Le stade municipal de football, un lieu emblématique où se déroulent des compétitions sportives passionnantes, a une histoire et une architecture riches et variées. Cet article explore l'évolution de ces stades, en mettant en lumière des exemples spécifiques et en soulignant les aspects architecturaux qui les rendent uniques.
L'Émergence des Stades Municipaux
À la fin du XIXe siècle, la pratique sportive se développe rapidement, avec la popularisation de l'athlétisme, du football et du rugby. Les associations sportives s'organisent grâce à la loi de 1901, ce qui permet au sport de se répandre dans toutes les couches de la société. Bien sûr, il existait déjà des terrains pour la pratique amateur, mais les premiers stades - comprenant des tribunes, permettant d’accueillir du public et des compétitions - apparaissent principalement dans l’entre-deux-guerres, souvent à l’initiative des municipalités socialistes, particulièrement favorables à la pratique. En 1936, le Front populaire met en place la première politique publique sportive, et va soutenir le développement des équipements sportifs.
Au début du XXe siècle, la France est un peu en retard par rapport à ses voisins européens, le sport n’est pas encore une discipline partagée par le plus grand nombre. En 1900, pour l’accueil des Olympiades, l’organisation doit se contenter des infrastructures existantes, telles que le vélodrome de Vincennes. Alors que pour Athènes ou encore Londres, de magnifiques stades sont édifiés. Dans l’Hexagone, l’Etat est assez réticent à construire de « grands » stades. Lorsque dans les années 1920, les instances sportives argumentent sur la nécessité de construire des espaces sportifs, l’Etat soutient alors les équipements de proximité, accessibles à tous pour un sport éducatif et de loisir. Quand la demande porte sur un grand stade, il y a une sorte de méfiance du « sport spectacle ». Les stades d’envergure qui voient le jour sont pour la plupart soutenus par des investisseurs privés, à l’image des vélodromes pour les compétitions de cyclisme, comme le Parc des Princes (1897, puis 1923) ou le Vél’d’Hiv (construit en 1909). Rappelons que le stade olympique de Colombes est construit par le Racing Club.
Les Premiers Stades: Des Modèles en Évolution
Lorsque la question de la construction de stades en France se pose au début du XXe siècle, il n’existe pas vraiment de modèle. Excepté les références aux stades antiques ou les tribunes d’hippodrome, il n’y a pas d’enseignements à proprement parler. Lorsqu’en 1913 des étudiants des Beaux-Arts planchent sur ce programme, ils projettent une entrée triomphale, grandiose mais n’abordent pas les questions fonctionnelles et techniques. L’architecture des stades va donc se nourrir des innovations issues du génie civil. L’usage du béton armé, matériaux de la modernité, est parfaitement mis en œuvre au stade Gerland de Lyon. Pour sa technicité, sa capacité à supporter les charges, sa plasticité, il est plébiscité dans la construction de stades jusqu’aux années 1970. Puis, on voit apparaître les couvertures de plastique suspendues comme à Laval, en toile tendue à Plémet ou comme à Villeneuve-d’Ascq à travers une toiture métallique retenue par des câbles d’acier. On est alors dans une quête de performance. Le stade devient un lieu d’innovations, et même d’expérimentations. Dans un premier temps, les gradins sont très sommaires, peu confortables ; des tribunes d’honneur, pour les notables officiels, bénéficient d’un peu plus de confort. Aujourd’hui, dans la majorité des cas, les tribunes sont toutes couvertes. Pour les stades d’envergure, la différenciation se joue alors sur le confort des sièges, de la position dans les gradins. Des espaces privatisables font leur apparition. Les stades se ferment, telles des arènes, et concentrent les regards sur le centre, sur la pelouse.
Les Fonctions Évolutives des Stades
Le stade va bien sûr être le lieu de la démonstration sportive, mais aussi un atout politique et social pour la modernisation des villes. Une nouvelle législation va inciter à la création d’espaces destinés au sport. La loi Cornudet de 1919 encourage notamment les municipalités de plus de 10 000 habitants à penser et à organiser la ville en intégrant la question de la pratique sportive. Le stade est installé en bordure de ville, souvent proche des zones plus populaires, industrielles et loin des centres historiques encombrés. Aujourd’hui, ces stades sont pleinement intégrés aux villes mais ils ont participé à leur extension. Certains stades vont jouer un rôle essentiel dans l’histoire des villes. C’est par exemple le cas du stade Bollaert de Lens. En 1933, il voit le jour à l’initiative d’un entrepreneur privé, Félix Bollaert, directeur commercial de la Compagnie des mines de Lens. Au départ, il imagine ce stade pour son personnel, pour favoriser son propre ancrage local mais également pour développer les clubs sportifs de la région, à l’image de Marcel Michelin à Clermont Ferrand ou encore Raoul Dautry pour la SNCF. Dès 1938, Félix Bollaert met son stade à la disposition du Racing Club de Lens, l’équipe de la ville, qui ne dispose pas d’équipement sportif particulier. Le stade est ensuite racheté par la municipalité, pour un franc symbolique, et va devenir une sorte de symbole dans la ville, avec des supporteurs fidèles - souvent d’anciens mineurs - qui s’y réunissent.
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Exemples de Stades Municipaux Emblématiques
Pour comprendre l’évolution de l’architecture des stades, plusieurs exemples méritent d’être mentionnés :
- Le stade de Gerland (1913-1926) à Lyon : Il pose les bases de ce que doit être un stade moderne, monumental, dédié aux sports athlétiques.
- Le stade Chaban-Delmas de Bordeaux (1938) : Il incarne la prouesse architecturale avec sa sublime couverture en voile de béton armé qui couvre l’ensemble des tribunes.
- Le Parc des Princes (1972) : Il marque une autre dimension en matière d’ingénierie, étant en partie posé sur le boulevard périphérique. C’est le premier grand stade français où chacun a une place assise et où il y a un espace consacré à la presse.
- Le stade Charlety (1986-1994) : Il impose une esthétique très forte avec sa structure mixte de béton et de métal laissée apparente.
- Le stade de la Licorne (1999) à Amiens : Il se distingue par sa haute structure entièrement de verre et de métal, offrant une version ouverte sur son environnement.
- Le Braga Municipal Stadium: L’architecte en charge était Eduardo Souto de Moura, qui a construit il ya vingt ans dans la banlieue rurale de Braga, puis son premier ouvrage, le marché Carandá. Le pot ou bonbonnière traditionnelle des terrains de football, avec la température émotionnelle élevée, est ici remplacé par un scénario monumentale sec pour les émissions sportives, tout en reconnaissant la nature des médias de football moderne. Il est actuellement loué par le SC Braga, qui l’utilisaient comme leur terrain de jeux. Il est l’un des plus hauts quartiers de la ville. L’emplacement a été choisi pour éviter un mur de soutènement sur les rives de la vallée. C’est le premier projet architectural important entrepris dans le domaine des carrières désaffectées dans cette région du Portugal est riche en granit. Sa mise en œuvre unique pour la cité recouvre la zone marginale et sert de support pour la croissance future. L’image est d’une sculpture archaïque, et en fait, l’architecte semble avoir été inspiré par les anciens Incas du Pérou de ponts, fait avec de la corde. L’objectif de l’architecte et le client était de créer un point de repère dans le paysage de cette région construite par un travail en mesure d’exercer une certaine force d’attraction, non seulement à abriter des activités, mais en raison de sa géométrie particulière et par les particularités de sa structure. Avec une hauteur de 40 mètres, le stade est situé entre deux personnes combler le fossé. Opéra en tant que récipient concave / convexe, un boîtier shell qui tourne et passe, en valorisant une relation ambiguë avec la terre, elle est entourée de vide devant, dessous, derrière et sur les côtés. Le stade a été construit avec des étapes seulement sur les côtés du terrain. La structure en béton armé avec des lignes simples définir les deux tribunes. Derrière fond, les parois rocheuses de la carrière avec un amphithéâtre. Le fonds est une main ouverte avec une vue panoramique sur la ville. La hauteur, verte artificielle, montre retentissant, rectangulaire et plane vu de la forte pente de deux stands. Ici, symétrique et que face à des images spectaculaires dominent le champ avec insistance, en étendant ses frontières étirée pour couvrir les frais généraux. Le stade a également accès par le haut, à partir de la ville. Le front de la symétrie tribunes complète la symétrie horizontale de réponses: en dépit de son caractère obstacle imposé à flanc de colline, la cavité entre le béton et la roche peut suivre un chemin, de bas en haut ou de haut en bas, esquivant le stade pour le voir par derrière et en dessous. Embarqué sur le rocher, inaccessible par le côté ouvert, le visiteur éprouve un voyage qui le prend par surprise, jusqu’à ce que la roche excavée et une grotte labyrinthique, s’élève vers le haut traversé par des piliers, escaliers, ascenseurs et noyaux salle de bains libres. Le principal accès public se produit dans le nord, à travers une place de stationnement dont la taille est contrôlée par un réseau de plantation de bouleau. De la place, une légère pente, le visiteur s’approche du stade diagonale, accompagné de son côté vue en raccourci. Lorsque vous vous déplacez en pente douce, la vision devient avant raccourci de la structure en béton de la tribune Nord. Face écrans en béton, ils perdent leur structure de caractère pour la composition de la façade, dont la forme oscille entre l’ordre avant et classique et moderne répétition sérielle. Les rampes agissent comme des filtres, conduisant à des endroits différents. Certains, en prenant le visiteur doucement monter la tribune Nord se soulever contre lui.
Le Stade Vélodrome de Marseille: Un Cas d'Étude
Le stade Vélodrome de Marseille est un exemple emblématique de l'évolution des stades municipaux. Son histoire est marquée par des transformations successives pour s'adapter aux besoins changeants du sport et des spectateurs.
Les Premières Années
L’histoire du Stade Vélodrome ne s’est pas commencée avec l’amour des Marseillais pour le football. Avec les pratiques de plus en plus courante du sport, mais aussi la mode naissante de l’hygiénisme et le thermalisme, la municipalité de Siémon Flaissières décide en 1928 d’ériger une série d’équipements sportifs à Marseille et notamment un stade olympique. L’emplacement est décidé par le maire : il s’agira de la plaine se développant au Sud du Parc Chanot, le long de l’Huveaune. Il se dresse ici déjà un premier vélodrome, appelé Larchevèque, qui deviendra le stade Jean Bouin. Quelques propriétés autour seront rachetées par la mairie entre 1931 et 1932. L’implantation prend place sur les anciennes usines automobiles Turcat-Méry.
L’organisation de la Coupe du Monde de Football en 1938 va précipiter le lancement du projet, qui peinait à démarrer. Les premières installations sont inaugurées dès 1934. On dénombre des terrains de rugby, de basket-ball, une piste d’athlétisme, un gymnase, des courts de tennis, mais aussi déjà des terrains de football et même… un boulodrome. Mais le projet de Flaissières ne s’arrête pas là : il faut édifier un grand stade municipal, un vélodrome, et un véritable palais des sports.
En 1935, le successeur de Flaissières, Georges Ribot, pose la première pierre du futur édifice. Pour des raisons financières, la mairie est obligée de revoir ses ambitions à la baisse. C’est l’architecte parisien Henri Ploquin qui a été retenu pour la conception du stade vélodrome, répondant à un programme de 35.000 places assises dont 12.000 couvertes, ceinturant un terrain de foot aux normes internationales, une piste d’athlétisme de 450 m et divers équipements annexes, ainsi qu’une piste cycliste en ciment de 500 m de long sur 8 m de large. Les travaux, qui s’étalent sur 26 mois seulement, nécessitent le déplacement de 25.000 m³ de terre et la réalisation de pas moins de 240 pieux de 10 m de profondeur pour les fondations.
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Après deux ans de travaux, le stade vélodrome est inauguré le 14 juin 1937 par le maire suivant, Henri Tasso. Mais le projet gigantesque de Flaissières ne sera pas réalisé intégralement. Faute de budget, le palais des sports ne sera pas construit. Les Marseillais devront attendre 1988 pour que l’actuel Palais des Sports ouvre enfin !
Une Popularité Croissante
Le nouveau stade accueille de nombreuses manifestations. Plusieurs arrivées du Tour de France sont organisées devant le parvis du stade, comme ça a été encore le cas en 2013. C’est aussi le cas pour le Paris-Nice, le Tour du Sud-Est. En 1972, le stade reçoit les championnats du monde de cyclisme sur piste. La notoriété du vélodrome est immédiate.
L’athlétisme n’est pas en reste, même si la discipline est moins médiatisée. Mais c’est le rugby qui organise les premiers matches internationaux et nationaux, que ce soit pour le rugby à XV ou le Jeu à XIII, surtout pendant la quinzaine d’années qui suit la Seconde Guerre Mondiale. Les Marseillais assistent aussi à des courses de motos ou de Formule 1 sur piste. Plus anecdotiquement, on organise aussi au stade des matches de tennis, de handball ou de hockey sur gazon, de football américain. Le stade accueillera même, à la Libération, une compétition de base-ball avec les soldats américains.
Mais bien sûr, c’est le football qui va prendre progressivement l’ascendant sur les activités du stade. En 1932, le club de la ville, l’Olympique de Marseille, devient professionnel. Le stade de l’Huveaune, dont il est propriétaire, n’est plus suffisant pour accueillir les spectateurs. Aussi, les matches de l’OM sont organisés dans le Stade vélodrome dès son inauguration. La fête de l’inauguration du stade, le 13 juin 1937, se termine même par un match de l’OM devant près de 30.000 spectateurs.
Pourtant, les supporters de l’OM ont du mal à adopter le nouveau stade, accusant la mairie d’avoir voulu en faire un symbole international plus qu’un équipement municipal. Pour eux, le vrai stade de l’OM reste le stade Fernand Bouisson, que les Marseillais appellent stade de l’Huveaune. Situé dans le prolongement de l’hippodrome Borély, les supporters avaient financé eux-même la construction des tribunes 10 ans auparavant. Le stade en question a été démoli en 1998, lorsque le Vélodrome a été transformé pour accueillir la Coupe du Monde de Football. Il ne faut pas le confondre avec l’actuel Stade de l’Huveaune, justement près du Vélodrome.
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Les Premières Transformations
La vie du stade vélodrome est marquée par la variété des manifestations sportives. Mais peu à peu, les tribunes grignotent sur la piste cycliste, le football prenant une part de plus en plus importante.
En 1970 sont enclenchées les premières évolutions notables du stade. Les vieux projecteurs des tribunes Ganay et Jean Bouin sont remplacés par quatre pylônes de 60 m de hauteur pour les événements nocturnes. L’année suivante, la réduction de la piste cyclable et la disparition de la piste cendrée d’athlétisme permettent d’augmenter d’environ 6.000 places assises la capacité totale du stade, offrant désormais 55.000 places, en comptant les places populaires qui sont debout. Plus tard, la création des loges abaissera le nombre de places à 42.000.
Lorsque Bernard Tapie prend la tête du club en 1985, il décide de moderniser le stade. Avec l’organisation du Championnat d’Europe de Football l’année précédente, la pelouse avait déjà été intégralement remplacée. La piste cycliste n’étant plus utilisée, les travaux la suppriment complètement. Les deux virages sont réaménagés et la capacité du stade est portée à 48.000 places.
Le Stade "Enrhumeur"
Puisque la France organise la Coupe du Monde en 1998, la ville décide de lancer un appel d’offres pour une véritable rénovation en profondeur du stade.
Sa capacité est portée à 60.000 places, ce qui en fait le deuxième stade en termes de capacité d’accueil, après le Stade de France. C’est l’organisation-même du stade et sa structure qui sont revus à cette occasion. Ainsi, seule une partie de la tribune Jean Bouin et les gradins hauts de la tribune Ganay sont conservés. La façade historique est également préservée. Au total, 20.000 m³ de béton sont coulés sur place, 32 km de gradins sont construits ainsi que 400 volées d’escaliers, 650 tonnes de charpente et 1.500 tonnes d’armatures.
Le chantier est colossal mais les Marseillais sont en colère. La conception-même du stade est décriée : absence de toit, aucune résonance acoustique, configuration des gradins très évasée… Le stade est même surnommé « l’Enrhumeur » par l’entraîneur Rolland Courbis. Si bien que dès 2003, plusieurs projets de reconfiguration sont envisagés.
Le Nouveau Stade "Elite"
En 2009, la France annonce sa candidature de la France à l’organisation du Championnat d’Europe de football 2016. La ville de Marseille, propriétaire du stade, ressort de ses cartons les projets de modernisation : pour accueillir les matches de la compétition, le cahier des charges de l’UEFA impose une rénovation majeure du stade. Si bien qu’en 2010, la mairie dévoile le projet du nouveau stade vélodrome, projet porté par l’agence d’architecture SCAU.
L’objectif du projet est d’obtenir le classement « stade cinq étoiles » de l’UEFA1. L’élément majeur de la rénovation est de couvrir enfin le stade, mais aussi de porter sa capacité d’accueil à plus de 67.000 places assises. Enfin, le cahier des charges impose aussi l’augmentation du nombre de places dites « à prestations », autrement dit les espaces VIP, l’aménagement de salons de réception et d’un « accueil VIP haut de gamme ». La décoration des salons VIP retrace l’histoire du club.
Le Nouveau Stade dans le Paysage Marseillais
Aujourd’hui, la couverture du stade est sans contexte l’élément le plus marquant de cette transformation. Elle est portée par une structure métallique triangulée en acier galvanisé de 5.500 tonnes, soit l’équivalent de 80 % de la tour Eiffel. La membrane en fibre de verre, blanche et lisse, semble s’appuyer sur les quatre tribunes du stade et s’aplatit à leurs jonctions. Translucide, elle s’éclaire la nuit en révélant la structure métallique en contre-jour. Un système de récupération des eaux de pluies permet d’alimenter en eau non potable tous les besoins du stade, en particulier l’arrosage de la pelouse.
Le parvis du stade a été rehaussé. Ceci permet d’aménager une voie de secours intérieure qui permet d’accéder à n’importe quelle zone du stade en un temps record. Le parvis dissimule aussi divers locaux techniques et des parkings, pour les visiteurs comme pour les joueurs. Ils permettent d’accueillir jusqu’à 48 bus.
Les Quatre Tribunes
Les quatre tribunes du stade ont été rénovées au cours de la dernière campagne de travaux. Elles portent chacune le nom d’une célébrité marseillaise. Particularité du stade Vélodrome, elles ne sont pas reliées entre elles : impossible de faire le tour du stade depuis le haut des tribunes.
- La tribune Jean Bouin : Elle est la tribune principale du stade Vélodrome. Elle porte le nom d’un coureur de fond marseillais ayant remporté une médaille d’argent sur 5.000 m aux Jeux olympiques d’été de 1912. Jusque 2013, elle était la seule tribune couverte de l’enceinte. C’est celle qui se dresse contre le parvis du stade, côté Prado. D’une capacité d’un peu plus de 12.300 places, elle accueille la tribune présidentielle et les loges réservées à l’accueil des V.I.P.. C’est aussi ici que se dresse la tribune de presse, les caméras de télévision et les studios de diffusion, du côté sud. Les bancs des joueurs, qui sont en réalité des fauteuils, sont placés au centre de la tribune Jean Bouin. Ils sont implantés à un niveau plus bas que celui du terrain, qui est encerclé par une fosse. Dans le bâtiment de la tribune en lui-même, on retrouve aussi les différents services administratifs du stade et le musée-boutique de l’Olympique de Marseille. Sous la tribune se trouvent aussi les vestiaires des joueurs et des arbitres et la salle de conférence.
- Le virage Nord Patrice de Peretti : Que les Marseillais surnomment aussi virage Depé, porte le nom d’un supporter emblématique de l’Olympique de Marseille, fondateur du groupe de supporters des MTP et décédé à l’âge de 28 ans. Le virage comporte environ 13.800 places.
- Le virage Sud Chevalier-Roze : Plus communément appelé virage Sud, comporte quasiment le même nombre de places que le virage Nord : 13.800 places. Ce virage porte le nom d’un noble qui s’est distingué pendant l’épisode de la peste en 1720, en organisant le ravitaillement de la cité et en lançant la construction d’un hôpital.
- La tribune Gustave Ganay : Il s’agit de la plus grande tribune du stade, avec ses quelques 22.398 places. Elle culmine à 43 mètres, la toiture atteignant 61 mètres de hauteur. C’est elle qui reçoit les fauteuils en bleu et blanc qui forment les lettres « MARSEILLE », visibles sur la plupart des images du stade.
Les Nouveaux Aménagements Autour du Stade
Les travaux de transformation en 2014 ont été accompagnés d’une multitude de projets de densification des alentours. De nombreux logements ont été construits le long de la bordure nord du Vélodrome, ainsi que le long de l’Huveaune, au Sud. Ces opérations ont été réalisées par l’architecte Didier Rogeon, à qui l’on doit notamment la création de la bibliothèque de l’Alcazar. C’est lui aussi qui a construit en 2007 la station d’épuration qui se situe sous le parvis du stade, du côté du métro Sainte-Marguerite-Dromel, et sa géode de verre et d’acier de 13 m de diamètre. Il s’agit de la plus grande station d’épuration enterrée au monde !
Du côté du Rond-Point du Prado, c’est un centre commercial qui est actuellement en chantier, et dont l’inauguration est prévue pour 2017. C’est aussi Didier Rogeon qui a la charge de ce chantier, sous la direction de l’architecte Bonoy. On annonce aussi le déménagement des Galeries Lafayette, désertant leurs locaux de la rue Saint-Ferréol, ce qui laisse craindre aux détracteurs du projet une certain délaissement du centre-ville en faveur des nombreux centres commerciaux qui ouvrent à Marseille depuis quelques années…
Les Stades Aujourd'hui
Aujourd’hui, les stades ne sont plus vraiment les mêmes lieux car les objectifs ont changé. On va au-delà du stade avec la création de musées, d’hôtels, de centres commerciaux à proximité. Les espaces se démultiplient pour permettre plus d’attractivité et d’insertion dans la ville. Ces zones deviennent presque des « parcs de loisirs ». En matière d’architecture, la priorité est désormais donnée à la retransmission de matchs, mais aussi de concerts. Les stades deviennent des boîtes à spectacles, auxquels les spectateurs et supporters pourront assister depuis un canapé, une salle de cinéma ou une fan-zone. La quête du grand stade de 100 000 places n’est donc plus une priorité car il est possible d’assister à l’événement sans être présent dans le stade. Mais il est évident que le stade semble être devenu, pour les plus grands en tout cas, un monument à part entière.
La Préservation du Patrimoine des Stades
La reconnaissance des stades comme patrimoine matériel est très récente et encore peu développée. Si le stade Gerland à Lyon, œuvre de l’architecte Tony Garnier, a été inscrit au titre des monuments historiques dès 1967, cette protection se justifie par le fait que l’édifice peut être considéré comme le premier stade moderne et ayant joué ainsi le rôle de modèle. Sa protection s’est pourtant heurtée aux réalités financières et évènementielles. Des compromis ont été faits entre la conservation des éléments patrimoniaux majeurs et des aménagements en vue d’augmenter la capacité pour accueillir de grandes rencontres sportives, principalement les matchs internationaux de football. Une grande partie de la configuration actuelle des tribunes est née de ces compromis gommant l’aspect « à l’antique » voulu par l’architecte. Le stade de Firminy est classé monument historique en 1984. Beaucoup plus récemment, le stade Lescure-Chaban-Delmas à Bordeaux a été inscrit MH en 2022, venant ainsi reconnaître la première réalisation en France, en 1938, de tribunes intégralement couvertes grâce à l’emploi d’un système de voûtes en béton armé, à une époque où la plupart des couvertures étaient en structure métallique voire en bois.