Le 15 mai 1982, une date gravée dans l'histoire du Paris Saint-Germain. Ce jour-là, le club de la capitale remportait sa première Coupe de France face à l'AS Saint-Étienne, champion de France en titre, au terme d'un match épique et riche en émotions. Cette finale, la 65e de l'histoire de la compétition, a marqué un tournant pour le PSG, lui offrant son premier grand titre et lançant véritablement son histoire.
Un contexte particulier
En 1982, le PSG est un club relativement jeune, fondé en 1970. Malgré des recrutements de vedettes, le club a du mal à rivaliser avec les ténors du championnat tels que Saint-Étienne, Nantes ou Monaco. De son côté, l'AS Saint-Étienne, auréolé de ses exploits européens des années 1970, reste une équipe phare du football français, même si le titre de champion de France lui a échappé de peu au profit de l'AS Monaco cette saison-là.
La finale de la Coupe de France 1982 est donc un choc entre deux générations et deux ambitions : d'un côté, le PSG en quête de reconnaissance, de l'autre, Saint-Étienne désireux de confirmer sa domination.
Un match haletant
La rencontre, disputée dans un Parc des Princes en fusion, tient toutes ses promesses. La première mi-temps est marquée par une forte intensité et un jeu fermé. La situation évolue à la 58e minute, lorsque le Yougoslave Ivica Surjak centre pour le Tchadien Nambatingue Toko, qui ouvre le score d'une belle volée (1-0).
Saint-Étienne réagit et Michel Platini, pour son dernier match sous les couleurs vertes avant de rejoindre la Juventus Turin, égalise à la 76e minute (1-1). En prolongation, Platini récidive et donne l'avantage à son équipe à la 99e minute (1-2).
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Alors que l'on se dirige vers une victoire stéphanoise, Dominique Rocheteau, ancien joueur de Saint-Étienne, surgit à la 120e minute et égalise d'une volée spectaculaire (2-2). Le Parc des Princes explose de joie.
La séance de tirs au but
Après une interruption d'une demi-heure due à un envahissement de terrain, les deux équipes se départagent lors de la séance de tirs au but. Les cinq premiers tireurs de chaque équipe marquent : Bathenay, Renaut, Rocheteau, Surjak et Fernandez pour le PSG, Battiston, Zanon, Rep, Larios et Platini pour Saint-Étienne.
Lors de la mort subite, Christian Lopez, le capitaine des Verts, voit son tir repoussé par Dominique Baratelli. Jean-Marc Pilorget ne tremble pas et offre la victoire au PSG.
L'explosion de joie
Le Parc des Princes est en liesse. Les joueurs parisiens courent dans tous les sens, tandis que les supporters envahissent une nouvelle fois la pelouse. Francis Borelli, le président du PSG, laisse éclater sa joie et embrasse l'herbe du stade.
Dominique Bathenay, ancien joueur de Saint-Étienne, soulève la Coupe de France sous les yeux du Président de la République, François Mitterrand, et du maire de Paris, Jacques Chirac.
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Les acteurs clés
Plusieurs joueurs ont marqué cette finale de leur empreinte :
- Dominique Rocheteau : L'ancien Stéphanois, devenu "Ange Vert" du PSG, a égalisé à la dernière seconde de la prolongation, offrant à son équipe la possibilité de disputer la séance de tirs au but.
- Michel Platini : Pour son dernier match avec Saint-Étienne, le futur Ballon d'Or a inscrit un doublé et a été l'un des meilleurs joueurs sur le terrain.
- Dominique Baratelli : Le gardien parisien a été décisif lors de la séance de tirs au but, en repoussant la tentative de Lopez.
- Francis Borelli : Le président du PSG a incarné la passion et l'enthousiasme du club. Son baiser sur la pelouse du Parc des Princes est resté dans les mémoires.
Un tournant pour le PSG
Cette victoire en Coupe de France a marqué un tournant dans l'histoire du Paris Saint-Germain. Elle a offert au club son premier grand titre et lui a permis de gagner en crédibilité.
Dans les années qui ont suivi, le PSG a continué à progresser et à remporter d'autres trophées, devenant l'un des clubs les plus importants du football français.
Anecdotes
- Ce match est le dernier de Michel Platini sous les couleurs de Saint-Étienne avant de rejoindre la Juventus Turin.
- La séance de tirs au but a été retardée de plusieurs dizaines de minutes en raison d'un envahissement de terrain.
- Francis Borelli, connu pour son tempérament passionné, a embrassé la pelouse du Parc des Princes après l'égalisation de Rocheteau.
- Thierry Roland était au bord du terrain pour commenter l'événement.
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