Un pacte avec le diable : Exploration de l'horreur au cinéma et son écho chez Vald

L'horreur, genre fascinant, captive l'être humain par la crainte, la croyance ou la volonté de dépasser ses limites. Ce genre s'est épanoui grâce à la littérature et au cinéma. Vald, rappeur aux multiples facettes, parsème ses textes de références au cinéma d'horreur, les utilisant pour exprimer sa rage intérieure. Cet article explore l'univers de l'horreur à travers le prisme de Vald, en retraçant l'évolution du genre et en mettant en lumière son influence sur l'œuvre de l'artiste.

Vald : Un rappeur casanier fasciné par l'horreur

Vald, originaire d'Aulnay-sous-Bois, est connu pour son style unique et décalé, parfois absurde, qui a séduit le public et la critique. Ses projets, tels que Bonjour, Désaccordé ou Journal Perso II, témoignent de son éclectisme. Dans une interview, Vald se décrivait comme un « mec de la chambre », un casanier. Cette inclination l'a conduit à explorer divers domaines, notamment les documentaires complotistes, les jeux vidéo et, particulièrement, les films d'horreur.

Les racines de l'horreur : De l'Antiquité au roman gothique

Les premières traces de l'horreur remontent à l'Antiquité, liées à la mort et aux religions, avec des représentations du diable et des démons. L'équivalent des vampires existait déjà dans l'ancienne civilisation de Sumer. L'horreur, telle que nous la connaissons, s'enracine dans les contes, d'abord des récits oraux commençant par « Il était une fois ». Le roman gothique a ensuite contribué à son développement, avec des décors obscurs comme des châteaux abandonnés et des personnages en détresse.

Deux romans majeurs ont marqué l'horreur littéraire : Frankenstein de Mary Shelley (1818) et Dracula de Bram Stoker (1897). Frankenstein raconte l'histoire d'un savant qui crée un être vivant à partir de chairs mortes, mais le rejette, ce qui conduit la créature à se venger. Dracula relate le voyage d'un notaire en Transylvanie, où il est piégé par le comte Dracula et exposé à des phénomènes étranges. Ces deux personnages sont devenus iconiques et ont profondément influencé le genre. L'univers des vampires a inspiré Vald, qui utilise l'image de la vampirisation dans ses textes : « Ces enculés d’Dracula attendent juste une accolade ».

L'essor du cinéma d'horreur : Des courts métrages aux slashers

Le premier véritable film d'horreur est un court métrage français de 1896, Le Manoir du diable, réalisé par Georges Méliès. Le cinéma d'horreur a ensuite évolué, gagnant en popularité jusqu'aux années 1970 et 1980, considérées comme son âge d'or. Si Psychose d'Hitchcock (1960) est souvent considéré comme un film d'horreur, il s'agit plutôt d'un thriller avec une musique horrifique. En 1963, La maison du diable sort, mais c'est dans les années 1970 que les succès s'enchaînent.

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Différents styles d'horreur émergent, notamment les slashers, qui mettent en scène des meurtres de masse commis par des psychopathes masqués. Des films comme Massacre à la tronçonneuse (1974), Halloween : La Nuit des masques (1978) et Vendredi 13 (1980) ont marqué le genre. Certains personnages de ces films sont devenus des figures cultes de la pop culture, et Vald y fait référence dans ses textes.

Les figures de l'horreur dans l'univers de Vald

Vald fait de nombreuses références à des personnages iconiques de films d'horreur, témoignant de son intérêt pour le genre :

  • Freddy Krueger (Les Griffes de la Nuit) : « Devant la saga d’Freddy, l’cerveau en pagaille, j’écris » (Encore), « Traces de griffures sur les avant-bras, j’dors avec Freddy Krueger ou Pocahontas » (Pas de reine).
  • Jason Vorhees (Vendredi 13) : « Tous les jours c’est Halloween. J’suis un joueur de hockey dans ta cuisine » (Freestyle Planète Rap).
  • Jigsaw (Saw).
  • Grippe-sou (Ça) : « En bas, tout l’monde flotte » (Voraces).
  • Les Aliens : « Ça sent l’enfer après la mort (Ay), j’suis en guerre contre moi-même : je suis l’Alien et l’Predator » (Voraces).
  • Hannibal Lecter (Le Silence des agneaux).
  • Ghostface (Scream) : « J’arrive blanc et tordu comme mon costume de Scream » (Jetez pas l’oeil).
  • Michael Myers (Halloween) : « Tous les jours, c’est Halloween, j’suis Myers et j’suis franc-jeu » (Retour), « Bien que t’aies l’immense rêve de l’esquiver en scred. Il a une armée d’apprenties charmantes, c’est pire qu’Halloween. » (Sullyvan), « Michael Myers sur mes posters » (CQFD).

L'histoire d'Halloween est simple : Michael Myers, à 6 ans, poignarde sa sœur. Interné en asile psychiatrique, il s'évade 15 ans plus tard et sème la terreur le soir d'Halloween. Les nombreux films de la saga suivent plus ou moins le même scénario, avec l'impossibilité de tuer Michael Myers, ce qui frise l'absurde.

Évolutions et tendances du cinéma d'horreur : Du found footage aux remakes

Les années 1990 et 2000 sont moins riches en horreur, malgré quelques films cultes comme Le projet Blair Witch, Ring ou Saw, et la montée du cinéma asiatique. Une nouvelle forme d'horreur émerge : l'horreur familiale, avec les films de Tim Burton, notamment L'Étrange Noël de Mr Jack. Les films de Burton s'inscrivent dans la continuité de l'horreur, avec une touche fantastique et d'humour familial.

Les années 2000 marquent également l'internationalisation du found footage, un genre consistant à visionner un enregistrement trouvé avec un scénario connu à l'avance. À partir des années 2010, un renouveau de l'horreur se manifeste avec des films comme Insidious (2010), Conjuring et American Nightmare (2013), Annabelle (2014) ou Ça (2017) : « En bas, tout l’monde flotte » (Voraces). Ça a inspiré le clip de Vald avec Souffrance, Voraces, et indirectement la cover de Ce monde est cruel, bien que ce soit à la base une référence à Apocalypse Now.

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Cependant, cette période est marquée par l'abus de remakes de films des années 1980 et de suites tirées par les cheveux, comme Halloween ou Les griffes de la nuit, ce qui suscite l'intérêt puis la déception du public. L'abus de suites, comme la saga Saw, qui a vu plus de 10 films sortir en vingt ans, est également critiqué. La saga Hellraiser a également été citée par Vald et interprétée dans le clip de Royal Cheese. Dans le cinéma d'horreur, le succès engendre souvent une trilogie, voire plus, avec des scènes vues et revues.

Pourquoi l'horreur nous attire-t-elle ?

Le plaisir que nous éprouvons à nous faire peur est lié à notre personnalité, selon les scientifiques. Les parties du cerveau qui réagissent à la peur et au plaisir sont étroitement liées, ce qui explique pourquoi certaines personnes aiment l'horreur et d'autres la détestent. L'être humain a un plaisir malsain à se faire peur en toute sécurité. Par exemple, les personnages sont placés dans des situations dans lesquelles on se projette et que l'on s'oblige à vivre, alors que l'on ferait l'inverse : « J’entends des voix venir du grenier (Grenier) Mais, nique sa mère, je vais pas voir » (Cafards).

En regardant un film d'horreur, notre anxiété augmente progressivement, stimulant notre perception visuelle et auditive, et augmentant la détection de menaces dans l'environnement. Au-delà du cerveau, notre corps réagit, avec la chair de poule (un instinct primitif) et une augmentation du rythme cardiaque.

L'horreur comme exutoire : La rage intérieure de Vald

L'horreur est née de la présence du Diable et des démons dans les religions. Vald, bien qu'il parle beaucoup de cinéma, utilise souvent les notions d'horreur pour exprimer sa rage intérieure, qui a été incarnée par un personnage : Sullyvan, « Depuis ma rocking chair, Sullyvan croque-mitaine » (Rocking Chair). Cette rage, qui sort de lui comme un Alien, utilise l'image de la possession pour décrire ce qu'il peut ressentir : « Sur la table de Ouija, ça fait « V.A.L.D. », mes démons m’aident à chanter » (Gris), « J’insulte tout l’monde de fils de pute, j’suis possédé par Belzébuth » (Possédé), « Possédé par des entités qui vibrent très bas ; mes anges, mes démons qui s’embrouillent : j’peux pas suivre le débat » (Réflexions basses).

Nicolas Cage : Un pacte avec le cinéma

Le film Un talent en or massif met en scène Nicolas Cage dans son propre rôle, une star finissante qui espère relancer sa carrière. Le film explore la relation de Cage avec le cinéma, son amour pour le métier d'acteur et les difficultés rencontrées par les stars vieillissantes à Hollywood. Cage aurait longtemps hésité avant d'accepter d'incarner son propre rôle, qui malmène sa modestie.

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