Le rugby, sport de contact et de stratégie, est régi par des règles qui peuvent parfois sembler complexes pour les non-initiés. Parmi celles-ci, le bonus offensif occupe une place importante, influençant à la fois le déroulement des matchs et le classement des équipes. Cet article vise à décortiquer le concept de bonus offensif, son application dans différentes compétitions, et son impact sur les résultats et le classement.
Qu'est-ce que le bonus offensif au rugby ?
Au rugby, au-delà de la simple victoire ou défaite, des mécanismes supplémentaires entrent en jeu pour moduler le nombre de points attribués aux équipes. Le bonus offensif est l'un de ces mécanismes. Il s'agit d'un point supplémentaire accordé à une équipe pour récompenser son jeu porté vers l'attaque.
L'histoire du bonus offensif remonte à plusieurs années. En effet, huit ans plus tard, il était appliqué en Coupe du monde, avant d’arriver en Top 14 (2007) et au Tournoi des Six Nations (2017).
Bonus offensif vs. bonus défensif : quelles différences ?
Il existe deux types de bonus au rugby : le bonus offensif et le bonus défensif. Le bonus offensif récompense les équipes qui prennent l'initiative et privilégient l'attaque, tandis que le bonus défensif est généralement le signe d'un match serré et disputé.
Contrairement au bonus offensif, qui peut être obtenu par les deux équipes dans certaines compétitions, seul le XV qui perd peut obtenir le point de bonus défensif. Initialement, ce bonus était accordé en cas d'écart de 7 points ou moins entre les deux équipes. La règle a évolué au fil du temps, et aujourd'hui, il s'agit de 5 points séparant les deux équipes.
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Impact du bonus offensif sur les résultats et le classement
L'introduction du bonus offensif a suscité des débats, certains estimant qu'il peut fausser le classement en favorisant indûment certaines équipes. Par exemple, pour éviter qu’une équipe puisse ne pas gagner le tournoi des Six Nations malgré un grand chelem (le fait de gagner tous ses matchs), depuis 2017, trois points sont ajoutés à l’équipe qui vient à bout de tous ses adversaires. Ainsi, une nation réussissant à gratter de nombreux points bonus mais ne remportant pas ses 5 matchs ne pourra finir qu’à la deuxième place au mieux.
Application du bonus offensif dans différentes compétitions
Les règles d'attribution du bonus offensif varient selon les compétitions. Voici un aperçu de son application dans différents championnats et tournois :
Le bonus offensif en Top 14
En France, dans le Top 14, le bonus offensif est accordé à une équipe si elle marque trois essais de plus que son adversaire, ce qui implique généralement une victoire avec un écart d'au moins 15 points.
Le bonus offensif en Premiership
Dans le championnat anglais, le bonus offensif est attribué à une équipe qui inscrit 4 essais ou plus, quel que soit le résultat du match. Cela signifie que même l'équipe perdante peut obtenir le bonus offensif si le match est particulièrement ouvert et riche en essais.
Le bonus offensif en Super Rugby
En Super Rugby, compétition qui oppose des équipes de Nouvelle-Zélande et d'Australie, la règle du bonus offensif est identique à celle du Top 14 : une équipe doit marquer trois essais de plus que son adversaire pour obtenir le bonus.
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Le bonus offensif en Challenge Cup
Pour la Challenge Cup, l'équivalent européen de la Ligue des champions de football, le bonus offensif est attribué selon les mêmes règles que la Premiership : une équipe doit inscrire 4 essais ou plus pour l'obtenir.
Le bonus offensif dans les tournois internationaux (Six Nations, Coupe du Monde)
Que ce soit lors de la Coupe du Monde ou du Tournoi des Six Nations, le bonus offensif est accordé aux équipes qui réussissent à marquer 4 essais ou plus pendant le match.
Le bonus offensif : un facteur d'ouverture du jeu ?
Au-delà de la simple récompense du jeu offensif, le bonus offensif a pour principal objectif de maintenir l'intérêt des matchs, quel que soit le score. En Top 14, une équipe dominée sera incitée à tout tenter pour revenir au score et obtenir le bonus défensif, tandis que dans les autres compétitions, la règle encourage les équipes à privilégier l'attaque.
Au football, par exemple, certaines fins de matchs peuvent être peu animées lorsqu'une équipe mène largement au score et se contente de gérer son avance. Au basketball, ces moments sont parfois qualifiés de "garbage time", soulignant le manque d'enjeu et d'intensité. Au rugby, grâce aux points de bonus, ces situations sont moins fréquentes, car les équipes ont toujours intérêt à attaquer pour marquer des essais et obtenir le bonus offensif.
Les règles en cas d'égalité
Ces règles sont également valables pour la lutte pour le maintien. C'est l'heure du grand emballage final, aussi bien en Top 14 qu'en Pro D2 : le sprint à la qualification pour les phases finales est lancé dans les deux divisions professionnelles. Voici les règles qu'il faut connaître pour savoir comment départager des clubs susceptibles d'être à égalité à l'issue de la saison régulière.
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Si tel est le cas, les clubs seront départagés de la manière suivante et dans cet ordre si l'égalité persiste :
- nombre de points terrain gagnés lors des confrontations directes, bonus offensifs et défensifs inclus (cinq points pour une victoire bonifiée, quatre pour un succès simple, deux pour un match nul, un pour une défaite bonifiée, zéro pour un revers simple)
- goal-average général sur la saison
- goal-average lors des confrontations directes entre les équipes toujours concernées
- plus grande différence entre essais marqués et encaissés lors des confrontations directes entre les équipes toujours concernées
- plus grande différence entre essais marqués et encaissés sur la saison
- plus grand nombre de points marqués sur la saison
- plus grand nombre d'essais marqués sur la saison
- nombre de forfaits n'ayant pas entraîné de forfait général
- place obtenue la saison précédente dans le championnat
Voilà de quoi déterminer un classement pour les six équipes qualifiées pour les phases finales de Pro D2 et Top 14, mais aussi savoir à quoi s'en tenir pour les clubs à la lutte pour le maintien.
Le PRO D2
Le championnat de PRO D2 est disputé par 16 équipes professionnelles, d'abord sous forme de matchs aller-retour, qui désigne les six premiers qui vont disputer la phase finale éliminatoire. Le vainqueur accède au TOP 14, alors que le finaliste dispute un match de barrage contre le 13ème de TOP 14 dont le vainqueur disputera ce championnat. Le PRO D2 est réputé comme un championnat très difficile, où les clubs de l'élite envoient désormais leurs meilleurs espoirs s'endurcir aux joutes professionnelles.
Le Championnat professionnel "PRO D2" est directement issu du processus de professionnalisation enclenché par les nations de l'hémisphère sud en 1995, suivi dans la foulée par l'Angleterre puis la France. La nécessité, pour le rendre viable économiquement et attrayant sportivement, de diminuer drastiquement le nombre de clubs engagés, conduit à la création, lors de la saison 1997-1998, de deux épreuves distinctes, composées chacune de 20 équipes : le Groupe A1 et le Groupe A2.
Après bien des péripéties, le Groupe A1 deviendra le "TOP 14", composé d'équipes professionnelles ; le Groupe A2, renommé "Championnat de France Elite 2" lors de la saison 1998-1999, reste amateur. C'est le 11 Novembre 1999 que la "Ligue Nationale de Rugby" prend la décision de créer un championnat professionnel de deuxième division, appelé PRO D2, composé de 12 équipes lors de sa première édition en 2000-2001.
Elle fonctionne sur le mode ascenseur : à l'issue de la saison, l'équipe vainqueur de la finale de PRO D2 obtient le titre de "Champion de France" et accède au Championnat TOP 14 ; le finaliste reçoit, à domicile, le 13ème de Top 14 : à l'issue de ce match, le vainqueur demeure ou accède au TOP 14. La première partie de l'épreuve a lieu sous forme de 30 matches aller-retour ; lors de la phase aller, chaque équipe rencontre ses 15 adversaires, soit sur son terrain, soit sur celui de son adversaire.
Qualification par matches de barrage aux 1/2 finales : Les équipes classées 3e, 4e, 5e et 6e disputent des matches de barrage pour se qualifier pour les 1/2 finales : le 3e reçoit le 4e pour un match éliminatoire, alors que le 4e reçoit le 5e. A l'issue de la finale disputée sur terrain neutre choisi par la LNR, le vainqueur est déclaré "Champion de France" de PRO D2 et accède au TOP 14.