Le Football Club Grand Besançon (FCGB) est un club de football amateur situé au nord de Besançon. Fort de ses 500 adhérents, il figure parmi les cinq plus gros clubs du Doubs en termes de licenciés. L'histoire du club est marquée par des ambitions sportives, un engagement communautaire et un investissement significatif dans les infrastructures.
Genèse et Ambitions du Racing Club Franc-Comtois
Au début du XXe siècle, le football émergeait progressivement dans le paysage sportif français. C'est dans ce contexte qu'un groupe d'amis composé d'Étienne Laloué, Grégoire, Martin, Dumas et Gardet prit la décision, le 21 juillet 1904, de créer le Racing Club Franc-Comtois (RCFC) à Besançon. L'objectif était clair : établir à Besançon un centre sportif capable de rivaliser avec les meilleurs clubs français et étrangers.
Le RCFC était initialement un club amateur où de jeunes gens se réunissaient pour pratiquer divers sports athlétiques. Le football fit son apparition en 1905, sous l'impulsion de jeunes passionnés. Le premier match de championnat officiel eut lieu en 1906, au sein du "Championnat de l'Est", lors de la saison 1905-1906. Le RCFC, composé alors de 3 équipes, affronta les Sports Réunis de Montbéliard ainsi que l'Étoile Sportive Comtoise.
La Première Guerre mondiale eut un impact considérable sur le monde entier, et le Racing Club Franc-Comtois n'y échappa pas. Durant cette période, 200 membres du RCFC furent mobilisés. Toutefois, le club bisontin remporta son titre de champion en 1916 et 1917 grâce à de jeunes joueurs ayant pris la relève des aînés envoyés au front. Le 21 décembre 1918, après la signature de l'armistice, le RCFC créa un livre d'or à la mémoire de ses sociétaires tombés au champ d'honneur.
Le 19 septembre 1921 marqua une date historique dans les annales du Racing, puisqu'il disputa son premier match de Coupe de France le long du Doubs face à son voisin, la Bousbotte Association.
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L'Ère des Infrastructures : Un Stade pour Grandir
Pas de grand club sans grand stade. L'idée germa en 1916 dans l'esprit du président M. Guenot, qui envisagea de l'édifier aux Prés de Vaux. Un début d'exécution vit le jour en 1919, avec l'entreprise de surélever d'un ou deux mètres la totalité des six hectares du terrain. Cependant, après quelques mois d'un labeur interminable, les dernières énergies renoncèrent, le danger d'inondation ayant ruiné le projet.
Une autre initiative évoqua l'établissement du stade dans la boucle du Doubs, à Chamars. Mais Chamars étant un terrain militaire, l'armée ne donna pas suite. Les dirigeants du RCFC se chargèrent eux-mêmes de trouver un terrain convenable, route de Gray, et d'assurer les aménagements. L'inauguration eut lieu le 23 octobre 1927.
Les installations de la Gibelotte, conquises sur un terrain rocheux et boueux, offraient le spectacle d'un terrain principal entouré d'une piste de course à pied. La pelouse était entourée d'une main courante et d'un chemin cendré. L'édification d'un stade, cette fois municipal, à l'instar de ce qui se passait dans les grandes villes de France, se posa bientôt. Le conseil municipal, sur proposition de M. Siffert, décida la construction d'un stade vélodrome à la Gibelotte. Trois ans de travaux, mobilisant 200 compagnons, furent nécessaires à la réalisation d'un stade d'une superficie de deux hectares. Il fut inauguré les 8 et 9 juillet 1929 par le ministre de l'Éducation Nationale.
L'Ambition Professionnelle et la Coupe Drago
Sportivement, il fallut attendre 1935 pour voir le Racing revenir sur le devant de la scène en s'attribuant le championnat de DH Bourgogne Franche-Comté. Il remporta ce trophée régulièrement au cours des 10 années suivantes. Viser plus haut que le championnat régional, c'était l'ambition des Racingmen ! Un homme allait modifier profondément le cours de l'histoire du RCFC. Désireux de dépasser le cadre étroit des routiniers matches Racing-Bousbotte Besançon, devenu PSB (1943), le président Joseph Gianoli, dès le mois de mai 1945, se décida à écrire à la Fédération Française de Football pour demander des renseignements sur la formation d'une équipe professionnelle.
Lors d'une réunion tenue sur le sujet à Paris, Louis Gambardella et Gabriel Hannot annoncèrent que le RCFC était admis à prendre part au championnat de France professionnel. Joseph Gianoli devint président de la nouvelle commission professionnelle du club. Le RCFC disputa sa première rencontre pro en déplacement à Mulhouse et l'emporta 4-0 avant un premier succès au vélodrome devant Douai (5-0). La saison suivante, dans un groupe unique à 22 clubs, il disputa un premier derby face au FC Sochaux et s'inclina lourdement 7-0 devant 7.000 spectateurs dépités.
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Les supporters bisontins durent attendre la saison 1950-1951 pour voir leur équipe performer dans cette Division II. Le RCFC, 4e de l'exercice, disputa sans succès les barrages d'accession en Division 1 contre Lens, Sète et Rouen. Pourtant, en 1958-1959, le RCFC rêva de première division jusqu'à l'ultime journée. Besançon reçut Toulon, autre candidat à une place de troisième ou de quatrième, synonyme d'accession puisque quatre équipes étaient promues cette saison-là. Mais devant 9000 spectateurs, le Racing se laissa surprendre par les Varois (2-3) et laissa s'échapper sa chance d'un souffle.
La saison 1961-1962 aurait pu rester dans les annales comme assez quelconque, avec une modeste septième place en championnat et une élimination prématurée au sixième tour de la Coupe de France à Blanzy Montceau (2-1). Paradoxalement, le Racing Club Franc Comtois allait décrocher le premier trophée de son histoire au niveau professionnel, la Coupe Charles Drago. La finale se disputa à Limoges contre le Havre, club doyen de l'hexagone. Les Normands furent heureux d'atteindre la prolongation durant laquelle Bonato (118e), pourtant blessé, marqua le but victorieux. À leur retour à Besançon, les joueurs du Racing reçurent un accueil triomphal.
Turbulences et Renaissance
Après des moments de gloire, le club connut des périodes difficiles. En encaissant un cinglant 11-1 à Cannes, la plus lourde défaite depuis son arrivée dans le monde professionnel, le RCFC chuta encore d'un cran à Angers (11-0). Après vingt-six ans passés dans l'univers professionnel, le RCFC était obsédé mais aussi exaspéré par une accession en Division 1. Jamais il ne fut aussi proche du Graal que pendant la décennie des années 70 durant laquelle de nombreux joueurs de D.1 rejoignirent la capitale comtoise.
Le 26 novembre 1981, l'annonce du dépôt de bilan fit l'effet d'une bombe dans la capitale comtoise. Le club fut mis en régime judiciaire par le tribunal de grande instance qui imposa un allégement de la masse salariale. Les jeunes du centre de formation furent lancés dans le grand bain par Daniel Varini. Ils assurèrent le maintien. L'arrêt de mort du RCFC fut prononcé le 24 juin 1986.
En 1946, après la Seconde Guerre Mondiale, le RCFC retrouva la D2 et y passa 41 saisons, un record en France. Ayant terminé une fois deuxième et participé aux barrages d'accession contre le Paris FC, le Racing ne fut jamais relégué malgré quelques moments difficiles.
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Le FC Grand Besançon : Un Nouveau Chapitre
Aujourd'hui, le FC Grand Besançon s'inscrit dans une dynamique de renouveau et d'ambition. Le club bénéficie d'un projet de rénovation majeur de ses infrastructures, avec la création d'un terrain synthétique flambant neuf sur l'ancien complexe sportif d'École-Valentin. Ce projet, d'un montant total avoisinant les 1,2 million d'euros, comprend également une aire de basket en 3x3, un nouveau city stade, un pump track et des agrès de fitness/musculation.
Pour la saison 2022-2023, le FC Grand Besançon évoluera sur ce terrain synthétique neuf. Ce nouvel équipement permettra au club de jouer dans de bonnes conditions toute l'année et sera également utilisé par l'école et d'autres associations.
Le président du FC Grand Besançon, Nicolas Donard, souligne l'importance de ce projet pour le développement du club, notamment auprès des jeunes et des féminines. L'objectif est d'attirer à nouveau plus de joueurs amateurs des communes voisines et de former un grand nombre de jeunes.