Suisse contre États-Unis : une rivalité historique au Championnat du monde de hockey sur glace

La finale du Championnat du monde de hockey sur glace 2025 à Stockholm mettra en vedette un affrontement inédit entre la Suisse et les États-Unis, deux équipes en quête de leur premier titre mondial. Cet article explore l'historique des confrontations entre ces deux nations, leur parcours respectif vers la finale, et les enjeux de ce match décisif.

Un chemin semé d'embûches vers la finale

La Suisse a réalisé un parcours impressionnant lors du Championnat du monde, écartant le Danemark en demi-finale avec une victoire écrasante de 7-0. La Nati tentera de mettre fin à sa malédiction en finale face aux États-Unis. Un an après, la Suisse est de retour en finale du Championnat du monde. Samedi à Stockholm, elle s'est facilement imposée face au Danemark (7-0) et visera un premier titre dimanche soir (20h20) face aux États-Unis, après trois finales perdues en 2013, 2018 et 2024. Le succès de la Nati s'est dessiné dès le premier tiers-temps. Nino Niederreiter, joueur des Jets de Winnipeg, a ouvert le score en déviant un tir de Janis Moser, qui évolue lui aussi en NHL au Lightning de Tampa Bay, avant de s'offrir un doublé moins de dix minutes plus tard en supériorité numérique. Entre-temps, Ken Jäger avait fait le break pour la Suisse, le gardien danois ne parvenant pas à capter le palet qui a rebondi sur lui avant de franchir la ligne. Les Suisses ont ensuite marqué quatre nouveaux buts, dont trois dans la dernière période, pour entériner leur succès.

De leur côté, les États-Unis ont dominé la Suède, pays hôte, en demi-finale avec une victoire convaincante de 6-2. Les Américains ont brillé par leur intensité, leur rigueur tactique et leur efficacité offensive.

Suisse contre États-Unis : un duel de titans

Lors de la phase de groupe, la Suisse avait pris le dessus sur les États-Unis. Mais depuis, ces derniers ont montré une montée en puissance impressionnante. La confrontation entre les deux équipes s’annonce ouverte, tendue, et surtout historique. La confrontation en poule avait tourné en faveur de la Nati, mais celle-ci est bien placée pour savoir combien cette indication est fragile. L’an passé, ses résultats en poule avaient été inversés lors du carré final (la Suisse avait pris sa revanche sur le Canada en demi-finale, puis subi la revanche tchèque en finale). Depuis qu’ils ont été blanchis par les joueurs à croix blanche, les Américains ont ajouté sur la glace leur défenseur vedette Zach Werenski. Ils ont alors toujours marqué au moins 5 buts à chaque match !

Les enjeux de la finale

La pression sera immense des deux côtés : la Suisse peut enfin décrocher son graal, tandis que les USA veulent transformer cette première en or. Stockholm s’apprête à vivre un final inédit.

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La Suisse sera première au classement IIHF en cas de victoire. C’est dire la progression de cette équipe helvétique qui s’est qualifiée pour sa seconde finale consécutive et dont la présence n’est plus une surprise. Les États-Unis ont brisé leur plafond de verre en demi-finale et connaissent enfin leur première finale de championnat du monde depuis 91 ans. Si les Américains gagnent, ils devraient être deuxièmes du ranking… derrière la Russie, à cause d’un mode de calcul irréfléchi (voir nos anecdotes de mai 2024). L’IIHF a anticipé le problème et commencé à effacer la Russie du classement publié sur son site.

Les clés du match

L’intensité est énorme d’entrée, tant dans le patinage que dans les mises en échec, sans aucune commune mesure avec le match ronronnant pour la troisième place. Les Américains sont le premiers à attaquer la cage avec vigueur. La Suisse se procure ensuite son temps fort, d’abord par des attaques rapides, mais la défense américaine - elle aussi - est très bien organisée, et jamais prise en défaut de communication. En jeu placé, Werenski met un cross-check dans le dos de Malgin. Les États-Unis envoient systématiquement le palet au fond, une stratégie qui leur a souvent réussi, mais les patineurs suisses sont les premiers sur le palet. Andrighetto commet la première faute suisse en zone offensive lorsqu’il fait trébucher Jackson Lacombe. La circulation de palet est très bonne de crosse en crosse, mais les trois lancers de Clayton Keller sont tous bloqués par Genoni : le premier, surtout, une fois de plus du bouclier, alors que Keller tirait à bout portant sur une passe de derrière la cage de Tage Thompson. Les États-Unis semblent prendre le dessus en début de deuxième période. Après six minutes, Frank Nazar bloque un tir de la bleue de Michael Fora et se projette aussitôt en contre-attaque. À la traîne en vitesse de patinage, Fora l’accroche au moment-clé : tir de pénalité. Dans les règles NHL, c’est le joueur qui subit la faute qui doit tirer le pénalty, mais ce n’est plus le cas dans les règles IIHF. Meilleur marqueur de son équipe, Nazar est déjà seul sur la glace, prêt à s’élancer avec la rondelle en place au point central… quand le banc américain le rappelle. Le staff a déterminé que le tireur devait être Conor Garland, théoriquement le meilleur dans cet exercice. Les variations saisonnières sont identiques à celles du premier round. Le foehn suisse déferle à mi-période, puis l’anticyclone américain s’installe en fin de période. Pour le reste, le palet navigue la grande majorité du temps tout autour des balustrades, tant les deux formations ne laissent aucun espace. L’occasion majeure vient d’une dangereuse déviation de Mike McCarron sur un palet envoyé à la cage par Peeke : le palet passe sous les jambes de Genoni, mais à côté de la cage. Thompson fait trébucher Niederreiter sur un engagement dans la zone suisse à une minute de la pause. Cela n’empêche pas Frank Nazar de prendre le dernier lancer en infériorité numérique juste avant la sirène, au nez et à la barbe de Malgin. La Suisse ne fait rien de la minute restante à 5 contre 4. Elle obtient plus tard sa première occasion depuis bien longtemps quand Nino Niederreiter dévie le tir de la ligne bleue de Kukan, sans que le puck ne parvienne à passer entre les jambes de Swayman. On sent la Nati de plus en plus rattrapée par la fatigue : à chacune de ses finales, elle avait joué la demi-finale la plus tardive. C’est encore le cas cette année puisque le pays organisateur (la Suède… qui a perdu contre les Américains) avait eu le privilège du premier match du samedi). Aucune des deux équipes ne commet la moindre erreur et chaque action a une importance cruciale. Les palpitations montent quand un lancer de Clayton Keller est détourné dans les airs et retombe derrière Genoni devant la cage vide, avec Keller qui le chasse. Christian Marti finit par dégager… Des « Hopp Schwyz » descendent des tribunes, ils se muent en sifflets quand Moser est sanctionné pour une crosse haute. Pendant les deux minutes de powerplay, les Américains ne cadrent qu’un seul tir et Genoni a la vue parfaitement dégagée. Notons cependant le bel effort défensif de Fora pour bloquer un lancer de Cooley, puis dégager au loin. Les deux meilleures attaques du tournoi se quittent à 0-0 après le temps réglementaire.

Les précédents affrontements

La Suisse est le dernier pays à avoir perdu une finale mondiale aux tirs au but (en 2018 contre la Suède). Le deuxième tir de cette prolongation - et le quarantième tir américain du match - est signé Tage Thompson. On n’a pas vu ce soir les actions collectives offensives que la Suisse et les États-Unis ont réalisées tout au long du tournoi. Si les attaques ont semblé moins bien se trouver, c’est parce que les défenses étaient tellement bien structurées qu’elles ne laissaient aucun espace. Les deux équipes ont donc eu recours à deux jeux directs, notamment des déviations. Rien n’a troublé des gardiens très vigilants.

Les réactions d'après-match

Les États-Unis remportent donc leur première médaille d’or mondiale depuis 1960 (tournoi olympique qui faisait double emploi), ou depuis 1933 si l’on compte uniquement un vrai championnat du monde. Leur longue série de frustrations appartient au passé, mais celle de la Suisse est bien présente, avec quatre finales perdues en douze ans. Il y a des pleurs ce soir chez les spectateurs, et des visages très affectés sur la glace, notamment ceux de Patrick Fischer et Nino Niederreiter qui ont vécu ces quatre finales.

Leonardo Genoni (gardien de la Suisse) : « [Le prix de meilleur gardien du championnat] est un prix de consolation. J’aurais préféré une autre coupe. Mais on ne peut rien y changer. Je suis désolé pour Büehli [Anders Ambühl]. J’étais presque persuadé qu’il remporterait la coupe à son dernier match.

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Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « Nous avons livré une excellente performance défensive, mais pour la seconde fois consécutive, nous n’avons pas marqué de but en finale. Les États-Unis sont une bonne équipe. Ils ont très bien joué. Nous ne sommes jamais vraiment entrés en forechecking. Nous avons eu nos occasions, mais pas autant que nous l’aurions souhaité. On a manqué d’un soupçon de détermination devant. Pourquoi, nous devons l’analyser. Chacun a tout donné. Nous avions une volonté incroyable. Cela me fait très mal pour tout le monde, pour les fans.

Jeremy Swayman (gardien des États-Unis) : « Nous avions une bonne stratégie et nous avions un état d’esprit spécial dans le vestiaire. À chaque match nous savions qu’il [Johnny Gaudreau] était avec nous et que son esprit était autour de nous. Il devrait être là et il nous manque terriblement. Il a beaucoup fait pour le hockey et nous sommes fiers d’avoir gagné ce titre pour lui. […] Nous élevons la barre. C’est un nouveau régime. Nous voulons paver le chemin.

La composition des équipes

Dimanche 25 mai 2025 à 20h20 à l’Avicii Arena de Stockholm.

Suisse: Remplaçants : Stéphane Charlin (G), Nicolas Baechler (A). En réserve : Sandro Aeschlimann (G), Dominik Egli (D), Grégory Hofmann (A).

USA: Remplaçants : Joey Daccord (G), Josh Doan (A).

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Un bref historique des championnats du monde

Qui a remporté le premier Championnat du monde de hockey sur glace ? Quel pays a remporté le plus de titres de champions du monde de hockey sur glace, la Russie ou le Canada ? Et quel pays a remporté un Championnat du Monde à la surprise générale ? La liste des champions du monde de hockey sur glace depuis 1920 le montre bien : une poignée de nations se disputent régulièrement la première place.

  1. Avec, à ce jour, un total de 27 médailles d'or, la Russie, anciennement Union soviétique (URSS), domine la première place dans le tableau des médailles. Tristement célèbre : l'entraîneur Viktor Tikhonov. Il a mené la sélection soviétique à huit victoires en Championnats du monde entre 1978 et 1990. Ses méthodes d'entraînement était dures et dictatoriales - allant même jusqu'à gifler ses joueurs en public.
  2. La troisième place parmi les nations de hockey sur glace les plus médaillées est occupée par la République tchèque, qui a remporté jusqu'à ce jour douze Championnats du monde. La République tchèque, anciennement Tchécoslovaquie, a remporté son premier succès à domicile avec une médaille d'or au Championnat du monde de 1947. Une seconde victoire suit en 1949.
  3. La quatrième place au tableau du classement revient cette fois à une nation scandinave : la Suède, qui a remporté depuis 1953 onze titres de Champions du monde.
  4. Avec seulement deux médailles d'or aux Championnats du monde de hockey sur glace, la Finlande est loin derrière les Champions du monde comme la Suède, la République tchèque, le Canada et la Russie. Néanmoins, l'équipe nationale finlandaise est l'une des équipes de hockey sur glace les plus performantes. À propos : Lors du Championnat du Monde de 2011, l'équipe finlandaise a battu les Suédois 6-1.
  5. Les États-Unis ont également été deux fois champions du monde de hockey sur glace, soit en 1933 et en 1960. En revanche, ils ont remporté un total de douze médailles d'argent et de bronze. Considérant que le hockey sur glace est l'un des sports les plus populaires aux États-Unis, le faible nombre de médailles d'or au Championnat du monde est un peu surprenant. Est-ce parce que les Américains se soucient beaucoup plus de leur Ligue nationale de hockey (LNH) que du Championnat du monde ? Peut-être.
  6. Lors du Championnat du monde de hockey sur glace 2002, un petit pays d'Europe centrale a fait beaucoup parler de lui : la Slovaquie, qui est en effet devenue championne du monde pour la première fois ! L'équipe composée des grands de la LNH Peter Bondra, Ziggy Pálffy et Miroslav Šatan a remporté la finale 4:3 contre la Russie.
  7. Les Britanniques ont eu l'honneur aussi de se déclarer champions du monde de hockey sur glace : après tout, l'équipe de Grande-Bretagne a remporté une fois le titre de champion du monde. C'était en 1936, lorsque le Championnat du monde de hockey sur glace s'est tenu en Allemagne, plus précisément à Garmisch-Partenkirchen.

Vous connaissez désormais les huit champions du monde de hockey sur glace à ce jour. Maintenant penchons-nous sur le fonctionnement du Championnat du monde de hockey sur glace. A quelle fréquence cette compétition a-t'elle lieu et dans quelle configuration ?

Les championnats du monde de hockey sur glace se déroulent dans des lieux différents. C'est Anvers, en Belgique, qui a accueilli le premier Championnat du monde. Le Championnat du monde de hockey sur glace a lieu chaque année.

Les règles du tournoi

Quelles règles s'appliquent dans ce tournoi ? L'IIHF décrit le format du tournoi actuel (2020) sur son site web. À propos : dix équipes nationales participent aux Championnats du monde de hockey sur glace féminin. Ces dernières sont réparties en deux groupes de cinq équipes, chacune d'elles étant classée en fonction de sa performance. Après le tour préliminaire, les cinq équipes du groupe A ainsi que les trois équipes du groupe B ayant obtenu le plus grand nombre de points sont qualifiées pour les quarts de finale. après un match nul à la fin du temps réglementaire, une prolongation de 5 minutes maximum est jouée : si un but est marqué, le jeu est terminé (d'après le principe de « mort subite »). Si les équipes sont à égalité à l'issue de la prolongation, il y aura une séance de tirs au but. Dans de cadre de la série éliminatoire, donc à partir des quarts de finale, et en cas de match nul à l'issue du temps réglementaire, la prolongation ne sera que de 10 minutes maximum, et de 20 minutes en finale.

Le hockey, c'est une affaire d'hommes ? Loin de là ! Le premier Championnat du monde de hockey sur glace féminin s'est déroulé en 1990. Initialement organisé tous les deux ans, il a lieu depuis 1999 tous les ans, comme le Championnat masculin. À propos : le hockey sur glace est un sport très populaire chez les femmes au Canada.

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