Capitaine PSG Brésilien: Une Histoire d'Amour et de Gloire

Le Paris Saint-Germain et le Brésil, c'est une longue histoire d'amour. De nombreux joueurs auriverde ont marqué de leur empreinte le club parisien. Dans l’histoire du Paris Saint-Germain, le Brésil a une place à part. En effet, 31 Brésiliens ont porté les couleurs du PSG depuis la création du club. Clairement, l'écurie française des Auriverde, c’est Paris puisque c’est la nation étrangère la plus représentée dans l’histoire du club. Une idylle qui date surtout du début des années 1990, à peine perturbée par le passage de Juninho à Lyon, ce qui en fait la nation étrangère la plus représentée dans l'histoire du club. Un contingent renforcé par Daniel Alves et Neymar en 2017.

Les Pionniers et l'Ère Canal +

Avant Neymar, la première superstar du PSG aurait même pu se nommer Pelé. À l'été 1971, le Roi est convoité. Mais, malgré un aller-retour outre-Atlantique du président Guy Crescent, il dit non à Paris. Quelques mois plus tard, c'est l'un de ses ex-coéquipiers, Joel Camargo, qui ouvre le carnaval. Sans grand succès. Promu en première division en 1971, le PSG tente d’attirer le roi Pelé, sans succès. Sur les conseils de ce dernier, le club enrôle Joel Camargo, légende de Santos, fraîchement sacré champion du monde avec la Seleçao. Deux petits matches avant d’être licencié, le premier brésilien du PSG sombre dans l’oubli.

Pour entrevoir les plus grandes heures des brésiliens à Paris, il faut avancer dans le temps et se retrouver sous l’ère Canal Plus (1991 - 2006) où Michel Denisot développe réellement cette culture des brésiliens au PSG. Une tendance incarnée par des noms gravés dans l’histoire et les coeurs. En première ligne se trouvent le milieu offensif Valdo (1991-1995) et le défenseur central Ricardo (1991-1995) tous deux recrutés en provenance de Benfica et qui deviendront les hommes de base du premier titre de champion de France décroché par le PSG en 1994. La première grande vague de Brésiliens débarque à Paris vingt ans plus tard, après l'arrivée au pouvoir de Canal +. Ils se nomment alors Geraldao, Ricardo, puis Valdo. « Ils étaient à Benfica, qui était une des meilleures équipes européennes, explique Jean-Michel Moutier, le directeur sportif de l'époque. Avec Artur Jorge, on a surtout jugé la qualité des joueurs. Et comme ils ne venaient pas directement du Brésil, il y avait l'avantage d'une adaptation rapide. »

Au début des années 1990, la réglementation impose aux équipes de ne posséder que deux joueurs extracommunautaires. La présence de Brésiliens est encore limitée (Valdo possédait un passeport portugais). Mais le départ rapide de Geraldao va permettre l'arrivée d'un grand nom : Rai. « C'était quand même le capitaine de la Seleção ! En plus d'être le frère de Socrates, s'exclame Jean-Michel Moutier. Après sa venue, on a vite senti le frémissement des gens au Brésil par rapport au PSG. » « Je pense que c'est lui et Ronaldinho, plus tard, qui ont permis de créer ce lien très fort entre le PSG et le Brésil », confirme Isabela Pagliari, journaliste brésilienne pour « Esporte Interativo ».

Ce qui frappe alors le plus les dirigeants parisiens, c'est le tempérament dégagé par ces joueurs. « Ils étaient toujours zen à l'approche des grands événements, ils apportaient de la sérénité à l'équipe, se souvient l'ancien directeur sportif. Et dans le vestiaire, un garçon comme Ricardo était très respecté. »

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Raï: Le Capitaine Emblématique

Et le premier nom qui vient en tête est bien évidemment celui de Raï. Capitaine emblématique, il a remporté le Championnat en 1994 et a inscrit 72 buts en 215 matches. L’émotion du Parc des Princes à son départ témoigne de son importance aux yeux des supporters. Le plus Mythique RaiIl est l'homme de la plus belle période sportive de l'histoire du Paris Saint-Germain pré-QSI. Auréolé d’une victoire en Coupe Intercontinentale avec São Paulo face au Barça et capitaine de l’équipe du Brésil, Raï est la recrue star du PSG pour la saison 1993-1994. Ses débuts à Paris sont flamboyants. Face à Montpellier, le Brésilien signe une ouverture en profondeur d’un coup du foulard qui donne une première occasion au public du Parc de se lever. En seconde période, il inscrit le but de la victoire parisienne (1-0). La suite de sa saison sera plus compliquée, mais Raï deviendra le premier Brésilien à porter le brassard de capitaine du PSG et à s’imposer comme l’un, sinon le meilleur joueur de l’histoire du club jusqu’à son départ plein d’émotions en 1998.

Malgré des débuts contrastés et une adaptation difficile à la vie française, Rai a permis au club rouge et bleu de briller de 1993 à 1998 avec quatre demi-finales européennes de suite, une victoire en Coupe des Coupes (C 2), un titre de champion de France et quatre coupes nationales. Capitaine Rai, champion du monde en 1994 avec la Seleção, était un artiste et un meneur d'hommes. Que le Parc des Princes n'oubliera jamais. Élu meilleur joueur parisien du siècle par les supporteurs, premier capitaine brésilien du PSG, Raï a noué une relation particulière avec le public du Parc des Princes. « Quinze ans après, cela me surprend encore. Et me touche, reconnaît l'ancien international auriverde. Il y a une sorte de vérité qui se dégage. Ils ont vu les efforts que j'ai déployés pour m'adapter et ensuite le plaisir que j'ai eu à être ici ». Aujourd'hui encore, il porte un attachement particulier à Paris et organise sa vie entre le Brésil et la capitale française.

François Hollande a décoré jeudi, à Sao Paulo, l'ancien footballeur du Paris Saint-Germain, Raï Souza Vieira de Oliveira, de la Légion d'honneur. « Rai n'est pas simplement un grand footballeur, il est aussi un homme engagé sur la plus belle cause qui soit, l'éducation des plus fragiles et des plus pauvres », a expliqué le chef d'Etat. A 48 ans, l'ancien capitaine du PSG, toujours très attentif à l'évolution du club francilien, est aujourd'hui à la tête de la fondation Gol de Letra. Cette association caritative, fondée en 1998 avec Leonardo, l'ancien directeur sportif de Paris, met l'accent sur l'éducation des enfants et adolescents de quartiers défavorisés au Brésil. « Je suis très fier que le président François Hollande soit venu me remettre directement cette légion d'honneur. C'est une manière de saluer les valeurs que je prône et qui sont proches des valeurs humanistes et de solidarité que la France incarne à mes yeux », a confié Raï au site officiel du PSG.

M. RAÏ A OUVERT LA VOIE De 1993 à 1998, le meneur de jeu auriverde a évolué sous les couleurs parisiennes, conduisant le club à de nombreux succès : Coupe de la Ligue (1995 et 1998), Coupe de France (1995 et 1998), Championnat (1994) et surtout le seul trophée européen de l'histoire du club : la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe 1996. Le frère de Socrates n'est pas le premier Brésilien à avoir endossé la tunique parisienne mais il a grandement participé à l'essor du club au pays de la Samba. « Avec Raï, Ronaldinho, le PSG a toujours été considéré au Brésil comme un grand club », expliquait Alex, défenseur parisien, au moment de sa signature. La nouvelle dimension du PSG n'a fait que confirmer cette tendance. « Les gamins qui jouent au football au Brésil connaissent le PSG. C'est populaire », confirme Bertrand Delanoë, maire de Paris.

« TRADITION AVEC LE CLUB PARISIEN » « Oui, les liens se renforcent entre la France et moi. J'ai passé cinq saisons ici et depuis que je suis parti en 1998, j'ai toujours gardé des liens avec la France. Cette Légion d'honneur va me pousser à m'investir encore plus pour renforcer ce lien. D'ailleurs, je tiens à remercier le Paris Saint-Germain d'avoir été cette porte d'entrée avec la France ». Sans conteste, Raï a ouvert la voie à de nombreux joueurs brésiliens. Ils sont vingt-sept à avoir porté la tunique du PSG, vingt depuis le passage du mythique numéro 10. Cela tombe bien, les supporteurs parisiens raffolent des joueurs brésiliens. « Le public du Parc a d'ailleurs toujours voulu avoir des Brésiliens dans son équipe. Je suis donc ravi que des Brésiliens perpétuent cette tradition avec le club et les supporteurs », confirme l'ancien meneur de jeu. « Je suis très content qu'il y ait autant de Brésiliens au club, se réjouit Raï. En plus ce sont des joueurs de très haut niveau. Ils aident à conduire le Paris Saint-Germain au rang qu'il mérite, c'est à dire le meilleur niveau européen ». Thiago Silva en est le capitaine, comme son illustre aîné avant lui. « C'est un grand honneur d'être capitaine du PSG », rappelle Raï.

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Ronaldinho: La Magie à l'État Pur

De son côté, Ronaldinho aura également marqué les esprits plus par ses fulgurances que pour les trophées remportés. Intrinsèquement, il restera comme l’un des joueurs les plus de talentueux à avoir foulé la pelouse du Parc, mais n’a laissé entrevoir son talent qu’à de trop rares reprises. Le plus génial RonaldinhoDeux ans seulement. Mais avec quelle intensité ! Encore aujourd'hui, plusieurs fans parisiens, avec un poil de mauvaise foi, pourraient dire que Ronaldinho est le meilleur joueur vu sur la pelouse de la porte d'Auteuil. Le débat est ouvert. En attendant les exploits de Neymar, Ronnie était surtout l'homme des gestes incroyables, de sa célèbre virgule aux passes aveugles en passant par des buts venus d'ailleurs (Guingamp ou Marseille s'en souviennent). Parisien de 2001 à 2003, il est, comme Rai avant lui, devenu champion du monde avec les Auriverde en 2002. Signé dès l’hiver précédent dans un transfert qui a fait l’objet d’un bras de fer avec son club brésilien, le Gremio, Ronaldinho doit patienter jusqu’au 4 août 2001 pour faire ses grands débuts à Paris. Considéré comme le plus grand prodige auriverde de sa génération, il attire les médias et la foule à L’Abbé-Deschamps, mais démarre la rencontre sur le banc. "Ronnie" trépigne d’impatience, le public aussi, et Luis Fernandez finit par le faire entrer à l’heure de jeu à la place d’Aloisio, alors que le PSG mène 1-0. La pépite parisienne n’a que peu d’occasions de s’illustrer, et se fait voler la vedette par l’Auxerrois Djibril Cissé, auteur du but égalisateur d’un retourné acrobatique (1-1). Transféré deux saisons plus tard à Barcelone, après des relations parfois houleuses avec Fernandez, Ronaldinho remportera notamment le Ballon d’or en 2005.

Autres Figures Brésiliennes Marquantes

La période faste du PSG et le changement de réglementation sur les joueurs extracommunautaires ne font qu'accélérer la venue des Brésiliens, qu'ils soient latéraux (Ceara, Paulo César…), milieux (Leonardo, Ronaldinho…) ou attaquants (Adailton, Aloisio…). Même s'il existe autant de flops que de réussites, ces artistes du ballon rond régalent le Parc des Princes depuis près de trente ans. Leur amour de la tour Eiffel et de la vie parisienne est visible.

Valdo Candido de Oliveira Filho est le premier grand Brésilien à conquérir Paris. Arrivé de Benfica à l'été 1991, le milieu offensif va permettre au PSG version Canal + de se faire un nom sur la scène européenne. Son chef-d'oeuvre restera à jamais le quart de finale retour de Coupe de l'UEFA face au Real Madrid en mars 1993 (4-1). Impliqué et présent sur les quatre buts parisiens, Valdo a fait vibrer le Parc des Princes. Ce soir-là et jusqu'en 1995, avant de repartir à Benfica. Révélation de la Coupe du monde au poste d’arrière gauche, Leonardo a débarqué au PSG à l’été 1996 pour y évoluer à son poste de prédilection, milieu offensif. Venu du Japon (Kashima Antlers), il est la recrue majeure du club qui vient de remporter la Coupe des Coupes. Leonardo doit remplacer Youri Djorkaeff, parti à l’Inter, et ne tarde pas à confirmer son talent. Dès son premier match à Strasbourg, il provoque l’admiration de La Meineau par des gestes techniques dont il a le secret, et inscrit le but de la victoire parisienne (0-1). Le Brésilien sera transféré à l’AC Milan dès l’été suivant.

Présenté comme le meilleur défenseur du monde, Thiago Silva a été transféré par l’AC Milan au PSG pour environ 42 millions d’euros. D’abord blessé, le Brésilien a fait ses débuts parisiens lors du coup d’envoi de la Ligue des champions, au Parc des Princes face au Dynamo Kiev (4-1). Il a profité d’un ballon mal dégagé par la défense ukrainienne sur un corner pour inscrire le deuxième but de son équipe et réalisé un match plein en défense, ne donnant jamais l’impression qu’il venait à peine d’arriver dans l’équipe. Carlo Ancelotti le nommera capitaine quelques semaines plus tard, Thiago Silva devenant ainsi le deuxième Brésilien de l’histoire du PSG à porter le brassard après Raï.

Les Flops et les Difficultés d'Adaptation

Quand Vampeta (« vampire diabolique », en portugais) débarque à Paris début 2001, le PSG n'est pas au mieux sportivement. Avec un seul but - mais quel but - face à Auxerre et sept rencontres disputées en six mois, le milieu brésilien ne donne pas satisfaction. Il faut dire que sa vie nocturne est mouvementée, qu'il n'hésite pas à rentrer de vacances avec deux semaines de retard et qu'il a un jour posé nu à la Une d'un magazine brésilien pour pouvoir payer ses impôts. Arrivé au mercato d'hiver dans un échange avec Stéphane Dalmat, Vampeta, que l'Inter avait payé une fortune six mois plus tôt, déboule plein d'ambition. "On me compare à Cerezo", annonce-t-il fièrement lors de sa première conférence de presse… "Je suis un joueur très technique", ajoute-t-il, avant de conclure: "physiquement, je suis bien, je suis prêt à jouer à Nantes ce week-end". Luis Fernandez, méfiant, le laisse quand même sur le banc. Mais avant la demi-heure de jeu, Didier Domi doit sortir et Vampeta entre en jeu. En manque de rythme, il souffre et le PSG s'incline 1-0 à la Beaujoire. On n'a pas reconnu Cerezo ni le joueur très technique. Vampeta fera souvent le show lors des nuits parisiennes, moins sur le terrain. Il quittera le club au bout de six mois.

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Si nombreux ont été ceux à connaitre la gloire dans la capitale, encore plus nombreux ont été les brésiliens à voir leurs rêves de succès virer au cauchemar. Parmi ces ratés, on retiendra notamment les passages rocambolesques de personnalités comme Adailton, Reinaldo, Vampeta, Andre Luiz Moreira ou encore les fameuses doublettes Alex-Aloisio ou Everton-Souza. Autant de preuves qui sonnent comme un rappel que l’habit ne fait pas le moine. Le PSG est un club particulier, et y débarquer en tant que brésilien confère une statut et une pression qui l’est encore plus.

L'Ère QSI et la Continuité de la Tradition Brésilienne

Si l’arrivée de QSI au PSG a marqué une rupture dans l’histoire du club, elle a aussi perpétué la tradition avec de nombreux auriverde débarqués au Parc des Princes depuis 2011. De Thiago Silva à Daniel Alves, en passant par Maxwell, Alex, Lucas, Marquinhos ou encore David Luiz, tous ont plus ou moins activement participé à la croissance d’un club devenu aujourd’hui capable d’attirer les meilleurs joueurs du monde. L’un d’entre eux se nomme Neymar et s’apprête à venir prendre la succession de ses ainés, avec l’espoir de faire aussi bien sinon mieux. En débarquant dans la ville lumière, Neymar devient le 31ème brésilien de l’histoire à porter les couleurs du PSG… Avant lui, tous n’ont pas connu les mêmes destinées en rouge et bleu. « Etre étranger à Paris, une vie, une aventure… ». En près de 50 ans d’histoire, le club parisien a entretenu une relation toute particulière avec les joueurs auriverde. Une coutume portée depuis des décennies par de grandes épopées mais aussi des flops retentissants. Neymar s’inscrit dans cette lignée avec pour singularité d’être déjà considéré comme l’un des meilleurs joueurs du monde avant même d’enfiler la tunique rouge et bleue.

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