Depuis le décès du légendaire Brésilien, jeudi 29 décembre à l’âge de 82 ans, les journaux du monde entier saluent la « première grande star » de son sport. Pelé est mort, mais Pelé est « immortel » : les médias du monde entier saluent le légendaire Brésilien décédé jeudi 29 décembre à 82 ans, unique vainqueur de trois Coupes du monde (1958, 1962 et 1970) et qui a donné au futebol ses heures de gloire et lettres de noblesse. Les images du « roi » et les commentaires tournent en boucle sur les écrans de télévisions de la planète, inondent les réseaux sociaux et phagocytent la « une » des sites Internet des journaux avant leur parution. Pelé, surnommé O Rei, est considéré comme le « Roi du football ». Icône mondiale, il reste à ce jour le seul joueur à avoir remporté trois Coupes du Monde (1958, 1962, 1970).
L'ascension d'une légende
Edson Arantes do Nascimento, connu universellement sous le nom de Pelé, est synonyme de football et un véritable icône du sport qui a marqué une ère dorée pour le Brésil. Son nom est gravé dans l’histoire comme probablement le meilleur buteur de tous les temps. Pelé a fait irruption sur la scène internationale en tant que jeune prodige, menant le Brésil à son premier titre mondial en 1958, alors qu’il n’était qu’un adolescent. Au cours de sa carrière, il a réalisé l’impensable : conduire la ‘Seleção’ à trois victoires en Coupe du monde (1958, 1962 et 1970), un record inégalé. Pendant plus de deux décennies, il a dominé le football avec sa capacité à déséquilibrer les défenses, sa précision unique devant le but et une créativité sans égale.
Pelé, c'est d'abord la précocité. Et un surnom dont l'origine reste floue. Pour certains, c'est lié à "pelada", l'équivalent d'un match amical en brésilien. Pour d'autres, c'est en rapport avec le nom du gardien de l'équipe où évoluait son père, un certain Bilé. Sa légende prend forme quand il rejoint le Santos FC à l'âge de 15 ans, en 1956. Catégorisé junior, il s'entraine avec les pros et démontre rapidement un potentiel hors-norme et s'installe dans l'équipe première en profitant de la blessure d'un titulaire. Ses performances lui valent d'être appelés en équipe du Brésil dès l'année suivante, pour un match de Copa America perdu face à l'Argentine (1-2) malgré un but de… Pelé.
Les triomphes en Coupe du Monde
Son histoire avec la Seleçao est en marche. A seulement 17 ans, il est du voyage en Suède pour la Coupe du monde. Blessé lors des deux premières rencontres, il rentre face à l'URSS et contribue à la victoire brésilienne, synonyme de qualification pour les quarts de finale. Pelé devient un titulaire à part entière et fait mieux que justifier son statut. Il inscrit le but vainqueur face au pays de Galles (1-0), explose contre la France en demi-finale avec un triplé (5-2) avant de s'offrir un doublé en finale face à la Suède (5-2). Au passage, son but d'une reprise en demi-volée juste après un coup du sombrero restera parmi les plus beaux de l'histoire du Mondial. Surtout, Pelé vient d'offrir au Brésil son premier titre de champion du monde, huit ans après le cauchemar du Maracana, cette défaite en finale de la Coupe du monde 1950 face à l'Uruguay.
Pelé ne joue pourtant qu'un rôle mineur dans le sacre de 1962. Buteur face au Mexique (2-0), il se blesse lors du match suivant contre la Tchécoslovaquie et ne refoulera plus la pelouse jusqu'à la fin du tournoi, remporté par la Seleçao quelques semaines plus tard face à cette même Tchécoslovaquie (3-1). Le Brésilien est la star du football mondial depuis quelques saisons déjà quand démarre la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Et cela ne plaît pas à tous les défenseurs. Pelé marque contre la Bulgarie (2-0), mais se fait littéralement casser par les défenseurs bulgares. Préservé contre la Hongrie, il assiste à la défaite de la Seleçao (3-1), qui la condamne à battre le Portugal pour franchir le premier tour. Mais Eusebio et les siens mettent un terme aux espoirs brésiliens (3-1) pour ce qui restera la seule défaite de Pelé lors d'un Mondial.
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L'apothéose de sa carrière intervient en 1970, au Mexique. Les matches sont retransmis en couleur pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde, et la planète s'enflamme pour les exploits du Brésilien. A chaque match sa légende. Face à la Tchécoslovaquie, le numéro 10 de la Seleçao tente un lob mythique de 50 mètres qui passe juste à côté du but. Contre l'Angleterre (1-0), il croit marquer de la tête mais le gardien anglais Gordon Banks sort le ballon au prix de ce qui restera "la parade du siècle". En demi-finale, Pelé signe le geste de génie qui symbolise sa légende face à l'Uruguay (3-1). Servi en profondeur, il élimine le gardien uruguayen Mazurkiewieckz d'un grand pont sans toucher le ballon, juste sur un déhanchement, mais ne parvient pas à transformer cet exploit technique en but. Lors du match du sacre contre l'Italie, il marque de la tête avant d'offrir le dernier but à Carlos Alberto pour ce qui reste à ce jour la plus belle finale de l'histoire (4-1). Une rencontre qui avait inspiré cette réflexion au défenseur italien Tarcisio Burgnich : "Avant le match, je me disais : il est en chair et en os, comme moi. J'ai ensuite compris que je m'étais trompé ".
Santos et le Cosmos de New York
La majeure partie de sa carrière s’est déroulée à Santos, où il a forgé sa légende et est devenu l’idole d’une génération. Avec le club brésilien, il a inscrit 1.282 buts au cours de sa carrière, bien que tous n’aient pas été marqués en matches officiels. Cet exploit souligne son instinct naturel de buteur et le place parmi les meilleurs buteurs de l’histoire du football. Ses dernières années ont été passées au New York Cosmos, élargissant sa renommée et rapprochant le football du public américain.
En attendant, "La perle noire" continue d'empiler les buts et les titres au Santos FC. Mais sa légende, l’ancien attaquant l’a surtout construite en réalisant les gestes les plus fous durant près de vingt ans. Capable de tenter un lob sur le portier bulgare Georgi Naydenov depuis le rond central ou de réussir une feinte de corps suivie d’un grand pont sur l'uruguayen Ladislao Mazurkiewicz, le génie a sans cesse innové pour contribuer à l’évolution de son sport, tout en continuant de gagner (deux Copa Libertadores en 1962 et 1963, et deux Coupes intercontinentales, en 1962 et 1963). Avec lui, on touche à l'exceptionnel. Comme ce 5 mars 1961, lors du match Santos-Fluminense au Maracana. Il inscrit le célèbre "Gol de Placa", un but digne d'une plaque commémorative. Il existe d'ailleurs une plaque en bronze à l'entrée du stade qui raconte en quelques mots l'histoire de ce but. Il dribble sept joueurs sur 40 mètres et dans une vitesse fulgurante marque d'un tir croisé à ras de terre. Un véritable bijou.
Mais quelques mois après ce retrait du Monde du football, Pelé rechausse les crampons à cause d'énormes dettes accumulées. Il signe un juteux contrat jamais révélé (estimé de 2,5 à 7 millions de dollars) pour les New-York Cosmos et participe alors à la popularisation du football aux États-Unis. Sur le terrain, le Roi reste le Roi. Il plante en trois saisons 64 buts en 107 matchs. Il termine sa grande vadrouille américaine avec un premier titre de la NASL contre les Seattle Sounders le 27 août 1977 aux côtés de Carlos Alberto, Jomo Sono et Franz Beckenbauer. Toutes les blessures accumulées lors de sa carrière le contraignent à se retirer définitivement en 1977. Pour cela, il boucle la boucle avec un match d'adieu entre les Cosmos de New-York et le Santos FC le 1er octobre 1977 au Giants Stadium, devant environ 75 000 spectateurs, et en présence de son idole Mohamed Ali. Ne pouvant retenir ses larmes au terme de la rencontre, la star brésilienne est portée en triomphe par ses coéquipiers, pour un dernier tour d’honneur au paroxysme de l’émotion. Simplement exceptionnel.
L'héritage de Pelé
Pelé, lui, vient de ponctuer de la plus belle des façons ses exploits en Coupe du monde. Auteur de 1281 buts au total dans sa carrière (matches amicaux compris), il restera le roi du football pour l'éternité.
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Bien qu’il n’ait pas joué en Europe, son influence a transcendé les continents et les époques. Pelé a montré un football spectaculaire et révolutionnaire dans les années 1950 et 1960, mélange de technique, de vitesse et d’instinct de buteur qui a émerveillé le monde entier. Pour ses exploits et ses contributions au sport, la FIFA l’a nommé meilleur joueur du XXe siècle. Pelé n’est pas seulement le plus grand Brésilien à avoir foulé un terrain de football, mais son héritage le maintient dans la discussion parmi les plus grands.
Pelé représente l’essence même du football brésilien, tout ce qui inspire encore aujourd’hui les plus jeunes joueurs de son pays. Durant ses 21 ans de carrière, il a fasciné la planète par son talent. Il a réalisé des gestes techniques difficiles avec une simplicité déconcertante et a été un buteur prolifique, un meneur de jeu magistral, un passeur hors pair et un maestro aux inspirations géniales hyper complet avec des statistiques de folie et un palmarès international inégalé.
Décès et hommage mondial
Depuis début décembre 2022, Pelé était placé en soins palliatifs à l'hôpital Albert-Einstein de São Paulo à la suite d'une infection respiratoire. Le Roi ne répondait plus à sa chimiothérapie suivie depuis 2021 en raison d'un cancer du côlon. Et le pire est arrivé ce 29 décembre 2022, où il disparaît à tout jamais à l'âge de 82 ans. Symboliquement, il s'est éteint à deux pas du Morumbi (stade de Sao Paulo), qui devait lui évoquer tant de souvenirs.
Dans le sillage de son décès, le monde du football et au-delà a rendu un hommage unanime à Pelé. Les médias du monde entier ont salué la "première grande star" du football, soulignant son impact durable sur le sport et sa capacité à transcender les frontières.
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