Le Stade Bordelais, club omnisports emblématique de Bordeaux, possède une histoire riche et complexe, marquée par des évolutions, des fusions et une forte identité locale. Si le club est aujourd'hui connu pour ses nombreuses sections sportives, son histoire est intimement liée au rugby à XV, avant de s'étendre au football et à d'autres disciplines.
Genèse du Stade Bordelais : Entre Athlétisme et Rugby (1889-1900)
Bordeaux, à la fin du XIXe siècle, est l'une des premières villes françaises à adopter les sports athlétiques modernes. Après Le Havre et presque en même temps que Paris, Bordeaux est la deuxième ville française à se laisser prendre aux sports athlétiques modernes avec la fondation du Bordeaux Athletic Club en 1876 (ou 1877). Club réservé aux résidents britanniques, le BAC fait des petits auprès des jeunes français. A commencer par le Stade Girondin, le Burdigala et, surtout, le Stade Bordelais fondé en 1889.
La fondation du Stade Bordelais remonte au 18 juillet 1889. Cependant, les documents conservés aux Archives Départementales suggèrent que l'existence du club pourrait remonter à octobre 1890. En réalité, la création du Stade Bordelais s'est déroulée en deux étapes, à l'instar du Racing Club de France ou du Stade Français : annonce de la fondation de la société d'abord (en juillet 1889), légalisation quelques mois plus tard (en septembre-octobre 1890).
En septembre 1892, une première rencontre de football-rugby entre deux équipes du Stade Bordelais est organisée sur une pelouse du Parc Bordelais. Ces premiers matchs se déroulent à Caudéran à l’ombre des anciennes arènes de la ville. L’année suivante de premiers matchs contre le Bordeaux Athletic Club sont organisées ainsi qu’une première rencontre officielle décernant un titre de Championnat du Sud-Ouest est organisé contre le Sport Athlétique Bordelais.
À ses débuts, le club se concentre sur le développement des forces physiques et la préparation militaire des jeunes hommes, à travers la marche, la course à pied et les exercices de tir. En 1895, le Stade Bordelais absorbe le Bordeaux AC. Il y gagne de nouveaux jours expérimentés et un nouveau président, écossais, Shearer. Comme d’autres avant lui, le Stade Bordelais fait le choix d’un terrain en bordure nord de la ville dans les quartiers chics qui accueillent déjà les principales installations sportives de la ville (hippodrome vélodrome du Parc, American Park, terrains du Sport Athlétique Bordealais).
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L'article 1er des statuts du futur Stade Bordelais insiste sur le développement des forces physiques ainsi que sur la préparation au service militaire « par les marches, les courses à pied et les exercices de tir ». Il s'agit de manifester un patriotisme indéfectible.
Les sports que sont l'athlétisme, le football-rugby et le football-association ne contribuent pas encore à l'animation de la cité girondine. La presse spécialisée accorde essentiellement ses faveurs à la vélocipédie. Le journaliste-écrivain Maurice Martin conduit une "grande enquête sportive" pour le journal Le Vélo, publiée sous forme d'articles entre le 5 mars 1897 et le 19 mars 1898.
L'Ère du SBUC et la Domination du Rugby (1901-1920)
Date clé du rugby bordelais et national: l’année 1899 marque l’ouverture du Championnat de France aux représentants du reste du pays. Dorénavant, La Province et Paris enverront chacun un de leur représentants dans une finale disputée alternativement à Paris et en Province. Pour cette première édition, le Stade Français est convié au Bouscat pour y affronter le Stade Bordelais. La France rentre dans la Belle Epoque, le Stade Bordelais également, ou plutôt le SBUC - acronyme en forme de lègue de la fusion en 1901 du Stade Bordelais et de L’Université Club - qui de 1899 à 1911 participe à 12 des 13 finales nationales et en remporte 7. Durant le même laps de temps, Le Bouscat sert de théâtre à 5 reprises la remise du Bouclier de Brennus, battant à chaque fois un nouveau record d’affluence.
En 1901, le Stade Bordelais fusionne avec l'Université Club pour former le Stade Bordelais Université Club (SBUC). Cette union, bien que de courte durée (elle prend fin en 1903), marque durablement le nom du club. Le SBUC devient une puissance du rugby français, remportant sept titres de champion de France entre 1899 et 1911.
En 1913, l’Equipe de France y dispute son premier match en province contre l’Afrique du Sud dont c’est également la première visite en France. C’est une déroute pour le XV tricolore qui s’incline 5 à 38 devant une foule record de 20 000 personnes. Finale du Championnat 1907. En 1920 et 1922, l’enceinte accueille ses deux dernières finales du Championnat de France. Disputées toutes deux devant 20 000 supporters, elles devaient être les dernières grandes rencontres organisées au Bouscat.
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Sainte-Germaine : Un Stade Chargé d'Histoire
Le Stade de la Route du Médoc, plus connu sous le nom de Sainte-Germaine, est le cœur historique du Stade Bordelais. Véritable âme du club, le Stade de la Route du Médoc sort ravagé de la Deuxième Guerre Mondiale. L’enceinte a largement été détruite par les troupes d’occupation, ses grandes tribunes latérales ne sont plus qu’un souvenir. Sainte-Germaine n’est guère plus qu’un champ en friche. Alors que de nombreux clubs français de défont de leurs stades au profit des municipalités, le Stade Bordelais, grâce à son président Maurice Hauret, réussit un véritable tour de passe-passe en faisant du SBUC le propriétaire de Sainte-Germaine. Commence alors l’heure de la reconstruction pour le Stade Bordelais, qui ne s’achèvera qu’a la fin des années 80 grâce à l’appui des différentes collectivités et du soutien des instances sportives nationales. Sainte-Germaine revit, le nouveau siège social est inauguré, tandis que la refonte du stade s’achève avec l’inauguration des tribunes de face le 22 octobre 1989 à l’occasion d’une rencontre entre les Barbarians et les Iles Fidji.
Le 15 avril 2007, ils sont 4 303 à assister aux adieux du rugby de haut niveau à Sainte-Germaine. Les Bèglo-Bordelais s’inclinent face à Pau, mais la tristesse est ailleurs. 110 ans d’histoire s’inclinent. Les Bordelais sont déjà nostalgiques. « Il y a une valeur sentimentale, un attachement. On ne peut pas effacer comme ça un siècle de rugby ». « Une institution, quelque chose de sacré. S’il n’y a plus de matches ici, c’est comme un deuil ».
Situé au Bouscat, il peut accueillir jusqu'à 7 000 spectateurs. Au-delà du football, Sainte-Germaine est un lieu emblématique du rugby français, ayant accueilli sept finales du championnat de France entre 1899 et 1922.
Le Football au Stade Bordelais : Un Parcours Semé d'Embûches
Bien que le rugby ait longtemps été la discipline phare, le football a également une place dans l'histoire du Stade Bordelais. La section football du Stade Bordelais a été créée en 1894. L'équipe première évolue aujourd'hui en National 2 (quatrième division française).
Le Stade Bordelais a connu des moments de gloire en Coupe de France. Neuf ans - depuis Libourne Saint-Seurin, en 2003 - qu'une équipe girondine de niveau amateur n'avait pas atteint ce niveau. Une première pour la section football du Stade Bordelais, créée en 1894. En 2012, le club réalise un parcours remarquable en Coupe de France, éliminant notamment Niort (Ligue 2) et Carquefou (National) avant de s'incliner face à Lens en seizièmes de finale. Presque tous originaires de Gironde, les Stadistes, qui tenteront un nouvel exploit mercredi contre Lens, pensionnaire de Ligue 2, ont connu des parcours très variés. Aprés avoir sorti Niort (Ligue 2) et Carquefou (National), les « Lions » - en référence au blason du club - de Laurent Dauriac vont tenter, mercredi face à Lens en 16es de finale de la Coupe de France, d'écrire une nouvelle page de l'histoire de leur club, mais aussi leur aventure footballistique personnelle, souvent tortueuse.
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L'effectif du Stade Bordelais est composé de joueurs aux parcours variés. Certains ont connu le monde professionnel, tandis que d'autres sont issus de centres de formation ou n'ont évolué qu'au niveau amateur.
Parcours de Quelques Joueurs en 2012
- Nicolas Ardouin (Gardien) : Formé aux Girondins, il a joué en Espagne (Alaves) et en Belgique (Tubize) avant de revenir à Bordeaux.
- Nicolas de Gea (Milieu Offensif) : Il a joué en National (Nîmes, Beauvais, Niort) et en Ligue 2 (Strasbourg).
- Omar Belbachir (Latéral) : Il a évolué en Ligue 2 (Istres) et en Belgique (Louvain).
- Mathieu Didion (Latéral) : Il a connu l'ascension de Libourne Saint-Seurin.
- Jérôme Martin (Milieu Gauche) : Il a joué en Ligue 1 (Dijon) et en National (Orléans).
- Gérard Roland (Défenseur Central) : Formé aux Girondins, il a joué en National et a été sur une feuille de match de Ligue des Champions avec Marseille.
- Thomas Valverde (Gardien) : Passé par les équipes de jeunes des Girondins.
- Ludovic Barata (Défenseur) : Passé par les équipes de jeunes des Girondins.
- Clément Labbé (Milieu de Terrain) : Passé par les équipes de jeunes des Girondins.
- Mickaël Bottazzini (Milieu de Terrain) : Passé par les équipes de jeunes des Girondins et du FC Nantes.
- Romain Dupuy (Attaquant) : Passé par la réserve des Girondins.
- Hugo Venayre (Milieu de Terrain) : Passé par le centre de formation de Monaco.
- Kevin Bacle (Milieu de Terrain) : Formé aux Chamois Niortais.
- Moussa Dia (Attaquant) : Joueur du Stade Bordelais.
- Baïdy Dia (Attaquant) : Joueur du Stade Bordelais.
- Nicolas Moisan (Défenseur) : Joueur du Stade Bordelais.
- Mohammed Diaby (Promu en équipe première) : Joueur du Stade Bordelais.
- Timba Moudio (Promu en équipe première) : Joueur du Stade Bordelais.
- Bernard Loumandet (Défenseur) : Joueur du Stade Bordelais.
- Frédéric Roumazeilles (Latéral) : Joueur du Stade Bordelais.
- Samory Niang (Attaquant) : Joueur du Stade Bordelais.
- Idriss Senoussi (Milieu) : Joueur du Stade Bordelais.
L'Union Bordeaux Bègles et le Retour à l'Omnisports
Disparu de l’élite nationale en 1975, le Stade Bordelais la regagne l’année de l’inauguration de ses nouvelles tribunes en 1989. Victime du resserrement de l’élite, on retrouve le club en Pro D2 à l’entame de la saison 2004-2005, tandis que le voisin béglais est relégué administrativement parmi les équipes amateurs. Envisagé depuis les débuts des années 2000, le rapprochement du Stade Bordelais et du CABBG est renforcé par ce chassé-croisé des deux clubs. Dans un signe d’apaisement, on choisit un nom à rallonge, ubuesque: l’Union Stade Bordelais Cercle Athlétique Bordeaux-Bègles-Gironde, plus connu sous son petit diminutif d’USBCABBG . Ridicule, mais remplacé un an après par l’Union Bordeaux Bègles. Dans la même veine, il est décidé que les rencontres se disputeront alternativement au Stade Sainte-Germaine, et au Stade André Moga, fief historique du CA Béglais.
Le club vient de fêter cinquante ans d'existence et les pionniers du « Stade » sont de distingués septuagénaires. Aucun d'eux, cependant, n'est véritablement un témoin de la première heure. Il en est de même pour les noms de "stadistes" qu'ils mentionnent. Tous ces acteurs sportifs de l'époque héroïque du Stade Bordelais n'ont pas connu, sinon de manière épisodique, les débuts véritables du club. Ils ne figurent pas sur la liste des membres-fondateurs ni dans la série de fiches de police dont nous avons déjà parlé. Ils ont adhéré à la société sportive autour de 1892, contribuant d'ailleurs à modifier sensiblement le niveau social de son recrutement. A ce moment-là, les membres-fondateurs vont cesser de fréquenter le club ou l'ont déjà quitté.
En 2013, le Stade Bordelais fusionne avec l'ASPTT Bordeaux, renforçant ainsi son statut de club omnisports. Fort de ses 6000 adhérents, de ses 25 sections sportives et multiples activités de sports loisir, le Stade Bordelais (ndlr fusion avec l’ASPTT Bordeaux en 2013) est devenu le plus grand club omnisports bordelais. Nous accueillons des jeunes âgés de 16 à 25 ans pendant 5 mois à temps plein, deux fois par an ( février à juin et d’août à décembre).
Le Stade Bordelais propose également des programmes d'engagement civique pour les jeunes.
- Service Civique : Le Stade Bordelais est agréé depuis 2018 pour accueillir 28 jeunes volontaires en mission au sein de notre club par an.
- Formation BAFA : Depuis quelques année, le Stade Bordelais est habilité par la DRAJES (Direction Régionale Académique à la Jeunesse, l'Engagement et aux Sports) pour dispenser la formation BAFA.