L'équipe de France féminine de football a signé une victoire éclatante de 4-0 contre la Suisse à Nancy, validant ainsi sa qualification pour le Final Four de la Ligue des Nations. Ce match, disputé au stade Marcel-Picot, a vu les Bleues dominer outrageusement une équipe suisse dépassée, enchaînant ainsi une cinquième victoire consécutive dans le groupe B.
Une Domination Précoce et Sans Appel
Dès le coup d'envoi, les intentions des Françaises étaient claires. À la quatrième minute, Sandy Baltimore a donné le premier avertissement avec une frappe puissante qui s'est écrasée sur la barre transversale. La défense suisse, loin d'être impénétrable, a cédé à trois reprises en l'espace de dix minutes.
Clara Mateo a ouvert le score à la 11e minute, profitant d'une hésitation de la gardienne suisse Livia Peng pour marquer dans le but vide. Cinq minutes plus tard, Elisa De Almeida a doublé la mise d'une superbe reprise de volée sur corner, profitant d'un marquage laxiste. Le score est devenu 2-0 à la 16e minute.
Maîtrise Totale et Efficacité Offensive
Après avoir tranquillement géré les événements d’une rencontre déjà pliée, les Bleues ont remis une pièce dans la machine au retour des vestiaires. Sur un ballon gratté haut, Sandie Toletti et Clara Mateo combinent vite et bien pour permettre à Grace Geyoro d’inscrire le quatrième but d’une frappe croisée (4-0, 56e).
Outre ces buts, l’attention s’est portée sur Griedge Mbock, désormais capitaine. Alignée en défense centrale aux côtés d’Alice Sombath, en l’absence de Maëlle Lakrar, la défenseuse du Paris Saint-Germain a d’emblée été dans son rôle, donnant des conseils à sa partenaire du soir, puis à ses autres coéquipières. A sa sortie à la 74e minute, c’est Sandie Toletti qui a pris le brassard.
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En dehors des fulgurances offensives, on retiendra aussi une prestation totalement maîtrisée de l’ensemble des Bleues, les Françaises n’ayant pratiquement laissé que des miettes à une équipe de Suisse bien faiblarde. Pauline Peyraud-Magnin a d’ailleurs probablement eu le temps de compter chacun des 12 359 spectateurs présents au stade tant les occasions adverses furent peu nombreuses tout au long de la soirée.
Préparations pour l'Euro 2025
Cette victoire face à la Suisse est de bon augure à un mois de l’Euro-2025 (2 juillet - 27 juillet) qui aura justement lieu en Suisse, où les Bleues viseront la victoire après la déception de la Coupe du monde il y a deux ans et celle des Jeux olympiques l’an passé.
Les Françaises l’ont fait avec brio en dominant de bout en bout des Suissesses dépassées, pour étendre leur série à cinq victoires de rang. Au Stade Marcel-Picot, les joueuses de Bonadei ont été entreprenantes, précises et appliquées pour le plus grand plaisir des 12.359 spectateurs.
Composition des Équipes
Voici la composition des équipes lors de ce match :
- France (4-3-3) : Peyraud-Magnin - De Almeida, Sombath, Mbock (Ndongala, 74e), Bacha (Bogaert, 74e) - Geyoro, Toletti, Karchaoui - Diani (Cascarino, 46e), Mateo (Katoto, 62e), Baltimore (Gago, 61e).
- Suisse (3-5-2) : Peng - Calligaris, Stierli, Maritz - Beney (Riesen, 46e), Sow, Wälti (Mauron, 46e), Vallotto, Crnogorčević (Lehman, 78e) - Schertenleib (Pilgrim, 61e), Fölmli (Piubel, 46e).
Objectifs Futurs
Objectif pour la France désormais : l’emporter face à l’Islande à Reykjavik lundi prochain pour devenir la première équipe à remporter tous ses matchs de groupe en Ligue des nations féminine.
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Analyse Tactique et Performance Individuelle
Outre l’absence de Renard, Le Sommer et Dali, le sélectionneur avait procédé à un autre choix fort: faire débuter la buteuse Clara Mateo, brillante cette saison, aux dépens de Marie-Antoinette Katoto. Puis ce fut au tour de Sandy Baltimore, intenable, de conclure une attaque de transition initiée par Kadidiatou Diani sur le côté droit (19e).
Dans le jeu, la joueuse de 30 ans n’a pas semblé ressentir le poids qui accompagne ce brassard, jouant souvent avec justesse dans la profondeur et réussissant plusieurs interventions autoritaires.
Tout n’a pas été fluide collectivement. Sans grand rythme ni prise d’initiative ni créativité, le jeu a été souvent trop scolaire. Une mauvaise habitude des Bleues, qui s’appuient un peu trop sur leurs individualités, comme Delphine Cascarino ou Griedge Mbock, capitaine vendredi soir en l’absence de Wendie Renard, ménagée pour un coup au pied cette semaine.
Le premier but des Bleues a tout de même été inscrit au terme d’un beau mouvement collectif lancé par Grace Geyoro, qui a passé en profondeur à Delphine Cascarino, bien en jambes malgré le voyage des Etats-Unis. La joueuse du Wave de San Diego, en Californie, a fait la différence sur son aile avant de centrer pour Sandy Baltimore, laissée seule devant le but (1-0, 14e). Le deuxième but (44e) a été un exploit personnel de Selma Bacha, autrice d’une frappe lointaine et surpuissante, alors qu’elle avait trouvé la barre juste avant (38e). « On m’a toujours dit que j’avais une bonne frappe, donc pourquoi pas tenter et aujourd’hui cela a marché », a commenté la Lyonnaise.
Face à des Suissesses assez faibles techniquement, l’attaquante des Bleues Marie-Antoinette Katoto, une autre leader technique, a été trop discrète. Habituellement l’une des joueuses les plus efficaces dans la surface, elle a peu réussi dans l’exercice, préférant décrocher dans le cœur du jeu. Elle a été remplacée en fin de match par Eugénie Le Sommer, qui a honoré sa 200e sélection, rentrant un peu plus dans la légende des Bleues après avoir battu le record de sélections de Sandrine Soubeyrand lors du match précédent.
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Avec un onze qui devrait ressembler à celui aligné l’été prochain, hormis pour les absences de Kadidiatou Diani (forfait) et de Wendie Renard, sur le banc, Laurent Bonadei a vu le travail restant à accomplir pour mieux organiser collectivement ses joueuses, qui ont fait seulement un bon pressing par séquences. « On va se satisfaire des trois points et d’être en tête du groupe », a réagi le sélectionneur, mais « dans le contenu, même s’il y a eu un fort taux de possession de balle, on a quand même eu des pertes de ballons, je sais qu’on peut mieux faire », voulant « plus d’applications techniques ». « On est exigeant », mais « il faut aussi ne pas être rabat-joie et on est toujours perfectible », a-t-il poursuivi.
Match Amical Suisse - France : Un Passé Récent
L’équipe de France féminine de football s’est inclinée à Genève contre la Suisse en match amical, mardi 29 octobre (2-1). Laurent Bonadei et l’équipe de France féminine de football se sont inclinés en Suisse (2-1). Premier accroc pour Laurent Bonadei. « Il y avait beaucoup de changements, il fallait trouver des automatismes, on ne peut pas se satisfaire de perdre, il y a la frustration de tout donner, cela a été beaucoup d’informations pour elles », a-t-il expliqué, alors qu’il avait largement remanié l’équipe en titularisant quatre jeunes et nouvelles joueuses.
Les Bleues ont été surprises par la Suisse mardi soir. L'équipe de France de Laurent Bonadei, très remaniée et sans ressort offensif, a confirmé ses lacunes défensives en perdant contre la Suisse (1-2), mardi soir à Genève. La première défaite avec le nouveau sélectionneur des Bleues.
La volonté de régénérer l'équipe de France a son revers : après le match plutôt intéressant contre la faible Jamaïque (3-0, vendredi), l'ère Laurent Bonadei s'est poursuivie par un revers plutôt inattendu face à la Suisse, l'adversaire que les Bleues ont le plus souvent battu dans leur histoire. Ramona Bachmann n'a évidemment pas manqué l'occasion d'inscrire le 60e but de sa carrière internationale (en 151 sélections) en prenant à contre-pied Constance Picaud, qui n'a pas plongé (1-0, 25e).
L'ouverture du score a au moins réveillé l'équipe de Bonadei, plus incisive et vite récompensée : après un bon débordement de Dufour, Gago a égalisé dès la 34e, de près. Le premier but de la Nantaise au soir de sa première titularisation avec les Bleues. Mais, malgré quatre changements à la pause autant guidés par la nécessité de la gestion des temps de jeu avant le choc Lyon-PSG de dimanche en Championnat que par l'envie de l'emporter, la France n'a pas su forcer la décision. Première défaite depuis 2002 contre la Suisse
Pire, elle a cédé à la 54e sur un coup de génie de Naomi Luyet. À 18 ans, celle qui évoluait en piston gauche pour sa 5e sélection avec la Nati a déclenché, au bout d'un contre bien mené et depuis l'extérieur de la surface, une frappe superbe sous la barre (2-1). Dur pour la formation de Grace Geyoro, qui a hérité du brassard à son entrée à la pause, avec la sortie de Wendie Renard. Mais cela aurait pu être plus rude encore avec, toujours en contre, cette frappe d'Alisha Lehmann déviée par le pied de Thiniba Samoura et repoussée d'un rien sur le poteau par Picaud (64e).Les Bleues aussi toucheront le poteau, sur une reprise de Jade Le Guilly sur le deuxième temps d'un corner (83e), mais ne trouveront jamais la cible malgré plusieurs centres dans la boîte.
Cette défaite, la première contre la Suisse depuis 2002, n'est évidemment ni une bonne nouvelle pour son nouveau sélectionneur ni de bon augure avant le prochain rendez-vous des Bleues, d'une tout autre envergure, le 3 décembre contre les championnes du monde espagnoles, à Nice.
Euro 2025 : Un Objectif Majeur
Pleines d’espoir, les Bleues ont encore chuté avant les demi-finales de l’Euro 2025, samedi soir, à Bâle (Suisse). Une déception qui s’ajoute à celles que cette équipe accumule depuis plusieurs compétitions.
Suivre l’équipe de France féminine de football, c’est avoir l’impression d’être enfermé dans une boucle temporelle. Avant chaque grande compétition, l’espoir renaît. Après chaque grande compétition, l’issue est la même. Les générations passent mais, à la fin, les Bleues échouent toujours en quarts de finale.
En Suisse, les joueuses de Laurent Bonadei, en poste depuis août 2024, ont pourtant brouillé les pistes en réalisant un premier tour quasi parfait. Premières du « groupe de la mort » devant l’Angleterre et les Pays-Bas - les deux dernières nations vainqueures de l’Euro -, elles avaient réussi un sans-faute, qui laissait entrevoir, cette fois-ci, un dénouement positif. Las, les Tricolores ont réussi à ne pas se qualifier pour les demi-finales de l’Euro 2025, alors que le scénario, samedi 19 juillet à Bâle, leur a été ultrafavorable.
En supériorité numérique pendant près de deux heures face à l’Allemagne, après le carton rouge reçu par Kathrin Hendrich pour un improbable tirage de cheveux sur Griedge Mbock, les Bleues ont ouvert le score sur penalty, mais ont été incapables de marquer le but de plus qui les aurait mises à l’abri. Pis, l’équipe de France a laissé son adversaire égaliser, avant de finir par céder lors de la séance de tirs au but.
Le quart de finale de la France face à l’Allemagne dans cet Euro 2025 avait plutôt bien démarré. Après dix minutes de jeu seulement, Hendrich était expulsée côté allemand et offrait un penalty aux Bleues transformé par Geyoro. Déjà devant au tableau d’affichage, la France allait donc jouer 80 minutes en supériorité numérique. Seulement, Nüsken a vite égalisé et derrière, malgré de nombreuses occasions côté tricolore, il a fallu aller jusqu’aux prolongations, puis aux tirs au but, pour départager les deux formations. Et à ce jeu là, c’est l’Allemagne qui l’a emporté suite aux ratés de Majri et Sombath. Après le match, forcément, il y avait énormément de frustration côté tricolore.
Contexte de la Ligue des Nations
La France veut réaliser le cinq sur cinq. L'équipe de France féminine ne rigole absolument pas dans cette édition de la Ligue des Nations. La séletion suisse n'a toujours pas gagné le moindre match sur les quatre premières journées de cette Ligue des Nations. On recense deux matchs nuls contre l'Islande (0-0 et 3-3) et deux défaites contractées face à la France à l'aller donc (0-2) et contre la Norvège (2-1).
Mine de rien, les Suissesses n'ont plus gagné depuis six matchs toutes compétitions confondues si l'on prend en considération les deux revers en amical fin 2024 contre l'Angleterre (1-0) et l'Allemagne (0-6). La sélection de la Nati reste encore un cran-inférieur au gratin du football mondial féminin. Par ailleurs, elle monte de Ligue B où elle a aisément dominé des faibles sélections comme l'Azerbaïdjan, la Turquie et la Hongrie.
Absences et Présences Notables
Trois absences majeures à notifier pour la France, celles de le capitaine emblématique Wendie Renard (écartée), d'Eugénie Le Sommer (200 sélections) et de la milieu Kenza Dali (76 sélections). Auteuse d'un doublé dernièrement contre Manchester United, Sandy Baltimore (3 buts dans cette édition de la Ligue des Nations) est bien présente tout commes les Lyonnaises Diani (30 buts, 111 sélections), Majri (78 sélections, 18 buts), la jeune défenseuse Alice Sombath (1 cape) et la latérale Bacha.
Non-appelée depuis la fin 2024, Alisha Lehmann (8 buts, 57 sél) ne participera pas à ce rassemblement. Pas plus que la milieu Sow (13 buts, 54 capes) non-convoquée également et les défenseuses Aigbogun (99 sélections) et Bühler (60 capes) dans le même sac que les deux premières. En revanche, on retrouvera les excellentes Ramona Bachmann (60 buts, 153 capes) et Crnogorcevic (74 pions, 167 sélections) sans oublier l'offensive dijonaise Meriame Terchoun (43 capes). Dans le milieu, la Suisse peut compter sur la jeune prometteuse Sydney Schertenleib (Barcelone, 10 sélections, 18 ans) mais également sur les cadres Sandrine Mauron (44 sél), Géraldine Reuteler (13 buts, 75 capes) et la capitaine aux 125 sélections: Wälti (Arsenal, 5 réalisations) qui vient tout juste de remporter la Ligue des Champions féminine avec les Gunners face au FC Barcelone.
Prédictions et Analyse d'Avant-Match
En 6 oppositions directes entre les deux nations, la France s'est imposée à quatre reprises pour un nul et une défaite, lors d'un amical en octobre 2024. Déjà supérieure à l'aller, l'équipe de France devrait une fois encore s'emparer de la victoire et ainsi enchaîner un cinquième succès et plus que jamais accroître son avance sur la première place de ce groupe B.
Comme à l'aller, l'équipe de France pourrait s'imposer sans concéder le moindre but.
Matchs contre les Équipes Masculines : Une Perspective Intéressante
Tout était pourtant censé rester secret. En pleine préparation, l’équipe féminine de la Suisse affrontait jeudi 19 juin les U15 masculins du FC Lucerne, à Nottwil. Le deal était simple : le score de la rencontre ne devait pas être divulgué. Problème, à la veille de l’ultime test de la Nati féminine avant l’Euro face à la Tchéquie, le résultat fuite sur les réseaux sociaux à cause d’un jeune joueur lucernois, l’équipe hôte du championnat d’Europe à venir a perdu 7 à 1. Sans que l’on connaisse vraiment l’équipe alignée, le nombre de changements ou le contexte global de la rencontre, la sélectionneuse Pia Sundhage et ses joueuses subissent les moqueries malheureusement habituelles et sont victimes de sexisme.
Si sur le papier, ce type de match semble étonnant, pour Camille Abily, entraîneure adjointe de Chelsea, le bénéfice pour les joueuses est indéniable. « Dès que l’aspect athlétique rentre en jeu, c’est difficile, mais à partir du moment où les garçons sont assez intelligents pour comprendre que face à nous, il ne faut pas jouer physique, c’est très intéressant parce que cela permet à nos joueuses de jouer et de voir plus vite, pointe l’ancienne joueuse de l’Olympique lyonnais et de l’équipe de France féminine. À chaque fois que les gars sont venus s’entraîner avec nous, ils étaient ravis, parce que c’est une approche différente. Notamment parce qu’à défaut d’avoir l’intensité et le physique, ils pouvaient travailler l’aspect tactique et technique, qui est l’une des grandes forces du football féminin. À partir du moment où les garçons sont assez intelligents pour comprendre que face à nous, il ne faut pas jouer physique, c’est très intéressant parce que cela permet à nos joueuses de jouer et de voir plus vite.
Dans ces confrontations, l’état d’esprit des garçons est plus que positif, selon l’internationale française Charlotte Lorgeré. Mis à part quand l’ego est touché. « Quand j’étais pro, je n’ai quasiment jamais eu de soucis quand j’affrontais des garçons. La seule fois, c’était quand Alexandra Atamaniuk avait mis un petit pont à un jeune. Le gars avait balancé le ballon sur elle, et après, tout le monde courait après le petit, se marre la chroniqueuse de L’Équipe de Greg. Et le match avait été interrompu. Mais c’est la seule fois. Les amateurs sont toujours très contents de nous rencontrer. La bonne humeur est de mise, et l’intérêt sportif est tout trouvé.
Le problème, c’est que certains profitent de certaines défaites féminines pour attaquer directement les joueuses. Une pratique courante qui exaspère Abily : « Ça me gêne que l’on mette en avant ces scores, c’est nul ! Souvent, c’est relayé en plus par des personnes qui ne traitent jamais le football féminin. C’est un buzz. Quel est l’intérêt ? Je ne vois pas pourquoi certains médias mettent ça en avant, après, depuis que l’on est petite c’est ça, on est blindés, mais tout le monde n’a pas ce caractère-là.
Faire des matchs amicaux contre des garçons est monnaie courante en Première Ligue, notamment au FC Nantes. Chaque saison, l’entraîneur principal Nicolas Chabot fait entre trois et quatre oppositions entre les jeunes du centre de formation des Canaris et ses protégées. Pourtant, mis à part les principaux concernés, personne ne connaît le résultat de ces rencontres. « Nous, que l’on perde ou que l’on gagne face aux garçons, on ne communique jamais sur ces rencontres, notamment à cause de ce style de réaction. Parce que tu sais que si tu perds lourdement, tu peux avoir cette image-là, alors que ce sont des matchs hyper-intéressants, pose l’ancien responsable des U13 du FCN. Si demain un article du type sort, ça va me faire chier. Ce genre de bad buzz va à contresens du développement de la mixité.
Les équipes féminines optent quasiment exclusivement pour des catégories de jeunes parce que le gap physique avec leurs homologues masculins est très conséquent. C’est d’ailleurs ce que tenait à rappeler Ramona Bachmann, attaquante de la sélection helvète : « Oui, parfois les équipes masculines U15 battent les meilleures équipes féminines. Pourquoi ? La génétique. Les garçons développent naturellement plus de masse musculaire, de vitesse et de force pendant la puberté grâce à la testostérone. C’est une question de biologie, pas de niveau de compétence. » Une explication scientifique implacable.
Ce n’est pas le technicien nantais qui dira le contraire : « Aujourd’hui, il y a des jeunes garçons à 16-17 ans, ils s’entraînent ou jouent même avec des équipes de Ligue 1. Cela veut dire qu’athlétiquement, ils ont le niveau d’affronter des mecs de 25-30 ans. L’un des nœuds du problème est que le football est le seul sport (ou presque) où l’on compare la pratique masculine à celle féminine. De plus, l’amalgame qui est souvent fait par les suiveurs est de dire que le plus haut niveau chez les filles correspond aux U15 chez les garçons, alors que la maturité physique rend les deux incomparables.
Malgré ces différences, la vaste palette de jeu du football masculin permet aux joueuses de travailler et donc de développer des aptitudes bien spécifiques. Passé par Montpellier et actuellement au Havre, l’entraîneur Maxime Di Liberto a constaté les côtés positifs de ces rencontres pour ses équipes. « Le garçon va venir plus vite cadrer la porteuse de balle, donc elle va devoir prendre de l’information bien plus rapidement, décortique le technicien du HAC.
Outre le côté terrain, certaines équipes doivent parfois faire plusieurs centaines de kilomètres pour affronter des formations équivalentes. « Lors d’une de mes saisons au MHSC, les formations les plus proches, c’était Toulouse, voire Marseille. Déjà, c’est 1h30, 2h de route. Donc on faisait aussi beaucoup d’interclubs. Par exemple, on avait joué les U15 ou U16 pour préparer un match face à l’OL, et ça nous avait vachement aidés.
Dans un football où la mixité est de plus en plus encouragée, bien choisir l’adversaire est l’une des clés pour que la confrontation se passe au mieux. Selon les entraîneurs, l’importance est surtout de bien connaître son groupe, notamment à propos de ses ressources physiques et mentales, pour ne pas le mettre en grande difficulté et risquer la crise de confiance. Face à des préjugés tenaces, les acteurs du foot féminin tentent malgré tout de faire front face à la violence et au sexisme ambiants. À force, leurs récurrences agacent : « Combien de fois j’entends : “Si je me rasais et que je mettais une perruque, je pourrais jouer en Première Ligue…” alors que t’es pas une femme en fait », souffle Nicolas Chabot. « Il y a des gens qui seront toujours contre le foot féminin alors qu’ils ne viennent pas au stade et ne regardent pas les matchs, enchaîne Maxime Di Liberto. C’est pas grave, il ne faut pas les considérer.
Réactions Après le Match Contre l'Allemagne
Après le match, forcément, il y avait énormément de frustration côté tricolore. « De la déception. Et beaucoup de frustration parce qu’on n’a pas su trouver la faille, on n’a pas forcément joué le jeu qu’on joue d’habitude. C’est triste parce qu’il fallait marquer un but de plus qu’elles. On est arrivées à cette séance de penalty […] Puis, c’est la loi du sport. On a dû mal à réaliser pour l’instant. On aurait vraiment voulu aller au bout. C’est dur. On avait engrangé pas mal de confiance. On ne s’y attendait pas forcément », a d’abord lancé la revenante Griedge Mbock.
Mais c’est clairement Salma Bacha qui a eu les propos les plus forts, allant jusqu’à dire noir sur blanc que l’Allemagne n’a rien mérité hier soir. « Je suis forcément déçue, on avait à cœur de montrer de la détermination. Elles ont fait un match exceptionnel car à dix contre onze, elles ont bien tenu, on a eu deux buts refusés, une barre transversale et les pénalties c’est une chance sur deux. Je n’ai pas les mots, je ne sais pas quoi vous dire, c’est l’aventure qui s’arrête. On a simplement joué comme on savait, on a la possession, on voulait prendre du plaisir sur le terrain, mais on s’est peut-être précipité sur certaines choses », a expliqué la Lyonnaise, avant d’ajouter : « elles n’ont rien proposé en face, elles ont défendu, ce n’est même pas mérité, je suis une mauvaise perdante ». Des morts forts.
Le sélectionneur Laurent Bonadei a lui aussi pris la parole. « Des regrets parce que quand on est à 11 contre 10, on sait qu’il n’y a plus d’infériorité sur les coups de pied arrêtés. Il fallait vraiment éviter de leur donner ces opportunités. Sur un corner, elles reviennent au score. Après on a manqué un peu de justesse technique dans la zone de finition, l’Allemagne a bien défendu, on n’a pas réussi à trouver la faille, si ce n’est sur deux buts hors jeu. Il ne manquait pas grand chose », a-t-il résumé.