Douleur à l'Épaule et Volley-ball : Causes, Traitements et Prévention

L'épaule, articulation la plus mobile du corps humain, est essentielle à l'orientation de la main dans l'espace et intervient dans une multitude de gestes quotidiens. La douleur à l'épaule est une plainte fréquente, particulièrement chez les sportifs pratiquant des activités sollicitant les membres supérieurs, comme le volley-ball. Bien que survenant généralement dans la deuxième moitié de la vie, elle peut également affecter des individus plus jeunes. Cet article explore les causes, les traitements et les mesures de prévention spécifiques à la douleur à l'épaule chez les joueurs de volley-ball.

Comprendre la Douleur à l'Épaule

Une douleur au niveau de l’épaule apparaît rarement de manière isolée. En général, elle s’accompagne d’autres symptômes, qui peuvent même s’étendre au bras. Si vous souffrez de l’épaule, vous savez sans doute que la douleur peut s’accompagner d’autres symptômes, qui ne se limitent pas toujours à l’épaule elle-même.

Causes de la douleur à l'épaule

La douleur à l'épaule peut avoir de nombreuses causes, notamment :

  • Instabilité de l'épaule : Certains sports, comme le volley-ball, favorisent l'apparition d'une instabilité de l'épaule en raison des mouvements de lancer ou d'armé.
  • Traumatismes : Les pathologies de l’épaule sont diverses: luxation, tendinite, rupture de la coiffe des rotateurs, arthrose, calcification etc. Articulation complexe, elle est souvent victime de traumatismes sportifs. Une blessure traumatique subie, par exemple, par un joueur de handball en raison d’un contact direct avec l’adversaire.
  • Inflammation de la coiffe des rotateurs : Cette pathologie est souvent à l’origine des douleurs à l’épaule. Elle peut résulter d’une usure liée à l’âge ou à des mouvements répétitifs dus à un sport ou à une activité professionnelle. Les douleurs apparaissent lorsque les tendons de la coiffe des rotateurs se retrouvent comprimés sous les os de l’épaule, entraînant une inflammation et des douleurs.
  • Arthrose et polyarthrite rhumatoïde : Les conditions telles que l’arthrose ou la polyarthrite rhumatoïde peuvent également être responsables de douleurs à l’épaule.
  • Microtraumatismes répétés : Au niveau de l’épaule dominante, le geste du « smash » avec surtout le fouetté finissant le mouvement peut provoquer une lésion par étirement du nerf sus-scapulaire au passage du col de l’omoplate.

Le Volley-ball et les Risques de Blessures à l'Épaule

Le volley-ball est un sport où le contact avec le ballon est très court et celui avec l’adversaire exceptionnel. Par conséquent le volley-ball (indoor ou beach volley) constitue l’un des sports les moins traumatiques. Les gestes techniques lors des différentes phases de jeu (service, réception, passe, attaque) doivent néanmoins être parfaitement maîtrisés pour éviter les pathologies traumatiques et micro-traumatiques.

Les micro-traumatismes de l’épaule représentent 8 à 20% des traumatismes au volley. Ils entraînent en moyenne 4 semaines et ½ d’interruption des entraînements et de compétitions.

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Facteurs de risque spécifiques au volley-ball

  • Service smashé : Le service dit « smashé » avec élan et saut est responsable de microtraumatismes de l’épaule (liées à l’armé et le fouetté) et du genou (liées au saut).
  • Attaque : Les attaques dites « dans le vide » (passes mal ajustées) peuvent provoquer des ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs (sur des tendinopathies fissuraires pré-existantes) chez les joueurs de compétition, surentraînés ou en fin de carrière.
  • Contre : Les traumatismes de la main sont également très fréquents et sont liés à un mauvais placement des mains. Les fractures et entorses se situent le plus souvent au niveau des articulations interphalangiennes proximales (IPP) des doigts longs.

Examen clinique et diagnostic

Le diagnostic repose sur un examen clinique de l’épaule, complété par un interrogatoire qui permet d’en savoir plus sur les antécédents du patient, le traumatisme et les caractéristiques de la douleur. L’interrogatoire vise à qualifier votre douleur, et connaître vos antécédents. Localiser et caractériser la douleur (est-elle inflammatoire ? mécanique ? Ce premier diagnostic permet déjà d’avoir une idée des lésions pouvant expliquer les douleurs.

Pour une épaule douloureuse chronique, on vous demandera certainement d’effectuer des radiographies ; dans certains cas, une échographie et une IRM peuvent être indiquées. Par la suite, l'IRM devrait être indiquée pour les patients présentant une suspicion de SLAP lesion, une sensibilité élevée ayant été rapportée (90 %). Pour la CdR, l’accent est mis sur la détection de lésion du tendon supra-épineux/infra-épineux et d’un déséquilibre des forces entre les rotateurs externes et les rotateurs internes. De plus, des tests de provocation peuvent être effectués.

Traitements de la Douleur à l'Épaule

Les douleurs de l’épaule sont traitées très efficacement en kinésithérapie. C’est votre médecin qui vous prescrira les séances. Les méthodes employées sont variées. En général, le conflit interne est un phénomène physiologique normal décrivant le contact entre la grosse tubérosité et le rebord glénoïdien postéro-supérieur lorsque l'épaule est en position d'abduction et de rotation externe. Bien que cette caractéristique anatomique empêche une rotation externe excessive, des séquences répétitives d'abduction et de rotation externe combinées, comme celles que l'on rencontre habituellement dans les sports overhead, peuvent entraîner un conflit interne symptomatique. Dans ce cas, la CdR postéro-supérieure côté articulaire et le labrum postéro-supérieur sont coincés entre la grande tubérosité et le rebord glénoïde. Pendant un certain temps, on a soutenu l'idée que l'augmentation de la translation gléno-humérale antérieure dans les positions d'abduction et de rotation externe combinées, en conséquence de la fragilisation progressive de la capsule antérieure, favoriserait un conflit interne symptomatique.

Traitement conservateur

  • Kinésithérapie : Pour réduire la douleur, il s’agit surtout de massages et de techniques de physiothérapie ; ensuite, la mobilisation de l’épaule peut commencer, grâce à des techniques passives puis actives. Les douleurs de l’épaule sont traitées très efficacement en kinésithérapie. C’est votre médecin qui vous prescrira les séances. Les méthodes employées sont variées. Pour réduire la douleur, il s’agit surtout de massages et de techniques de physiothérapie ; ensuite, la mobilisation de l’épaule peut commencer, grâce à des techniques passives puis actives.
  • Infiltrations de corticoïdes : Des infiltrations locales de corticoïdes. L’infiltration consiste à injecter directement un produit dans la zone douloureuse, pour réduire ou supprimer directement l’inflammation locale. En cas de tendinite de l’épaule, ce traitement est réalisé dans l’espace sous-acromial, qui est l’endroit où se trouvent les tendons de la coiffe des rotateurs.
  • Médicaments : Nombreux médecins préconisent l’approche en quatre phase : repos, glace, compression et élévation… éventuellement couplé à des anti-inflammatoires et le tout est un bon traitement initial.

Traitement chirurgical

  • Décompression sous-acromiale : La première intervention est une décompression sous-acromiale, c’est-à-dire une décompression de la zone sous l’acromion, par où passent les tendons de la coiffe des rotateurs. Cette opération est effectuée sous arthroscopie, grâce à une fibre optique qui pénètre dans l’épaule.
  • Arthroplastie de l'épaule : L’autre type d’opération pratiquée en cas d’épaule douloureuse est une arthroplastie de l’épaule, c’est-à-dire le remplacement de tout ou partie de votre épaule par une prothèse.
  • Réparation arthroscopique antéro-inférieure de Bankart ou renfort capsulaire : Chez les patients ayant des antécédents de luxation traumatique de l'épaule (groupe 2), une réparation arthroscopique antéro-inférieure de Bankart ou un renfort capsulaire est fortement indiqué si l'instabilité est la pathologie sous-jacente.

Prévention des Douleurs à l'Épaule au Volley-ball

  • Amélioration de la technique : Amélioration de la technique des joueurs et entraînement spécifique pour réduire les contraintes sur l’articulation gléno-humérale. Les gestes techniques lors des différentes phases de jeu (service, réception, passe, attaque) doivent néanmoins être parfaitement maîtrisés pour éviter les pathologies traumatiques et micro-traumatiques.
  • Préparation physique : Préparation physique, Echauffements et étirements, Retour au calme et étirements, Hydratation.
  • Musculation : Programme annuel de musculation (renforcement de l’épaule, résistance excentrique).
  • Kinésithérapie : bilan exhaustif, rééducation poursuivie suffisamment de temps après disparition de la douleur.
  • Équipement adapté : Chaussures adaptées avec un support de la voute plantaire et de la cheville, Chevillières, strapping des doigts.

Conseils de prévention spécifiques

  • Service : Au niveau de l’épaule dominante, le geste du « smash » avec surtout le fouetté finissant le mouvement peut provoquer une lésion par étirement du nerf sus-scapulaire au passage du col de l’omoplate. Il n’y a aucune pathologie notable associée à ce type de service.
  • Attaque : Les attaques dites « dans le vide » (passes mal ajustées) peuvent provoquer des ruptures des tendons de la coiffe des rotateurs (sur des tendinopathies fissuraires pré-existantes) chez les joueurs de compétition, surentraînés ou en fin de carrière.
  • Contre : Les traumatismes de la main sont également très fréquents et sont liés à un mauvais placement des mains.

Comment prévenir les microtraumatismes de l’épaule (shoulder overuse injury) ?

  • Femmes plus exposées
  • Antécédents de traumatismes de l’épaule
  • Technique employée (plus ou moins traumatisante pour l’articulation gléno-humérale)
  • Poids du ballon (ballon mouillé)

L'Épaule du Lanceur : une Perspective Spécifique

Afin de comprendre l’origine des pathologies de l’épaule du lanceur, il faut se pencher sur le geste et les conséquences de sa répétition. Le sport le plus caractéristique, et qui a grandement aidé dans la compréhension des pathologies, est le pitcher (lanceur au baseball). Le geste du lanceur normal, pour simplifier, consiste à porter l’humérus en Abduction (dans le plan de l’omoplate, et non en arrière du tronc) et rotation externe afin de générer une force de lancer. Pour le pitcher et d’autre lanceur, afin d’augmenter cette force, le bras se déplace de plus en plus, avec l’entrainement, en hyperotation externe.

Adaptation et Pathologies

L’adaptation physiologique de l’épaule permet dans un premier temps une amélioration des performances de celle ci. A l’armé du bras, (en abduction, rotation externe), il existe un contact physiologique entre trochiter (extrémité proximale de l’humérus, zone d’insertion de la coiffe des rotateurs) et la glène postérosupérieure. La répétition de ce contact peut parfois engendrer des lésions du labrum et de la face profonde de la coiffe : c’est le Conflit postérosupérieur (Conflit PS).

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L’épaule du lanceur s’est adaptée : La rétraction progressive de la capsule postéroinférieure déplace le centre de rotation de la tête humérale (en haut et en arrière), la rotation externe augmente (amélioration des performances de lancer), et ce mécanisme retarde le Conflit PS. Le prix à payer est la distension des parties molles en avant notamment du ligament glenohuméral inferieur (et du labrum antérieur/lésion de bankart) pouvant être à l’origine d’une microinstabilité antérieure (cf infra).

Lésions Spécifiques

  • Conflit postérosupérieur (Conflit PS) : Même si le contact entre trochiter et glène est retardé par les mécanismes que nous avons vu, il se fait quand même, d’autant plus que le lanceur va chercher loin en arrière pour gagner de la puissance (le tronc s‘avance, le bras est en arrière du plan de l’omoplate). Les lésions du labrum (en haut et en arrière de la glène) se retrouvent dans le conflit PS, elles sont associées parfois à des lésions de la face profonde du sus épineux ou du sous épineux (lésion en miroir).
  • SLAP Lesions : On appelle SLAP les lésions de la partie supérieure du labrum, au niveau de l’insertion de la longue portion du biceps. L’hyperrotation externe associée au déplacement du centre de rotation vers l’arrière induit des forces de traction sur le pied du biceps, à l’origine des ces lésions.
  • Microinstabilité antérieure : Nous l’avons vu plus haut, l’hyperrotation externe nécessaire au lancer puissant entraine une distension des parties molles en avant, en particuliers sur le ligament glenohuméral inférieur, ligament de la stabilité antérieure.

L'Épaule à Risque

Quelle est l’épaule à risque, celle qui bascule d’une adaptation physiologique au pathologique ? L’épaule à risque peut être analysée sur le geste de l’armé et sur des constatations cliniques. A l’armé du bras, lorsqu’il se retrouve en arrière du plan de l’omoplate, souvent par avancée du tronc, l’articulation se retrouve en dehors d’une zone de sécurité (en particuliers par diminution de l’abduction au lancer), et le risque de conflit postéro supérieur est réel. D’autre part la modification des rotations est le critère à analyser.

Dyskinésie Scapulaire

L’articulation glénohumerale ne peut fonctionner sans la scapula et son articulation scapulothoracique. Elle constitue un point d’ancrage essentiel sur le grill costal, son bon positionnement permet un fonctionnement harmonieux de la glénohumérale. Il est donc logique qu’en cas de pathologie à ce niveau, celle-ci entraine des conséquences sur l’épaule (la glénohumérale et l’espace sous acromial). On appelle dyskinésie une anomalie de fonctionnement des muscles entourant la scapula (omoplate) entrainant un mauvais positionnement de celle-ci, pouvant entrainer des douleurs d’origine variées.

Chez le sportif de lancer, la fatigabilité musculaire par répétition du geste (surmenage) est à l’origine d’un dysfonctionnement de la scapula, entrainant son mauvais positionnement sur le grill costal : c’est la SICK scapula. La scapula est alors trop latérale. L’examen clinique retrouve une proéminence de sa pointe inferieure avec une douleur de l’angle superomédial et de l’apophyse coracoïde. De face, l’épaule est plus basse que l’autre coté. Cette malpositon est le lit du conflit sous acromial classique car l’acromion est trop latéral, il ne s'efface pas suffisamment à l’armé du bras (conflit secondaire).

Atteinte de la Coiffe des Rotateurs

Indépendamment des pathologies propres au lanceur, l’atteinte de la coiffe est logique par surmenage en fonction du geste réalisé. On retrouve toutes les lésions possibles : tendinopathie, lésion partielle ou totale. L’atteinte de la coiffe peut également être la conséquence d’un conflit postérosuperieur (face profonde sus épineux/sous épineux). Le conflit sous acromial secondaire par une Sick scapula explique aussi certaines tendinopathies (mauvaise position de l’acromion).

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Atteintes Neurologiques

L’épaule a un environnement neurologique riche et susceptible d’être atteint. Ces lésions peuvent être des accidents aigus : chute ou contact. De nombreuses lésions sont possibles (plexus brachial). Les plus classiques seront répertoriées dans le chapitre du sport en question. En revanche, l’épaule du lanceur, par surmenage expose à des lésions chroniques plus spécifiques.

Par la répétition du geste, certains nerfs, du fait de leur caractéristique anatomique sont plus exposés :

  • Nerf suprascapulaire : atteinte la plus fréquente. Le trajet du nerf est fait de « chicanes » exposé aux mouvements répétés de traction entrainant une atteinte chronique (Atteinte microtraumatique). La traduction clinique est l’amyotrophie du muscle sus épineux mais surtout sous épineux.

Traitements Spécifiques

Les traitements sont le plus souvent médicaux. Ils concernent dans un premier temps la cause, il est également préventif.

  • Phase 3 : éviter la récidive par le renforcement musculaire : renforcement des rotateurs externes souvent moins forts que les rotateurs internes (4 rotateurs internes contre 2 externes, « le match est déjà perdu d’avance ») : Le bilan isocinétique est utile.
  • Arthroscopie : En cas d’échec du traitement médical : Arthroscopie pour ablation du spicule osseux glénoïdien, débridement de la lésion du labrum situé entre 9h et 11h/midi, et prise en charge de la lésion de la coiffe selon la gravité : du simple avivement à la suture .

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