelles.
Les premières années : fondation et développement
Le Hockey Club Colmar a été fondé en 1994, marquant le début de l'aventure du hockey sur glace dans la ville. Le club a été créé dans le but de promouvoir le hockey sur glace dans la région de Colmar et au-delà. Depuis sa création, le club s'est engagé à offrir des opportunités aux jeunes joueurs et à développer une base solide pour l'avenir. Le club évolue à la Patinoire Municipale de Colmar.
Pour l'année 2025, le club compte environ 240 licenciés répartis en 13 catégories différentes. Cette structure permet à chacun de trouver sa place selon son âge et son niveau de compétence.
L'ascension sportive : de la D3 à la D2
Les premières années du club ont été marquées par des défis et des opportunités. Le club a évolué en Division 3 (D3) pendant de nombreuses années, cherchant à progresser et à atteindre les échelons supérieurs du hockey français. La présentation de toutes les équipes de division 2 est publiée aux alentours de fin octobre - début novembre.
Il y eut quelques épisodes plus ou moins anciens où l’espoir fut de mise, comme en cette fin de saison 2002-2003, avant le clash lors d’une Assemblée Générale houleuse : à l’époque, le club regroupait le patinage artistique et le hockey sur glace. Auteur d’une saison très encourageante, sportivement parlant, quand bien même il n’avait pas participé aux play-offs, le club colmarien pouvait prétendre à une montée en D2 sur dossier, pour pallier les (déjà) fréquentes défections de clubs trop ambitieux. Le président Fuchs avait, de son côté, préféré jeter l’éponge, estimant que la belle saison des Titans n’avait pas été anodine au niveau de son coût, et que continuer sur cette lancée risquait de compromettre l’avenir des deux sections. Parallèlement, les sections patinage et hockey se scindèrent progressivement pour devenir deux clubs indépendants.
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Le retour d’une D3, en 2006-2007, ne se fit pas sans mal. En effet, les premiers effectifs furent composés de locaux, essentiellement de juniors (qu’on retrouve encore, pour certains, dans l’effectif actuel), inexpérimentés et passablement indisciplinés. Un premier changement notoire intervint en 2009 quand le président de l’époque, M. Rapidement, le petit attaquant sut attirer avec lui quelques noms, et créer une dynamique positive de résultats… Hélas, l’inexpérience des jeunes Colmariens buta deux saisons de suite lors du premier tour de play-offs. Colmar, de son côté, lui trouva un remplaçant, bien établi dans l’Est, en la personne d’Evgueni (« Genia ») Kouznetsov, un ancien attaquant buteur d’Amnéville, puis des éphémères et controversés Graoullys messins. Sa venue coïncida avec celle progressive d’anciens juniors mulhousiens en quête de temps de glace. Au fur et à mesure des saisons, ce sont, un, puis deux, puis trois petits Scorpions qui vinrent prêter main forte aux Titans. Colmar confirma être un club qui comptait, dans l’Est, même si les résultats finaux pêchaient lorsque les play-offs débutaient.
Mais la consécration vint en cette fin de saison 2017-2018, quand les Titans, invaincus durant la saison régulière, organisèrent le tournoi final, qu’ils perdirent face au grand favori, Morzine, après y avoir dominé la réserve caennaise puis Asnières.
Développement administratif et sportif
Le club a connu des moments difficiles, mais a toujours su rebondir grâce à la passion et à l'engagement de ses membres. Le premier axe de développement fut d’ordre administratif. Les derniers exercices sportifs et financiers du club ayant amené des bilans positifs, et donc un « bas de laine » suffisamment rempli, les dirigeants décidèrent de se donner les moyens pour monter d’une division. Colmar est actuellement une ville en « manque » de club sportif phare (notamment depuis le naufrage du club de football, redescendu brutalement au 7e niveau hiérarchique, après avoir passé quelques saisons en National). Pour ceci, il a fallu réintégrer l’association « Titans » dans l’organigramme officiel, non sans quelques grincements de dents, afin de pouvoir gérer directement l’équipe D3 (l’entité « Titans » - équipe fanion - était liée au club via une convention et avait une relative autonomie de gestion pour des résultats jugés relativement décevants).
Au niveau de la promotion du hockey, les affluences de soirée - en moyenne 900 spectateurs voire plus pour la finale - drainèrent forcément de nouveaux publics. C’est sur ces néophytes que le club compte capitaliser pour recruter dans son mineur, en plus d’amener davantage d’affluence. Le deuxième axe du développement est sportif. Colmar compte environ 200 licenciés, et ce depuis plusieurs saisons. À la fin du dernier exercice, l’équipe U15 accéda à la demi-finale nationale. Ce fut une belle épopée pour les minots y ayant participé, et pourquoi pas une promesse de rangs juniors compétitifs.
L'entente Colmar-Mulhouse : une collaboration stratégique
Construire une équipe U17 (Élite ou Excellence) a un coût, environ le coût d’une équipe de D3, selon Christine Le Jeune. On devine aussitôt l’envers du décor : pour tout club qui n’a pas les moyens, l’aventure de son mineur s’arrête en U15. C’est ce qu’il se passait jusqu’ici à Colmar, qui voyait ses juniors potentiels s’arrêter, ou aller rejoindre l’association créée avec (et sous le nom de) Mulhouse, voire s’exiler. Colmar n’était donc plus lisible du tout, ni même attractif pour qui voulait continuer. Mulhouse, de son côté, possédait déjà deux équipes U15 et U17, en plus de son équipe U20, condition demandée pour participer au championnat Magnus. Aussi, depuis deux ans, les deux clubs se sont rencontrés pour monter le projet de l’entente Colmar-Mulhouse. Cette entente concerne les U15, U17 et U20, quand bien même les U20 (Élite) seront « assumés » par les Scorpions Magnus. Elle permettra à Colmar d’offrir un avenir à ses U15. Mulhouse, de son côté, a l’opportunité de développer encore plus son mineur tout en offrant un cadre de compétition plus intéressant pour faire évoluer les classes U17 et U20 puisque Colmar évoluera en D2, le niveau sportif montera d’un cran.
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Ambitions et défis futurs
Qui dit accession, dit augmentation du budget. Christine Le Jeune est prudente à ce sujet. Elle avait clairement annoncé avant le tournoi final d’avril dernier : si besoin, le budget 2018-2019 sera prêt et bouclé pour une D2. Il l’est. Aucun chiffre n’est officiellement annoncé, on sait juste qu’il sera l’un des plus petits de la compétition. L’idée principale est avant tout de stabiliser l’assise du club. Il sera prévu d’intégrer entre 5 et 10 juniors par match, le chiffre est d’ailleurs confirmé par Christer Eriksson. C’est dans cette optique que sont arrivés Thomas Mathieu (de Strasbourg-Magnus), Marek Bais (un ancien de La Roche sur Yon et Châlons-en-Champagne), Michal Macko (meilleur pointeur d’Orléans-D3 la saison passée) et Roman Sumikhin (2e gardien de l’équipe nationale d’Estonie).
Au final, on retiendra surtout une volonté manifeste de développer, le mot a souvent été employé par la dirigeante colmarienne. De son côté, Christer Eriksson met aussi fréquemment en lumière cette entente pour fortifier ses futures pousses vers la Magnus. On ne peut donc que souhaiter que cette alliance fonctionne à plein régime. Les premiers résultats sont d’ailleurs optimistes puisque les Titans ont remporté le mini-tournoi d’Épinal (contre Épinal, Strasbourg2 et Amnéville) et ont battu, à Colmar, la réserve strasbourgeoise, avant de remporter haut la main leur premier match de championnat à Valenciennes (8-1).
Les deux protagonistes affichent sensiblement les mêmes performances à ce moment de la saison. Si celles de la réserve savoyarde sont globalement comparables à l’exercice précédent, on admettra que celles colmariennes sont on ne peut plus décevantes. En effet, l’équipe des Titans, révélation en novembre 2024, a du mal à confirmer en cette automne 2025, en affichant un léger déficit de victoires, comparé aux défaites accumulées contre Compiègne, Besançon et Chambéry justement.
Matchs et moments clés
Les Titans ont eu le mérite de très bien commencer la partie puisque le coast-to-coast d’Aurélien Klessmann débloque rapidement le début des hostilités (1-0 à 1’18”), lesquelles furent ensuite quasiment à sens unique. Les Éléphants, piqués par cet aiguillon, se sont ensuite rués sur la cage de Tristan Thévenot durant dix longues minutes. Le portier alsacien s’est donc employé à bloquer ou repousser les nombreux raids (notamment Bellemin à 3’11’ puis 13’00”) et tirs visiteurs. Les Titans ont courbé l’échine, repoussant du mieux possible tout palet adverse, face à des Alpins très vifs à se projeter en avant. Julien Burgert parvient à desserrer l’étreinte de près (13’44”) avant que Bastien N’Guiamba ne pousse aussi devant Arnouts (14’30”), offrant ainsi une fin de tiers nettement plus à l’avantage des locaux.
Les Titans ont aussi eu le mérite d’aborder le tiers médian avec le couteau entre les dents. Là aussi, leur seconde réalisation, un modèle de déviation culottée (et chanceuse !) du lancer de Paul Fuchs par Jonathan Boehrer, en faction devant le portier adverse, rassure les locaux (2-0 à 23’17”). Attention toutefois à ce lancer de Fabien Marcon qui s’écrase sur le poteau colmarien (25’55”). Le match, équilibré et plutôt rapide, peut basculer d’un côté ou de l’autre. Ainsi, la patinoire a pu vibrer lorsque le duo Burgert-Boehrer voit la jolie déviation du second repoussée par Manoah Arnouts (26’36”). Cette débauche d’énergie ne dure pas et laisse ensuite place à une séquence nettement plus hachée et sans précisions, puisque le match se résume alors à des enchaînements de palets contrés de part et d’autre. Avant que Jo Boehrer, en conclusion d’un échange collectif de sa ligne, ne donne une longueur supplémentaire du revers (3-0 à 30’07”). Les Éléphants, à cet instant, n’abdiquent pas et permettent au duo Poncelet - Yayilkan de concrétiser ce joli pif-paf (3-1 à 32’14”) et de rester au contact de leurs hôtes. Oh, pas bien longtemps puisque sur l’engagement, Jo Boehrer prend tout le monde de vitesse (4-1 à 32’25”). Il était dit que ce tiers serait haletant et il le sera puisque dans la foulée, Enzo Corrado profite d’un mauvais repli alsacien (4-2 à 33’22’), avant que la transversale de Thévenot ne résonne une seconde fois (35’00”). Tout est encore jouable pour chacun des deux adversaires, pas forcément très sereins si on en juge par quelques relances ou placements imprécis.
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À commencer par un début de tiers tendu et musclé, avec une charge virile de Joan Koenig sur Sacha Reboh. En réponse, Marcon tente de refaire justice et envoie les deux pugilistes sur le banc des infamies pour dureté. Le soufflet ne retombe pourtant pas, le match passe d’âpre à musclé, comme sur cette mauvaise charge avec élan de Poncelet sur Noah Bean. Le jeune Savoyard rate grossièrement son coup mais voit le Colmarien se ruer sur lui pour lui expliquer sa propre vision du jeu viril. Il est alors heureux que l’inévitable Jo Boehrer calme les siens en leur redonnant trois longueurs d’avance sur un raid solo (5-2 à 44’28”). Ce match en donne pour son pesant de cacahuètes d’émotions à l’affluence puisqu’en l’espace de 21 secondes, les Éléphants ont presque recollé au score, par le même Yayilkan. Le doute s’installe chez les noir et rouge, les blancs alpins n’en demandent pas tant mais Thévenot use de réussite et de concentration pour déjouer. Le raid victorieux de N’Guiamba (6-4 à 50’33”) a l’avantage de regonfler le moral des troupes, et de permettre à Romain Piazzon, puis Victor Patois dans la foulée, de stresser Arnouts (51’00”), qui craque face à Julien Burgert lorsque l’ancien Strasbourgeois le fixe avant de lancer victorieusement à mi-distance (7-4 à 52’57”).
Partie vive, partie physique, partie fou-fou, partie avec des buts, mais aussi partie crispée où on a repoussé un nombre conséquent de palets avec les moyens du bord. Voilà donc la physionomie de ce match. Avec au bout la victoire globalement méritée des Titans colmariens, bien emmenés par un Boehrer on ne peut plus déterminé, lequel a fini par avoir raison des deux lignes défensives chambériennes à court de fraîcheur en fin de partie. La saison sera néanmoins longue à suivre pour espérer se qualifier pour les play-offs. À l’horizon se profilent notamment pour les Titans trois parties consécutives contre les Graoulys messins. Les Mosellans ont débuté de façon bien plus compétitive que la précédente. Samedi 15 novembre 2025 à 20h00. Arbitres : MM.
Le hockey en Alsace : un panorama régional
Comme le prouve les images, le hockey sur glace est présent en Alsace. Aujourd’hui il existe trois clubs qui se situent dans les trois principales villes alsaciennes : Strasbourg, Mulhouse et Colmar.
Strasbourg est la ville pionnière pour le hockey sur glace, les premiers coups de crosses ont lieu dans les années 1960 avec le Club des Sports sur Glace de Strasbourg. L’inauguration de la patinoire du Wacken en 1970 permet aux hockeyeurs strasbourgeois d’avoir une infrastructure adaptée car depuis 1962 ils jouaient sur une petite surface gelée dans l’un des hall du Wacken. Cette année là le CSGS compte 180 licenciés, le hockey s’installe petit à petit dans la capitale du pays des cigognes. En 2000, l’équipe première du CGSG se détache de l’association et devient l’Etoile Noire de Strasbourg. Elle accède à la Première division en 2005. Cette même année, la patinoire de l’Iceberg est inaugurée dans le quartier de Cronenbourg. Le CGSG devient le Club des Sports de Glace Strasbourg Alsace (CGSA) et continuent de former des jeunes joueurs.
Mulhouse est la seconde ville alsacienne à découvrir le hockey sur glace. L’Association des Sports de Glace de Mulhouse (ASGM) pratique ce sport pour la première fois en 1969. Une école pour les jeunes hockeyeurs est créée en 1978 mais il n’y a que 32 licenciés. L’inauguration de la patinoire olympique en 1986 va permettre de faire avancer le hockey dans la capitale haut-rhinoise. Au début des années 1990, l’équipe fanion devient indépendante sous le nom du Hockey Club de Mulhouse puis des Scorpions de Mulhouse, cette équipe accède à la Première Division en 2001 et quatre ans plus tard elle est sacrée champion de France. Après ce titre les hockeyeurs mulhousiens naviguent entre la Première et la Troisième division. L’ASGM devient l’Association pour le développement du Hockey Mulhousien (ADHM) et comme son homologue strasbourgeois, elles forment les jeunes hockeyeurs.
Colmar est la troisième ville alsacienne à disposer d’un club de hockey sur glace et ce depuis 1994. Les Titans de Colmar jouent leurs rencontres à la patinoire de Colmar. Depuis leur création, ils évoluent soit en Seconde division, soit en Troisième division. L’équipe première s’appuie sur de jeunes joueurs prêtés par l’Etoile Noire et les Scorpions, cela montre qu’il existe un soutien entre les trois associations alsaciennes mais cela prouve aussi que le développement du hockey est encore très faible en Alsace avec peu de pratiquants.