L'Olympique de Marseille et la Finale de la Ligue des Champions 1993 : Une Victoire Historique Entachée de Controverses

L'année 1993 restera à jamais gravée dans l'histoire du football français. L'Olympique de Marseille (OM), sous la houlette de Bernard Tapie, a remporté la Ligue des Champions, devenant ainsi le premier club français à réaliser cet exploit. Cependant, cette victoire historique a été assombrie par des allégations de corruption.

La Quête Obsessionnelle de la Coupe aux Grandes Oreilles

Depuis que l'OM a reconquis le titre de champion de France en 1989, Bernard Tapie n'avait qu'une obsession : remporter la Coupe d'Europe, qu'il avait surnommée « la Coupe aux grandes oreilles ». En 1990, l'OM était à deux doigts de la finale, mais le but de Vata pour Benfica a éliminé Marseille en demi-finale retour. L'année suivante, l'OM a atteint la finale à Bari, mais a succombé aux tirs au but contre l'Étoile Rouge de Belgrade après un match nul et vierge.

En tant que champion de France 1992, pour la quatrième fois d'affilée, l'OM visait toujours l'étoile inaccessible au printemps 1993, même si le club avait perdu son capitaine et buteur en chef, Jean-Pierre Papin, parti à l'AC Milan.

Parcours vers la Finale de Munich

La Coupe d'Europe 1992 était la deuxième labellisée Ligue des champions. Après avoir passé en 16es le Glentoran Belfast et en 8es le Dinamo Bucarest, l'OM s'est retrouvé dans un groupe à sa portée avec les Glasgow Rangers, le FC Bruges et le CSKA Moscou. Si les Écossais ont résisté, les Russes et les Belges ont cédé. La porte de la finale à Munich s'est donc ouverte assez facilement devant les Marseillais.

La Finale Épique contre l'AC Milan

En finale, l'OM affrontait l'AC Milan, une équipe redoutable. De la finale de 1991, il ne restait dans les rangs marseillais que Basile Boli, Éric Di Meco, Abdedi Pelé et l'entraîneur Raymond Goethals, rappelé en pompier en cours de saison. Face à eux, les Milanais n'étaient pas des inconnus. Outre Jean-Pierre Papin, les Marseillais s'étaient déjà frottés en 1991 aux Tassotti, Maldini, Baresi, Donadoni, Riijkaard, Gullit, Van Basten qui étaient toujours présents, toujours vaillants.

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Pour préparer au mieux la finale, les Olympiens se sont mis au vert, dans un petit gîte à 70 km de Munich, les jours précédant la rencontre après un dernier match de championnat disputé à Valenciennes et qui fera ensuite beaucoup parler de lui. Une volonté de Bernard Tapie de mettre ses joueurs au calme dans un esprit de détente.

Face aux Milanais, Raymond Goethals a décidé d'aligner son équipe en 5-2-3 pour faire face au classique 4-4-2 de l'équipe italienne. L'attaque comptait sur le duo Völler-Boksic, qui avait fait oublier Papin cette saison, et la défense était renforcée car il craignait la puissance de feu milanaise. Mais Milan s'est privé de trois joueurs au coup d'envoi : Jean-Pierre Papin, laissé sur le banc pour privilégier Massaro, Ruud Gullit qui s'est fâché avec Silvio Berlusconi, le propriétaire du Milan, et Zvonimir Boban, le Croate, victime de la limitation du nombre d'étrangers.

C'est quand même Milan qui a pris le match à son compte et a été tout proche d'ouvrir le score à plusieurs reprises, notamment sur une tête de Massaro, au ras du poteau de Fabien Barthez. À 22 ans, l'ancien gardien de Toulouse, recruté en début de saison, a enchaîné les arrêts déterminants dans une première mi-temps dominée par Milan.

Le But Historique de Basile Boli

En toute fin de première période, Abedi Pelé a obtenu un corner alors qu'il était à la lutte avec Paolo Maldini. Pelé tire ce corner, Rudi Völler saute mais manque le ballon qui tombe sur la tête de Basile Boli qui a pris de vitesse Franco Baresi. Boli, surpuissant devance d’un souffle Franck Riijkard arrivé en renfort pour dévier ce ballon dans les filets milanais : 1-0 !

Souffrant du genou, Boli avait demandé à être remplacé quelques minutes plus tôt, mais ni Raymond Goethals, ni surtout Bernard Tapie depuis les tribunes, n'avaient donné suite à cette demande.

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En seconde mi-temps, l'OM a fait bloc et a résisté aux offensives milanaises. L'entrée de Papin n'a rien changé, Milan n'est pas parvenu à se dépêtrer du marquage des Angloma, Desailly, Boli, Di Meco, Sauzée, Deschamps qui ont fait barrage à tout. Marseille n'a pas lâché prise, a sauté sur tous les ballons jusqu'au coup de sifflet final qui a donné le signal d'une allégresse délirante sur la pelouse de Munich comme dans les rues de Marseille.

"À Jamais les Premiers" : Une Consécration Historique

C'était la première fois qu'un club français remportait une Coupe d'Europe, et c'était la plus prestigieuse, à la conquête de laquelle Reims en 1956 et 1959, Saint-Étienne en 1976 et Marseille en 1991 avaient échoué. L'OM 93 a donc réussi : à jamais les premiers !

"Nous nous sentions investis d'une mission", racontera plus tard Franck Sauzée, en partance pour l'Atalanta Bergame. Basile Boli, dont les larmes de détresse à Bari deux ans plus tôt avait ému le public, raconte son but à l'infini : "Elle n'est peut-être pas très belle ma tête, mais je l'ai dosée pour quelle dépose le ballon là-bas, au deuxième poteau. Je ne l'ai pas vu partir, mais je me suis : j'espère qu'elle va rester dans l'Histoire". Bernard Tapie, lui, pleure de joie. "Ce sport peut être aléatoire sur une saison, mais sur cinq ans, on peut gommer toutes les incertitudes. Il suffit de le vouloir très fort et d'y mettre les moyens, de prendre les meilleurs joueurs, de les mettre dans les meilleures conditions et c'est le Bingo. Pas besoin d'être intelligent !" Éric Di Meco, le plus ancien des Marseillais et qui, comme Basile Boli, a connu Bari, n'en revient pas : "On y croyait, mais j'avoue que je ne pensais pas que cela allait être grand comme ça. Le sentiment de joie exacerbée, c'est surtout quand on est arrivés au Vélodrome le lendemain. Quand on est partis de l'aéroport de Marignane pour rejoindre Marseille, la route était noire de monde. C'était fou.

L'Affaire VA-OM et ses Conséquences

Mais l'année 1993 ne sera pas que source de joie. Cette saison-là, l'OM remportera le championnat pour la cinquième fois consécutivement mais le titre ne lui sera pas remis à cause de l'affaire de corruption VA-OM. Des joueurs de Valenciennes ont été incités à « lever le pied » avant la rencontre qui se déroulait six jours avant la finale contre Milan par le biais de Jean-Jacques Eydélie, un des onze titulaires de Munich….

L'OM sera empêché de défendre son titre européen la saison suivante, et ne pourra pas disputer la Coupe intercontinentale à Tokyo. Le club sera rétrogradé administrativement en D2 à l'issue de la saison 1993-94, passant pour deux ans de la gloire au purgatoire.

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Soupçons de Corruption et Accusations

Des soupçons ont été jetés sur le plus grand exploit d'un club de football français. Mediapart a révélé qu'une ancienne figure du sport roumain s'apprêtait à accuser, dans son autobiographie, Bernard Tapie de corruption lors de la Ligue des champions de 1993. La seule jamais gagnée par une formation tricolore.

Dans son autobiographie à paraître en Roumanie, Cornel Dinu, légende du foot roumain des années 1970 et ancien sélectionneur de l'équipe nationale, affirme avoir lui-même servi d'intermédiaire pour corrompre l'arbitre du match Bruges-OM du 21 avril 1993, qui a permis aux Marseillais d'aller en finale.

Cornel Dinu affirme avoir rencontré le patron marseillais à plusieurs reprises, aurait donc été chargé de faire en sorte que l'homme en noir « s'abstienne de donner un carton jaune » au défenseur Basile Boli. Pour cela, l'arbitre recevrait 20 000 dollars. Cornel Dinu, à qui Tapie aurait fait miroiter un poste d'entraîneur au sein du club phocéen, aurait transmis cette proposition le jour du match à Ion Crăciunescu, qui l'aurait acceptée. Il dit également être lui-même allé chercher l'« enveloppe » quelques semaines plus tard à Marseille, et l'avoir ensuite remise à l'arbitre comme convenu.

Selon ses dires, l'homme au sifflet n'aurait pas été le seul élément corrompu du match. Certains joueurs adverses auraient également été achetés par l'entremise de Raymond Goethals, l'entraîneur belge de l'OM, aujourd'hui décédé.

Contacté par Mediapart, Bernard Tapie a réfuté fermement ces allégations. Il assure n'avoir « aucun souvenir de ce Roumain ».

L'Héritage de l'OM 93 : Entre Gloire et Controverse

Malgré les affaires, le club phocéen, emmené par Deschamps, Boli, Anderson, Völler, Di Meco, Barthez, Stojković et bien d’autres, termine second de première division au terme de la saison 1993-1994 et se hisse jusqu’en quarts de finale de la Coupe de France face à Montpellier. Mais à l’issue de la saison, l’OM, entraîné par Marc Bourrier, est rétrogradé administrativement à cause de l’affaire VA-OM.

L’Olympique de Marseille demeure la seule écurie française à avoir remporté la Coupe d’Europe. Grâce au coup de casque historique de Basile Boli, le club peut se vanter encore aujourd’hui de chanter : « A jamais les premiers »… A l’origine de ce triomphe, une personnalité : Bernard Tapie. Sous l’impulsion de l’homme d’affaires, l’OM devient à cette époque le meilleur club français et l’une des équipes les plus redoutables sur la scène européenne. Pourtant, des affaires de corruption viendront ternir l’image de l’OM et lèveront des doutes sur l’ensemble de ses succès.

Bernard Tapie : L'Architecte du Succès

En 1986, Bernard Tapie rachète l’Olympique de Marseille, qui est alors en grande difficulté financière. Sur le plan sportif, le club végète, à cette période, dans le ventre mou du championnat et n’a plus gagné de titre depuis 1976. Avec Tapie, impossible de faire dans la demi-mesure… l’OM doit devenir le plus grand club européen et remporter la Coupe aux grandes oreilles. Pour arriver à ses fins, il engage une flopée de joueurs expérimentés, auxquels s’ajoutent les recrutements de nombreux joueurs Espoirs, qui deviendront au fil des années des stars du ballon rond.

Cinq titres de champion de France, une coupe de France… : l’OM accumule les titres et enchaîne les parcours européens, qui font vibrer la France entière. En mai 1993, le club s’apprête à disputer sa deuxième finale de C1. Cette fois-ci, Bernard Tapie est bien décidé à remporter le trophée.

L'Affaire de Corruption VA-OM

Quelques jours avant cette échéance importante, Marseille, dans sa quête du titre de champion de France, se déplace à Valenciennes. Bernard Tapie, soucieux de préserver ses hommes tout en ramenant les 3 points, tente alors de corrompre trois joueurs du club nordiste. Il leur promet une somme d’argent importante s’ils laissent filer le match.

L'information d'une tentative de corruption commence à courir, mais l'emballement médiatique va néanmoins rapidement retomber. Lors de ce match, Marseille réalise l'exploit de renverser les Italiens et de soulever le plus prestigieux des trophées. Mais la fête va être de courte durée. La Ligue nationale de football, dirigée par Noël Le Graët, mène son enquête sur la tentative de corruption du match VA-OM et transmet le dossier à la justice. A la suite de cette affaire, le Conseil général retire le titre de champion de France 1993 à l’OM. De son côté, l’UEFA exclut Marseille des compétitions européennes de l’exercice 1993-1994. Cette privation de compétition internationale entraîne un énorme manque à gagner dans le budget du club olympien, creusant encore un peu plus les dettes du club phocéen. Celle-ci déclenche la chute de l’OM et le fait tomber de son piédestal. Bernard Tapie quitte le club quelques mois après cette affaire.

L'Impact de Tapie sur le Football Français

Bernard Tapie a tout de même réussi son pari de faire rentrer son club dans la légende du football français. En 1994, l’OM est le deuxième club le plus riche du monde avec un budget de 300 millions de francs. Bernard Tapie instaure ainsi à cette époque une explosion des salaires et contribue, malgré toutes ces histoires de corruption, au développement du football français.

L'Anecdote du Talkie-Walkie

Alors que l'Olympique de Marseille joue ce mardi 13 septembre en Ligue des Champions contre Francfort, on vous explique pourquoi un talkie-walkie a permis à l’OM de la gagner la compétition le 26 mai 1993 et de devenir à jamais le premier club français à gagner la Ligue des Champions. La veille de la finale, le défenseur ne se sent pas en état de jouer, il a trop mal. Bernard Tapie le prend entre quatre yeux et lui dit que si il va le disputer ce match. Qu’il n’a pas mal, il a juste peur de revivre le cauchemar d’une finale perdue, celle deux ans auparavant face à l’Étoile Rouge de Belgrade. Boli est donc présent au coup d’envoi. Non tu sors pas ! Et cela ne s’arrange pas à la 20ème minute quand Boli prend un coup sur son genou. Il grimace. Ses coéquipiers lui disent de serrer les dents. Sauf qu’à la 40ème minute, la douleur est trop forte. Il demande à sortir. Là l’entraineur de l’OM, le Belge, Raymond Goethals lui dit : "Non tu sors pas ! L’autre con, c’est Bernard Tapie, relié en permanence au banc de touche grâce à un talkie-walkie.

Tapie et le PSG

Bernard Tapie souhaite que le PSG gagne la finale de la Ligue des champions dimanche soir (21 heures) face au Bayern Munich, ce qui en ferait la deuxième formation française à réussir cet exploit après l'OM de 1993 (1-0 contre l'AC Milan), deux ans après une défaite aux tirs au but en 1991 contre l'Etoile Rouge de Belgrade (0-0 ap, 3 tab à 5). « Ridicule », « débile »… L'ancien patron du club phocéen ne mâche pas ses mots quand Le Parisien lui demande vendredi s'il comprend les supporters marseillais qui espèrent la défaite du rival parisien au stade de la Luz de Lisbonne. « Déjà, cela n'enlèvera pas notre victoire », attaque Tapie. « Les supporters parisiens méritent de vivre, eux aussi, cette aventure afin qu'ils la transmettent ensuite à leurs enfants », poursuit-il, avant de conclure : « Et moi, j'ai envie que le PSG connaisse le bonheur de l'OM. Au contraire, cela va nous permettre de revivre nos émotions. C’est jour de fête à Marseille.

La Version de Bernard Tapie

Cette finale O.M.-Milan A.C., le 26 mai 1993, tout le monde en rêvait. Jamais un club français n’avait gagné la Coupe d’Europe des champions. La pression était énorme. Du coup, je l’ai joué très cool. Les femmes, les copains, les journalistes, tout le monde était là. Puis j’ai mis Berlusconi en boîte. Une rencontre entre les deux meilleures équipes d’Europe avec à leur tête Silvio Berlusconi et moi, ça ne pouvait pas passer inaperçu. D’autant que, l’année précédente, nous avions été éliminés en demi-finale à cause d’une main imaginaire. Le match avait été suivi par 18 millions de téléspectateurs en France et près de 2 milliards dans le monde. Un record. Cette fois-ci, nous partions favoris, car lors de nos trois précédents duels, nous avions concédé deux matchs nuls et remporté une victoire.

Contrairement à la précédente finale perdue, j’ai décidé de banaliser l’événement. Plutôt que d’enfermer mes joueurs dans un hôtel en Forêt Noire et de les bunkériser pour leur faire prendre conscience de l’enjeu, je fais le contraire. On laisse venir leurs femmes et les journalistes. Tout le monde a accès à l’endroit où nous sommes. Nous mangeons tous ensemble. Certains jouent au baby-foot, d’autres au pingpong. J’ai reçu tous les joueurs les uns après les autres. Les motiver était superflu, j’ai préféré leur dire que ce match n’était pas la fin du monde et que, quoi qu’il arrive, la vie continuait.

La veille au soir, le bourgmestre de Munich a donné une grande réception. En plus de Berlusconi et moi, il y avait le ministre allemand des Sports, les représentants de la Fifa et quelques personnalités. Berlusconi a fait le premier discours. En montant sur l’estrade, il a caressé la coupe qui trônait au milieu de la pièce. Quand mon tour est arrivé, j’ai préféré prendre le précieux trophée dans mes bras et embrasser le couvercle. En commençant mon speech, je me suis donc adressé au président du Milan A.C. : « Tu as fait une grave erreur, Silvio, en caressant la coupe. Tu lui as manqué de respect. Tu as eu un geste obscène, tu n’aurais pas dû lui mettre la main aux fesses. Elle va t’en vouloir ! » Tout le monde a ri et j’ai distingué une vague inquiétude dans le regard de Berlusconi.

Quand le jour du match est arrivé, je n’avais même plus peur. J’y ai cru de la première à la dernière minute. Milan alignait Van Basten, Rijkaard, Baresi, bref une dream team. Nous avons dominé le début de la première mi-temps, puis Milan nous a rattrapés. On a été à un cheveu d’encaisser un but. A huit minutes de la fin de la première période, Basile Boli a été victime d’un choc violent. Se roulant par terre, il a voulu sortir. Raymond Goethals, notre entraîneur, s’apprêtait à le remplacer. J’ai bondi de mon siège. « Tu ne vois pas qu’il en rajoute ! Il ira mieux dans cinq minutes. Laisse-le sur le terrain ! » Mon pressentiment était que, compte tenu de l’enjeu, les joueurs exagéraient inconsciemment leur douleur. Mieux valait jouer à dix et demi jusqu’à la mi-temps, quitte à procéder ensuite à des changements. Goethals s’est exécuté, sceptique.

La deuxième mi-temps a été un rêve. Pour la première fois, une équipe française remportait la Champion’s League. Au coup de sifflet final, mes nerfs ont lâché : j’ai pleuré comme une Madeleine. Pourtant, je ne réalisais pas encore. Un bonheur intense ressemble à une mauvaise nouvelle : il faut un temps d’adaptation.

Préparation Mentale et Cohésion d'Équipe

En rivalisant les yeux dans les yeux avec Sua Emittenza, président d’un AC Milan hégémonique, le Boss affirme au printemps 1993 son aura charismatique alors au zénith. Il est l’OM, il est Marseille, il est Adidas, il est TF1 et il est aussi le futur de la gauche, député des Bouches-du-Rhône et poulain en politique du président Mitterrand en personne ! Bernard Tapie est la France…

Après la main de Vata (1990), les tirs au but de Bari (1991), puis la pantalonnade du Sparta Prague et le drame de Furiani (1992), le mot d’ordre initial très business school de Bernard, formulé en trois R (rêve, rire, risque), a mué alors avec l’expérience en une implicite règle des trois C : cool, calme, concentré.

Regroupés le samedi 22 mai à 17h au Vélodrome, ils sont ensuite montés tous ensemble, Abedi le musulman, Bokšić l’orthodoxe et Völler le protestant, brûler un cierge à Notre-Dame-de-la-Garde. Ils avaient oublié de le faire avant d’aller à Bari en 1991. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’OM a pris ses quartiers à l’hôtel Bachmair dans le paisible et bucolique village de Rottach-Egern, à 60 km au sud de Munich. Recommandée par Rudi Völler, cette auberge quatre étoiles abrite le Bayern, la Mannschaft et Boris Becker, les winners allemands, toutes les fois qu’ils effectuent leurs mises au vert…

Sans prévenir ses joueurs, le Boss a aussi fait venir leurs femmes la veille du clash contre Milan.

Un Renouvellement Constant de l'Effectif

À l’été 1992, l’OM s’est séparé de Papin, Mozer, Waddle et Stevens. Le club a recruté Marcel Desailly (24 ans), Martin Vazquez, Rudi Völler (32 ans), en provenance de l’AS Roma, et Alen Bokšić (22 ans), revenu, lui, de son prêt à l’AS Cannes.

Une stratégie justifiée, selon Di Meco : « Tapie renouvelait tous les ans l’effectif en effectuant entre 20 et 30% de changements, même des monstres, pour qu’on ne s’encroûte pas. Et il ne se trompait pas beaucoup ! »

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