Le 27 juillet 2024 restera gravé dans les mémoires comme le jour où le rugby à 7 français a atteint le sommet de sa gloire, décrochant l'or olympique au Stade de France. Mais au-delà de la performance sportive, c'est une image qui a marqué les esprits : Antoine Dupont, Paulin Riva, et toute l'équipe, unis, exécutant une chorégraphie entraînante et synchronisée au milieu du terrain. Le rugby venait de se mettre à danser, et cette danse est devenue le symbole de leur victoire.
L'Origine de la Danse : Une Préparation Inattendue
Cette célébration n'était pas improvisée. Elle est le fruit d'un travail de fond initié par Jérôme Daret, le sélectionneur de l'équipe de France de rugby à 7, qui, après la non-qualification pour les JO de Tokyo en 2021, a cherché à intégrer des pratiques inédites dans la préparation de ses joueurs. L'idée était de casser la routine compétitive, de muscler le cerveau autant que le corps, et de créer des bulles d'énergie positives.
C'est ainsi que Laure Bontaz, chorégraphe de formation et artiste de music-hall, est entrée en scène. Visionnaire, Jérôme Daret cherchait à intégrer dans la préparation de ses joueurs des pratiques inédites, issues des neurosciences et des arts. « Il voulait casser la routine compétitive, muscler le cerveau autant que le corps, créer des bulles d’énergie positives, raconte Laure. Quand il m’a proposé d’intervenir, j’ai compris que mon rôle serait de traduire cette idée en mouvement. »
La collaboration entre Daret et Bontaz a donné naissance à des gammes athlétiques en musique, une approche ludique pour redynamiser l'équipe. Ces exercices simples, puis de plus en plus complexes, consistaient à manipuler un ballon en cadence, à intégrer une chanson des JO de 1924 interprétée par Maurice Chevalier, et à synchroniser des gammes athlétiques sur un tempo. Les joueurs devaient même visualiser la chorégraphie avant de dormir, un véritable « devoir à la maison ».
Le Moulin Rouge : Un Lieu d'Inspiration et de Désinhibition
La préparation des rugbymen a pris une tournure inattendue avec des ateliers de danse menés par les danseuses du Moulin Rouge. Ce moment de désinhibition a été profitable aux joueurs, selon Jonathan Laugel, qui avait révélé les bienfaits de l'exercice dans une interview pour Actu Rugby, en amont de ces Jeux Olympiques de Paris 2024. «Ça challenge, ça te met dans une zone d’inconfort, dans l’inconnu. Il faut gérer tes émotions, il faut être bienveillant les uns envers les autres. C’est Laure (Bontaz, ndlr), du Moulin Rouge, qui vient toujours avec nous», qui a guidé les Bleus, a confirmé à l’AFP le champion olympique Jefferson-Lee Joseph.
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Laure Bontaz a d'ailleurs livré une anecdote savoureuse : l'entraînement des joueurs sur la scène du Moulin Rouge. « Ils étaient en smoking, sous les projecteurs, en train de rejouer un match en chorégraphie. Ils ont souffert, mais ils l’ont fait. À Marcoussis, Jéfôme avait rendu ses joueurs autonomes,et ceux-ci ont transmis la chorégraphie de la danse-célébration aux danseuses du Moulin Rouge, qui, en retour, se sont es- sayées au rugby.
La Chorégraphie : Un Outil de Performance
La danse n'était pas seulement un divertissement, mais un véritable outil de performance. Selon Mickael Campo, maître de conférences en psychologie du sport à l'université de Bourgogne et responsable de la préparation mentale à la FFR, la danse est le fruit d'une réflexion sur la psychologie sociale du groupe. Elle permet de renforcer la concentration, la coordination, la synchronisation, et la dissociation du haut et du bas du corps.
Paulin Riva, capitaine de l'équipe, souligne également les bienfaits de la danse : « Danser ensemble générait du plaisir, de la bonne humeur et une énergie positive salvatrice. C'était une alternative à la spirale de la pression et du stress. » La danse a permis aux joueurs de mieux se connaître, de développer une connexion non verbale, et d'optimiser leur bagage technique.
"Miami" de Will Smith : L'Hymne Inattendu de la Victoire
La danse des Bleus a été exécutée sur l'air de "Miami" de Will Smith, un tube sorti en 1998. Ce choix musical n'est pas anodin. Avant d’être les nouveaux rois du dancefloor, Antoine Dupont et ses coéquipiers ont utilisé ce morceau dans le cadre de séance « maîtrise du tempo » pendant leur préparation au centre de Marcoussis. Une façon de travailler la synchronisation, la coordination, les changements de rythme pas si éloignés de ce qu’ils vivent sur le terrain.
À l'origine, l'exercice, mêlant danse et chant - on les a vus interpréter « Rugby Marche » de Maurice Chevalier en se passant un ballon ovale - imaginé par Jérôme Daret, le sélectionneur des Bleus, et la chorégraphe Laure Bontza, n’a d’abord pas fait l’unanimité. Jusqu’à ce que les nouveaux médaillés olympiques y prennent goût. Et en redemandent, emportant depuis samedi dans leur euphorie la chanson de Will Smith qui pourrait devenir un porte-bonheur des JO 2024. Comme « Freed from Desire » de Gala pour les footballeurs tricolores de la Coupe du monde 2022 et, bien sûr, « I Will Survive » de Gloria Gaynor pour les Bleus de 1998.
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Une Célébration Nationale et Internationale
La danse des Bleus a fait le tour du monde, reprise sur les réseaux sociaux, exécutée sous l'Arc de Triomphe et demandée par le public. Elle est devenue un symbole de la victoire, de la cohésion d'équipe, et de l'esprit olympique.
Lors de la célébration des athlètes olympiques et paralympiques sous l’Arc de Triomphe, samedi 14 septembre, les médaillés d’or en rugby à 7, Rayan Rebbadj et Andy Timo, ont chacun entonné un chant, l’un en faveur de l’OM, l’autre pour le PSG. Les athlètes français ont défilé lors d’une parade olympique sur les Champs-Élysées, samedi 14 septembre.
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