L'épopée de l'AS Béziers : Retour sur le Championnat de France de Rugby 1971

Bien avant que des clubs comme le Stade Toulousain, le Stade Français, Toulon ou Clermont n'atteignent les sommets, le rugby français fut dominé par l’AS Béziers des années 70. Le 16 mai 1971, au Parc Lescure de Bordeaux, lors de la finale du championnat de France, un événement marquant allait lancer cette domination.

Le Contexte d'une Finale Mémorable

La finale de 1971 opposait donc l'AS Béziers au RC Toulon. Ce match, disputé dans un contexte de forte rivalité, allait être le théâtre d'événements qui marqueraient à jamais l'histoire du rugby français. L'AS Béziers, invaincue durant toute la saison 70-71, régalait son public par son jeu spectaculaire et son équipe talentueuse.

Le Moment Clé : L'Éclair de Cantoni et la Blessure d'Herrero

À la 75e minute, alors que le score est de 9-9, Jack Cantoni, un arrière vif et technique, réalise un slalom exceptionnel dans la défense toulonnaise. Au terme d’une course de cent mètres, où il efface Carreras et Delaigue par d’invraisemblables crochets, Jack Cantoni peut servir René Séguier qui aplatit et égalise 9-9. Victime d’une méchante cravate de Fabien, Cantoni ne voit même pas son coéquipier finir le travail mais Béziers va s’imposer 15-9 après prolongation. Ce moment de génie individuel permet à Béziers d'égaliser et de finalement s'imposer en prolongation (15-9). Cantoni, lui, a déja son surnom : la truite !

Un autre fait marquant de cette finale est la blessure d'André Herrero, capitaine et joueur clé de Toulon. Dès les premières minutes, Herrero est durement touché aux côtes, le privant de son influence habituelle sur le jeu. Cet événement a suscité de nombreuses controverses, certains accusant les Biterrois d'avoir ciblé Herrero dès le début du match.

L'Affaire Herrero : Polémiques et Secrets

La blessure d'André Herrero a alimenté une polémique persistante. Jean-Luc Gonzalès de Midi Olympique a mené une enquête approfondie sur cet incident, révélant les secrets d'une finale controversée. Les rumeurs d'un "contrat" sur Herrero ont persisté, et certains témoignages ont confirmé que les Biterrois avaient ciblé le capitaine toulonnais.

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Richard Astre, capitaine de Béziers à l'époque, a admis que son équipe avait ciblé Herrero pour l'empêcher de déstabiliser leur pack. L'enquête de Gonzalès a mis en lumière les méthodes parfois brutales du rugby de cette époque, où l'intimidation physique était monnaie courante.

La Naissance d'une Dynastie : L'AS Béziers des Années 70

Cette victoire en 1971 marque le début d'une période de domination pour l'AS Béziers. L'équipe, emmenée par des joueurs talentueux comme Jack Cantoni, Richard Astre et un pack d'avants redoutable (Hortoland, Vaquerin, Estève, Saisset…), va remporter dix Boucliers de Brennus entre 1971 et 1984.

Raoul Barrière, l'entraîneur de Béziers, surnommé "le sorcier de Sauclières", joue un rôle clé dans ce succès. Son leadership et sa capacité à motiver ses joueurs font de Béziers une équipe invincible.

L'Héritage de Béziers : Influence sur le XV de France

L'AS Béziers ne se contente pas de dominer le championnat de France. Le club contribue également à l'essor du XV de France. En 1972, sept joueurs de Béziers sont sélectionnés en équipe nationale, égalant le record de Lourdes en 1958.

En 1977, lors du Grand Chelem mémorable du Tournoi des 5 Nations, deux Biterrois, Alain Paco et Michel Palmié, font partie de l'équipe victorieuse. L'influence de Béziers sur le rugby français est indéniable.

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L'Équipe de Bourgoin-Jallieu en 1971

En parallèle de l'ascension de Béziers, une autre équipe, le CSBJ (Club Sportif Bourgoin-Jallieu), connaissait également un moment important de son histoire. En 1971, le CSBJ, sous la direction de Serge Dunet, un ancien champion de France avec Lourdes, réussit à remonter en première division.

Dunet, en tant qu'entraîneur-joueur, apporte un style de jeu complet et ambitieux à l'équipe. Des joueurs comme Betbeder, Glas et Guérindon se distinguent par leur talent et leur engagement. Cette remontée en première division marque une étape importante dans l'histoire du CSBJ.

Les coulisses de l'époque

Les joueurs de cette époque s’entrainaient que 2 fois par semaine et encore…, beaucoup travaillaient pas tous, bien sur ils avaient quelques défraiements. Mais surtout ils s’amusaient, ne se prenait pas au sérieux, avec de sacrés 3 ème mi-temps…. Une bande de copains.

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