Le water-polo, un sport aquatique collectif spectaculaire et exigeant, est l'un des premiers sports d'équipe à avoir fait son apparition aux Jeux Olympiques modernes. Présent aux Jeux olympiques depuis 1900 pour les hommes et 2000 pour les femmes, il est considéré comme le plus ancien sport collectif olympique. Les épreuves de water-polo des Jeux Olympiques débuteront le samedi 27 juillet 2024 au Centre Aquatique en Seine-Saint-Denis. Les Jeux de Paris de cet été mettront en avant un tournoi féminin et un tournoi masculin. Cet article se propose d'explorer en détail l’histoire, les règles et les enjeux de ce sport passionnant, en mettant en lumière son évolution et son importance dans le paysage sportif olympique.
Histoire et Origines du Water-Polo
Les origines du water-polo sont pour le moins obscures. Au milieu du XIXe siècle, un jeu de ballon dans l'eau, appelé « water-derby », était pratiqué en Grande-Bretagne. Au milieu du XIXe siècle, un jeu de ballon dans l'eau, le "water-derby", était populaire en Grande-Bretagne. On sait que le mot « polo » est la prononciation anglaise du mot indien « pulu », qui signifie balle. Tout comme le jeu de ballon joué à cheval est devenu connu sous le nom de « polo ». Les règles du "water base-ball" furent rédigées en 1876 par William Wilson, avant que ce sport soit rebaptisé "handball aquatique" en 1880. Ce jeu a évolué pour devenir le water-polo, qui a fait son entrée aux Jeux olympiques en 1900 à Paris.
Le premier grand tournant dans la natation moderne a eu lieu dans les pays anglo-saxons. C’est à partir de 1837, en Angleterre, que les premières compétitions de natation sportive ont eu lieu, organisées par la National Swimming Association. On peut dire que l’Angleterre est devenue le pays natal de la natation moderne. La pratique de la natation y était très développée et il existait déjà à Londres plusieurs piscines couvertes et chauffées. Les premières compétitions organisées furent des compétitions de brasse. Cette mode de construire des bassins chauffés et couverts s’est vite répandue dans les colonies britanniques, notamment en Australie.
C’est d’ailleurs en Australie, précisément à Sydney en 1846, qu’eut lieu le premier championnat de natation moderne. Il fut remporté par W. Redman qui nagea le 440 yards en 8 minutes 43 secondes. Quelques années plus tard, c’est encore et toujours en Australie, en 1858 dans la province de Melbourne, qu’eut lieu la première course de caractère international, appelée le championnat du monde de natation. La distance à parcourir par les nageurs était de 100 yards. Ce championnat fut remporté par… Un australien ! En s’intéressant à l’origine de la natation sportive, on voit donc bien ici que les deux pays restent à cette époque les pionniers de cette pratique.
Cette discipline continue d’évoluer jusqu’à sa reconnaissance officielle en 1869 en Grande-Bretagne. La première fédération des clubs de natation est née le 7 janvier 1869, à Londres, avec pour but, la création d'une association qui établirait les règles de la natation.
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Le water-polo apparaît pour la première fois aux États-Unis en 1888. Au fur et à mesure que le sport gagnait en popularité, son niveau de violence augmentait également. Il y avait peu de règles pour l’empêcher. Dans les années 1800, le but du jeu était de placer le ballon à deux mains contre le mur à une extrémité de la piscine pour marquer. Les joueurs nageaient souvent sous l’eau pour tenter d’obtenir un avantage. En 1880, des règles ont été introduites en Écosse pour déplacer l’accent du jeu sur l’habileté plutôt que sur la force. Un ballon plus gros, semblable à un ballon de football, a été utilisé, des filets ont été introduits et les joueurs ne pouvaient plus plaquer les adversaires qui n’avaient pas la possession du ballon.
Et clin d’œil à l’histoire, c’est dans la capitale que ce sport collectif a fait son entrée au programme olympique lors des Jeux de 1900. En France, les compétitions féminines ont principalement lieu à Tourcoing et à Paris, avec la création du premier championnat en 1924. Le water-polo sera ouvert officiellement aux femmes bien plus tard, dans les années 1980, où un championnat leur sera spécialement dédié. Elles devront tout de même attendre 2000 pour pratiquer le water-polo aux Jeux Olympiques.
Cette année, les poloïstes du monde entier s’affronteront au Centre aquatique olympique de Saint-Denis pour les phases de poules et à la Paris La Défense Arena pour les phases finales. L'équipe masculine française affrontera la Hongrie le dimanche 28 juillet à 19h30.
Règles du Water-Polo
Le water-polo, souvent décrit comme un "handball aquatique", oppose des équipes de 7 joueurs dans un bassin de 30 m sur 20 m pour les hommes et de 25 m de long pour les femmes. Chaque équipe cherche à marquer dans le but adverse, mesurant 3 m de large et 90 cm de haut. Les matchs se déroulent en quatre périodes de 8 minutes.
Composition d'une Équipe et Rôles des Joueurs
Une équipe de water-polo est composée de 13 joueurs, dont six remplaçants. Dans l'eau, il y a toujours sept poloïstes : un gardien et six joueurs de champ. Le gardien porte un bonnet numéroté un, de couleur rouge. Si il y a un gardien remplaçant il aura toujours le numéro treize (13).
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Les joueurs de champ s'organisent en demi-cercle autour du but adverse, avec un poloïste au centre, appelé pointe (comme le pivot au handball). C’est un poste particulier, puisque le joueur tourne le dos à la cage opposée. Il a pour rôle de récupérer les passes rapidement afin de buter. La mission est si exigeante sur le plan physique qu'une pointe joue rarement plus de 10 ou 12 minutes par match (contre une trentaine pour les joueurs les plus utilisés). Le gardien, comme au football, empêche l'adversaire de marquer.
À l'exception du gardien de but, tous les joueurs participent à la défense et à l'attaque dans le jeu. Les joueurs dépensent donc énormément d’énergie au cours d’un match. Pendant l’action de jeu ou lors d’une pause, un joueur peut sortir et être remplacé par un coéquipier. Récemment apparue au water-polo, la flying zone élargit la zone de remplacement des joueurs.
Les joueurs portent un (1) bonnet floqué d’un numéro allant de un (1) à treize (13). L’équipe évoluant à domicile porte des bonnets blancs. Le gardien a toujours le numéro un (1) sur son bonnet rouge. Un joueur de l’équipe, aussi appelé la pointe, aura l’autorisation de se positionner à deux (2) mètres de la cage adverse afin de recevoir la balle et tirer. Les six (6) joueurs de champ sont généralement positionnés en demi-cercle autour du but adverse.
Pour éviter les blessures au tympan, qui pourraient être causées par un choc avec le ballon (qui peut aller jusqu'à 100 km/h) ou avec l'adversaire, les joueurs portent un bonnet spécial. C'est la hantise de tous les entraîneurs et le sélectionneur des Bleus, Florian Bruzzo, ne démarre pas un entraînement tant que tout le monde n'a pas son bonnet.
Dimensions du Bassin et Lignes Importantes
Le bassin mesure 30 mètres par 20 pour les matchs masculins et 25 mètres par 20 pour les matchs féminins. Un bassin de water-polo doit mesurer entre 20 et 30 mètres de longueur et 10 et 20 mètres de largeur. La profondeur de l’eau est de 1,80 mètre minimum.
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Une ligne rouge, située à 2 mètres du but, indique la zone de hors-jeu. Autour de chaque but, on trouve la zone des 2 mètres. On a le droit d’y entrer que si on possède la balle. Elle est délimitée par des plots rouges situés à 2 mètres de la ligne de but et des bouées rouges à 2 mètres des poteaux. Jusque là sous forme d’une ligne aux 2 mètres, cette zone rectangulaire a fait son apparition dans le water-polo en 2019.
Deux (2) lignes rouges situées à deux (2) mètres de la ligne de but marquent les zones de hors-jeu. Deux (2) lignes jaunes situées à cinq (5) mètres de la ligne de but marquent la zone de penalty. Aucun coup franc ne peut être tiré directement dans cette zone. Enfin, les lignes blanches délimitent l’aire de jeu globale.
Durée d'un Match et Temps de Jeu Effectif
Chaque rencontre se décompose en 4 périodes de 8 minutes de jeu effectif. Les matchs se déroulent en quatre périodes de 8 minutes. Chaque rencontre dure 32 minutes avec quatre périodes de 8 minutes. Dès qu'une équipe prend possession de la balle (interception, engagement, faute adverse, etc.), elle dispose de 30 secondes maximum pour tirer au but. Au moment où l’une des deux équipes prend possession de la balle (interception, engagement…), elle dispose donc de 30 secondes pour marquer un but. Si ce temps de possession arrive à son terme, une faute est sifflée et la balle est rendue à l’adversaire. En cas de sortie de balle ou de corner, le décompte de ces 30 secondes est réinitialisé à 20 secondes.
Une partie de water-polo se joue en quatre (4) périodes de huit (8) minutes séparées par des temps de repos allant de deux (2) à cinq (5) minutes. Il existe une règle, appelée « La règle des trente (30) secondes », interdisant une équipe à garder la balle plus de trente (30) secondes avant de tenter une frappe au goal. Cela veut donc dire qu’après trente (30) secondes, si l’équipe n’a pas tirée au but ou n’a pas perdu la balle, une faute sera sifflée.
Le principe du temps de jeu effectif est similaire à celui du basketball ou du hockey sur glace : l'horloge s'arrête dès que le ballon n'est plus en jeu ou lorsqu'un arrêt est signalé. Cette gestion du chronomètre permet d'optimiser le spectacle en évitant les phases sans action.
Au-delà des 4 périodes, plusieurs pauses rythment le déroulement du match. Ces pauses courtes permettent aux équipes de souffler, de changer de côté et d'ajuster leur stratégie. Chaque équipe a le droit à deux temps-morts d'une minute chacun, à utiliser à sa discrétion, sauf dans les 30 dernières secondes de jeu. Le temps-mort est aussi un outil psychologique, permettant d'inverser la tendance dans les matchs à fort enjeu.
En additionnant les pauses, les remises en jeu, les temps-morts et les éventuelles vérifications vidéo, la durée réelle d'un match dépasse largement les 32 minutes de jeu effectif.
Dans le cadre amateur ou scolaire, les matchs peuvent être plus courts, avec des périodes de 4 à 7 minutes selon les catégories d'âge.
Fautes et Pénalités
L'arbitrage est complexe au water-polo, car les deux officiels sont situés au bord du bassin et ne voient que très peu ce qui se passe sous l'eau. Partant du principe que les deux arbitres se trouvent en dehors du bassin, leur visibilité sur les coups se donnant sous l’eau est fortement limitée, voir nulle. C’est pourquoi, la plupart des coups sous l’eau sont « autorisés ». De plus, le contact avec le porteur de balle est également très peu sanctionné. Cependant, le sport est encadré par un règlement strict. Globalement, il y a une grande liberté de manœuvre des défenseurs sur le porteur de balle : dès qu’il l’a entre ses mains, on peut le « charger » ou le couler. La grande liberté de manœuvre qui offre régulièrement un très beau spectacle.
Le système de fautes se divise en deux catégories : les fautes simples et les fautes graves.
Fautes Simples
La balle doit être maniée à une seule main (sauf pour le gardien). Elle ne doit pas être sous l’eau et le joueur ne doit pas l’utiliser pour s’appuyer ou se reposer dessus. Le joueur ne peut s'appuyer sur aucune partie du bassin (buts, bords ou fond du bassin) pendant le jeu (si un gardien s'appuie sur le bord du bassin, un penalty est sifflé contre son équipe).
Fautes Graves
Une faute commise sur un attaquant dans la zone des 5 mètres est sanctionnée par un penalty, si ce dernier est en position de marquer. Il est alors tiré sur la ligne des 5 mètres. Nager sur le dos de son adversaire ou le frapper entraîne une faute grave assortie d'une exclusion de 20 secondes. Le joueur va alors « en prison ». À la troisième faute grave, le joueur est exclu définitivement et remplacé (Exclusion Définitive Avec remplacement - EDA). Dans le cas d'une faute encore plus grave, comme un coup volontaire, le joueur est exclu du match et ne peut être remplacé que quatre minutes après la faute.
Si vous regardez un match de water-polo, je vous invite à surveiller ces exclusions. Elles sont très stratégiques ! En fait, certaines fautes au water-polo sont sanctionnées par des exclusions. Le joueur sort alors du jeu pour une durée de 20 secondes maximum ou la durée de l’attaque en cours. Il doit alors se diriger dans la zone d’exclusion située dans le coin du terrain, proche du banc de ses coéquipiers remplaçants.
Ce qui est interdit et donc considéré comme « faute grave » : « Tenir, enfoncer ou tirer un adversaire vers l'arrière ». Mais plus le niveau s'élève, plus le niveau de tolérance augmente et sans caricaturer, les contacts sous-marins (le « jeu de position » en langage expert) s'apparentent à de la lutte gréco-romaine. Pour trancher sur ces phases, le VAR a fait son apparition aux derniers Jeux de Tokyo.
Prolongations et Tirs au But
La majorité des matchs de water-polo se terminent à l'issue des quatre périodes réglementaires. Toutefois, dans certaines compétitions à élimination directe, une égalité au score à la fin du temps réglementaire nécessite un dénouement clair.
En cas d'égalité, deux périodes supplémentaires de 3 minutes chacune sont jouées, avec arrêt du chronomètre à chaque interruption.
Si l'égalité persiste après les prolongations, on assiste alors à une séance de tirs au but. Chaque équipe désigne 5 joueurs pour effectuer une série de tirs face au gardien adverse. En cas d’égalité, les deux équipes se départagent aux tirs au but.
Autres Règles Importantes
- Marquage de buts: La règle de base pour qu’un (1) but soit validé, c’est que la balle franchisse entièrement la ligne de but et se trouve entre les deux (2) poteaux et la transversale. Un but peut être marqué de n’importe quel endroit du terrain. Mais un gardien ne peut pas marquer un but dans la moitié de terrain adverse. De plus, lorsque la partie commence ou recommence (suite à des temps morts, périodes, …), deux joueurs au minimum doivent toucher la balle avant de marquer un but.
- Ballon de water-polo: Le ballon de water-polo est d’une circonférence comprise entre soixante-huit (68) et soixante et onze (71) centimètres pour les hommes. Mais pour les femmes, la circonférence du ballon est comprise entre soixante-cinq (65) et soixante-sept (67) centimètres. Un ballon de water-polo est comme un ballon de volley-ball. On distingue 5 différentes tailles de ballon au water-polo. De la taille 1 à la taille 5, chaque catégorie d’âge a son ballon autorisé, avec ses caractéristiques règlementaires. Et rien d’autre !
- Equipement: Je peux citer l’indémodable peignoir de water-polo (quoique…). Et oui, traditionnellement les joueurs faisaient leur entrée dans le bassin avec un bon vieux peignoir. Le sac de water-polo peut être un très bon investissement. Entre les affaires qu’on oublie de sécher entre 2 sessions, le bord du bassin trempé et sujet aux éclaboussures, un bon sac étanche et hermétique aux odeurs de moisi est très utile :-). Pour cela, beaucoup utilisent un sac de natation. Les tee-shirts de water-polo sont difficiles à trouver sur internet. Rarement jolis, toujours un peu kitsch.
Enjeux Historiques et Palmarès Olympique
Aux Jeux Olympiques, c’est la Hongrie qui détient le plus beau palmarès. La Hongrie domine cette discipline, avec neuf titres olympiques. Ce pays a quinze (15) médailles dont neuf (9) médailles d’or.
En effet, sa popularité était si grande qu’on l’a nommé le premier sport d’équipe Olympique en 1900. Après avoir fait ses débuts Olympiques à Sydney 2000, les US ont dominé le tournoi féminin, en remportant les trois dernières médailles d’or en jeu. Les Américains n’ont jamais quitté le podium depuis l’introduction de ce sport aux Jeux.
D’autre part, les équipes d’Europe de l’Est sont les forces dominantes. La Hongrie s’est ainsi adjugée le tournoi à trois reprises entre Sydney 2000 et Beijing 2008. Depuis lors, les équipes de la région des Balkans ont trusté les premières places des Jeux. En effet, la Croatie a battu l’Italie en finale de Londres 2012. Et la Serbie s’est offert l’or des deux éditions suivantes des Jeux, à Rio 2016 et Tokyo 2020. La tendance se prolongera-t-elle à Paris 2024 ?
À domicile, les Bleus peuvent espérer décrocher le deuxième titre Olympique de leur histoire après Paris 1924. Avec des joueurs expérimentés comme Mehdi Marzouki et une nouvelle génération emmenée par Thomas Vernoux, les Bleus progressent. Ils restent sur un été 2022 très prometteur.