Le Rugby Club Uzétien : Une Histoire de Passion et de Persévérance

Le Rugby Club Uzétien (RCU) a une histoire riche et passionnante, marquée par des hauts et des bas, mais toujours animée par la passion du rugby et l'attachement à ses valeurs. Des modestes débuts sur un terrain en terre battue aux installations modernes d'aujourd'hui, le club a su évoluer et se développer, tout en restant fidèle à ses racines et à son esprit de camaraderie.

Les Origines : La Naissance d'une École de Rugby

L'histoire du Rugby Club Uzétien commence en 1977, lorsque deux passionnés de rugby, Edmond Régniers, surnommé "Titi", et Jean-Pierre Rossi, mettent en commun leur désir de créer une école de rugby à Uzès. Edmond Régniers, qui avait pratiqué le rugby en Algérie, et Jean-Pierre Rossi, un deuxième ligne du Rugby Club Nîmois nouvellement nommé au groupe scolaire d'Uzès, sont les fondateurs de cette initiative.

Le club se structure rapidement avec Danel Laupies comme président. Une équipe se forme, entraînée par de Cabissole, le futur maire de St-Quentin, composée de joueurs locaux. Le club s'engage en 4e série, le niveau le plus bas du comité de Provence. Le premier match a lieu en septembre 1977 face à Salindres à la vallée de l'Eure, mais se solde par un échec.

Structuration et Premiers Succès

Pour assurer la pérennité du club, une structuration au niveau des dirigeants s'avère nécessaire. Jean-Louis Bouvard prend la présidence et la conserve jusqu'en 1983. Des efforts sont déployés pour améliorer les équipements sportifs, qui sont transférés au Refuge, où des vestiaires sont construits et une pelouse est plantée. Sur le plan sportif, Jean-Pierre Rossi, entraîneur-joueur, apporte son expérience au club jusqu'en 1988.

Sous sa direction, le RCU gravit les échelons et accumule les titres, accédant à la division Honneur de Provence. Jean-Louis Bouvard cède ensuite la présidence à Bernard Lacroix, un ancien joueur, auquel succède Roland Jeune, un soigneur devenu président du comité du Gard, pendant quatre saisons.

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L'Ère Séropian : Ascension et Consolidation

Un tournant majeur dans l'histoire du club se produit en 1995 avec l'arrivée du docteur Franck Séropian. Il prend la présidence du RCU, tout en étant joueur et capitaine. Sous sa direction, le club connaît une ascension fulgurante, accédant à la Fédérale 2. Franck Séropian est toujours président du club.

À la fin d’une saison 1993-1994, le Rugby club uzétien se classait premier de sa poule d’honneur, accédait au championnat de Fédérale 3 et remportait le titre de champion honneur de Provence en battant 31 à 6 L’Isle-sur-la-Sorgue.

Les 20 Ans : Une Période Faste

Georges Jouvent, avait engagé quelques recrues de valeur comme Atcher, Capelle, Calmon, Deruyds, Roussel, entraînés par Jeannot Verlaguet. Le RCU a alors vécu la période la plus brillante de son existence. Claude Atcher est devenu le premier président-joueur-capitaine, et adjoint à Verlaguet, l’ex-biterrois Henri Mioch, puis Jean-Marc Magre, l’ex-entraîneur du Bataillon de Joinville. En 1994, le club est monté en Fédérale 3. Franck Séropian qui venait de s’installer comme médecin dans la cité ducale, et qui était précédé d’une solide réputation (champion de France de nationale B avec Montpellier), a pris le relais. Pour sa deuxième saison (1996-1997), comme président-joueur, il a réussi là où Atcher avait échoué : l’accession en Fédérale 2.

La fête pour les 20 ans, après la venue de l’équipe de France fut belle et ouvrait une double décennie au plus haut niveau pour un pays d’Uzès devenu terre d’Ovalie. Au cours des 20 ans qui ont suivi, le RCU a joué une saison en Fédérale 2, 11 en Fédérale 3, et 8 en honneur.

Les Infrastructures Modernes : Un Atout pour l'Avenir

Il fut un temps, pas si lointain, où le balbutiant Rugby club Uzétien (RCU) jouait sur un terrain en terre battue, « avec un cabanon comme vestiaire, où il n’y avait que de l’eau froide », rappelle Jean-Louis Bouvard, un des fondateurs du club en 1977. 45 ans plus tard, le RCU joue sur une pelouse synthétique dernier cri, a des vestiaires flambants et, désormais, des tribunes couvertes. Des tribunes d’une capacité de 300 places, entièrement couvertes donc, avec des sièges rouges et jaunes, les couleurs du club, financées entièrement par la commune pour 280 000 euros. Un bel équipement inauguré ce mercredi en présence du président de la Fédération française de rugby, ancien sélectionneur du XV de France et ancien ministre, Bernard Laporte.

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Après la pose de la première pierre en octobre dernier, les nouveaux vestiaires au stade du Refuge du rugby club d'Uzès viennent d'être inaugurés ce mardi 3 juillet. Le bâtiment en construction traditionnelle, d'une surface de 160 m², se trouve à l'arrière du club-house. Un couloir, égayé de deux lignes de faïences sang et or, qui rappellent les couleurs du club ducal, donne accès à un spacieux vestiaire pour les arbitres , un vaste bureau équipé de placards, une salle de rangement pour le matériel et les ballons, des sanitaires, et aboutit à deux vestiaires séparés par des douches attribués aux équipes locales. Ce nouveau vestaire financé par la ville, la communauté de communes Pays d'Uzès, le Département et la Région Occitanie vient d'être inauguré au stade du Refuge où une pelouse synthétique a été posée en 2017, où vont être construites dans les mois à venir des tribunes.

L'Importance du Monde Amateur

Bernard Laporte a profité de son déplacement en terre uzétienne pour rappeler que « le rugby, ce n’est pas Marcoussis (le siège du Centre national du rugby, ndlr), c’est Uzès, c’est Gaillac, si on ne descend pas de notre tour d’ivoire, on ne fait pas le job. » C’est que le président de la FFR mise énormément sur le monde amateur. « 99 % du rugby, c’est le rugby amateur, et on est là pour le développer », martèle-t-il avant de rappeler « les passerelles entre le monde amateur et le monde professionnel. » Passerelles incarnées à Uzès par Thibaut Privat, ancien deuxième-ligne du XV de France formé au RCU, présent ce mercredi. Le monde amateur qui a joué un rôle important pendant la crise sanitaire, moment très difficile pour les fédérations sportives : « Nous n'avons pratiquement pas perdu de licenciés après le covid-19, le mérite vous en revient », estime Bernard Laporte en évoquant les clubs. « Ce qui compte, ce sont les clubs, les bénévoles, pour éduquer les gamins et leur inculquer les valeurs du sport », ajoute la conseillère départementale Bérengère Noguier. Un monde amateur représenté au sein de la FFR par son vice-président et ancien président du RCU, Patrick Buisson.

Hommage à « Titi » Reigners

Avec ces nouvelles tribunes, qui arrivent après les vestiaires et le terrain synthétique, « nous avons tout ce qu’il nous faut, sauf peut-être un bar ! », plaisante Franck Seropian. Un nom « ressorti de suite », affirme Franck Seropian, heureux de pouvoir rendre hommage à son prédécesseur. « C’est un magnifique hommage, dit le fils de ‘Titi’ Regniers, Jacques, aux côtés de sa mère Jeanne. Il aurait tant rêvé de voir son nom inscrit là où les petits comme les grands jouent au rugby, il aurait été très ému. »

Saison 2017 : Retour au Niveau National et Difficultés

Pour son retour en 2017, au niveau National, la fête fut aussi belle que la précédente, mais elle a ouvert la porte à de grosses difficultés pour se maintenir. Franck Séropian est toujours au poste de président qu’il occupe pour la 20e fois. il a eu par deux fois comme co-président, Patrick Buisson, l’actuel vice-présent de la Fédération.

Incidents et Réactions

Dimanche 19 octobre, le Rugby Club Uzétien se déplaçait sur la pelouse du Racing Club Trèbes, dans l'Aude, pour une rencontre de rugby amateur de niveau Régionale 1. Au cours de ce "pugilat", un des joueurs remplaçants d'Uzès, qui occupait alors le poste d'arbitre de touche, se fait violemment agresser. Une première agression suivie par une autre, sur le demi de mêlée du Rugby Club Uzétien, relate le communiqué, avant que les coups violents "non sanctionnés par le corps arbitral" ne s'enchaînent. Cette véritable boucherie ne se serait pas arrêtée à de simples actes de dur à cuire sur le terrain. Le club de Trèbes a réagi"Le Rugby Club Uzétien s’insurge de toute cette mascarade", a écrit le club visiteur. Le Racing Club Trèbes a réagi, également via un communiqué, partageant sa "profonde surprise" et son "indignation" face à "des allégations de propos racistes et de comportements violents prétendument tenus par nos joueurs". Le club gardois du RCU a depuis déposé une plainte auprès de la gendarmerie.

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Saison Actuelle et Perspectives d'Avenir

La pandémie contrarie sérieusement la saison actuelle avec un championnat arrêté depuis un mois et dont la reprise n’est pas encore fixée. Tous les joueurs, de l’école de rugby à l’équipe fanion, sont au repos forcé. La reprise risque d‘être difficile avec, en Fédérale 3, une quatrième saison avec une détention de la lanterne rouge qui, un jour ou l’autre, conduira au championnat d’honneur d’Occitanie.

Le président du rugby club uzétien Franck Séropian, ne cachait pas sa satisfaction: « Nous venons de vivre une saison difficile qui s'est soldée cependant par le maintien en Fédérale 3 et qui permet au RCU fort de ses 285 licenciés d'être le troisième club dans le Gard derrière Nîmes et Les Angles. Avec école de rugby forte de 120 enfant, labellisée par la Fédération, nous pouvons maintenant regarder vers le haut, 300 licenciés et pourquoi pas une une accession.

Entraînés par Jérémy Foissac, pour les lignes arrières, et Laurent Brajon, pour les avants, irréprochables dans leur gestion du groupe et toujours positifs en bord de touche pour dynamiser une équipe qui, dans la facilité, aurait pu se laisser aller, les représentants de la ville ducale doivent leur surprenant cavalier seul à un final faisant naître maintenant tous les espoirs en championnat de France. Il les verra affronter un club en principe plus faible. Alors que pointait l’espoir d’une qualification, Monaco vint mettre un doute à cet espoir en s’imposant, contre toute attente, au stade du Refuge. Au cours des huit dernières journées, ils allaient rester invaincus, notamment face aux gros bras de la poule, et réussissaient une série de victoires, parfois sur des scores fleuves, débutant à Salon, battu chez lui 38 à 8, et se poursuivant par Valréas (46-8), Le Bausset (23-9), Le Mourillon (39-10), Sisteron (25- 20), Monteux (28-3), Draguignan chez lui(15-11), Saint-Saturnin (62-3), soit 276 points marqués et 66 encaissés. À l’image de cette suprématie, la finale qui voyait Uzès mener 30 à 0 à la pause, s’inscrivit dans cette facilité.

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