Le Stade Plabennecois, club de football emblématique de la région bretonne, possède une riche histoire qui s'étend sur plusieurs décennies. Des modestes débuts en tant que Plabennec-Sports aux épopées mémorables en Coupe de France, le club a su évoluer et marquer de son empreinte le paysage footballistique local et national.
Les origines : Plabennec-Sports (1933-1945)
Les archives les plus anciennes du club remontent à 1933, avec la création d'une association régie par la loi de 1901, nommée Plabennec-Sports. Cette année-là, l'équipe dispute ses premiers matchs amicaux, environ sept ou huit. Un premier terrain est aménagé à Lohigou. Il s'agissait simplement d'un champ à peu près plat, rectangulaire et de dimensions convenables. Après deux années à Lohigou, le club déménage pour un terrain à Landouardon, similaire au précédent. Ce nouveau terrain de jeu sera le théâtre des rivalités locales jusqu'en 1939, date du début de la Seconde Guerre mondiale.
L'Étoile Saint-Thénénan et l'affiliation à la Ligue de l'Ouest (1945-1969)
Après la guerre, en 1945, le club, alors connu sous le nom d'Étoile Saint-Thénénan (E.S.T.), rejoint la Ligue de l'Ouest et commence ses débuts officiels dans la compétition. L'E.S.T. a connu des années glorieuses, marquées par des montées, mais aussi des déceptions avec des descentes. Dès 1958, le club mise sur la formation des jeunes, créant une équipe "junior" et une équipe "cadet", puis une équipe de minimes au début des années 1960. L'E.S.T. s'installe par la suite à Kergoff (cimetière actuel).
La transition vers le Stade Plabennecois (1969-1978)
Jean Bothorel, président de 1964 à 1978, joue un rôle essentiel dans la transition entre l'Étoile Saint-Thénénan et le Stade Plabennecois, qui a lieu en 1969. Jusqu'à la fin de son mandat en 1978, le club s'enracine en Division d'Honneur Régionale (DHR), malgré une année difficile en 1977. Surtout, il continue d'améliorer ses structures. En 1972, le Stade quitte le mythique terrain de Kergoff pour la butte de Kervéguen. Bien entouré par un comité directeur où régnait une saine ambiance, les différents sujets sont abordés sereinement. L'équipe A évoluait en DHR avec comme entraîneur André Thomas, ancien joueur du stade et professeur d'EPS. Cette équipe était composée de Patrick Bars, Christian Philippot, Louis Guivarch… Par ailleurs, en 1978, une équipe féminine est créée. Jacques Bossard, Jacques Bihan, puis Albert Lavanant entraînent ces filles, une quinzaine environ, qui jouent contre Landerneau, Ploudaniel, le Bergot…
Les années 1980 : restructuration et ambitions
En 1981, certains joueurs du stade préfèrent le football loisir au championnat de ligue ou de district. Cette possibilité d'évoluer en loisirs n'existait pas à l'époque à la ligue de Bretagne. Cette association, présidée par René Thuault puis André Thepaut, dure six saisons.
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L'arrivée de nouvelles têtes au comité directeur en 1981 est l'occasion de tout remettre à plat et de mettre en place de nouveaux modes de fonctionnement basés sur une meilleure répartition des tâches (travail en commissions). Cette organisation donne, année après année, une impulsion nouvelle au club. Lors de la saison 1984/1985, le club fête son 50e anniversaire et accède à la Division Supérieure Régionale (DSR). L'équipe, sous la direction de Pierre Paugam, arrivé en 1982, progresse et affiche un bilan impressionnant avec 53 buts marqués et 13 encaissés.
En parallèle, le club doit faire face à des défis, notamment en ce qui concerne le niveau des équipes de jeunes. De plus, la montée en DSR impose au club d'avoir un entraîneur titulaire du Brevet d'État. C'est dans ce contexte que Jean-Louis Lamour, titulaire d'un Brevet d'État 2ème degré, est recruté en 1986.
La saison 1987/1988 est marquée par des résultats positifs, notamment chez les jeunes. En place depuis mai 1981, Xavier Trévian décide de ne plus se représenter à la présidence du club en 1988, laissant la place à JY Fagon.
Les années 1990 : l'ascension vers le niveau national
Pour faire face à l'ampleur et la diversité des tâches, le comité directeur essaie de partager les responsabilités. Yvon Abily assure le secrétariat du président, et quatre vice-présidents animent chacun une commission : Pierre Corre pour la technique, Christian Le Siou pour l'animation, Xavier Trévian pour les relations extérieures et Jean-Louis Paugam pour le matériel. Au secrétariat, Jean Yaouanc et Yolande Morvan, à la trésorerie, Jean-Claude Rio et Pierre Corre veillent à la bonne marche de l'association. La formation des jeunes joueurs, des arbitres et l'entraînement des seniors sont organisés par Pierre Corre et Jean-Louis Lamour avec la commission technique. Le projet sportif est solide, et tous, entraîneurs et joueurs se mettent au diapason derrière le chef d'orchestre hors pair qu'est Jean-Louis, entraîneur du club.
Au plan sportif cette saison est certainement une des plus riches sinon la plus riche du Stade Plabennecois. Une nouvelle saison qui verra Plabennec réussir un excellent parcours en coupe de France, pour la deuxième année consécutive le stade plabennecois atteint les 1/32 ème de finale. Ce match disputé à Kervéguen devant plus de 5 000 supporters a permis aux plabennecois d'affronter une équipe du Mans (D2) qui a pris au sérieux notre équipe de DH qui s'incline logiquement devant plus forts (4 à 1). Une nouvelle saison qui est à marquer d'une pierre blanche, pour la 1ère fois de son histoire le Stade Plabennecois atteint le niveau fédéral. En effet, à l'issue du championnat de DH, la première place du stade lui permet de monter en Nationale 3. Pour sa première saison en Nationale, le stade se comporte fort bien et termine à la 7ème place en championnat, tandis qu'en coupe de France, il est éliminé au 7ème tour par les voltigeurs de Châteaubriant (N3) et en coupe de Bretagne en ½ finale par le FC Vannes (N2). Le début de saison sera marqué par la mise en service de la nouvelle tribune.
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Lors de la saison 1989-1990, le club atteint les 32es de finale de la Coupe de France, affrontant les Girondins de Bordeaux (D1) au Stade Francis-Le Blé devant près de 12 000 spectateurs.
Les années 2000 : entre CFA et Coupe de France
Pour cette 1ère année en CFA, Plabennec atteint son objectif de maintien. Par contre, les aléas du tirage au sort de la coupe de France font que , dès notre rentrée nous sommes sortis par le Stade Brestois qui bataille dans le même groupe en championnat CFA. C'est une saison qui restera dans les annales du stade, non pas, par son côté sportif, mais par un ensemble d'évènements extra-sportifs. Plabennec a obtenu une dérogation pour sa première saison en CFA (97-98), en 98-99, la fédé refuse une nouvelle dérogation qui oblige Plabennec à trouver un terrain de repli : ce qui fut fait avec Saint-pol-de-Léon, merci la Fédé, surtout quand on voit les horaires de match actuellement. A noter, que sportivement, tous les clubs qui rencontrèrent Plabennec à domicile acceptèrent de modifier les horaires pour permettre aux matches de se dérouler à Plabennec, à l'exception de la GSI Pontivy, merci Mr Jarnigon, qui imposa un match à ST Pol.
Pour répondre aux attentes du club, après bien des péripéties (cf les projecteurs de Metz), la municipalité vote le budget nécessaire à la réalisation de l'éclairage. Mais, la descente de l'équipe A en CFA 2 entraîne un subit revirement municipal : l'éclairage du stade ne se fera pas. Une équipe en CFA 2, une en DH, la saison s'annonce difficile. En effet, l'équipe B devra s'avouer vaincu sur le fil et descend en DSR malgré une bonne saison. Par contre l'équipe A se montre remarquable. En coupe de France, elle s'incline 1 à 0, contre le cours du jeu, au 7ème tour face à la GSI, à Pontivy. Mais surtout, sa deuxième place en championnat, derrière le FC Nantes qu'elle avait ballotté (2 à 0) à Marcel Saupin, lui permet de participer aux barrages pour l'accession en CFA. 3 matches ,dont deux à l'extérieur (Dieppe et La Chapelle St Luc).
Pour cette nouvelle saison, le club est de nouveau en CFA, et comme par enchantement, le conseil municipal a voté à l'unanimité pour l'éclairage du terrain principal. Il n'y a que la fédé à jouer les grincheux et à faire jouer le premier match de la saison à St Pol ,contre les Lilas, car l'éclairage n'est pas encore opérationnel. Une défaite qui a peut-être coûté le maintien en fin de saison. En effet, le stade ne fait qu'un bref passage en CFA avec une 16ème place synonyme de relégation. En coupe de France, élimination au 7ème tour par la Roche sur Yon (National) sur le score de 4 à 3., en championnat, les résultats sont satisfaisant dans l'ensemble. A l'assemblée générale du 7 juin, le président François Ollivier annonce son départ du club, motivé par son déménagement dans le sud-Finistère pour raisons professionnelles.
Les années 2010 : épopées en Coupe de France et difficultés financières
Cette saison est marquée par le meilleur parcours en coupe de France du Stade Plabennecois qui est éliminé par l'AC Amiens (L2) en 1/16ème de finale au stade de la Licorne devant 300 supporters plabennecois : 5 cars avaient fait le déplacement pour cette fête. Pour cette nouvelle saison, Bernard Maligorne qui pense déjà à sa succession, souhaite un adjoint. Il choisit pour remplir cette mission un joueur du groupe A qui possède les diplômes nécessaires pour entraîner un club de notre niveau : Franck Kerdiles, qui continue néanmoins à jouer dans le groupe A. A la fin de la saison, le stade termine à une confortable 5ème place.
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En 2010, le club réalise un parcours mémorable en Coupe de France, éliminant notamment Nice (L1) en 1/32es de finale (2-1) et Nancy (L1) en 1/16es de finale (2-0). Leur parcours s’arrête en 8e de finale face à Auxerre (4-0).
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Les années 2020 : 90 ans d'histoire et passion pour la Coupe de France
" La coupe, on l'aime ou on ne l'aime pas", cette phrase prise au débotté évoque pour le Stade Plabennécois, une passion extrême pour la plus belle compétition, la coupe de France. De son premier 32ème finale en 1990 face aux Girondins de Bordeaux, à Francis Le Blé, à sa dernière épopée en 16ème finale face à Grenoble, en 2023, trois décennies d'une passion locale, qui a fait connaître Plabennec partout en Bretagne, même en France, par son club de football. Avec la caisse de résonnance du sport le plus populaire, toute une ville a été liée aux exploits des Rouge et Blanc, toutes les générations se sont éprises de passion, ont partagé et vibré pour les hauts faits d'armes de ces Plabennécois qui aimaient ferrer avec les clubs bien plus huppés et ainsi renverser des montagnes.
En 2024, le Stade Plabennecois fête ses 90 ans. Pour marquer cet événement, un film retraçant l'histoire du club et sa passion pour la Coupe de France est projeté. Ce film met en lumière les moments privilégiés entre le club et sa ville, les épopées sportives et l'esprit de corps qui anime les joueurs et les supporters.
Aujourd'hui, le Stade Plabennecois continue de faire vibrer la ville de Plabennec et de porter haut les couleurs du football breton. Fort de son histoire, de ses valeurs et de sa passion pour le jeu, le club se tourne vers l'avenir avec ambition et détermination.
Personnalités marquantes
Plusieurs personnalités ont marqué l'histoire du Stade Plabennecois, parmi lesquelles :
- Jean Bothorel : Président de 1964 à 1978, il a joué un rôle clé dans la transition entre l'Étoile Saint-Thénénan et le Stade Plabennecois.
- Pierre Paugam : Entraîneur dans les années 1980, il a mené l'équipe à la montée en DSR.
- Jean-Louis Lamour : Entraîneur à la fin des années 1980 et au début des années 1990, il a contribué à structurer le club et à développer la formation des jeunes.
- Patrick Bars : Joueur emblématique du club dans les années 1990, il a participé à l'épopée en Coupe de France en 1990 et a continué à s'investir dans le club en tant qu'entraîneur des jeunes.
- Hervé Foll : Président de 2008 à 2012, il a vécu de grandes épopées en Coupe de France et a mis en avant l'importance de cette compétition pour les finances du club.
- Michel Pommellec : Président actuel, il a pris les choses en mains pour assurer la stabilité financière du club.
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