Coupe de France : L'histoire des confrontations entre le PSG et Saint-Étienne

Le Paris Saint-Germain et l'AS Saint-Étienne, deux clubs emblématiques du football français, entretiennent une rivalité historique riche en émotions et en moments mémorables. Leurs confrontations, particulièrement en Coupe de France, ont souvent été le théâtre de rencontres palpitantes, gravées dans la mémoire des supporters.

Domination parisienne en Ligue 1

Avant de plonger dans l'histoire de leurs duels en Coupe de France, il est important de rappeler la domination du PSG sur Saint-Étienne en Ligue 1. Sur les 15 dernières confrontations, les Parisiens ont largement dominé les débats, affirmant leur suprématie sur les Verts. Le PSG a remporté 10 victoires, tandis que Saint-Étienne a décroché les trois points à deux reprises, laissant trois matchs se conclure par un nul. Paris a inscrit une avalanche de 43 buts contre seulement 13 pour leurs adversaires, une statistique qui en dit long sur la mainmise des Parisiens lors de ce duel.

Parmi les moments mémorables, on se souviendra du flamboyant 5-0 infligé par le PSG le 31 août 2014 ou encore du spectaculaire 6-1 lors de la Coupe de la Ligue le 8 janvier 2020. Pour les Stéphanois, l'un des rares moments de gloire reste leur victoire 2-0 au Parc des Princes du 25 février 2007.

Une rencontre de Ligue 1 entre Paris et Saint-Etienne est programmée pour le dimanche 12 janvier 2025 à 20h45 et sera diffusée en direct à la télévision sur DAZN. Le 25 avril 2025, le Paris Saint-Germain et Saint-Etienne se retrouveront en finale de la Coupe de France.

La finale de 1982 : Un tournant historique

La finale de la Coupe de France 1982, qui a opposé l'AS Saint-Étienne au Paris SG, reste un moment clé dans l'histoire des deux clubs. Samedi 15 mai 1982, la finale de la 65e coupe de France oppose le champion de France en titre, l’AS Saint-Étienne, au Paris SG. L’affiche est inédite : jamais les deux clubs ne se sont affrontés dans cette compétition. Les Verts, déjà finalistes la saison précédente, sont donnés favoris. La célèbre finale perdue contre le Bayern Munich en 1976 est encore dans toutes les têtes. En cette fin de saison 1981/1982, l’ASSE a laissé filer le titre au profit de l’AS Monaco, mais parvient tout de même à conserver la place de dauphin. De son côté, le PSG avait accompli la saison passée la meilleure performance de son histoire, mais le bilan est modeste : une cinquième place en D1 et une élimination en seizièmes de finale de coupe de France. Jusqu’alors, son meilleur bilan en coupe de France remonte à 1975 et une élimination en demi-finales. En coupe de France, les Parisiens sont successivement venus à bout de Nîmes (D2 - aux tirs au but), Nœux-les-Mines (D2), Marseille (D2) et Bordeaux (D1 - après prolongation). En demi-finales, quelques jours plus tôt, c’est à nouveau aux tirs au but que le PSG a éliminé Tours (D1), grâce à une performance exceptionnelle de Dominique Baratelli, qui a repoussé quatre des cinq tentatives tourangelles.

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Pour la première fois, un match du PSG est retransmis en direct à la télévision : les images sont diffusées sur TF1, et commentées par Michel Denisot. Les abonnés parisiens ont pris place en tribune Auteuil, la seule qui leur soit réservée - tous les abonnés n’ont donc pas obtenu de billets, bien que 46 160 spectateurs soient présents. En championnat, les deux clubs s’étaient neutralisés sur le score de 0-0, à Saint-Étienne comme à Paris. Le scénario se reproduit jusqu’à l’heure de jeu : malgré une domination parisienne, les occasions sont rares. Surjak a bien ouvert le score sur coup-franc, mais l’arbitre Michel Vautrot a logiquement refusé de valider ce but qu’aucun Parisien n’a touché alors qu’il s’agissait d’un coup-franc indirect.

Un match riche en rebondissements

Cette finale fut un véritable festival de buts et d'émotions. Après une première période oubliable où les coups pleuvent - y compris de la part de virtuoses comme Mustapha Dahleb - Nambatingue Toko embrase le Parc en ouvrant le score d’un bel enchaînement sur un service d’Ivica Surjak (1-0, 58e). Discret jusque-là à un poste inédit d’avant-centre, Platini fausse compagnie à son garde du corps Jean-Claude Lemoult pour égaliser, servi de la tête par Raoul Noguès (1-1, 76e). Durant la prolongation, «Platoche» trompe une nouvelle fois Dominique Baratelli et donne l’avantage aux Verts (1-2, 99e). Le PSG pousse et c’est l’ancienne idole du Chaudron, Dominique Rocheteau qui arrache, au bout du suspense, la séance de tirs au but d’une belle reprise du droit (2-2, 120e). Exceptionnellement, la coupe du monde 1982 débutant quelques jours plus tard, le match n’est pas rejoué, comme c’était la règle à l’époque - cinq finales avaient été rejouées dans le passé. En prolongations, Michel Platini donne l’avantage aux hommes de Robert Herbin d’une nouvelle reprise en pleine surface (1-2, 99e). Les coéquipiers de Laurent Paganelli ont le match en main jusqu’à la 120e et dernière minute… Jusqu’à un nouveau centre de Surjak, côté droit cette fois, pour une nouvelle reprise de volée à l’entrée des six mètres, signée Dominique Rocheteau (2-2, 120e). L’Ange Vert - qui deviendra par la suite meilleur buteur de l’histoire du club (100 buts), jusqu’à Pauleta - crucifie son ancienne équipe dans les dernières secondes, et libère le Parc des Princes.

La victoire du PSG aux tirs au but

Après trente minutes d’interruption pour cause d’envahissement de terrain - «c’est une honte !», fustigera Platini en direct à la télé -, les deux équipes disputent enfin la séance de tirs au but. Une fois le calme revenu, une demi-heure plus tard, les deux équipes doivent encore disputer la séance des tirs au but. Les joueurs des deux équipes réalisent un sans-faute : Battiston, Zanon, Rep, Larios et Platini marquent pour Saint-Étienne, tandis que Bathenay, Renaut, Rocheteau, Surjak et Fernandez leur répondent. Dans la phase de la mort subite, Dominique Baratelli détourne d’entrée le tir au but de Lopez. Le gardien stéphanois anticipe sur sa droite, il est pris à contre-pied : le PSG vient de remporter le premier trophée de son histoire. Le PSG conservera la Coupe Charles-Simon un an plus tard contre Nantes (3-2).

L'image emblématique de Borelli

L’image est connue, y compris de beaucoup de supporters qui n’étaient pas nés. Francis Borelli, costume gris et sacoche en cuir au poignet, enjambant une barrière pour aller s’agenouiller sur la pelouse du Parc des Princes après l’égalisation de Dominique Rocheteau au crépuscule de la prolongation. Le président du Paris Saint-Germain ira même jusqu’à embrasser le gazon. Le baiser de Francis Borelli sur la pelouse du Parc des Princes après l’égalisation de Rocheteau dans les ultimes secondes des prolongations fera le tour des télévisions. « Je n’ai pas coutume d’être assez expansif, bien que je sois méridional, mais on ne peut pas contenir une telle joie. Un couronnement de cette nature, c’est tellement extraordinaire qu’on est tout à sa joie, on ne regarde pas, on ne calcule pas, il n’y a pas de comédie, c’est spontané. C’était quelqu’un d’enthousiaste, avec un tempérament du sud - donc qui pouvait s’enflammer -, qui avait définitivement une passion absolue et totale pour le foot, et un amour immense et démesuré pour son club. Le but de Rocheteau, c’est le moment le plus intense de ma vie. Je n’y croyais plus. C’était cuit, pour plaisanter, je disais aux gens à côté de moi : « On ne peut pas ne pas égaliser ! » Et puis Rocheteau a marqué… C’était la délivrance ! L’explosion de joie ! »

En septembre 2008, à l’occasion de l’inauguration de la tribune présidentielle-Francis Borelli, Florian, habitué du Parc des Princes depuis les années 1980, nous racontait les principaux souvenirs qu’il gardait de Francis Borelli. Vers 5 heures du matin, nous sommes une vingtaine de supporters devant le Pavillon Gabriel, où se trouvent les joueurs, avec le journal du dimanche qu’on vient d’acheter. Borelli vient au balcon, on l’appelle : « Francis, on a soif. » Il redescend, avec Luis entre autres, pour nous montrer la coupe, et il nous offre le champagne. C’était « monsieur Francis Borelli ».

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Les réactions d'après-match

« Si on y a mis le temps, on y a aussi mis la manière, puisque Paris ne fait pas les choses comme tout le monde. » C’est ainsi que Francis Borelli, le président parisien, décrira la première victoire du PSG en coupe de France le 15 mai 1982 contre les champions de France en titre de l’AS Saint-Étienne. Dominique Bathenay, l’ancien Stéphanois, reçoit des mains de François Mitterrand sa quatrième coupe de France - après trois remportées avec l’ASSE. Il deviendra recordman de l’épreuve la saison suivante, lorsque le PSG gagnera son deuxième trophée consécutif face au FC Nantes. Après le match de barrages pour l’accession en première division contre Valenciennes en 1974, cette finale est le premier grand match de l’histoire du club.

Michel Platini dit au revoir au peuple vert. Après quatre ans dans le Forez, le n°10 des Bleus va rejoindre la Juventus Turin l’été suivant. «Platoche» soigne ses adieux avec un doublé au Parc des Princes, insuffisant cependant pour remporter cette Coupe de France déjà perdue un an plus tôt face au Bastia de Roger Milla (1-2). Le futur triple Ballon d’Or (1983, 84, 85) connaîtra une nouvelle désillusion, encore plus grande, avec les Bleus deux mois plus tard contre la RFA en demi-finale du Mondial.

Les Coupes de France du PSG : Une domination récente

Le PSG dispute le 201e match de son histoire en Coupe de France. Il avait commencé dans l’épreuve par un succès à Dieppe (1-0), le 22 novembre 1971. Le Paris SG jouera la vingt-septième finale nationale de son histoire, Coupe de France et Coupe de la Ligue réunies (contre vingt-deux pour l’OM). C’est aussi sa sixième finale de Coupe de France d’affilée depuis 2015. Et le club de la capitale disputera aussi le 31 juillet une dixième finale de Coupe de la Ligue, contre l'Olympique Lyonnais. Autant de records.

Le record de succès en Coupe de France, détenu par le PSG, vainqueur en 1982, 1983, 1993, 1995, 1998, 2004, 2006, 2010, 2015, 2016, 2017, 2018. Il s'est incliné à cinq reprises en finale (1985, 2003, 2008, 2011, 2019). Avec 7 buts et 1 passe décisive en cinq matches, Pablo Sarabia est l’homme fort du Paris SG cette saison en Coupe de France. Le milieu de terrain espagnol a aussi scoré 4 fois en championnat, 2 fois en Ligue des champions et 1 fois en Coupe de la Ligue. En cas de succès du PSG, ses défenseurs brésiliens Marquinhos et Thiago Silva rejoindraient les trois recordmen de l’épreuve : Marceau Somerlinck, Alain Roche et Dominique Bathenay, qui a remporté la Coupe de France avec Saint-Étienne et le Paris SG.

Saint-Étienne : Un passé glorieux en Coupe de France

L'AS Saint-Étienne dispute sa dixième finale de Coupe de France. La première depuis 1982. Son bilan fait état de six victoires (1962, 1968, 1970, 1974, 1975, 1977) pour trois défaites (1960, 1981, 1982). Les Verts ont également enlevé une Coupe de la Ligue, en 2013. Pour se hisser en finale, Saint-Étienne a remporté 4 de ses 5 matches à l’extérieur. Mathieu Debuchy est le seul joueur stéphanois à avoir déjà remporté la Coupe de France. Le défenseur international a soulevé le trophée en 2011 avec le LOSC Lille, victorieux en finale du… PSG (1-0).

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Le nombre de Coupes de France conquises par le regretté Robert Herbin, disparu. Le « Sphynx » s’était imposé à trois reprises avec les Verts en tant que joueur et autant en tant qu’entraîneur. Personne n’a fait mieux à ce jour

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