Le volley-ball, sport dynamique et exigeant, sollicite intensément les articulations, notamment les genoux. Les sauts, les réceptions, les déplacements latéraux et les changements de direction rapides mettent les genoux à rude épreuve, rendant les blessures fréquentes. Cet article explore les causes courantes de la douleur au genou chez les volleyeurs et les traitements disponibles.
Le Genou du Volleyeur : Anatomie et Contraintes
Le genou est une articulation complexe unissant le fémur, le tibia et la rotule. Des ligaments (croisés et latéraux) et des tendons (rotulien et quadricipital) assurent sa stabilité et sa mobilité. En volley-ball, cette articulation supporte d’importantes contraintes, ce qui explique la fréquence des blessures ligamentaires, rotuliennes et méniscales.
Causes Fréquentes de Douleur au Genou
Plusieurs facteurs peuvent causer une douleur au genou chez les volleyeurs. Parmi les plus courants, on retrouve :
- Tendinopathie rotulienne (Genou du sauteur) : Il s'agit de la deuxième blessure la plus répandue chez les volleyeurs. Causée par une sursollicitation du tendon rotulien, elle se manifeste par une douleur à l’avant du genou, sous la rotule, qui apparaît progressivement et s'aggrave lors des sauts, des réceptions et des flexions profondes du genou. Elle est également appelée "jumper’s knee".
- Entorses du genou : Les atteintes des ligaments croisés (LCA, LCP) ou latéraux (LLI, LLE) sont courantes, résultant souvent de départs explosifs, de sauts ou de réceptions mal contrôlées.
- Syndrome de la bandelette iliotibiale : Cette blessure due à une utilisation trop intense est causée par des flexions et extensions répétées du genou, provoquant une douleur sur le côté du genou, généralement chez les cyclistes et les coureurs.
- Tendinite de la patte d’oie : Il s’agit d’une inflammation d’un groupe de trois muscles situés à l’intérieur du genou : le muscle semi-tendineux, le muscle gracile et le muscle sartorius.
- Périostite tibiale : Il s’agit d’une inflammation du périoste, la membrane qui recouvre l’os tibial. Cette affection touche principalement la face interne du tibia et survient souvent chez les sportifs, particulièrement chez les coureurs à pied.
- Bursite du genou : Les bourses du genou sont des sacs remplis de liquide et situés près de l’articulation. Elles aident les articulations à glisser en douceur sans frottement. Dans la plupart des cas, la bursite du genou se résout d’elle-même avec peu ou pas de traitement, simplement du repos, de la glace.
- Syndrome fémoro-patellaire : Ce syndrome se caractérise par une douleur diffuse autour de la rotule. Le syndrome est souvent attribué à un désalignement de la rotule par rapport au fémur au cours du mouvement.
- Lésions méniscales : Les ménisques, qui se situent entre le fémur et le tibia, agissent comme des amortisseurs du genou et peuvent être altérés par les contraintes répétées du volley-ball.
- Autres causes : L’ostéoarthrite du genou survient lorsque l’usure décompose le cartilage articulaire. L’arthrite infectieuse survient si des infections bactériennes, virales ou fongiques provenant d’autres parties du corps se propagent à vos genoux, provoquant une douleur. La maladie d’Osgood-Schlatter est liée à une surutilisation qui affecte la plaque de croissance au niveau de la tubérosité tibiale, provoquant une inflammation et une douleur. Les élongations des quadriceps et des ischio-jambiers sont des blessures courantes qui surviennent lorsque les fibres musculaires sont trop étirées ce qui provoque des déchirures. Les fractures de la rotule sont des blessures très graves qui peuvent entraîner une invalidité prolongée.
Tendinopathies de l’appareil extenseur du genou
Les tendinopathies du genou, chez l’adulte sportif, prédominent nettement au niveau de l’appareil extenseur en raison de sa forte sollicitation et des contraintes mécaniques importantes auxquelles il est soumis. L’atteinte rotulienne est la localisation de loin fréquente des tendinites de l’appareil extenseur du genou (90% des cas), contre 10% pour l’atteinte du tendon quadricipital. Elle se situe le plus souvent, au niveau de l’insertion proximale du tendon (entésopathie d’insertion), au niveau de la pointe de la rotule. L’atteinte quadricipitale est beaucoup plus rare que l’atteinte rotulienne, mais les critères diagnostiques, hormis le siège de la douleur, ne diffèrent pas de la tendinite rotulienne.
Diagnostic
Le diagnostic d'une douleur au genou commence par un examen clinique approfondi réalisé par un médecin. Ce dernier posera des questions sur l'historique de la douleur, les activités sportives pratiquées et les éventuels traumatismes. Il effectuera également des tests physiques pour évaluer l'amplitude des mouvements, la stabilité du genou et la présence de douleurs spécifiques. Des examens d'imagerie, tels que des radiographies, une échographie ou une IRM, peuvent être prescrits pour confirmer le diagnostic et exclure d'autres causes de douleur.
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Traitements
Le traitement de la douleur au genou dépend de la cause sous-jacente et de la gravité de la blessure. Plusieurs options thérapeutiques sont disponibles :
- Repos et Glace : Une période de repos est essentielle pour diminuer la douleur et l'inflammation. L'application de glace (en veillant à protéger la peau avec un tissu fin) sur le genou pendant 15 à 20 minutes, plusieurs fois par jour, peut également aider à réduire l'inflammation.
- Médicaments : Bien que les médicaments anti-inflammatoires puissent soulager temporairement la douleur, leur utilisation à long terme est déconseillée car ils n'apportent aucun bénéfice durable pour la guérison d'une tendinite. Des antalgiques peuvent être prescrits pour gérer la douleur.
- Kinésithérapie : La rééducation est un élément clé du traitement. Un kinésithérapeute peut vous aider à retrouver des mobilités articulaires normales et une marche normale, tout en ayant un rôle antalgique. Le programme d'exercices comprendra généralement des étirements, du renforcement musculaire (notamment des quadriceps, des ischio-jambiers et des fessiers) et des exercices de proprioception pour améliorer la stabilité du genou. Auparavant, le programme d'exercices était concentré sur la pratique d'exercices excentriques, à pratiquer quotidiennement.
- Attelles et Semelles Orthopédiques : Les attelles peuvent aider à stabiliser le genou et à réduire la douleur. De plus, les semelles orthopédiques sur mesure peuvent aider à corriger les désalignements et à réduire la pression sur le genou.
- Injections : Les injections intratendineuses sont parfois utilisées pour réduire l’inflammation et favoriser la cicatrisation, mais leurs effets bénéfiques semblent être à court terme.
- Ondes de choc : Le recours aux ondes de choc est complémentaire aux exercices de renforcement musculaire dans le traitement de la tendinopathie rotulienne chronique.
- Genouillères et Taping : Temporairement, la genouillère ou le taping pourront vous aider à poursuivre vos entrainements. La genouillère PHYSIOstrap® Sport* d’EPITACT® prévient et soulage les pathologies rotuliennes comme l’arthrose ou la tendinite rotulienne.
- Chirurgie : Dans les cas de tendinite chronique où les traitements conservateurs ont échoué après au moins 6 mois, la chirurgie peut être envisagée. La ténotomie, qui consiste à retirer la partie lésée du tendon, est une technique couramment utilisée.
- Bottes de pressothérapie : Elles appliquent une compression contrôlée sur les jambes, ce qui favorise la circulation du sang et de la lymphe. Ensuite, les bottes de pressothérapie offrent un massage mécanique qui stimule les muscles et les tissus mous autour du genou. Enfin, en améliorant la circulation du sang et de la lymphe, les bottes de pressothérapie favorisent l’apport de nutriments et d’oxygène aux tissus, ce qui accélère le processus de récupération et de guérison.
Exercices de renforcement musculaire
- Squats : Les squats sont un exercice polyvalent qui renforce les quadriceps, les ischio-jambiers et les fessiers. Pour les réaliser, tenez-vous debout avec les pieds écartés à la largeur des épaules, pliez les genoux et abaissez les hanches comme si vous alliez vous asseoir sur une chaise, en gardant le dos droit. Revenez à la position de départ.
- Fentes avant : Les fentes avant ciblent les quadriceps, les ischio-jambiers et les fessiers. Debout, faites un grand pas en avant avec une jambe, pliez les deux genoux à 90 degrés, puis revenez à la position de départ. Répétez avec l’autre jambe.
- Bridge : Le bridge renforce les fessiers, les ischio-jambiers et les muscles du bas du dos. Allongé sur le dos, les genoux pliés et les pieds à plat sur le sol, soulevez les hanches jusqu’à ce que votre corps forme une ligne droite des épaules aux genoux, maintenez la position pendant quelques secondes, puis abaissez les hanches.
Exercices d'étirement
- Étirements des ischio-jambiers : Les étirements des ischio-jambiers améliorent la flexibilité et réduisent le risque de blessures. Assis sur le sol, une jambe tendue devant vous, penchez-vous en avant en gardant le dos droit et essayez de toucher votre pied ou votre tibia. Maintenez la position pendant 20 à 30 secondes.
- Étirements des quadriceps : Les étirements des quadriceps améliorent la flexibilité et réduisent la tension dans les muscles de la cuisse. Debout, en tenant une chaise ou un mur pour l’équilibre, pliez une jambe en arrière et saisissez votre cheville avec la main du même côté. Tirez doucement votre talon vers vos fesses jusqu’à ce que vous sentiez un étirement dans le quadriceps. Maintenez la position pendant 20 à 30 secondes.
Prévention
La prévention est essentielle pour réduire le risque de blessures au genou chez les volleyeurs. Voici quelques conseils :
- Échauffement et Étirements : Un échauffement adéquat avant chaque entraînement ou match est crucial pour préparer les muscles et les articulations à l'effort. Les étirements, en particulier ceux ciblant les quadriceps et les ischio-jambiers, contribuent à améliorer la flexibilité et à réduire la tension musculaire.
- Technique Appropriée : Apprendre et maîtriser les bonnes techniques de saut, d'atterrissage et de réception est essentiel pour minimiser le stress sur les genoux.
- Renforcement Musculaire : Renforcer les muscles des jambes, en particulier les quadriceps, les ischio-jambiers et les muscles des mollets, aide à stabiliser les genoux et à réduire la pression exercée sur les tendons.
- Équipement Adapté : Porter des chaussures appropriées offrant un bon soutien et une bonne adhérence peut aider à réduire le risque de torsion de la cheville et de blessures au genou. Les genouillères renforcées à l’avant offrent un maintien proprioceptif optimal et peuvent être utilisées en cas de fragilité ponctuelle ou pour une protection plus générale.
- Proprioception : La rééducation de la proprioception sur plateforme instable peut aider à prévenir les entorses de la cheville.
- Hydratation : Une bonne hydratation est essentielle pour maintenir l'élasticité des muscles et des tendons.
- Préparation physique : Une préparation physique adéquate permet de mieux supporter les contraintes imposées par le volley-ball.
- Retour au calme et étirements : Après l'entraînement ou le match, un retour au calme progressif et des étirements aident à prévenir les courbatures et à améliorer la récupération.
Prévention des microtraumatismes de l’épaule (shoulder overuse injury)
- Amélioration de la technique des joueurs et entraînement spécifique pour réduire les contraintes sur l’articulation gléno-humérale.
- Programme annuel de musculation (renforcement de l’épaule, résistance excentrique)
- Kinésithérapie : bilan exhaustif, rééducation poursuivie suffisamment de temps après disparition de la douleur.
- Attendre pour reprendre le sport que le sportif ait pleinement récupéré (étude biomécanique) de façon à éviter les récidives et l’évolution vers une pathologie chronique
- Utilisation d’orthèses ou de straping (n’a pas été scientifiquement étudié)
Prévention du “jumper’s knee”
- A l’entraînement : limiter les sauts
- Kinésithérapie rééducation poursuivie suffisamment de temps après disparition de la douleur
- Attendre pour reprendre le sport que le sportif ait pleinement récupéré de façon à éviter les récidives et l’évolution vers une pathologie chronique.
- Utilisation de genouillères (bien que l’utilité des orthèses n’a pas été scientifiquement étudiée)
Blessures spécifiques liées aux gestes techniques
Service
- Le service dit « smashé » avec élan et saut est responsable de microtraumatismes de l’épaule (liées à l’armé et le fouetté) et du genou (liées au saut).
- Au niveau de l’épaule dominante, le geste du « smash » avec surtout le fouetté finissant le mouvement peut provoquer une lésion par étirement du nerf sus-scapulaire au passage du col de l’omoplate.
- Au niveau de la jambe d’appel, la répétition des sauts entraîne souvent des tendinopathies quadricipitale ou rotulienne (tableau « jumper’s knee »).
Réception
- L’évolution récente de certaines règles avec surtout l’autorisation de réceptionner à deux mains (geste de la passe) en plus de la réception classique dite « en manchette » occasionne de plus en plus de lésions traumatiques au niveau des doigts (fractures des phalanges, entorses interphalangiennes ou métacarpo-phalangiennes et ruptures des tendons extenseurs de type « Mallet-Finger »).
Passe
- Au niveau du membre supérieur des entorses interphalangiennes distales peuvent survenir occasionnellement.
- Des tendinopathies du coude peuvent survenir dans le cadre de micro-traumatismes répétitifs.
Attaque
- Au niveau de la cheville, les entorses du ligament latéral externe en inversion sont les traumatismes les plus fréquents du Volley-ball tant en loisir qu’en compétition de haut niveau.
- Au niveau de l’avant-pied, ce sont surtout des fractures de la base du 5ème métatarsien, toujours avec un mécanisme de torsion en inversion lors de la réception du saut sur pied adverse.
- Au niveau du genou, la réception du saut d’attaque peut être responsable d’entorses des ligaments latéraux internes ou externes et de rupture du ligament croisé antérieur.
- Au niveau de la main surviennent principalement des fractures des phalanges ou des entorses interphalangiennes lors des attaques contrées en fin de geste.
Contre
- Les accidents d’instabilité de cheville ou de genou lors de la réception du saut du contreur sont encore plus fréquents qu’en attaque.
- Les traumatismes de la main sont également très fréquents et sont liés à un mauvais placement des mains.
Défense
- Les pathologies tendineuses, ligamentaires et osseuses des doigts longs ou du pouce décrites lors du contre se retrouvent dans cette phase.
- Les plongeons en défense avec appui sur la main controlatérale peuvent entraîner des traumatismes en hyper-extension (flexion dorsale) du poignet, responsables de lésions intra-carpiennes (fracture du scaphoïde, entorse scapho-lunaire).
- Des traumatismes de l’épaule peuvent survenir par impact direct ou indirect : il peut s’agir de luxation de l’épaule, de disjonction acromio-claviculaire ou de fracture de clavicule.
- Une impulsion brutale vers l’avant peut provoquer des lésions du triceps sural ou des ruptures du tendon d’Achille.
- A partir des positions de défense au sol, le relevé rapide en flexion-rotation du genou peut entrainer une lésion méniscale (désinsertion ou fissure).
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