La diffusion illégale des matchs de Ligue 1 sur Telegram : Un phénomène en pleine expansion

La reprise de la Ligue 1 a été marquée par une polémique grandissante concernant la diffusion illégale des matchs sur la plateforme Telegram. Face aux tarifs jugés prohibitifs du nouvel ayant droit, DAZN, de nombreux supporters se tournent vers des solutions illégales pour suivre leur équipe favorite. Ce phénomène, bien que préoccupant, met en lumière les enjeux économiques et technologiques liés à la diffusion du sport en direct.

Le contexte : Tarifs de DAZN et grogne des supporters

La saison 2024-2025 de Ligue 1 a débuté avec un nouveau diffuseur principal, DAZN, qui propose des abonnements à partir de 29,99 € par mois avec engagement, ou 39,99 € sans engagement. Ces tarifs ont suscité une vive contestation parmi les supporters, qui estiment que le prix est trop élevé pour un championnat ayant perdu des stars comme Kylian Mbappé. Le hashtag #BoycottDAZN a même vu le jour sur les réseaux sociaux, encourageant les fans à se tourner vers des alternatives illégales.

Telegram : Nouvel eldorado du piratage sportif

Telegram, une messagerie cryptée, est devenue une plateforme privilégiée pour le piratage sportif. Sa facilité d'utilisation, son système de protection des données personnelles et son accessibilité gratuite en font un outil attrayant pour les diffuseurs illégaux. Il est techniquement très facile d'y créer des liens pour streamer des événements sportifs en direct. Pour les utilisateurs, il suffit de se connecter et de cliquer pour suivre le match.

Lors du premier match de la saison, opposant Le Havre au PSG, on estime qu'au moins 200 000 personnes ont regardé la rencontre illégalement via Telegram. Avant même le coup d’envoi, certaines chaînes regroupaient déjà plus de 45 000 viewers en direct. En deuxième période, alors que le score était d’un partout entre Havrais et Parisiens, le nombre de téléspectateurs a même atteint les 90 000 sur certaines chaînes.

Les risques pour les utilisateurs

Regarder des matchs de Ligue 1 sur Telegram est une pratique illégale qui expose les utilisateurs à des sanctions. Aurore Bonavia, avocate en propriété intellectuelle, confirme que la diffusion non autorisée de contenus protégés par des droits d’auteur peut entraîner des amendes pour contrefaçon pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros, voire des dommages-intérêts. Les personnes qui visionnent ou diffusent des contenus protégés sans autorisation sont passibles de 3 ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende (article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle). L’ARCOM, le gendarme de l’audiovisuel, a également des pouvoirs de sanctions à l’égard des diffuseurs, mais aussi des utilisateurs qui consomment ces contenus illégaux. Elle dispose d’un système de riposte graduée, hérité d’HADOPI. Si l’utilisateur récidive, un nouvel avertissement est envoyé. En cas de nouvelle récidive, l’affaire peut être transmise aux autorités judiciaires, qui peuvent infliger une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 €.

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La lutte contre le piratage : Mesures et limites

La Ligue de football professionnel (LFP) a renforcé son dispositif de lutte contre le piratage sportif, enclenché en 2022 par l’ARCOM, et qui a permis d’obtenir des injonctions judiciaires ayant conduit au blocage systématique de milliers de sites streaming auprès des fournisseurs d’accès à Internet (FAI). Depuis le 2 août, une décision impose également aux FAI d’empêcher l’accès aux services IPTV diffusant de façon détournée les rencontres de Ligue 1 et de Ligue 2 cette saison.

Cependant, la lutte contre les flux Telegram est particulièrement difficile. La LFP déplore le manque de réactivité de la plateforme dans la suppression des contenus illicites. « Sur Telegram, toutes les diffusions illicites sont notifiées par notre prestataire antipiratage Athletia. Le problème à cet égard est que les délais de réponse de Telegram sont fluctuants (jusqu’à 24 heures) et sont incompatibles avec un retrait en temps utile de contenus diffusés en direct. », confirme la LFP. De plus, les fraudeurs sont habiles pour trouver la parade et échapper aux mesures de censure. Même si ça sautait, on avait prévu deux canaux de secours.

Les solutions envisagées

Plusieurs pistes sont envisagées pour lutter contre la diffusion illégale des matchs sur Telegram. Xavier Spender, secrétaire général de l’APPS (Association pour la protection des programmes sportifs) propose d’investir davantage le terrain judiciaire pour préserver les droits des diffuseurs. « On a des systèmes de blocages, qui ont montré leur efficacité ces deux dernières années avec plus de 3.000 sites bloqués, grâce à l’Arcom. Aujourd’hui, avec l’application du DSA (ndrl le règlement européen sur les services numériques), on doit obliger Telegram à se plier à la réglementation. »

D’autres experts estiment que la solution réside dans les technologies simulant des bots et des comportements humains qui permettent à la fois de détecter puis arrêter les flux depuis le serveur d’origine qui irrigue tout les autres. Hervé Lemaire, patron de LeakID, propose également que Telegram mette en place une équipe de modérateur disponible 24h/24h pour faire sauter les liens dans les 5-10 minutes après nos signalements, et le problème est réglé ou alors ils nous donnent un accès pour faire le travail.

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