L'Alterna Stade Poitevin Volley-Ball, club fondé en 1900, marque l'histoire du volley-ball français par ses succès, ses figures emblématiques et sa capacité à renaître de ses cendres. Jouant actuellement la septième finale du championnat de France de volley-ball de son histoire, l’Alterna Stade poitevin Volley-Ball marque une nouvelle page de sa grande histoire.
Les Débuts et l'Ascension
Le club omnisports du Stade poitevin décide de créer de nombreuses sections pour développer la pratique sportive dans la ville : rugby, football, cyclisme ou encore escrime. L’histoire d’amour entre le volley-ball et Poitiers débute lorsqu’un Togolais d’une vingtaine d’années, du nom de Frédéric Lawson-Body, foule le parquet poitevin. "C’était le joueur spectaculaire, qui a mis le volley au-devant de la scène", se souvient Cédric Énard, actuel manager du club. "Il a rendu la discipline hyperspectaculaire et qui a attiré le public." Le joueur décède d’une méningite le 14 octobre 1989. Certains dirigeants ont également une place importante dans l’histoire du club, comme Jean-Michel Roche. "Il a été présent en tant que joueur, joueur-entraîneur, puis manager, avant de partir de Poitiers. C’est lui qui a créé, et qui a surfé sur cette vague Frédéric Lawson-Body. Il a su développer le club, de A à Z.
Venant d’une famille de rugby, Cédric Énard découvre à l’âge de 15 ans le volley-ball et en tombe amoureux. "Je n’avais pas assez de jeunes dans ma catégorie d’âge au sein de mon club, il fallait que je trouve autre chose. Mon père m’a emmené à Lawson-Body : je suis tombé sur un match 3-2, victoire de Poitiers dans une salle avec une ambiance de dingue. La condensation tombait du plafond…
L'Ère des Succès : Coupes de France et Championnats
Le 9 mai 1999 est le jour de gloire pour Poitiers. Le Stade poitevin reçoit Paris pour le troisième et dernier match de cette confrontation. À l’issue de cette rencontre, les Pictaviens sont, pour la première fois de leur histoire, champions de France. Des souvenirs "indélébiles" pour l’actuel manager, qui fut joueur au sein de cette équipe championne. "C’est un évènement fondateur pour ma carrière professionnelle. Je suis né à Poitiers, formé au club, je suis un amoureux de ce club : j’étais un spectateur privilégié, car je n’étais pas assez fort pour être sur le terrain. Cédric Énard revient sur cette saison historique de 1998-199 : "On avait fait une saison régulière qui était de très haut vol, avec une seule défaite à Ajaccio. On savait que l’on avait une équipe prête pour les play-offs. Eric Ngapeth - le coach de cette équipe - nous avait fait une petite préparation pour ces play-offs. Mais on arrive au titre à la fin, c’était vraiment extraordinaire." Ce soir du 9 mai 1999 est devenu une soirée d’allégresse, à l’image de la finale de la Coupe du monde 1998. "C’était un super moment, à tout point de vue.
Le Stade poitevin Volley-Ball remporte cette année-là la Coupe de France, le premier trophée du club. Cédric Énard, encore trop jeune pour intégrer l’équipe première, l’a vécu en tant que spectateur. "Je faisais partie du convoi de bus qui est parti à Paris : j’allais m’entraîner de temps en temps avec l’équipe professionnelle, mais je n’en faisais pas encore partie. Mais j’étais bien présent dans les tribunes. Ils sont même allés sur le plateau de Canal + pour fêter ce titre, et ensuite, ils sont rentrés à Poitiers. Après ce titre de champion de France, Poitiers s’installe en première division et fait partir des plus grands clubs de volley-ball de France. Vainqueur de la Coupe de France en 2002, Finaliste du championnat en 2000, 2007 et en 2008, champion de France en 2011… Le palmarès du club s’agrandit.
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Installé dans l’élite à partir de 1992, le Stade Poitevin devient rapidement l’un des phares du volley français, vainqueur de deux Coupes de France (1996, 2002), deux fois champion de France (1999 sous la direction d’Eric Ngapeth, le père d’Earvin, 2011 avec les futurs membres de la TeamYavbou Antonin Rouzier et Nicolas Maréchal), participant à deux Final Four de Coupe de la CEV (2002, 2007) et un de Challenge Cup (2008).«Les murs transpiraient tant il y avait de monde dans la salle Lawson-Body, se remémore Duhagon. J’avais les yeux grand ouverts, aux côté de Jacques Yoko, Laurent Chambertin au début des années 2000, c’était une période incroyable.»
La Période Difficile et la Renaissance
Mais au début de l’année 2012, le club est placé en liquidation judiciaire à la suite d’un dépôt de bilan. Le Stade poitevin volley-ball disparaît pour devenir en juin 2012, le Stade poitevin volley-beach. «Ce fut une déchirure pour beaucoup dans le volley de voir disparaître ce club historique, une vraie place forte de notre sport où régnait une telle ambiance», souligne Vincent Duhagon.
Le club repartira en Nationale 1 (3e niveau français) sous un nouveau nom : Stade poitevin volley beach. Deux ans après la chute, Poitiers reprend son ascension : promotion en Ligue B et vainqueur de la Coupe de France amateur. Le club enchaîne une nouvelle montée en 2015 et retrouve l’élite cette saison. Son joli recrutement (le Néerlandais Nimir, le Cubain Poey, les Serbes Janic et Bjelica…), paie et il est aujourd’hui co-leader de la Ligue A !Duhagon : «C’est une belle histoire humaine, tout le monde a mis les bouchées doubles pour construire une équipe compétitive.
Reparti en Nationale 1 à l’orée de la saison 2012-2013 sous l’appellation Stade poitevin Volley… Beach, le club du centre-ouest a connu quatre accessions successives pour retrouver la Ligue A en septembre 2015. Mais, depuis son retour, le SPVB trouve plus souvent qu’à son tour place en 2e partie de tableau (3 x 8e, 2 x 7e, 1 x 5e).
L'Ère Moderne : Ambition et Identité
Des millions de Français ont vécu cet été 2024 comme une parenthèse enchantée. Celle où l’on crie de joie ou celle où l’on pleure de désillusion pour des sportifs français et françaises dont on niait encore l’existence quelques minutes avant leur épreuve. Devenu la figure emblématique du volley français, Earvin Ngapeth s’engage, à la surprise générale, avec l’Alterna Stade poitevin au début de la saison 2024-2025. "Avec Earvin, on est toujours en contact. Après le deuxième titre [olympique], il était en phase de récupération et n’avait toujours pas signé dans un club. La saison 2024-2025 est la première pour Cédric Énard en tant que manager, une saison déjà historique pour le SPVB. "Si l’on m’avait dit au mois d’août qu’il allait se passer tout cela, c’est évident que j’aurais attrapé le papier et j’aurais signé tout de suite.
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Laurent Chambertin et Laurent Bigot, deux légendes de l'Alterna Stade Poitevin Volley-ball sont venus transmettre un message fort à l'équipe pour la saison 2025-2026. Ce jeudi 2 octobre, le club a ouvert ses portes à la presse pour son "Media Day", un moment de rencontre avec le staff et les joueurs, avec un accent important sur l'histoire du club. Au début de la matinée, toutes les nouvelles têtes ont attendu patiemment de recevoir leur nouvelle tenue pour la saison qui démarre le 21 octobre prochain. À chaque nom appelé par l'une des deux anciennes stars du club, les volleyeurs ont eu le droit à leur applaudissement général, et à un mot d'encouragement. "Le club a une histoire, il ne faut pas vivre dans le passé, mais il faut valoriser cette histoire", sourit Laurent Bigot, joueur le plus capé en pro à Poitiers de 91 à 98. "Nous, on a fait ça. Maintenant, à vous de continuer", poursuit-il. Il veut faire comprendre aux joueurs qu'ils peuvent aller chercher des titres ensemble s'ils savent s'investir dans l'équipe, et surtout s'imprégner de tout ce qui a pu se passer au club dans le passé. "Je pense qu'ici, dans la salle Lawson-Body, ce n'est pas la même chose que jouer dans d'autres salles. Il faut qu'il y ait un partage entre le terrain et les gradins", poursuit-il, rappelant que la connexion avec les supporters peut parfois tout changer. Comme la saison dernière quand Poitiers a renversé Tourcoing, après avoir été mené deux victoires à zéro en quart de finale des play-offs de Marmara Spikeligue."Même si on ne vit plus ici, on se sent toujours chez nous à Poitiers"L'autre star, d'accord avec lui, c'est Laurent Chambertin, ancien passeur, vainqueur des play-offs en 99. Pour lui, les joueurs de l'équipe doivent vivre à fond leur passage dans le Poitou. "L'athlète qui vient aujourd'hui jouer à Poitiers, il ne va pas finir sa vie ici. L'idée du passage, il peut quand même s'ancrer dans ta propre identité et dans l'identité du club", explique Laurent Chambertin, qui croit dur comme fer que l'attachement aux valeurs du club et à ses couleurs peut tout changer dans les matchs majeurs. "Même si on ne vit plus ici, on se sent toujours chez nous à Poitiers", continue le Poitevin de cœur. Finale de play-offs perdue contre Tours, passage quelques mois de la star française, double médaillé olympique Earvin Ngapeth en début de saison, mais aussi du jeune pointu slovène Nik Mujanovic présent lors de la finale avant un transfert à Tours… Le club cherche à recréer du sens dans ces rebondissements inhérents au volley de haut niveau."L'équipe doit assumer et faire vivre son histoire""Pour ça, l'équipe doit assumer et faire vivre son histoire, explique Cédric Enard, le manager général de l'équipe. Ici, dans la salle Lawson-Body, on est en train de travailler à replacer un peu l'histoire, de la rendre visible." L'objectif est de montrer les titres passés, comme les deux victoires en championnat de France en 1999 et 2011, mais pas seulement à en croire Cédric Enard : "C'est important de rappeler aux joueurs qu'il y a des gens qui sont passés avant eux". Un rapport à l'identité du club essentiel pour le manager général. "Je trouve que les saisons deviennent trop isolées parce que les joueurs étant devenus maintenant très professionnels, ils ont leur parcours, et restent moins dans les clubs qu'auparavant, détaille l'amoureux du club de longue date, ancien supporter. Une histoire ça se respecte. On arrive dans l'enchaînement de ce qui s'est fait auparavant. Au-delà du palmarès, il y a beaucoup d'histoires, il s'est passé beaucoup de choses. Il faut qu'on en parle, il faut le garder en mémoire."Sur les vidéos projetées pendant l'événement pour motiver les joueurs, on a pu voir des images de matchs décisifs de l'Alterna SPVB. Sur l'une d'elles, le manager Cédric Enard se trouvait dans l'antre poitevin, banderole à la main avec un message fort "Poitiers : temple du volley", un slogan qui résonne en ce début de saison.
Palmarès
Championnat de France:
- Champion : 1999, 2011
- Finaliste : 2000, 2007, 2008
Coupe de France:
- Vainqueur : 1996, 2002, 2020 (attribuée suite à l'annulation de la finale)
Coupe de France amateur:
- Vainqueur : 2014
Autres compétitions européennes:
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- Participation à deux Final Four de Coupe de la CEV (2002, 2007)
- Participation à un Final Four de Challenge Cup (2008)
Saisons Récentes
- 2021-2022: Poitiers termine la saison 12ème et 1er des Play Down
- 2020-2021: Poitiers termine 8ème de la 1ère saison en LAM et se qualifie pour les Quarts de finale play-offs
- 2019-2020: Poitiers termine 7ème de la 1ère saison en LAM et remporte la coupe de France
- 2018-2019: Poitiers se qualifie pour les quarts de finale de coupe de France et de play-offs et se qualifie pour les demi-finale de Challenge cup
- 2017-2018: Poitiers termine 5ème de ligue A et se qualifie pour les quart de finale de play-offs et demi finale de coupe de France
- 2016-2017: Poitiers termine 8ème de ligue A et se qualifie pour les quarts de finale des play-offs et de coupe de France
- 2015-2016: Poitiers termine 8ème de sa 1ère saison en LAM et se qualifie pour les ¼ finale Plays off.
- 2014-2015: Poitiers termine 1 er de ligue B et accède à la ligue A !
- 2013-2014: Poitiers termine 1er de la poule de play-off, devient champion de France et accède à la ligue B !
- 2013-2014: Poitiers remporte la coupe de France Fédérale !
- 2012-2013: Poitiers termine 4ème de la poule de play-off !
Figures Emblématiques
Outre Frédéric Lawson-Body, Jean-Michel Roche et Cédric Énard, d'autres figures ont marqué l'histoire du club, comme Laurent Chambertin, Laurent Bigot, et plus récemment Earvin Ngapeth.