Fondé en 1904, le Sporting Club Salonais (SCS) est un pilier du rugby dans le Pays Salonais et l'un des plus anciens clubs de France. Seuls cinq clubs en France peuvent se targuer d'une existence aussi longue. Cet article vous plonge au cœur de l'histoire riche et passionnante de ce club emblématique, de ses origines modestes à ses moments de gloire, en passant par les défis et les transformations qui ont marqué son parcours.
Les Origines: 1904, la Naissance d'une Passion
L'histoire du Sporting Club Salonais débute le 4 novembre 1904, sous l'impulsion de trois Salonais visionnaires : Ville, Marchet et Angelini. Ces pionniers créent un groupement dédié à la pratique du football-rugby, sport en plein essor à cette époque. Parmi les premiers bénévoles, on retrouve des noms familiers aux familles salonaises, tels que Bertin, Bordon-Biron, Lebre, Romat, David et Laugier. Le premier match d'entraînement a lieu le 12 novembre 1904, et Edmond Laugier est désigné comme le premier capitaine de l'équipe.
Dans ses premières années, le Sporting affronte des équipes prestigieuses telles que l'Olympique de Marseille (OM), les Gadz'Arts d'Aix, Carpentras, Montélimar, Toulon et Narbonne. Ces rencontres forgent l'identité du club et contribuent à populariser le rugby dans la région.
L'Entre-Deux-Guerres: Gloire et Consécration Manquée
Les années qui suivent la Première Guerre mondiale marquent une période de faste pour le Sporting. Sous le capitanat de Marcel Roustan, le club se mesure aux grands noms du rugby français, tels que Grenoble, Lyon, Romans, Dijon et les Arlequins de Perpignan. Cette période glorieuse culmine en 1930, lorsque le Sporting atteint la finale du championnat de France de Promotion (3e division).
L'équipe, composée de joueurs talentueux tels que Desideri, Gaye, Eymard, Julien, Roustan, Cantarel, Pons, Caminel, Ricci, Fourcade, Malis, Maniel, Spale et Joly, s'incline face à Niort (6-3). Malgré cette défaite, le Sporting continue de briller tout au long des années 1930, côtoyant les sommets du rugby français sans jamais atteindre la consécration ultime. Marcel Roustan, figure emblématique du club, a donné son nom au stade actuel où le Sporting joue.
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L'Après-Guerre: Rebond et Nouveaux Défis
Après la Seconde Guerre mondiale, le Sporting renaît de ses cendres sous l'impulsion de Paul Piany, qui assume les rôles de capitaine et d'entraîneur. Le club retrouve le chemin de la victoire et réalise des parcours mémorables, notamment en Coupe de France en 1946, où il s'incline en quart de finale à Carcassonne. Des joueurs tels que Ytier, Mejean, Bertrand, Montagard, Chayne et Gil marquent cette époque.
En 1954, le Sporting célèbre son 50e anniversaire en grande pompe en recevant la prestigieuse équipe de Castres, menée par Jean Mateu, auréolée de deux titres de champions de France.
Les Années 1960-1970: Ambition et Montée en 2e Division
Dans les années 1960, sous la présidence de Jacques Francou et l'impulsion d'Henri Reyre, le Sporting évolue en division Honneur avec l'ambition de monter en 3e division. Malgré le recrutement de joueurs talentueux tels que Najac, Combe, Carayon et Betinelli, le club échoue à plusieurs reprises en match décisif.
L'arrivée de Marcel Antier comme capitaine-entraîneur et l'intégration de jeunes joueurs prometteurs permettent enfin au Sporting d'accéder à la 3e division en 1968, en battant EDF Paris. Cette équipe, renforcée par quelques anciens, accède ensuite à la 2e division en 1970 sous la direction de Jean Najac, en battant le Stade Clermontois.
Les Années 1980-2000: Montées et Descentes
Les années 1980 sont marquées par des hauts et des bas pour le Sporting. L'arrivée de Michel Tonon, international français, comme entraîneur ne suffit pas à maintenir le club en 2e division. Le Sporting retombe en 3e division en 1991. Jean-Pierre Couedou reprend l'équipe en charge, mais les finances ne suivent plus et le club chute en division Honneur en 1992.
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Jacques Cérède devient président et Jean-Pierre Armus entraîneur. Le Sporting, champion d'Honneur, remonte en 3e division en 1993, puis redescend en 1995. Le club connaît ensuite une période de yo-yo entre les deux divisions sous la direction de Pierre-Edouard Detrez.
Le Centenaire: Apogée et Renouveau
En 2004, année de son centenaire, le Sporting Club Salonais fête un siècle d'existence avec une accession en Fédérale III, un titre de champion de Provence et une finale du championnat de France, sous la présidence du triumvirat José Escandel, Joël Le Tellier et Gérard Nuc.
Sous l'impulsion de Gérard Nuc, le club se recentre sur la formation des jeunes joueurs, considérant le rugby comme une source d'éducation et d'épanouissement. Le Sporting s'efforce de construire sur des bases saines et dans le respect des valeurs du rugby.
120 Ans et Toujours Debout: Une Célébration Mémorable
Pour célébrer ses 120 ans, le Sporting Club Salonais a organisé une grande fête réunissant cinq générations de joueurs, des plus jeunes aux plus anciens. Roger Pellenc, 97 ans, figure emblématique du club, était présent pour témoigner de son attachement au SCS.
Une réception privée a réuni les anciens joueurs et les amoureux du club autour d'un repas convivial. 450 repas ont été servis lors de cet événement exceptionnel, orchestré par Michel Palmiso, bénévole du club, et une cellule créée spécialement pour l'occasion.
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Le club a également invité des joueurs de renom, dont Steffon Armitage et Jean-Charles Orioli, triples champions d'Europe et champions de France avec le Rugby Club Toulonnais (RCT), ainsi que Marine de Nadaï, quintuple championne de France. Didier Codorniou, ancien international et capitaine du RC Narbonne, était également présent.
Une cérémonie protocolaire a eu lieu en présence de Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence, suivie d'une soirée dansante pour clôturer les festivités.
Une Bande Dessinée pour Immortaliser l'Histoire du Club
Pour marquer son 120e anniversaire, le Sporting Club Salonais a également créé une bande dessinée retraçant l'histoire du club. Cet ouvrage, fruit du travail de Gérard Nuc, ancien président du club, est basé sur des recherches approfondies dans les archives du journal "Le Régional".
Gérard Nuc a passé des heures à éplucher les journaux depuis 1912 pour retracer l'histoire du Sporting à travers les articles parus. Il a rassemblé des coupures de presse, des photos d'archives et des anecdotes pour créer un témoignage unique de la passion du rugby à Salon-de-Provence.
La bande dessinée, intitulée "Le Sporting Club Salonais ou la passion du rugby depuis 1904", est un hommage à tous ceux qui ont contribué à l'histoire du club, des joueurs aux bénévoles en passant par les supporters.
Le Sporting Club Salonais: Plus Qu'un Club, une Famille
Au-delà des performances sportives, le Sporting Club Salonais est avant tout une famille. Supporters et bénévoles s'investissent tout au long de l'année pour faire vivre l'âme du club. Des figures comme Frédéric, supporter de longue date, et Sophie et Irène, bénévoles dévouées, incarnent cet esprit de camaraderie et de passion.
Sophie et Irène, toutes deux secouristes, sont présentes lors des entraînements et des matchs pour assurer la sécurité des joueurs. Elles s'occupent également de l'organisation des événements, de la préparation des repas et de la gestion de la buvette. Leur engagement est essentiel au bon fonctionnement du club.
Malgré les difficultés rencontrées ces dernières années, notamment en raison de la pandémie, le Sporting Club Salonais retrouve peu à peu son public et continue de se projeter vers l'avenir.