Vulcain Cricket : Une montre d'anniversaire liée à l'histoire de l'alpinisme

L'histoire de Vulcain Cricket est intimement liée aux exploits sportifs, notamment dans le domaine de l'alpinisme. Des sommets andins aux cimes himalayennes, les montres Vulcain ont prouvé leur résistance et leur fiabilité dans des conditions extrêmes. Cet article explore l'histoire de cette montre emblématique, en mettant en lumière son association avec des expéditions alpines marquantes et son héritage horloger.

Vulcain et l'alpinisme : Une histoire de performance

Alors que l’ascension de l’Everest réalisée en 1953 par Edmund Hillary et le sherpa Tensing Norgay avec leur Rolex Explorer est souvent mise en avant, il est important de noter que Vulcain s'est également intéressé à l'alpinisme dans les années 1950. À cette époque, les expéditions en haute montagne étaient nombreuses et périlleuses, réservées à des passionnés intrépides.

Vulcain s’est toujours associé aux exploits sportifs. Outre le Real Madrid dans les années 30, ou les profondeurs sous-marines avec Hannes Keller en 1961, la marque s’est également illustrée dans la conquête des sommets. Du versant nord-est du Salcantay au sommet du Karakorum, les montres Vulcain ont survécu aux conditions les plus extrêmes. En tout, trois expéditions méritent d’être mentionnées.

L'expédition franco-belge au Salcantay (1952)

La première de ces expéditions se déroule dans les Andes, au cœur de la Cordillera Vilcabamba au centre du Pérou. Le 5 août 1952, une expédition franco-belge dirigée par Bernard Pierre et deux équipes américaines ont vaincu par le versant nord-est -le Salcantay- culminant à 6.264 mètres d’altitude, un des derniers grands sommets indomptés des Andes. Le siège a duré plus de trois semaines, entrecoupé de tempêtes de neige. Peu après cet exploit, Vulcain reçut plusieurs témoignages de cette cordée mettant en exergue les qualités intrinsèques de leurs Cricket Vulcain. Celles-ci ont effectivement pris part à l’intégralité de l’ascension, atteignant une altitude supérieure à 6.000 mètres.

L'ascension du K2 (1954)

La seconde expédition eut lieu en 1954. Pour célébrer les quatre-vingt-dix ans du Club alpin italien, une équipe de quatorze alpinistes transalpins s’était jurée de vaincre pour la première fois le K2, sommet himalayen mythique de la chaîne du Karakorum située aux confins de l’Inde, de la Chine et du Pakistan. Sous la direction du professeur de géologie Ardito Desio, 700 coolies transportèrent plus de treize tonnes de matériel jusqu’au camp de base situé à près de 5.000 mètres d’altitude, au pied de cette magnifique pyramide de rocher et de glace. Le 31 juillet 1954, la cordée de Lino Lacedelli et d’Achille Compagnoni atteignait les 8.612 mètres accompagnés de leurs montres Cricket. Walter Bonatti, l'un des plus célèbres alpinistes italiens, faisait également partie de l'expédition.

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Avec ses 8.612 mètres, le K2 est la seconde montagne la plus élevée au monde après l’Everest. Le K2 se trouve au Nord du Pakistan sur la frontière sino-pakistanaise. Cette expédition du Club alpin italien est la première à avoir gravi le K2 par la voie historique de « l’éperon des Abruzzes », nommée ainsi suite à une tentative en 1909 -jusqu’à 6.000 mètres- du Duc des Abruzzes. L’ascension d’un sommet de haute montagne, tel le K2, est une épopée incroyable ! La route de « l’éperon des Abruzzes » est le tracé le plus emprunté. Environ trois-quarts des alpinistes optent pour cette route. Elle débute à 5.300 mètres à la base de la crête, puis elle descend légèrement de quelques kilomètres pour continuer jusqu’aux 8.612 mètres du sommet. La longueur de ce tracé, couplée aux conditions météorologiques extrêmes et aux dangers inhérents à la haute montagne, en font l’une des routes les plus dangereuses et les plus difficiles de la famille des « 8.000 mètres ». Les caractéristiques topologiques majeures de ce tracé offrent différents niveaux de difficultés techniques et de dangerosités. Le « Bottleneck » représente un des difficultés de ce terrain. Ce couloir abrupte de glace et de neige situé à 8.200 mètres sous une falaise de glace est l’un des passages les plus dangereux de cette route, des pans de glace pouvant se décrocher à tout moment, en témoigne la tragédie de 2008 où onze personnes y laissèrent la vie. La route est jalonnée de plusieurs camps à différentes hauteurs. Une fois le sommet atteint, la descente jusqu’au camp 4 est tout autant périlleuse.

L'ascension du Gasherbrum IV (1958)

Quelques années plus tard, en 1958, toujours fascinée par l’Himalaya, une équipe comprenant à nouveau Bonatti et d’autres membres de la première expédition partirent à l’assaut du Gasherbrum IV (7.980 m), sommet du Karakorum réputé inaccessible. Cette fois-ci, Vulcain offrit les Cricket équipant les alpinistes.

Les parutions de l’époque attestent que ces garde-temps servirent « fidèlement leur propriétaires en leur donnant l’heure exacte et en sonnant au moment voulu ». Membre de l’expédition, le photographe Fosco Mariani signale dans une lettre de remerciements à la manufacture Vulcain, que la montre « n'a jamais eu aucune défaillance ».

La Vulcain Cricket : Plus qu'une simple montre

C’est ainsi que petit à petit, les montres de cette petite manufacture suisse remportèrent un succès conséquent auprès de ces alpinistes de l’extrême. La Vulcain Cricket se distingue par sa fonction réveil, dont la sonnerie rappelle le chant du criquet, d'où son nom. Cette particularité, combinée à sa robustesse et sa fiabilité, en fait un instrument précieux pour les alpinistes, leur permettant de se repérer dans le temps et de gérer leurs efforts en haute montagne.

La Cricket est la première montre bracelet réveil qui sonne aussi fort qu’un réveil de grand format. Rappelons que la célèbre Mémovox de Jaeger Lecoultre ne suivra qu’en 1949, soit 2 ans plus tard.Grâce à son double barillet, le calibre d’origine Vulcain Cricket 120 à remontage manuel est capable d’émettre une forte sonnerie de plus de 20 secondes amplifiée par sa caisse de résonance formée d’un double fonds. Le principe d’un poussoir ajouté à la couronne habituelle, permet de commander toutes les fonctions de la montre (remontage des 2 barillets, mise à l’heure, réveil, arrêt sonnerie).

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La Vulcain Anniversary Heart : Un hommage à l'histoire

Hommage à 150 ans d’une histoire riche et passionnante, le modèle Vulcain Anniversary Heart révèle le savoir-faire de haute horlogerie de la manufacture du Locle. Quel plus bel hommage pouvait-on rendre à l’histoire de Vulcain et à son fameux Calibre réveil que de dévoiler discrètement cette subtile mécanique ? Réalisé en édition limitée, le modèle Anniversary Heart, qui vient compléter la collection Vulcain Heart révèle par son cadran semi squelette le Calibre Vulcain Cricket V-18, nouvelle évolution de ce mouvement de légende. Ce calibre réveil à remontage manuel se distingue par son traitement anthracite et ses finitions soignées, signature des pièces de haute horlogerie. Equipé du système Exactomatic assurant une amplitude régulière et une plus grande précision de marche, le Calibre Cricket V-18 recense 157 composants. Ses deux barillets assurent une réserve de marche de 42 heures et une sonnerie de 15 à 20 secondes. Doté d’index biseautés et entouré d’un rehaut, le cadran semi squelette laisse apparaître les rouages et les terminaisons soignées du mouvement anthracite. Proposé en acier ou en or rose 18K, le boîtier de 42 mm de diamètre, cannelé sur le flanc de carrure, est doté d’une glace et d’un fond saphir rehaussé du » V » stylisé de Vulcain en acier ou en or rose. Le modèle Vulcain Anniversary Heart est proposé en éditions limitées tant en or rose 18K qu’en acier. La version en or rose fait l’objet d’une édition limitée de 150 exemplaires, à raison de 50 pièces par couleur de cadran (argenté, noir, anthracite). Disponible également en trois teintes de cadran (argenté, noir, cuivre), le modèle Anniversary Heart en acier est l’objet d’une édition limitée de 450 pièces, à raison de 150 exemplaires par couleur de cadran.

Vulcain : Du passé au présent

La marque Vulcain a fêté en 2008 son 150 ème anniversaire, puisque c’est en 1 858 que Maurice Ditisheim fondait à La-Chaux-de-Fonds son petit atelier de fabrication des goussets. L’un des joyaux en est le gousset présenté par Ditisheim en 1 890 lors de l’Exposition Universelle exemples de Paris, une montre extraordinaire intégrant non moins de quatre complications. Cette montre baptisée « La Vallée de L’Arve” possède un calendrier perpétuel, une répétition minute, ainsi qu’une petite et grande sonnerie pouvant être activées séparément. C’est en 1 894 que Maurice Ditisheim utilise pour la première fois le nom de Vulcain en relation à ses montres. Très tôt déjà on comprit le potentiel de la montre à bracelet et rapidement divers modèles pourvus de calibres « maison » furent produites. Elle gagna vite un large public, ainsi que le surnom « Time Minister » à cause de son statut non-officiel de montre des présidents américains (de Harry S. Truman à Bill Clinton chaque président a reçu une Cricket). Le modèle Exactomatic présenté en 1 947 prouve, s’il était nécessaire, que la précision est au centre des préoccupations de Vulcain. Sa conception assure une amplitude identique du balancier dans toutes les positions. En 1 961, Vulcain présente sa fameuse « Nautical », et c’est aussi l’année où elle perd son indépendance dans la fondation de MSR (Manufactures Swiss Réunies), ensemble avec Revue (Revue Thommen par la suite), Phénix et Buser. MSR décide de commercialiser ses montres exclusivement sous le nom Revue Thommen - à l’exception de la Cricket, distribuée jusque dans les années 1 980 sous la marque Vulcain. Lors de la renaissance de la montre mécanique, la Cricket est rééditée sous la marque Revue Thommenet, Vulcain disparaît pour devenir simplement le fabricant de mouvements pour MSR.

Les années difficiles et la renaissance

En 1961 il faut se rendre à l’évidence : la Manufacture Vulcain n’a plus la taille pour lutter seule face à la concurrence. Elle s’allie donc à 3 marques : Buser, Phenix et Revue au sein du nouveau groupe MSR (Manufacture d’horlogerie Suisse Réunie). En 1980, MSR passera définitivement sous la coupe de Revue Thommen : la famille Straumann (Revue) en acquiert la majorité des actions. Dès 1986, MSR décidera de se concentrer sur une seule marque, abandonnant la marque Vulcain au cadran. La crise horlogère des années 80 aura raison de la marque Vulcain et les machines fabricant les calibres Cricket végéteront jusqu’en 2001, abandonnées dans les locaux de la famille Straumann à Waldenburg.

Fin 2001, sous l’impulsion de son actuel C.E.O Monsieur Bernard R. Fleury, la marque renait de ses cendres au travers de la société PMH Production et Marketing Horloger au Locle, qui acquiert les droits d’exploitation ainsi que les outils de production du calibre réveil Cricket. En mars 2002 la renaissance devient réalité grâce à l’industrialisation du calibre Cricket de l’époque, appelé désormais V10, modélisé sur des outils 3D, fiabilisé et développé avec des partenaires suisses situés autours du Locle et de La Chaux-de-Fonds. L’ensemble des calibres étant assemblés, emboités, contrôlés (les phases T1, T2 et T3 de l’horlogerie) dans l’atelier d’horlogerie situé rue des Tourelles à Le Locle qui assure également le SAV de la marque (y compris sur les modèles vintage d’époque).

Quoique non certifiés COSC, les calibres Vulcain sont contrôlés avant et après emboîtage. Sur place nous avons rencontré une petite équipe de 4 horlogers très polyvalents et entraînés à intervenir sur toutes les phases : montage de calibre, emboîtage, réglage… A la question que l’on a pu lire souvent sur Vulcain : vraie Manufacture ? Je répondrais sans hésitation oui ! Vulcain est une vraie Manufacture de part son calibre Cricket exclusif, et riche d’un véritable passé et d’une tradition horlogère reconnue. Alors certes, Vulcain est certainement une Manufacture que l’on peut qualifier d’horizontale (Zénith ou Jaeger par exemple, étant ‘’verticalisés’’), en ce sens qu’elle ne réalise pas ses ébauches elle-même, l’investissement industriel pour une marque qui commercialise environ 5000 pièces / an serait insupportable. Elle n’en garde pas moins le charme artisanal d’une marque au capital sympathie élevé positionnée sur une niche : la montre réveil ! Peu de marques aujourd’hui peuvent prétendre à proposer un calibre exclusif, complication réveil, à un prix d’entrée d’environ 3.000 euros !

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Le calibre V10 en quelques mots : les 157 composants de ce calibre sont fabriqués en sous-traitance (par des entreprises de l’arc jurassien), dimension d’époque conservée 12’’’, équipé d’un double barillet mouvement et sonnerie, d’une réserve de marche de 42 h et d’une durée de sonnerie de 20 secondes environ. Divers niveaux de finitions, décoration et traitement viennent anoblir le V10 avec les appellations V13 ou V18. Avec le calibre V11, Vulcain ajoute un quantième date (2004) En 2008, la marque célèbre son 150ième anniversaire en lançant le premier calibre Cricket à remontage automatique, le V21 : doté de 257 composants il offre les fonctions heure, minute, seconde, alarme et date à guichet. Le son de sa sonnerie est cristallin et est à comparer à la sonnerie d’une prestigieuse manufacture, elle aussi spécialisée dans la montre réveil. En décembre 2009 enfin, la société PMH SA, rebaptisée depuis lors Manufacture des montres Vulcain, passe sous le contrôle d’Excellence Holding, un groupe suisse propriétaire de la prestigieuse chaîne de magasins Les Ambassadeurs.

La Vulcain Nautical : Une montre de plongée emblématique

En 1961, Vulcain lance sa Cricket Nautical, montre à la fois étanche à 300 m et à la sonnerie clairement audible sous l’eau grâce à son triple fond. Elle dispose également d’une indication claire des paliers de décompression. La lecture sous l’eau est assurée par un nouveau matériau fluorescent de l’époque : le tritium.

Avec l’aide de Guillaume Laidet, Vulcain nous présente pour 2023 une réédition d’une pièce ayant apportée une véritable innovation dans le monde de l’horlogerie qui remonte au début des années 60. Fin 2021, il proposa ses services de consultant au groupe luxembourgeois dans le but de redonner vie à Vulcain. Après 9 mois de travail, entre ses bureaux à Paris et la manufacture Vulcain au Locle (qui ne comptait alors plus qu’un horloger), la marque revivait de ses cendres avec les premières rééditions de Crickets. Quelques mois plus tard, l’équipe engageait son troisième horloger pour pouvoir répondre à la demande en ligne et en magasin qui grimpait de manière exponentielle, comme si une partie du microcosme horloger attendait de pied ferme cette résurrection.

En 2011, Vulcain avait sorti une version anniversaire de la Nautical en édition limitée à 1,961 exemplaires pour fêter son lancement 50 ans auparavant. L’histoire de la Cricket Nautical est liée à l’union de trois esprits brillants et aventureux : Hannes Keller, Max-Yves Brandily et Arthur Droz. Ces trois passionnés de plongée, chacun expert dans son domaine, ont uni leurs forces pour créer quelque chose de véritablement révolutionnaire avec Vulcain en 1961. La montre n’était pas simplement un instrument de mesure du temps, mais un outil vital pour les plongeurs, leur signalant le moment de remonter à la surface avec à son alarme sonore sous-marine, et leur permettant de calculer les temps à attendre aux paliers de décompression à 3, 6, et 9 mètres de profondeur. Le système intégré permettant ces calculs, qui fut gardé pour la version Heritage, utilise deux cadrans superposés, l’un fixe et l’autre rotatif, ajustable via une couronne dédiée à 4 heures. Les plongeurs pouvaient ainsi définir la durée et la profondeur de leur plongée, et la montre permettait de calculer les paliers de décompression nécessaires lors de la remontée à travers une longe et fine fenêtre rectangulaire.

Le 25 décembre 2022, Hannes Keller, le pionnier de la plongée profonde et un des cerveaux derrière la Cricket Nautical originale, nous a quitté, mais son esprit d’aventure et son ingéniosité vivent à travers la nouvelle Vulcain Nautical. Cette nouvelle Vulcain Nautical est un chef-d’œuvre d’ingénierie. Le boîtier en acier inoxydable 316L poli argenté, d’un diamètre de 42,20 mm, est à la fois robuste et élégant, offrant une belle présence au poignet tout en étant suffisamment ergonomique pour une utilisation quotidienne. Oui, c’est une grosse montre, mais le modèle original de 1961 l’était lui aussi, avec son boîtier de 42 millimètres. L’une des caractéristiques les plus notables des montres de chez Vulcain, c’est l’utilisation de calibres vintage dans une montre au look fidèle à l’ancien temps. Le mouvement qui entraîne cette nouvelle Nautical, le calibre à remontage manuel Cricket V-10, est un bon exemple. Il est tout simplement le même que le calibre original, mais produit de nos jours. Point à noter tout de même : Le calibre est produit dans la manufacture Vulcain et est exclusif à la marque.

À 2 h, on découvre un bouton-poussoir qui une fois activé, fait sortir la couronne à 3 h et la place dans la position vous permettant de régler l’alarme. Cette couronne à plusieurs positions. En position 0, lorsqu’elle est complètement enfoncée, elle sert à remonter les deux barillets. La couronne à 4 h, elle, permet d’actionner le cadran rotatif bidirectionnel superposé au cadran fixe. Ce cadran possède une belle flèche bien visible à 12 h et des index de minutes et de 5 minutes. Il peut donc être utilisé comme une lunette rotative classique de montre de plongée, pour chronométrer un événement par exemple, mais ce n’est pas sa seule utilité. Comme on l’expliquait, il permet surtout de calculer les temps de décompression aux paliers de 3, 6 et 9 mètres de profondeur. Vérifiez l’heure, puis décidez d’un temps de plongée et d’une profondeur. Pour l’exemple, disons qu’il est 10h10, et que l’on veut plonger à 30 mètres pendant 50 minutes. On presse donc sur le bouton-poussoir à 2 h pour faire sortir la couronne qui nous permet de placer l’aiguille alarme sur le 12. Dévissez la couronne à 4h et faites tourner le cadran pour que la flèche de 12 h s’aligne avec l’aiguille des minutes. Pour découvrir le temps de décompression nécessaire, on lit les informations sur le cadran rotatif. Sur celui-ci, on découvre 4 cercles blancs, chacun correspondant à une profondeur. En lisant les chiffres inscrits en blanc, on peut lire que le cercle extérieur correspond à 30 mètres, ce qui est la profondeur de notre plongée. L’aiguille d’alarme qui est positionnée à 12 h nous permet de lire sur ce cercle extérieur le temps de décompression nécessaire pour une plongée de 50 minutes. Pour savoir comment diviser ces 25 minutes entre les paliers de 3, 6 et 9 mètres, faites tourner le cadran rotatif pour que l’extérieur de la fenêtre rectangulaire soit sur le 25. Bon, cela reste un peu compliqué de prime abord, on est d’accord, mais une fois que l’on a compris le truc, la montre devient un vrai outil de mesure faisant gagner du temps aux plongeurs et leur permettant de rester sains et saufs. En-tout-cas, c’était le cas en 1961 ! De nos jours, les calculs se font plutôt à l’aide de matériel sophistiqué, d’ordinateurs dédiés, etc. Mais sérieusement, est-ce que ce n’est pas 100 fois plus sympa de pouvoir faire ces calculs avec une montre mécanique ?! Ce pied de nez aux montres connectées et autres outils modernes n’est-il pas ce que l’on recherche dans une montre qui sort de l’ordinaire ? Et surtout, combien de fois va-t-on vraiment plonger à 300 mètres et combien de fois va-t-on calculer nos paliers de décompression ? En-tout-cas, la montre annonce la même étanchéité que le modèle d’origine, à savoir un impressionnant 30 ATM. Elle est donc véritablement prête à vous suivre dans les profondeurs.

Le design est très fidèle à celui de la montre d’origine. On l’a évoqué, le diamètre a augmenté de 0,2 millimètre, mais pour le reste, on pourrait vraiment croire à une belle pièce de plongée de l’époque. Point intéressant et assez rare pour le souligner : la couleur n’est pas la seule chose que vous pouvez choisir pour votre montre ! Pour les trois versions, vous aurez tout d’abord le choix entre un fond de boîte en verre saphir, comme celui qui est monté sur la montre de notre test, ou un fond appelé “Triple Case Back“. Il s’agit là d’une caractéristique emblématique de la Nautical, et ces 3 couches de métal servent de chambre de résonance pour l’alarme sous-marine. Lors de l’événement We Love Watches, j’ai pu comparer le volume de l’alarme de ma version avec fond en verre saphir avec celle d’un membre de l’équipe Vulcain qui était équipée du fond de boîte triple, et la différence était claire. Mais ne vous inquiétez pas, les versions au fond transparent font bien assez de bruit pour vous réveiller. J’en profite pour placer un petit mot à propos de la Nautical édition limitée en collaboration avec Ocarat que j’ai découverte au salon. Mais revenons à notre Nautical classique, parce qu’on n’en a pas fini avec les choix disponibles ! Pour la version classique et la Beige Patina, vous aurez le choix entre un verre saphir superbement bombé comme on le retrouve sur cette montre en test, et un verre en acrylique, bombé de la même manière, réservé à celles et ceux qui veulent se rapprocher au plus près de la version vintage. De base, j’aurais choisi l’option acrylique pour le clin d’œil vintage que je trouve génial, mais ce saphir bombé est tellement impressionnant qu’il a mon vote final.

La nouvelle Vulcain Nautical est un hommage à l’innovation, à l’aventure et à l’esprit indomptable de celles et ceux qui osent plonger dans les profondeurs inexplorées. Avec son mélange de fonctionnalités techniques et de design vintage, elle parle non seulement aux plongeurs, mais aussi aux amateurs d’horlogerie et aux collectionneurs. En fonction des choix de verre, de fond, de bracelet et autres, cette Cricket Nautical Heritage annonce un prix catalogue entre 4,200 et 5,000 euros. Elle parle non seulement aux plongeurs, mais aussi aux amateurs d’horlogerie, et aux collectionneurs. Bon, pour moi, cette Nautical Heritage est une montre très technique, foncièrement attachée au passé, qui ne répond pas aux codes d’aujourd’hui, à part dans son format de 42 millimètres. Elle s’adresse à une niche de connaisseurs en recherche de pièces historiques ultra-poussées, mais surtout ultra-cools. Cette pièce était clairement, dans sa technicité si spécifique, dans son rendu général et dans son mépris des codes de l’époque, en avance sur son temps. La preuve en est que plus de 62 ans plus tard, elle revient encore plus forte que jamais.

La montre des présidents

Mais le grand succès de Vulcain est d’avoir associé sa marque aux plus grands Présidents des Etats-Unis d’Amérique. Dès son lancement, la Vulcain Cricket connaît un succès fulgurant outre Atlantique. Preuve de cette réussite, les plus éminents Présidents ont porté fièrement une Cricket à leurs poignets : Harry Truman, Dwight Eisenhower, Richard Nixon, Lyndon Johnson. Dans le respect de cette ‘’tradition’’ maison, Barak Obama, recevra en mars 2009, sa Cricket Anniversary gravée de la mention ‘’President of United States Nov. 4th 2008, Barak Obama’’. En 1947, la manufacture suisse Vulcain invente la première montre dotée d'un réveil dont la sonnerie ressemble au chant du criquet. Baptisé "Cricket", ce modèle au design années 1950 avec boîtier rond et sobre et cadran argenté alternant index et chiffres rencontre un franc succès outre-Atlantique. En 1952, le modèle est offert par le syndicat des photographes de la Maison Blanche au président Harry Truman. Ce dernier la porte régulièrement, à tel point qu'on finit par la surnommer "The President's Watch". Vulcain décide de l'offrir en 1953 à son successeur, Dwight David Eisenhower, qui "possédait suffisamment de montres pour ouvrir un magasin". Le nouveau président se prend d'affection pour sa Cricket. Il ne sera pas le seul. Dix ans plus tard, Lyndon Johnson en fait l'acquisition lors d'un voyage à Genève. Il déclare alors : "Je l'apprécie beaucoup et je me sens presque nu sans elle." Vulcain force à nouveau le destin et l'offre à Nixon, qui la portera également. L'horloger suisse a réussi à s'imposer sur le marché américain et ne semble plus avoir besoin de l'aide d'un président. Pourtant, la Cricket retourne à la Maison Blanche. Elle a en effet été offerte à Barack Obama pour son anniversaire, en 2008. L'histoire ne dit pas si le très stylé président américain l'a trouvée à son goût.

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