Vallée du Lot Rugby : Une Histoire de Fusion, de Rebond et d'Ambition

Le rugby, bien plus qu'un simple sport, est un art de vivre, particulièrement en Nouvelle-Aquitaine, où traditions et festivités se rencontrent. L'histoire de la Vallée du Lot Rugby est un récit de passion, de défis surmontés et d'une ambition collective qui transcende les rivalités locales. Des clochers autrefois opposés à une union sportive porteuse d'espoir, ce parcours illustre la résilience du rugby amateur face aux enjeux contemporains.

L'Union Sportive Vallée du Lot 47 : Naissance d'un Club de Territoire

L'Union Sportive Vallée du Lot 47 (USVL 47) est née en 2019 de la fusion de trois clubs historiques du Fumélois : l'Union Sportive Fumel Libos, l'US Tournonaise et le Racing Club Saint-Vite. Cette union, fruit d'une prise de conscience collective, visait à revitaliser le rugby dans le Grand Fumélois, confronté à une perte de licenciés, au vieillissement des bénévoles et à des difficultés financières.

L'objectif était clair : créer un club de territoire solide, capable de porter haut les couleurs du Fumélois et de redonner un élan à la vie associative locale. Michel Estrada, manager sportif emblématique, résume cette ambition : « Cela va amener un coup de fouet. La vie associative repart sur des bases saines. Nous sommes déterminés à relancer une locomotive sur de bons rails. »

Jean-Paul Mirabel et Claude Martin ont été nommés coprésidents de l'USVL 47, incarnant l'engagement et la volonté de réussite de ce projet ambitieux.

Du Goût Amer de la Défaite à la Revanche : Le Caractère de Moissac

Dans le contexte de la Vallée du Lot, l'Avenir Moissagais, bien que n'étant pas directement issu de cette union, illustre parfaitement l'esprit de compétition et la capacité de résilience qui animent le rugby local. Après une défaite amère à Figeac, les joueurs de Moissac ont su réagir avec force et détermination.

Lire aussi: USVD Rugby : Ambitions et développement

Une semaine après la désillusion de Figeac, les Tarn-et-Garonnais ont livré une prestation pleine de maîtrise et d’abnégation pour s’imposer 12 à 6 face à une formation de la Vallée du Lot réputée pour la densité de son pack. Pas un match de gala, non. Mais une victoire de rugby. Il y a sept jours, la défaite à Figeac avait laissé des traces, un goût amer, un besoin de revanche. « On avait demandé aux joueurs de se servir de cette frustration pour rebondir contre une équipe réputée pour son gros pack », explique Cédric Pannebiau, entraineur des 3/4. Et le message a été entendu. Dès les premières minutes, Moissac a pris le jeu à son compte, imposant du rythme malgré des conditions météos défavorables. « Les joueurs nous ont prouvé qu’on pouvait leur faire confiance. Ils ont su être solidaires du début à la fin », souligne le technicien, avant d’ajouter une mention spéciale : « Je félicite le groupe pour cette victoire et mention spéciale à nos gros, mais aussi a myron, auteurs d’un gros match. Sous une pluie battante et un vent capricieux, les Moissagais ont d’abord verrouillé. Sérieux en défense, patients dans la construction, ils ont grignoté le terrain mètre par mètre. Quatre pénalités réussies, douze points au total. Une performance d’autant plus précieuse que le match n’a jamais vraiment ouvert le jeu. Chaque possession valait de l’or. « J’ai vu un groupe solide, concentré, qui a su gérer le match du début à la fin », confie Benoît Mothes, le manager. « Vingt-deux guerriers présents, qui ont fait exactement ce qu’on attendait d’eux : du sérieux, de l’engagement et de la maîtrise dans les moments importants. Plus qu’un succès à l’extérieur, c’est un signal envoyé. Moissac a prouvé qu’il savait se relever, se serrer les coudes et imposer son rugby dans un contexte hostile. « On n’avait pas de pression particulière, mais on avait encore ce goût amer de la défaite à Figeac, raconte Mothes. Les gars ont répondu présent, avec de l’envie et du caractère. Cette victoire fait du bien au groupe, elle valide le travail du staff. Dans un championnat de Fédérale 3 où chaque point se gagne à la sueur, ce genre de prestation forge une identité. Une marque de fabrique. Après trois semaines intenses, place à un repos mérité. « On va souffler le week-end prochain, ce sera nécessaire », admet le manager. Avant de prévenir : « Derrière, on s’attaquera à une grosse semaine de travail pour préparer la réception de Pont-du-Casse le 30 novembre. Avec cette victoire à l’extérieur, Moissac avance d’un pas sûr. Plus qu’un succès, c’est une confirmation : ce groupe sait répondre présent quand la saison se durcit, quand la météo s’en mêle, quand le combat dicte sa loi. Le repos du week-end arrive à point nommé avant la réception de Pont-du-Casse.

Cette victoire, acquise dans des conditions difficiles, témoigne de la force de caractère de l'Avenir Moissagais et de sa capacité à imposer son jeu face à une équipe réputée pour son pack solide. Elle valide également le travail du staff et forge une identité collective forte, essentielle dans un championnat de Fédérale 3 où chaque point compte.

L'Ambition de l'USVL 47 : Qualification et Ascension en Fédérale 2

L'USVL 47, forte de ses 361 licenciés et d'un budget de 300 000 euros, affiche clairement son ambition : l'accession en Fédérale 2. Pour atteindre cet objectif, le club mise sur un recrutement de qualité, un encadrement sportif compétent et un état d'esprit irréprochable.

Philippe Benetton et Fabien Estrada, entraîneurs seniors A, assistés d’un préparateur physique, Jocelyn Labarrade (Cadurcien d’origine, en provenance de Gourdon), puis le duo Gilles Cornut et Julien Getto (qui arrive du Passage d’Agen) auront les clés en main, en disposant de 75 licenciés. Les objectifs sont clairs : qualifier les deux équipes. Excusez du peu, le club du Grand Fumélois mise sur l’apport de renforts et non des moindres. Des joueurs ayant instrumenté en Fédérale 2. La liste qui suit n’est pas totalement close. Il se pourrait que l’USVL 47 puisse conclure deux dossiers, concernant les trois-quarts. « La poule est ardue entre les derbys lot-et-garonnais, entre les formations assez proches géographiquement, affichant leurs propres ambitions. Ça nous promet un passionnant championnat. » Si les adversaires acceptent, plusieurs matches se dérouleront en nocturne au stade Henri-Cavallier, à Fumel. D’autres le dimanche à Tournon. À part trois départs marquants, l’effectif issu de Tournon conserve son unité. D’anciens Fumélois retournent au bercail. Les entraînements (3 séances hebdomadaires) reprendront le 29 juillet.

La concurrence au sein de l'équipe est encouragée, afin de stimuler les performances et de créer une émulation positive. Le club s'appuie sur un mélange de jeunesse et d'expérience, avec l'arrivée de joueurs ayant évolué en Fédérale 2.

Lire aussi: Au Cœur de la Vallée

L'USVL 47 a également mis en place une politique de recrutement ciblée, visant à attirer des joueurs de qualité, tant sur le plan sportif qu'humain. Parmi les recrues, on peut citer :

  • Guillaume Benetton (trois-quart) de Gourdon (Fédérale 3)
  • Anthony Calbo (3e ligne) de Layrac (Fédérale 2)
  • Pierre Carles (pilier) de Cahors (Fédérale 2) ex-Castelsarrasin
  • Léo Contonsou (9 ou centre) de Monflanquin (Fédérale 3)
  • Matéo David (demi de mêlée) de Villeneuve (Honneur)
  • Cyril Drure (2 ou 3e ligne) de Auch (Fédérale 3)
  • Batchouki Gugaraidze (2e ligne) du RC Villeneuve (Honneur) retour au club
  • Lucas Horeau (14/15) du RC Boé - Bon Encontre (junior passant senior)
  • Julien Laur (troisième ligne centre) de Cahors (Fédérale 2) ex-espoir du Stade Toulousain
  • Christophe Payen (3e ligne) de Cahors (Fédérale 2)
  • Romain Rouquette (centre/arrière) de Layrac (Fédérale 2)
  • Valentin Sergent (ailier) de Layrac (Fédérale 2)
  • Thibaud Malter (9/10/12) de La Baule (Fédérale 3)
  • Jocelyn Choullac et Léo Rigal (3e ligne) reprise au club

Malgré ces ambitions, les dirigeants restent prudents et insistent sur la nécessité de ne pas brûler les étapes. L'objectif principal est de se qualifier pour les phases finales, une performance qui marquerait l'histoire du club.

L'Esprit Rugby en Vallée du Lot : Plus Qu'un Sport, un Art de Vivre

Au-delà des enjeux sportifs, le rugby en Vallée du Lot est avant tout une affaire de passion, de convivialité et de valeurs partagées. C'est un sport qui rassemble les générations, qui crée du lien social et qui contribue à l'identité du territoire.

La tradition de la troisième mi-temps, où joueurs et supporters se retrouvent pour partager un moment de convivialité, est une illustration parfaite de cet esprit rugby. C'est l'occasion de prolonger l'ambiance festive du match, de discuter, de rire et de célébrer les valeurs du rugby.

Dans cette région de Nouvelle-Aquitaine, le rugby est également associé à d'autres traditions locales, telles que la gastronomie, la musique et les fêtes populaires. C'est un art de vivre qui se transmet de génération en génération et qui fait la fierté des habitants de la Vallée du Lot.

Lire aussi: Découvrez l'histoire du FC Vallée Verte

Les Frères Franken et Galdric Calvet : Ambassadeurs de l'USVL 47 et de l'Andorre

L'histoire des frères Franken, Benjamin et Samuel, ainsi que de Galdric Calvet, est un exemple unique de la diversité et de l'ouverture du rugby en Vallée du Lot. Ces trois joueurs de l'USVL 47 sont également internationaux andorrans, une particularité qui témoigne de leur attachement à leurs racines et de leur engagement envers le développement du rugby dans la Principauté.

Depuis deux ans, ils défendent les couleurs de l’équipe nationale d’Andorre, où Daniel Franken - figure bien connue du rugby lot-et-garonnais et père de Samuel et Benjamin - entraîne les lignes arrières. Les Isards, surnom de la sélection, évoluent dans le championnat international Conférence, soit le 4e niveau européen. Mais comment trois joueurs du Lot-et-Garonne ont pu avoir les honneurs de la sélection ? Car ils ont joué, dans leur jeunesse, au sein du seul club de rugby de la Principauté, le VPC Andorra, qui a évolué durant plusieurs saisons dans les championnats français avant de rejoindre ceux de Catalogne récemment.

Ils estiment le niveau de ces joutes européennes à de la Fédérale 2-1. « Pour nous, rugbystiquement, c’est une bonne expérience. D’autant qu’on joue avec les règles IRB. « On représente un pays, une nation. Historique.

Leur parcours illustre la capacité du rugby à transcender les frontières et à créer des liens entre les cultures. Ils sont des ambassadeurs de l'USVL 47 et de la Vallée du Lot, mais aussi de l'Andorre et de ses valeurs.

tags: #vallee #du #lot #rugby