Le soccer à Montréal a une histoire riche et complexe, marquée par des hauts et des bas, des moments de gloire et des défis constants. De ses modestes débuts dans les ligues de soccer américaines de deuxième division à son entrée en Major League Soccer (MLS), le soccer montréalais a évolué et s'est adapté, laissant une marque indélébile sur le paysage sportif de la ville. Cet article explore en détail l'histoire du soccer au Stade de Montréal, en mettant en lumière les moments clés, les personnalités marquantes et les défis rencontrés en cours de route.
Les débuts modestes : L'Impact de Montréal et l'APSL
L'histoire du soccer professionnel à Montréal a pris son essor en 1992 avec la fondation de l'Impact de Montréal par la famille Saputo. L'année suivante, en 1993, l'équipe a rejoint l'American Professional Soccer League (APSL), marquant le début d'une nouvelle ère pour le soccer dans la ville. Sous la direction d'Eddie Firmani, qui avait auparavant dirigé le Manic de Montréal dans la NASL, l'Impact a disputé son premier match devant un public enthousiaste de 5 380 spectateurs au Centre Claude Robillard, battant Tampa Bay 4-2.
Malgré une saison initiale difficile, l'Impact a persévéré et a connu une ascension rapide dans les années suivantes. En 1994, Valerio Gazzola a pris la relève en tant qu'entraîneur, menant l'équipe à sa première participation aux séries éliminatoires après avoir terminé troisième de la saison régulière. L'Impact a vaincu Los Angeles en demi-finale avant de remporter la grande finale contre les Colorado Foxes devant 8 169 spectateurs, offrant ainsi à Montréal son premier championnat nord-américain de soccer.
De 1995 à 1997, l'Impact a dominé l'APSL, terminant en tête de la saison régulière à trois reprises consécutives. Cependant, l'équipe n'a pas réussi à atteindre la finale à nouveau, étant éliminée par Atlanta, Rochester et Long Island respectivement.
Les défis et les changements de propriété
Au cours de l'hiver 1997-1998, l'Impact a participé à sa première de trois saisons de soccer en salle dans la National Professional Soccer League (NPSL). L'équipe a joué au Centre Molson, domicile des Canadiens de Montréal, mais le spectacle proposé était décevant et l'intérêt du public était faible.
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En 1998, Paul Kitson a succédé à Valerio Gazzola en tant qu'entraîneur. L'année suivante, en 1999, un tournant majeur s'est produit lorsque le groupe Saputo a vendu l'équipe à un groupe d'actionnaires locaux dirigé par Joey Saputo, qui s'est impliqué à titre personnel. Les nouveaux propriétaires ont décidé de ne pas participer à la saison estivale de 1999, invoquant la nécessité de se concentrer sur la saison intérieure de 1999-2000, qui se déroulerait au Centre Claude Robillard. Cette décision s'est avérée être une erreur, car elle a effacé une grande partie du travail accompli depuis la création de l'équipe.
L'Impact est revenu au soccer à 11 en 2000, mais a été éliminé dès la fin de la saison régulière pour la deuxième fois de son histoire. Au cours de l'année, la concession intérieure a été vendue à un groupe d'hommes d'affaires de Toronto dirigé par Neil Jamieson.
En 2001, Valerio Gazzola est revenu à la barre du club, et des joueurs européens tels que Grégory Campi et George Papandreou ont été recrutés. Cependant, la saison s'est avérée très difficile, le groupe Ionian décidant de mettre fin à son implication dans le club et de le déclarer en faillite en plein championnat. La A-League a dû mettre l'équipe sous tutelle pour pouvoir terminer la saison, et Joey Saputo a été nommé administrateur pour la ligue. Nick De Santis est devenu joueur-entraîneur, et les membres de l'équipe ont subi des coupures de salaires. Sans ces sacrifices, le soccer professionnel à Montréal aurait pu disparaître.
La renaissance et la construction du Stade Saputo
Pendant l'automne 2001, la reprise de l'équipe a été annoncée en grande pompe avec la participation de partenaires corporatifs majeurs tels qu'Hydro-Québec, le gouvernement du Québec et Saputo. L'avenir du club était assuré pour cinq ans, permettant à l'équipe de travailler plus librement à la construction d'une base stable. Bob Lilley a été embauché comme entraîneur, après avoir mené Hershey à la finale de la A-League.
Avec un noyau principalement composé de joueurs canadiens, ainsi que d'Eduardo Sebrango et Zé Roberto, l'Impact de Montréal version 2002 a retrouvé le chemin des séries éliminatoires. Bien qu'une élimination hâtive contre Rochester ait mis fin à une très bonne saison, l'équipe s'est consolée en remportant la première édition de la Coupe des Voyageurs, alors championnat du Canada officieux. La plus grande réussite de la saison a été l'augmentation de l'affluence au Centre Claude Robillard, avec une moyenne de 5 355 spectateurs par match, la plus élevée de l'histoire du club.
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Pour son dixième anniversaire en 2003, le club visait ouvertement le haut du tableau, avec l'arrivée de onze nouveaux joueurs. Malheureusement, le style de jeu défensif de Bob Lilley n'a pas permis de concrétiser ces ambitions sur le terrain. L'équipe a été éliminée prématurément en quarts de finale contre Rochester. Cependant, en coulisses, le club a remporté une deuxième Coupe des Voyageurs consécutive, a attiré un public encore plus nombreux et a intégré de jeunes joueurs prometteurs dans son noyau.
En 2004, Nick De Santis a pris la relève en tant qu'entraîneur, avec le mandat de mener l'équipe plus loin et de redonner un style plus attrayant au jeu montréalais. L'équipe a connu une nette progression offensive, tout en maintenant sa domination défensive. Après avoir terminé la saison régulière en deuxième position, l'Impact a vaincu Rochester en quarts de finale et Syracuse en demi-finale pour atteindre la grande finale de la A-League. Devant 13 648 spectateurs, l'Impact a remporté la victoire 2-0 contre Seattle, remportant ainsi le championnat.
En 2005, l'Impact a continué sur sa lancée, en commençant l'année par une série de 15 rencontres consécutives sans défaite. Malgré les blessures, les suspensions et les départs de joueurs clés, l'équipe a terminé la saison régulière avec 10 points d'avance sur son dauphin, Rochester. Cependant, l'Impact a été vaincu par Seattle en demi-finale, ratant ainsi l'occasion de défendre son titre.
L'événement marquant de l'année a été l'annonce de la construction du Stade Saputo, qui a ouvert ses portes en 2008. Malgré les bons résultats, l'équipe avait un problème structurel : elle marquait trop peu de buts. En 2006, l'Impact a recruté quatre des meilleurs buteurs de la D1 de la saison précédente, mais a perdu Eduardo Sebrango. Le milieu de terrain n'était pas à la hauteur, et l'équipe a connu le pire rendement offensif de son histoire. Malgré cela, l'Impact a terminé en tête de la saison régulière, mais a été éliminé par Vancouver en demi-finale.
L'année 2007 a commencé par un remaniement important de l'effectif. L'équipe a trouvé rapidement son rythme, mais a ensuite connu une baisse de régime. De nombreux départs et arrivées ont suivi, mais l'équipe a été éliminée prématurément en quarts de finale.
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L'ère du Stade Saputo et l'ascension en MLS
L'année 2008 a marqué un nouveau chapitre dans l'histoire du soccer montréalais avec l'inauguration du Stade Saputo, un stade de soccer spécialement conçu pour accueillir l'Impact de Montréal. Le stade a offert à l'équipe un domicile permanent et a renforcé l'infrastructure pour soutenir la croissance du soccer professionnel à Montréal.
En 2008, John Limniatis a été nommé entraîneur de l'Impact. La même année, le Championnat canadien a été relancé, offrant à l'Impact une occasion de rivaliser avec d'autres équipes canadiennes et de se qualifier pour la Ligue des champions de la CONCACAF. L'Impact a remporté le Championnat canadien et s'est qualifié pour le tour préliminaire de la Ligue des champions.
En Ligue des champions, l'Impact a réalisé l'exploit de sortir de son groupe, qui comprenait également Atlante (Mexique), Olimpia (Honduras) et Joe Public (Trinité-et-Tobago). En quarts de finale, l'Impact a battu Santos Laguna 2-0 au Stade olympique lors du match aller, devant près de 56 000 spectateurs. Cependant, l'équipe a été vaincue 5-2 au match retour, mettant fin à son parcours en Ligue des champions.
Après une défaite 1-0 contre Toronto, John Limniatis a été limogé et remplacé par son adjoint, Marc Dos Santos. La saison 2010 a été un mélange de rupture et de continuité. La compétition est devenue la Division 2 américaine, mais l'effectif est resté en grande partie le même. L'Impact a terminé à la dernière place du Championnat canadien et a connu des déceptions en saison régulière de la D2. L'équipe a été éliminée en demi-finale contre Cary.
La saison 2011 s'est avérée être un échec monumental. Après un départ calamiteux en NASL (nouveau nom de l'antichambre de l'élite américaine), Marc Dos Santos a remis sa démission. Nick De Santis a repris du service sur le banc jusqu'en fin de saison. L'Impact a terminé septième sur huit d'un championnat particulièrement faible.
La saison 2012 a été historique pour le club, puisqu'il a fait son entrée en Major League Soccer (MLS). Jesse Marsch a été nommé entraîneur, et l'équipe a recruté des joueurs de MLS expérimentés et de jeunes Américains. Des renforts sont arrivés d'Italie, et l'équipe s'est renforcée avec l'arrivée de Marco Di Vaio, premier joueur désigné de l'histoire du club, et d'Alessandro Nesta. L'Impact a terminé dans le ventre mou du classement et a réussi une bonne première saison.
L'Impact de Montréal en MLS : Succès et défis
Depuis son entrée en MLS en 2012, le CF Montréal a connu des moments de succès significatifs, notamment un parcours jusqu'à la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF en 2015, où il est devenu la première équipe canadienne à atteindre la finale de ce tournoi. Le club a également remporté plusieurs éditions du Championnat canadien, s'imposant comme l'une des équipes les plus performantes du pays.
Tout au long de son histoire, le CF Montréal a accueilli des joueurs extraordinaires tels que Marco Di Vaio, qui est rapidement devenu un leader de l'équipe après son arrivée en 2012. Cependant, le club a également connu des défis, notamment des difficultés à se qualifier pour les séries éliminatoires et des changements d'entraîneurs.
La saison 2023 a été une année de transition pour le CF Montréal, avec le départ de Wilfried Nancy, nommé entraîneur de l'année en MLS en 2022, et l'arrivée d'Hernan Losada comme nouvel entraîneur. Bien que l'équipe n'ait pas réussi à se qualifier pour les séries éliminatoires, elle a montré des moments d'éclat et des promesses pour l'avenir.
Le Stade olympique de Montréal : Un héritage des Jeux de 1976
Le Stade olympique de Montréal, construit pour les Jeux olympiques d'été de 1976, a joué un rôle important dans l'histoire du soccer à Montréal. Conçu par l'architecte français Roger Taillibert, le stade a été surnommé "Big O" en raison de sa forme de soucoupe volante. Le stade a accueilli de nombreux événements sportifs et culturels, notamment des matchs de soccer de l'Impact de Montréal et des matchs de la Coupe du monde féminine de la FIFA.
Le Stade olympique a également connu des difficultés, notamment des problèmes avec son toit rétractable et des coûts de construction élevés. Malgré ces défis, le stade reste un symbole important de Montréal et un lieu de rassemblement pour les événements sportifs et culturels.