L'Afrique du Sud a gravé son nom dans les annales du rugby mondial en triomphant de l'Angleterre (32-12) lors de la finale de la Coupe du monde à Yokohama. Ce sacre propulse les Springboks au rang des nations les plus titrées, rejoignant la Nouvelle-Zélande et l'Australie avec trois couronnes mondiales (1995, 2007, 2019).
Une domination cyclique
Le rugby semble suivre un cycle particulier pour les Springboks, qui conquièrent le titre tous les douze ans. Un intervalle de douze années s'est écoulé entre leur premier triomphe à domicile en 1995 et leur deuxième victoire en France en 2007, déjà face au XV de la Rose (15-6). Le rugby est aussi ce sport qui sacre roi du monde les deux tiers du temps la même équipe (six en neuf éditions). Soit les All Blacks (1987, 2011 et 2015), avec leur jeu de mouvement et de passes, soit les Springboks, dans un style plus direct, frontal et brutal, qui a eu raison des rêves anglais d’un deuxième sacre après celui de 2003.
La force du pack
La victoire de 2019 a été forgée par la puissance traditionnelle des avants sud-africains. Des joueurs massifs comme Etzebeth, De Jager, Vermeulen et Mtawarira ont permis à leur équipe de surmonter les obstacles et de s'imposer au sommet du rugby mondial lors de cette première Coupe du monde disputée en Asie.
Un symbole d'unité nationale
Au-delà de la performance sportive, cette victoire revêt une signification particulière pour l'Afrique du Sud. « Nous avons tellement de problèmes dans notre pays mais une équipe comme celle-ci, qui vient de tellement d’horizons différents, de races différentes.. Nous sommes arrivés tous ensemble avec un seul but et nous voulions l’atteindre. Nous l’avons fait pour l’Afrique du Sud. »
Le rôle clé de Rassie Erasmus
Pour redresser la barre, les dirigeants ont fait appel à Rassie Erasmus, lui confiant les pleins pouvoirs en tant que sélectionneur et directeur du rugby de la fédération. L’ancien troisième ligne maison (36 sél.) a su insuffler une nouvelle dynamique à l’équipe.
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Un parcours atypique
Cet ordre a eu raison des statistiques, puisque l’Afrique du Sud est devenue la première équipe sacrée championne du monde après avoir perdu un match de poules (contre la Nouvelle-Zélande). Il a surtout eu raison des Anglais, qui ont manqué le coche quand leur capitaine Owen Farrell a raté, à la 54e minute, la pénalité qui aurait permis à son équipe de revenir à 15 à 12.
Une finale dominée par la mêlée sud-africaine
La mêlée fermée a été un élément déterminant du triomphe des Springboks. Ils ont gagné cinq pénalités dans ce secteur, un chiffre rarement vu à haut niveau. Les Anglais ont été privés dès la 3e minute de leur pilier droit Kyle Sinckler.
Un match qui divise
Certains ont critiqué le style de jeu sud-africain, le jugeant trop axé sur la puissance. Mais n'oublie-t-on pas que le rugby est avant tout un sport de combat et doit le rester s’il ne veut pas perdre son âme. Evidemment que l'on préfère les belles envolées et le beau jeu, les prises d'intervalles, les crochets fulgurants comme celui de Kolbe, mais renier un tel combat, une telle bataille titanesque, c'est renier le rugby.
Les moments clés de la finale de 2019
- 74': Kolbe inscrit un essai magnifique, scellant la victoire sud-africaine.
- 67': Mapimpi marque un essai, portant le score à 25-12.
Pollard a été un acteur majeur de la rencontre, marquant 22 points.
Les réactions de la presse
La presse anglaise et sud-africaine ont salué la performance des deux équipes lors de la demi-finale de la Coupe du monde 2023, où l'Afrique du Sud a battu l'Angleterre d'un point (16-15). Les Springboks sont « revenus d’entre les morts », s’exclame le site sud-africain News24. « Tant bien que mal », l’Afrique du Sud a douché les espoirs de l’Angleterre (16-15) au terme d’« un bras de fer tout-puissant », samedi 21 octobre, savoure quant à lui le Daily Maverick. Dans un Stade de France arrosé par la pluie, « l’Angleterre a fait tout ce qu’elle pouvait pour gagner le match, et elle a été absolument magnifique » dans son registre, concède News24. The Guardian va même plus loin : « L’Angleterre a joué le match de sa vie », malgré un parcours très brouillon jusque-là, estime le quotidien londonien. Et pourtant, « l’Afrique du Sud a quand même gagné ».
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Les précédents affrontements en Coupe du Monde
- 24 octobre 1999: Afrique du Sud bat Angleterre 44-21 en quart de finale, grâce notamment à un record de cinq drops de Jannie de Beer.
- 18 octobre 2003: L'Angleterre s'impose face à l'Afrique du Sud (6-25) en match de poule, avec une performance notable de Jonny Wilkinson.
- 14 septembre 2007: L'Afrique du Sud écrase l'Angleterre (36-0) en phase de poules, avec un Bryan Habana en grande forme.
- 20 octobre 2007: L'Afrique du Sud remporte la finale de la Coupe du monde face à l'Angleterre (15-6), grâce à un jeu pragmatique et une défense solide.
Les trois sacres de l'Afrique du Sud
- 1995: Afrique du Sud bat Nouvelle-Zélande 15-12 après prolongation. Un moment historique de réconciliation nationale, avec Nelson Mandela.
- 2007: Afrique du Sud bat Angleterre 15-6. Une victoire basée sur la puissance des avants et la précision du buteur Percy Montgomery.
- 2019: Afrique du Sud bat Angleterre 32-12. Un triomphe marqué par la domination physique et les essais de Mapimpi et Kolbe.
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